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Pour en finir avec Dieu (1) – Le nouvel athéisme

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Depuis deux ans environ, les livres critiquant les religions représentent un nouveau phénomène de publication, particulièrement dans les pays anglophones. La couverture médiatique qui accompagne la publication de ces livres prouve l’intérêt qu’ils représentent.
Ces auteurs sont les représentants d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur: le « nouvel athéisme ».

Richard Dawkins, actuellement considéré comme le chef de file de ce nouvel athéisme dans le monde anglophone, est fréquemment invité à présenter son point de vue lors d’émissions ou de conférences. Il a réalisé un documentaire pour Channel Four (une chaîne de télévision publique britannique), The root of all evil, dans lequel il interroge des personnes représentant les branches les plus fondamentalistes de leur religion. Il apparaît également dans un film aux côtés de trois autres auteurs athées bien connus, considérés comme ses « disciples1 ».
Professeur à l’université d’Oxford, apprécié pour ses qualités d’écrivain et de vulgarisateur scientifique2, il s’est vu attribué le surnom de « rottweiller de Darwin » pour sa défense passionnée de la théorie darwinienne de l’évolution. Son dernier livre, publié en France en mars 2008, sort de la sphère purement scientifique pour s’attaquer aux religions. Dawkins donne l’impression de se sentir investi de la mission -adivine- de nous ouvrir les yeux sur les dangers qu’elles représentent. L’introduction du livre est claire:

Si ce livre a l’effet escompté, le lecteur croyant qui l’ouvre sera athée en le refermant.”

Cependant, Dawkins fait preuve du même extrémisme et du même fondamentalisme -areligieux- qu’il critique de manière si véhémente lorsqu’ils sont pratiqués au nom de la religion. Et c’est précisément ce que lui reprochent certains scientifiques athées. Michael Ruse, cité par Alister McGrath dans The Dawkins delusion, affirme que le livre de Dawkins le rend « honteux d’être un athée ».

Le symposium annuel Beyond belief (organisé par le Science Network se déroulant au Salk Institute for Biological Studies de La Jolla en Californie) réunit des scientifiques et des philosophes pour traiter de questions concernant la nature humaine et la société. Steven Weinberg3 y a affirmé en 2006 que « le monde a besoin de se réveiller du long cauchemard des croyances religieuses », allant jusqu’à dire que tout ce que les scientifiques pourraient faire « pour affaiblir l’emprise de la religion doit être fait et pourrait s’avérer en fin compte leur plus grande contribution à l’humanité ». Weinberg avait écrit en 1993, dans Dream of a final theory, que

La religion est une insulte à la dignité humaine. Que ce soit avec ou sans elle, il y aura toujours des gens bien qui font de bonnes choses, et des mauvais qui font de mauvaises choses. Mais pour que des gens bien agissent mal, il faut la religion.”

On voit bien que l’argument du mal causé par les religions n’est pas nouveau !

Comment expliquer cette haine croissante envers toute forme de religion ou de croyance ? Dans les années 1960 certains philosophes affirmaient que Dieu était mort. Presque 50 ans plus tard on ne peut que constater que c’est loin d’être le cas ! On peut donc penser que ce fondamentalisme athée est en quelque sorte un baroud d’honneur contre la religion.

Il est également indéniable que la religion fait peur. Ces auteurs, sans faire de distinction entre les différentes religions, se plaisent à souligner le fait que les athées ne font pas s’écraser des avions contre des tours4, et que les religions risquent de faire reculer la civilisation dans un âge sombre.

Le succès de ces livres tient également au fait qu’ils ne font que mettre par écrit ce que beaucoup de gens pensent, les confortant dans leur athéisme. En visitant des sites internet de vente en ligne, il est intéressant de lire les commentaires de certains lecteurs qui remercient les auteurs d’avoir définitivement éliminé la religion comme vision du monde, ou de les avoir aidé à affirmer leur athéisme.


