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Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

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Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

Lire aussi :

Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

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Dawkins défend avec véhémence l’idée que science et religion ne sont pas compatibles. Selon lui, on ne peut être à la fois scientifique et religieux. Bien au contraire, science et religion sont engagées dans un combat que la science finira un jour par emporter. Cette idée, très répandue pendant la seconde moitié du XIXème siècle, est aujourd’hui considérée comme étant éronnée. Il est indéniable que des conflits entre science et religion ont fait beaucoup de bruit par le passé, comme par exemple lors du débat entre Wilberforce et Huxley après la sortie de l‘Origine des espèces, ou beaucoup plus récemment lors d’un procès aux Etats-Unis.1

Mais ne confondons pas conflit et combat à mort. Dawkins est persuadé qu’une personne qui réfléchit un tant soit peu ne peut être croyante. Il attaque ouvertement ses « collègues » scientifiques ayant des convictions religieuses : « les scientifiques qui croient ou qui contribuent à une relation de travail positive entre science et religion appartiennent à l’école de Neville Chamberlain2 ».

Pour Dawkins, les sciences naturelles sont une « super-autoroute » vers l’athéisme. Comment expliquer alors que tant de scientifiques, connus et reconnus dans leurs domaines respectifs, soient des croyants convaincus3? Dans Rock of ages, Stephen Jay Gould4 affirme que « soit la moitié de [ses] collègues sont complètement stupides, soit la science du darwinisme est entièrement compatible avec les croyances religieuses conventionnelles, ainsi qu’avec l’athéisme ». C’est dans ce même livre que Gould a développé la notion de Non-Overlapping Magisteria (NOMA) ou « non-recouvrement des magistères », qui prône le respect mutuel, sans empiètement quant à la pulsion humaine à comprendre le caractère factuel de la Nature (le magistère de la Science) et le besoin de trouver du sens à sa propre existence et une base morale pour toute action (le magistère de la Religion).
A cette affirmation, Dawkins répond simplement que Gould n’a pas pu vouloir dire tout ce qu’il a écrit.

Dans The Dawkins delusion, Alister McGrath5 défend la vision d’un « recouvrement partiel des magistères », selon laquelle « la science et la religion offrent des possibilités de recouvrement à cause de l’interpénétration de leurs sujets et méthodes. ».
Lors d’un message à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le Pape Jean-Paul II reconnaissait que la théorie de l’évolution était « plus qu’une théorie ». On aurait pu penser que Dawkins se serait réjouit de ces paroles s’il avait voulu encourager les croyants à accepter la notion d’évolution biologique. Au lieu de cela, il déclare que Jean-Paul II avait fait preuve d’hypocrisie et de malhonnêteté vis-à-vis de la science. On voit bien de quelle manière Dawkins se sert de la science comme arme contre la religion. Lors d’un débat avec Alister McGrath, Dawkins a admis ne pas pouvoir prendre au sérieux quelqu’un qui croyait en la naissance virginale du Christ, ou en l’existence de miracles.

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Selon Dawkins, la science finira par tout expliquer, y compris la « persistance » de croyances religieuses. En effet, le fait qu’une proportion non négligeable de la population mondiale ait de telles croyances doit pouvoir s’expliquer de manière scientifique, et plus précisément par un processus d’évolution biologique. Dawkins s’inscrit dans la tradition d’explication naturaliste du monde, comme Marx, Feuerbach ou Freud avant lui. Il développe dans son livre la notion de « virus de l’esprit » et de « mèmes », des réplicateurs comparables aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.6

Sir Martin Rees7 reconnaît dans Our cosmic habitat que les réponses à certaines « questions ultimes » reposent au-delà de la science. Dire que la science a des limites ne constitue pas une critique ni une diffamation. En effet, les théories scientifiques ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels qu’on peut observer dans le monde, et non pas d’expliquer le monde. Pour Dawkins, toute personne osant soulever des questions quant aux limites de la science, ne peut qu’haïr la science. On sort ici du cadre de la science pour rentrer dans le scientisme, idéologie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d’échapper à l’ignorance, dans quelque domaine que ce soit.

Ecoutons ce qu’a dit Martin Luther King concernant la relation entre science et religion:

Il peut y avoir conflit entre hommes de religion à l’esprit fragile et hommes de science à l’esprit ferme, mais non point entre science et religion. Leurs mondes respectifs sont distincts et leurs méthodes différentes. La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe des faits, la religion s’occupe des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral. »


1- Le souhait de certains enseignants d’une école à Dover, aux Etats-Unis, de voir l’Intelligent Design enseigné comme théorie scientifique alternative à la théorie de l’Evolution, a donné lieu à un procès retentissant. Lire à ce sujet l’article paru dans Le Monde : La bataille scolaire entre créationistes et darwinistes divise les états américains.

