
Un deuxième problème
Le deuxième problème suggéré par Bertrand Russel est comme suivant : qu’est-ce que le « bien » ? En effet, cela n’aide pas de dire que Dieu est bon à moins de savoir à quoi ce terme se réfère.
Si le mot « bien » signifie « en accord avec la nature et le caractère de Dieu », nous avons un problème. Quand la Bible dit « Dieu est bon », cela veut dire « Dieu a la nature et le caractère de Dieu ». Si Dieu et la bonté sont la même chose, alors la phrase « Dieu est bon » ne veut rien dire de plus que « Dieu est Dieu », une tautologie inutile.
La réponse à ce problème dépend de la notion philosophique d’identité, exprimée symboliquement : A = A. Quand une chose est identique à une autre, il n’y a pas deux éléments mais un seul. Par exemple, l’actuel président des États Unis (Barack Obama) est identique à l’auteur du livre The Audacity of Hope. Ce qui est vrai du premier est aussi vrai de l’autre. Le président et l’auteur du livre sont la même personne. Ils ne sont pas deux, mais un.
Dans la perspective chrétienne, Dieu n’est pas bon dans le même sens qu’un célibataire est une personne qui n’est pas engagé avec une autre personne. Quand nous disons Dieu est bon, nous donnons une information additionnelle : Dieu a une certaine qualité. Dieu n’est pas exactement la même chose que la bonté (identique). C’est une caractéristique essentielle de Dieu, donc il n’y a pas de tautologie.
Connaissance morale
Une compréhension de l’enseignement chrétien sur Dieu enlève un problème, cependant nous en rencontrons un autre : comment nous pouvons connaître ce qu’est le « bien » si nous ne le définissons pas premièrement ?
La façon dont Abraham répond quand il apprend que Dieu a l’intention de détruire Sodome et Gomorrhe nous donne une clé pour répondre :
Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! Loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? (Genèse 18.25)
Sachant qu’aucun commandement n’a été transmis auparavant par Dieu, comment Abraham sait-il que la justice requiert que Dieu ne traite pas le méchant et le juste de la même façon ? La réponse est qu’Abraham connait le bien sans définition a priori ou décret de Dieu, grâce à une intuition morale. Il n’a pas besoin d’un décret divin pour définir la justice, car sa connaissance morale est en lui.
Même l’athée comprend ce que le terme moral signifie. Il n’a pas besoin de Dieu pour connaître la morale. Il a besoin de Dieu pour faire sens à ce qu’il reconnaît.
C’est précisément pourquoi l’argument moral en faveur de l’existence de Dieu est aussi bon. La reconnaissance de la morale mène à Dieu de la même façon que la chute des pommes mène à la gravité. Notre intuition morale reconnaît l’effet, mais quelle est la cause adéquate ? Si Dieu n’existe pas, alors les termes moraux sont incohérents et nos intuitions morales n’ont aucun sens.
Les chrétiens n’ont pas à craindre le dilemme d’Euthyphron, puisqu’il s’agit d’une mauvaise compréhension du Dieu révélé dans la Bible. Le bien n’est ni au dessus de Dieu ou simplement la volonté de Dieu. Plutôt, l’éthique est fondée dans son caractère saint. Les notions morales ne sont pas arbitraires et données sur un coup de tête. Elles sont fixes, absolues et fondée dans la nature immuable de Dieu.
De plus, aucune définition extérieure de la piété est nécessaire parce que la morale est connue directement grâce à notre intuition morale. Les lois de Dieu expriment son caractère et – si nos intuitions morales sont intactes – nous reconnaissons immédiatement que ces lois sont bonnes.
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D’après un article de Greg Koukl : The Euthyphro’s dilemma



La solution au dilemme d’Euthyphron est simple. Il suffit de montrer que c’est un faux dilemme. Il n’y a pas deux options, mais trois.