1- Christopher Hitchens, Samuel Harris et Daniel Dennett. Le titre choisi pour ce film, The four horsemen, fait ironiquement référence aux quatre cavaliers de l’Apocalypse.
2- Son premier livre, Le gène égoïste (1976), rend accessible à tous la théorie darwinienne de l’évolution, ce qui n’est pas une mince affaire.
3- Prix Nobel de physique en 1979
4- Le nombre d’ouvrages anti-religieux a connu une très forte croissance suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Lire aussi :

Jésus est-il un mythe ?

ruinesVous êtes peut être tombé sur un de ces sites athées qui érige en dogme la non-existence de Jésus et le prouve en démontant systématiquement tout argument qui pourrait aller en sens contraire. Ces sites sont des caricatures d’un courant de pensée du 19e siècle qui, usant du comparatisme structurelle des mythes, prétendait pouvoir montrer que le personnage Jésus n’était qu’un mythe, un personnage créé de toutes pièces par quelques trublions du 2e siècle et copié à partir de mythes anciens.

L’étude des Évangiles permet de dire, non seulement que Jésus a existé, mais encore bien plus. »

Aujourd’hui cette thèse a été largement rejeté dans les milieux académiques tant les preuves en faveur de l’existence historique de Jésus sont abondantes et fiables.

 

7 raisons de rejeter la thèse mythiste

 

Pierre Geoltrain, fondateur de la chaire des origines du christianisme à la Section des sciences religieuses de l’École pratique des Hautes Études résume ainsi les choses en 2002 :

« Nul n’oserait plus, de nos jours, écrire une vie de Jésus comme celles qui virent le jour au XIXe siècle. L’imagination suppléait alors au silence des sources ; on faisait appel à une psychologie de Jésus qui était le plus souvent celle de l’auteur. L’ouvrage d’Albert Schweitzer sur l’histoire des vies de Jésus a mis un terme à ce genre de projet. Quant à l’entreprise inverse, quant aux thèses des mythologues qui, devant les difficultés rencontrées par l’historien, ont pensé les résoudre toutes en expliquant les Évangiles comme un mythe solaire ou un drame sacré purement symbolique, elle ne résiste pas à l’analyse. L’étude des Évangiles permet de dire, non seulement que Jésus a existé, mais encore bien plus1. »

Dans une série précédente, j’ai exposé les sources externes et internes qui conduisent logiquement à croire en l’existence historique de Jésus. Mais au-delà, je pense qu’il y a 7 bonnes raisons de ne pas suivre la théorie mythiste :

 

1- Une définition tronquée du Christianisme

 

La critique faîte par les mythistes porte sur une définition très large du christianisme comprenant toutes sortes de cultes, d’hérésies – notamment gnostiques – et sectes qui peuvent exister. Par exemple, le gnosticisme a importé tout un tas d’idées qui proviennent en effet du paganisme, ce qui est en partie pourquoi il a été considéré comme hérétique. Il en est de même de la définition du mot païen qui recoupe tout et n’importe quoi : non seulement les cultes grecques (Œdipe), mais aussi les cultes Egyptiens (Horus et Osiris), Romains (Bacchus) et Perse (Mithra). Autre part, vous trouverez des divinités celtiques, la mythologie nordique et les mystiques indiens mis dans le même sac. Au sein de cette collection d’écrits multipolaires, il n’est vraiment pas difficile d’établir des parallèles.

 

2- Une méthodologie fallacieuse

 

Le but est de montrer à tout prix que les chrétiens ont copié les mythes païens (le contraire est exclu). Ils présument souvent illogiquement que deux choses se ressemblent, donc l’une a causé l’autre. Par exemple, les cultes des religions à mystère et du Christianisme étaient tous les deux réaliser en souterrain : ils sont donc forcément similaires !
De plus, ils ne se restreignent pas seulement aux sources d’avant la venue de Jésus-Christ mais aussi à celles après sa venue (la plupart des traces que nous avons à propos du Mithraisme proviennent du 2, 3 et 4e siècles) .
Enfin, certaines des informations sont complètement erronées (Mithra n’a jamais eu 12 disciples, c’était un dieu, et il n’existe aucun source qui affirme la résurrection de Mithra puisque personne ne sait même s’il est mort).