2- Premier ministre britannique de mai 1937 à mai 1940, il est connu principalement pour la politique qu’il mena à partir de 1937 avec l’Allemagne. Il cède ainsi à toutes les exigences de Hitler sur les Sudètes lors de la conférence qui a abouti aux accords de Munich en septembre 1938

3- Nommons par exemple Francis Collins, généticien et ancien directeur du Projet Génome Humain, qui se déclare ouvertement chrétien. Il faisait partie de l’équipe de chercheurs ayant découvert le gène en cause dans la mucoviscidose.

4- Autre spécialiste de l’Evolution, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, dont la série Réflexions sur l’histoire naturelle.

5- Avant de devenir Professeur de théologie historique à Oxford, il a mené de la recherche en biologie moléculaire.

6- Dawkins a introduit la notion de « mème », terme qu’il a lui-même inventé, dans Le Gène égoïste.

7- Professeur d’astronomie, il est depuis décembre 2005 le président de la Royal Society.

Lire aussi :

Pour en finir avec Dieu (2) – Dieu existe-t-Il?

Le but principal du livre de Dawkins est de convaincre son lecteur de l’inexistence de Dieu. Selon lui, si les chrétiens ne croient pas en l’existence de Thor, Zeus ou Wotan… les athées ne font que rajouter Dieu à la liste des divinités inexistantes.

Dawkins affirme que l’existence ou la non-existence de Dieu est une hypothèse scientifique ouverte à la démonstration rationnelle.1

Pour Dawkins, on croit en Dieu comme on croit au Père Noël ou en la petite souris. Ce n’est rien d’autre qu’une croyance infantile que toute personne douée d’intelligence doit tôt ou tard abandonner. Il serait intéressant de comparer, chez les personnes ayant atteint l’ « âge de raison », le nombre de personnes se convertissant au christianisme avec le nombre de ‘nouveaux convertis’ au Père Noël…

Tout au long du livre, on trouve le même type d’analogie n’ayant d’autre but que de ridiculiser la religion.
Par exemple, voici la raison pour laquelle, selon Dawkins, Dieu ne peut pas être omnipotent.

Si Dieu est omniscient, Il sait d’avance comment Il interviendra pour changer le cours de l’Histoire en faisant appel à Son omnipotence – ce qui veut dire qu’Il ne peut pas changer d’avis concernant Sa future intervention. Il est donc impossible qu’Il soit omnipotent! On pourrait classer cet argument contre l’existence de Dieu parmi tant d’autres – tels que « Dieu peut-Il faire un cercle carré ? » ou « Dieu peut-Il créer un caillou plus lourd qu’Il ne le pourrait porter ? ».
Le fait que Dieu soit omnipotent ne veut pas dire qu’Il fera ce qui est contre Sa propre nature.

Dans le chapitre concernant l’hypothèse de l’existence de Dieu, Dawkins cherche à montrer l’irrationalité des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Il cite ainsi les « Cinq voies » de Saint Thomas d’Aquin, tirées de Somme théologique. Dans ce texte, Saint Thomas d’Aquin présente cinq voies d’accès à l’existence de Dieu par la raison2. Dawkins semble ignorer que Saint Thomas d’Aquin ne cherchait pas à prouver l’existence de Dieu, mais à démontrer la cohérence interne du théisme.

Nous en arrivons à l’argument supposé démontrer de façon quasi-certaine la non-existence de Dieu. « Un Dieu capable de créer quoi que ce soit doit être suffisamment complexe pour être à son tour expliqué. » On pourrait formuler cet idée en posant la question suivante: ‘Qui a créé le créateur ?’ Dawkins a beau être un ‘nouvel athée’, son argument n’a rien de nouveau. Il considère que l’hypothèse de l’existence de Dieu implique une régression infinie. Mais la recherche d’une explication ne représente pas une régression infinie. Prenons un exemple tiré du monde scientifique, celui de la théorie de l’unification ou ‘théorie du tout’3.

