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Les documents du Nouveau Testament : fiables ou non ? (2)

Le Nouveau Testament et son texte

Après avoir vu qu’on ne peut pas prendre position avant d’avoir examiner les preuves qui vont dans un sens ou un autre, à la manière d’un juge qui ne peut exclure les preuves qui sont à charge et à décharge de l’accusé, nous allons étudier le texte du Nouveau Testament (NT).

Dans un premier temps, nous devons faire un constat. Comme tous les manuscrits de l’époque antique, nous n’avons aucun manuscrit original. Cependant, il existe des copies des manuscrits originaux qui permettent de retrouver le texte original (à l’aide une méthodologie très rigoureuse que nous ne développerons pas ici).

Bibliothèque

Leur nombre mis à part, les manuscrits NT différent de ceux des auteurs classiques … Dans aucun autre cas, le laps de temps écoulé entre la composition du livre et la date des premiers manuscrits existants n’est aussi court que dans celui du NT. »

Sir Frederic G. Kenyon

L’étude des manuscrits nous permet de dire que le Nouveau Testament est un texte privilégié qui comporte de très nombreux manuscrits qui sont très proches en intervalle de temps du manuscrit original. Observez plutôt : en ce qui concerne les manuscrits de la même époque, il reste 643 copies de l’Iliade d’Homère (séparé de 400 ans de l’original), 4 livres et demi sur les 14 livres de Tacite (et seulement 2 manuscrits qui datent du 9e et 11e siècle), 9 ou 10 manuscrits de la Guerre des Gaules (à partir de 850 ap. J-C, séparé de 1000 ans de l’original).
Pour les documents du NT, nous avons en notre possession plus de 5000 manuscrits (dont le fameux papyrus p52 appartenant à la collection Rylands date de 120 ap JC et contient Jean 18 : 31-33 (recto) et 37-38 (verso), qui a permis notamment de montrer que l’évangile de Jean n’a pas été écrit au 2ème siècle).

De plus, l’intervalle temporel qui sépare l’original de la première copie retrouvée est tout à fait intéressant à examiner. En ce qui concerne la Guerre des Gaules, l’intervalle entre la première copie et l’original est de 900 ans. En ce qui concerne les annales de Tacite, l’intervalle est de 800 ans. En ce qui concerne, les manuscrits du NT, ce n’est même pas 200 ans. Par ailleurs, on a des manuscrits complets qui datent de 350 ap. JC, et dès le 2ème siècle, on trouve une littérature abondante citant le NT (les Pères apostoliques, Justin, Irénée, Tertullien,…)

Sir Frederic G. Kenyon, l’ancien directeur et bibliothécaire en chef du British Museum en conclut que : « Leur nombre mis à part, les manuscrits NT différent de ceux des auteurs classiques … Dans aucun autre cas, le laps de temps écoulé entre la composition du livre et la date des premiers manuscrits existants n’est aussi court que dans celui du NT. »

Il est généralement accepté que l’apôtre Paul a écrit ses lettres – qui vont circuler dans tout le bassin méditerranéen – entre 50 et 62. Seulement 17 ans après la mort de Jésus et son ascension.

En ce qui concerne les évangiles, il est possible d’établir qu’ils commencèrent à circuler à la fin du 1e siècle – début du 2e siècle par les citations des Pères de l’église dit apostolique (Clément mort en 96, Ignace qui rédige ses lettres en 115 et Polycarpe en 120). Entre eux, ils attestent qu’ils connaissent 25 des 27 textes du NT (Jean et Jude ne sont pas mentionnés). On peut donc en déduire que la plupart des livres du NT circulaient avant l’année 100.

En ce qui concerne la transmission des textes à travers l’histoire, les chrétiens avaient l’habitude de se réunir pour écouter la lecture des Ecritures d’où la prolifération des documents, et la grande quantité de manuscrits. Les trois manuscrits les plus célèbres datent de la période des années 300-350 ap J-C. Il s’agit des manuscrits Vaticanus, Sinaiticus et Alexandrinus. Le premier est gardé dans la Bibliothèque du Vatican et n’est pas entièrement complet. Le deuxième est gardé au British Museum, il contient le NT en entier et presque tout l’AT. Il manque aussi quelques pages de l’AT et du NT au dernier. Les manuscrits plus anciens ainsi que les citations des Pères de l’église confirment la grande fiabilité de ces trois manuscrits.

A l’aide de ses nombreux manuscrits (+ de 5000 sans compter les nombreuses traductions), les experts se livrent à une véritable investigation pour déterminer le texte original. Selon la plupart des experts, le texte du NT est fiable à 98%. Parmis les parties « discutées », aucune ne touche à une doctrine majeure de la foi chrétienne.

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Les documents du Nouveau Testament : fiables ou non ? (1)

ManuscritLe texte du Nouveau Testament (NT) est-il fiable ? Peut-on être sûr que ce que nous avons aujourd’hui est bien ce qui a été écrit à l’origine ? Pourquoi trouvons-nous tel ou tel livre du NT dans la Bible et pas d’autres ? … sont quelques questions auxquelles nous allons tenter de répondre dans la prochaine série d’aricles.

En premier lieu, il faut dire que le NT comme toute œuvre historique de l’époque classique se distingue des œuvres historiques contemporaines. On ne ne lit pas un texte du NT comme on lirait une biographie de Martin Luther King ou un rapport historique de la Seconde Guerre Mondiale. Les historiens du premier siècle n’avaient pas le même souci du détail, leur intérêt se portant plus sur la portée des événements que sur le détail de leur déroulement. Cependant, cela n’empêche pas que leur témoignage soit rigoureux. Le NT fournit maints détails historiques et biographiques qui sont vérifiables par tous.

En deuxième lieu, dans toute évaluation de la véracité historique d’un quelconque document du passé, il faut laisser les questions de croyance de côté. On ne peut pas prendre position avant d’avoir examiner les preuves qui vont dans un sens ou un autre. Comme tout bon historien qui cherche à établir l’historicité d’un évenement, on doit d’abord examiner les faits avant de prendre position.

Plusieurs personnes refusent d’emblée d’accepter le côté historique du NT parce qu’il a été écrit par des chrétiens. C’est un rejet a priori qui doit être dénoncé.
Par exemple, Michel Onfray écrit dans son Traité d’athéologie : « Les évangélistes méprisent l’histoire (…). Pas besoin que les histoires aient eu effectivement lieu, pas utile que le réel coïncide avec la formulation et la narration qu’on en donne, il suffit que le discours produise son effet : convertir le lecteur. » (Michel Onfray, Traité d’athéologie, p. 158). Michel Onfray préjuge ici que « les évangélistes méprisent l’histoire », c’est-à-dire qu’ils ne sont pas intègres. En gros, c’est parce qu’ils sont déjà convaincus qu’on ne peut pas recevoir leur témoignages. Or, les convictions d’un auteur ne le rendent ni aveugle ni malhonnête. Si l’auteur est compétent, ses convictions personnelles ne détruisent pas son objectivité qui dépend avant tout de son intégrité. En outre, Jésus-Christ, le Maître et la référence des auteurs du NT, se présente comme étant la vérité et faisant de la vérité, une valeur fondamentale. Ce qui plaide en faveur de la bonne foi des auteurs du NT. Bien sûr, les auteurs du NT avaient de fortes convictions concernant Jésus mais cela n’implique pas forcément une exagération. Allons-nous rejeter les rapports historiques sur la Shoah d’un auteur sous prétexte qu’il est juif ? Si oui, alors on serait obligé de soupçonner toute personne convaincue et de n’écouter que les indifférents …

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