 

3- Une mauvaise utilisation de la terminologie

 

Pour montrer que Jésus n’est qu’un mythe copié des religions païennes, ils emploient la terminologie chrétienne pour décrire les rituels païens. Les auteurs païens ne parlaient pas de « salut », d’« Eucharistie », de « Parole faite chair », et d’« Agneau de Dieu ». Cependant, les traductions ou paraphrases provenant des sources païennes reprennent toujours la terminologie chrétienne biblique sans même chercher les différences avec les emplois faits par les auteurs païens. Ce qui est grotesque ! Par exemple, ils n’hésitent pas à appeler le rêve d’une femme qui voit son enfant entrer en elle sous la forme d’un éléphant blanc pleinement formé une « naissance virginale ». Ils n’hésitent pas non plus à utiliser le mot « résurrection » pour parler d’un recollage des parties d’un corps. Aussi, tous les héros grecs sont des « fils de dieu ».

 

4- Une contradiction remarquable

 

Contrairement aux religions païennes, le christianisme est lié à l’histoire. Les chrétiens croient en la résurrection historique de Jésus-Christ. Cette résurrection n’est pas une image pour décrire le déroulement des saisons comme dans certains cultes païens. Par exemple, « après l’hiver vient le printemps, c’est tel dieu qui ressuscite ». Paul avertit d’ailleurs son lecteur : si Jésus n’est pas historiquement ressuscité alors votre foi, c’est du bidon. (1 Corinthiens 15.14)

 

5- Des liens erronées entre les religions

 

Deux choses totalement différentes sont en fait liées. Par exemple, ils diront que Mithra était quelques fois représenté par un taureau comme Jésus était quelques fois appelé l’agneau de Dieu, ignorant le simple fait que le premier est un symbole de la sexualité et de la force, alors que le deuxième est celui de l’innocence et de l’humilité. Aussi, ils assimilent le rituel mithriaque qui consiste à prendre une douche dans le sang chaud du taureau mentionné ci-dessus au baptême chrétien fait avec de l’eau.

 

6- Des choses mystérieusement oubliées par les mythistes

 

Curieusement les mythistes ne mentionnent pas les choses qui rendent réellement les religions à mystère intéressantes. Bacchus était le dieu de la vigne et de la fête. Sa louange impliquait d’être soûl et d’avoir des relations sexuelles avec toutes personnes (ou choses) en ligne de mire. En fait, dire que le sexe était au centre d’un grand nombre de ces rituels païens n’est pas du tout le point central pour les mythistes. Pour eux, il s’agit juste de montrer que Bacchus et Jésus sont semblables.

 

7- Plus personne n’accepte cette théorie, pourquoi continuer à y croire ?

 

Septièmement, plus personne aujourd’hui dans les milieux académiques n’accepte cette théorie car, d’une part, comme Mircea Eliade, le brillant historien des religions de l’université de Chicago, résume :  » Il n’y a tout simplement aucune raison de supposer que le christianisme primitif ait été influencé par les religions à mystère2« , d’autre part, aucune preuve historique convaincante ne peut expliquer l’existence du Christianisme sans postuler l’existence historique de Jésus. Sans existence historique de Jésus, il est impossible d’expliquer l’essor du Christianisme. Les thèses mythistes ont toujours été très marginales au sein de la recherche historique académique, et elles sont complètement rejetées depuis les années 1930 par les spécialistes. En 1933, Charles Guignebert (1867 – 1939), historien français du christianisme titulaire de la chaire de la Sorbonne, écrit que les thèses mythistes n’ont réussi à convaincre personne chez les spécialistes : « Les efforts, souvent érudits et ingénieux des mythologues n’ont gagné à leurs thèses aucun des savants indépendants et désintéressés que rien n’empêcherait de s’incliner devant un fait bien établi et dont l’adhésion aurait eu du sens. L’enthousiasme des incompétents ne compense pas cet échec3. » Depuis elles n’ont trouvé aucun défenseur dans les milieux académiques.