La physique moderne repose sur deux piliers: d’une part la théorie de la relativité générale qui décrit la nature à l’échelle macroscopique (étoiles, galaxies,…) et d’autre part la théorie quantique qui décrit la nature à l’échelle microscopique (molécules, atomes,…).
Chacune de ces théories a été largement confirmée par de nombreuses expériences, et elles sont à l’origine d’immenses progrès scientifiques du siècle dernier.
Mais le problème est le suivant: elles sont incompatibles ! Les travaux des physiciens portent généralement soit de l’infiniment grand, soit de l’infiniment petit. Cependant, il arrive que la nature combine les deux, par exemple dans un trou noir (une masse gigantesque est confinée dans un volume minuscule), ou lors du Big-Bang (théorie selon laquelle l’univers entier aurait fait éruption d’une ‘graine’ microscopique). Pour décrire de tels phénomènes, la relativité générale et la théorie quantique ont leur rôle à jouer. Mais en combinant les équations de ces deux théories, les chercheurs se heurtent à des aberrations. L’explication des phénomènes observés dans l’univers nécessite-t-elle deux systèmes bien distincts, un pour l’infiniment petit et un pour l’infiniment grand ? La recherche dans ce domaine a conduit depuis une vingtaine d’années environ à la formulation d’une théorie englobant les deux systèmes et dissolvant les tensions entre la théorie de la relativité et la théorie quantique. Cette théorie est connue sous le nom de « théorie des cordes », selon laquelle les constituants fondamentaux de la nature sont en fait de petits filaments unidimensionnels4.

Cette théorie, si elle venait à être confirmée, serait en quelque sorte la « théorie ultime » de la physique, permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes naturels.
Si Dawkins se sert de la question « Qui a créé le Créateur? » comme argument contre l’existence de Dieu, on peut se demander, conçernant la théorie du tout, « Qu’est-ce qui explique l’explication ? ».
La recherche portant sur la théorie d’unification n’a pas été abandonnée dès le départ sous le simple prétexte qu’elle représentait la terminaison d’un processus explicatif. De même, il n’y a pas de raison de nier l’existence de Dieu sous prétexte qu’il faudrait alors expliquer qui a créé Dieu.

Dawkins affirme que croire en Dieu reviendrait à croire en un Être dont l’existence est encore plus complexe, donc plus improbable. Complexité rime-t-il toujours avec improbabilité ?
La théorie de l’unification est d’une extrême complexité, car elle est supposée englober deux théories qui semblent totalement incompatibles. Mais son extrême complexité n’implique pas une extrême improbabilité.

Dawkins articule sa pensée de la manière suivante:
- Si Dieu existe, il doit être extrêmement complexe
- S’il est extrêmement complexe, son existence même est très fortement improbable
- Il n’existe donc presque certainement pas.

Le principe anthropique stipule que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie étaient réunies lors de la naissance de l’univers. Le simple fait que nous existons est extrêmement improbable, mais nous existons!
Complexité ne rime pas toujours avec improbabilité, et improbabilité ne rime pas avec inexistence.

En fin, Dawkins a cherché à démontrer la très forte improbabilité de l’existence de Dieu. Voici sa description du Dieu auquel il ne croit pas:

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant: jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratiquant l’infanticide, le génocide et le ‘filicide’ ».

Je suis tout à fait d’accord avec Dawkins sur ce point: je ne crois pas non plus en ce Dieu là.


1- A ce sujet, lire l’article Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

2- La voie par le mouvement: les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu’il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d’une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l’existence d’un Premier moteur non mû : c’est Dieu.
La voie par la causalité efficiente: nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l’infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c’est Dieu.
La voie par la contingence: il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.
La voie par les degrés des êtres: il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu’il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
La voie par l’ordre du mondela voie par l’ordre du monde: on observe un ordre dans la nature : l’œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

3- Dans L’Univers élégant, Brian Greene présente de manière très intéressante et accessible cette théorie.

4- Si on « zoomait » de plus en plus sur un objet observable, on obtiendrait la séquence suivante: objet → atomes → nucléons (protons et neutrons) → quark → corde

Lire aussi :

Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

Pas assez de preuves ! »

C’est ce que le philosophe britannique Bertrand Russell affirmait qu’il répondrait à Dieu s’il lui demandait pourquoi il n’avait pas cru en lui.
Peut-on démontrer l’existence de Dieu ? Et qu’entend-on par « preuves »? Selon le Petit Larousse, une preuve est « ce qui démontre, établit la vérité de quelquechose ».

 

Dieu ne se démontre pas


L’épistémologie est la théorie du savoir, de la connaissance (du grec episteme, connaissance).
On peut distinguer trois grandes objections épistémologiques à la démontrabilité de l’existence de Dieu.

 

a) Le principe vérificationniste

 

La première nous vient d’une école de pensée appelée « positivisme logique »  (également appelé empirisme logique, néo-positivisme, ou empirisme rationnel), et plus précisément du « vérificationnisme ».
Le postulat de base de cette philosophie est le suivant: pour avoir du sens, une proposition doit pouvoir être vérifiée de manière empirique. La proposition « Dieu existe » n’étant pas vérifiable, est dénuée de sens, et n’est ni vraie ni fausse.
Ce principe « vérificationniste » est majoritairement abandonné aujourd’hui, et ce pour deux raisons:
1°) Il est trop restrictif. Les philosophes se sont vite rendus compte que l’adhésion à ce principe nécessitait l’abandon d’un grand nombre de propositions, qu’elles soient métaphysiques, éthiques, scientifiques car ces propositions n’étant pas vérifiables.
2°) Il s’auto-réfute. En effet, la proposition « Une proposition sensée doit être vérifiable » n’est, en elle-même, pas vérifiable.

 

b) L’absence de preuve suggère-t-elle l’inexistence?

 

L’athéisme  suppose que l’absence de preuves en faveur de l’existence de Dieu justifie de croire qu’Il n’existe pas. Cependant, l’absence de preuves n’est pas forcément une preuve de l’absence. Prenons par exemple le procès d’un meurtrier. L’absence des empreintes digitales de l’accusé sur l’arme du crime ne suffira pas à le disculper. Il devra fournir un alibi, c’est-à-dire pouvoir prouver de manière irréfutable qu’il ne peut avoir commis le crime dont on l’accuse.
On peut se demander si, dans certaines situations, l’absence de preuves constitue une preuve de l’absence. Imaginez-vous dans une salle de classe. Soudain quelqu’un s’écrie « Il y a un éléphant dans la salle ! » Si vous ne voyez pas d’éléphant, vous en conclurez sans doute possible qu’il n’y en a pas. Un peu plus tard, une autre personne s’écrie à son tour: « Il y a une puce dans la salle ! ». Le fait que vous ne voyiez pas de puce ne sera pas suffisant pour affirmer qu’il n’y en a pas. Ainsi, l’absence de preuves ne prouve l’absence que dans le cas où, si l’être ou la chose existait, vous vous attendriez à en avoir des preuves.

Le philosophe athée Michael Scriven explique qu’en l’absence de preuves d’existence d’une entité, deux critères sont nécessaires pour justifier la conviction que cette entité n’existe pas :
1°) L’entité doit être telle qu’on devrait s’attendre à ce qu’elle laisse des traces (ou davantage de traces) de son existence.
2°) On doit pouvoir affirmer avoir fait toutes les recherches possibles et imaginables avant de conclure que ces preuves sont absentes.

Ainsi, l’athée croit pouvoir prouver que, si Dieu existe, il devrait y avoir des preuves de son existence, et qu’il a recherché ces preuves sans les trouver: « Si Dieu existe, on devrait trouver X. On ne trouve pas X, donc Dieu n’existe pas ». Il affirme donc savoir quelles genres de preuves il devrait y avoir si Dieu existait. Ce qui nous semble présomptueux …

 

c) Dieu doit-il laisser plus de traces ?

 

Une troisième objection soulevée contre l’existence de Dieu est basée sur l’argument suivant : l’existence de Dieu n’étant pas aussi évidente que l’on pourrait penser, ou qu’elle devrait l’être, il en découle que Dieu n’existe pas. Certains athées affirment que, si Dieu existait, Il aurait fait en sorte que les preuves soient suffisantes pour que tout le monde croit qu’Il existe.

Dans l’Ancien Testament Dieu est décrit comme se manifestant à son peuple de manière bien visible : les plaies en Egypte, les colonnes de feu et de fumée qui guident le peuple d’Israël dans le désert, la séparation des eaux de la Mer Morte, … Mais ces manifestations ont-elles pour autant produit un changement de coeur durable parmi le peuple ? Non ! Le peuple a plusieurs fois rejeté Dieu. Pourquoi les choses seraient-elles différentes aujourd’hui ?

Dieu ne veut pas seulement que nous croyions qu’Il existe, Il désire que croyions ce que la Bible nous enseigne sur qui Il est : un Dieu saint, juste, parfait, plein d’amour et de miséricorde. Jean Calvin, le réformateur protestant, disait qu’il ne sert en rien de croire que Dieu existe si on ne désire pas le connaître.

 

Dieu se révèle


La Bible nous dit que « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Romains 1.20). On ne peut prouver au-delà du doute que Dieu existe, mais il existe un certain nombre d’arguments qui nous poussent à croire.

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