1- Pierre Geoltrain, Encyclopædia Universalis, art. Jésus, 2002
2- Cité dans The Case for the real Jesus, Lee Strobel, p. 183
3- Jésus, 1933 (édition de 1969) par Albin Michel, p. 67

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La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (2)

Selon certains, la foi est irrationnelle car elle ne requiert aucune justification rationnelle : « je crois parce que j’ai la foi ! »

Tout le monde est d’accord pour dire que la science est la forme la plus sûre de connaissance que nous possédions. Comment savons-nous que la formule chimique pour l’eau est H2O ? Comment connaissons-nous la structure de l’ADN ? La réponse est simple : c’est parce que les preuves scientifiques sont là pour nous le montrer.

La science permet effectivement de répondre à des questions essentielles comme celles à propos de la transmission de l’information génétique par exemple. Mais posons-nous la question suivante : « quel est le sens de la vie ? » qui est clairement une question essentielle que chacun se pose. Que répond la science ? Rien. Car elle ne divulgue aucun sens à la vie. Devrions-nous en conclure que la vie n’a pas de sens ?

Les limites de la science.

On distingue généralement les questions métaphysiques – qui traitent de ce qu’il y au-delà la nature – des questions physiques – ce qu’est la matière. La science possède un domaine immense où elle peut s’exercer mais elle est limitée au champ de la matière (de ce qui est du domaine du sensible).

C’est un point très important. La science ne peut pas prouver si Dieu existe ou non. Et pourtant, quand les non-croyants demandent une preuve de l’existence de Dieu, quelle sortes de preuves attendent-ils ? Croient-ils que toute affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement ? Si oui, alors la « preuve rationnelle » est la preuve scientifique dans cette logique. Or, Dieu, qui est transcendant, n’entre pas dans le champ de la science, la personne athée ne peut donc pas recevoir la réponse appropriée. Donc jusqu’ici Dieu n’existe pas.

Cependant, que remarque-t-on ? Le présupposé : « tout affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement » est contradictoire, car il ne peut pas être démontré scientifiquement. En d’autres termes, sa véracité ne peut être démontrée dans son propre système. C’est donc une position insoutenable pour quelqu’un de rationnel car le présupposé s’autodétruit.

Or, si nous pensons que Dieu a parlé et qu’Il s’est révélé dans la Bible, comme tout axiome nous ne pouvons le justifier, mais il est très logiquement valable. Ainsi, notre proposition pour sortir du scepticisme est de commencer avec la Bible, de commencer réellement avec la portion de l’esprit incorporel de Dieu qui a été verbalement révélé dans l’Ecriture.

Conclusion:

La science ne peut nous dire pourquoi nous sommes sur Terre. Quand viennent les questions du sens, du but, de l’éthique, la science est aveugle. Ce n’est pas une critique de la science, c’est simplement reconnaître et respecter ses limites.
Certains très bons scientifiques sont chrétiens parce qu’ils sont persuadés que leur foi chrétienne donne un sens au monde et qu’elle n’entre jamais en conflit avec leurs travaux scientifiques. La foi chrétienne est profondément satisfaisante intellectuellement.

Croire en Dieu n’est pas irrationnel, mais la foi possède sa propre et robuste rationalité. Elle représente un superbe chemin pour donner un sens au monde qui nous entoure. Dieu en est la meilleure explication. Nous ne pouvons prouver l’existence de Dieu, pas plus que les athées ne peuvent démontrer qu’Il n’existe pas. Mais, chrétiens ou athées, nous basons nos vies sur des croyances positives qui, nous le savons, ne peuvent pas être prouvées.


D’après une traduction libre et partielle de Is not science more rational than faith? de Alister McGrath

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