Théorie n°3: Le mauvais tombeau
Selon cette théorie, les disciples se seraient rendus au mauvais tombeau.
On peut relever six problèmes majeurs:
. Même si les disciples s’étaient rendus au mauvais tombeau, cela n’explique pas leur conviction d’avoir vu Jésus ressuscité.
. Les évangiles rapportent que le tombeau vide n’a convaincu personne de la résurrection de Jésus, mis à part Jean.
. Paul s’est converti après avoir vu Jésus ressuscité, pas à cause du tombeau vide.
. La même chose peut être dite pour Jacques.
. Aucune source ne soutient cette théorie. Si les disciples s’étaient réellement rendus au mauvais tombeau, les autorités juives et romaines n’auraient eu qu’à se rendre au bon tombeau, exhumer le corps, le montrer publiquement pour faire taire les rumeurs. Mais pas un seul expert critique de la résurrection n’a défendu cette théorie durant les premiers siècles du christianisme.
. Les données suggèrent que l’emplacement du tombeau était connu. Joseph d’Arimathée demanda l’autorisation de prendre le corps de Jésus et de le placer dans le tombeau lui appartenant. Etant un membre du Sanhédrin, il aurait contredit l’affirmation que Jésus avait été mis dans son tombeau si tel n’avait pas été le cas. Si Joseph d’Arimathée était un personnage fictif inventé par les disciples, les autorités juives auraient renié son existence.
Théorie n°4: La mort apparente ou l’évanouissement
La crucifixion de Jésus est un événement historiquement certain. Mais peut-on en dire autant de sa mort? Se pourrait-il qu’il ait été descendu de la croix alors qu’il s’était évanoui, et qu’il ait repris connaissance dans le tombeau ?
Il existe 3 problèmes majeurs avec cette théorie:
. Un tel événement semble peu probable étant donné ce qu’on sait de la flagellation et de la crucifixion. Dans Guerre des Juifs, Flavius Josèphe dit d’un homme ayant subi une flagellation qu’il avait été « déchiré de coups de fouet jusqu’à l’os ». Afin de pouvoir respirer, la victime devait se soulever par les mains et les pieds, ce qui lui causait à chaque mouvement d’atroces douleurs. Au bout d’un certain temps, épuisée par l’effort, la douleur, la perte de sang, et gagnée par les crampes, la victime ne pouvait plus se soulever pour respirer, et mourait le plus souvent par asphyxie. Pour hâter sa mort, les soldats brisaient parfois les jambes de la victime (la crucifracture ). Le récit biblique rapporte que les deux brigands crucifiés en même temps que Jésus eurent les jambes brisées, mais que les soldats romains n’en firent pas de même pour Jésus, ayant constaté qu’il était déjà mort. De plus, Jésus eut le côté percé. Dans un article paru dans le Journal of American Medical Association le 21 mars 1986, William D.Edwards, Wesley J.Gabel et Floyd E.Hosmer affirment qu’ « Une chose est claire: le poids des preuves historiques et médicales montre que Jésus était mort avant que son côté n’eût été percé; il corrobore une conception traditionnelle selon laquelle le glaive, enfoncé entre ses côtes, aurait probablement percé le poumon, mais aussi le péricarde et le cœur, et ainsi serait survenue la mort. En conséquence, les interprétations fondées sur la supposition que Jésus ne mourut pas sur la croix apparaissent en totale contradiction avec les connaissances médicales modernes » .
. Le sceptique David Friedrich Strauss, qui pensait que la théorie de l’hallucination pouvait expliquer les apparitions de Jésus, a fini par contredire la théorie de l’évanouissement : « Il est impossible qu’un être qui se serait extrait à demi mort du sépulcre, qui se serait traîné faible et malade, sans soins médicaux, qui aurait eu besoin d’avoir ses plaies pansées, de retrouver des forces et de trouver de la pitié, qui pour finir aurait succombé à ses souffrances, ait pu donner à ses disciples l’impression à ses disciples qu’il était le Conquérant de la mort et de la tombe, lui le Prince de la vie, impression à la base de leur ministère futur. Semblable réanimation aurait eu pour seul effet d’affaiblir l’impression qu’il leur avait donnée dans la vie et la mort; tout au plus, aurait-elle pu avoir une voix élégiaque, mais elle n’aurait en aucun cas été capable de changer leur deuil en enthousiasme, d’élever leur respect au niveau de l’adoration. »
. La théorie de la « mort apparente » ne peut pas rendre compte du changement radical de Paul. Paul rapporte s’être converti après avoir fait l’expérience d’une apparition glorieuse de Jésus (Actes 9 ; Philippiens 3.21).
Théorie n°5: Les hallucinations

On peut citer trois théories d’explication naturaliste ,regroupées sous le nom plus général d’ »hallucinations » :
Délire: avoir une fausse croyance avec la conviction qu’elle est vraie malgré des preuves qui invalident sa vérité.
Hallucination: fausse perception de quelque chose qui n’est pas là.
Illusion: perception distordue de quelque chose qui est là.
1°) Les hallucinations
Se pourrait-il que les apparitions de Jésus aux disciples soient le fruit d’hallucinations?
On peut noter plusieurs objections à cette explication :
. Une hallucination se déroule dans l’esprit d’un individu, et est donc propre à celui-ci. Il n’y a pas d’expérience collective. Il se peut que tous les membres d’un groupe soient dans un état d’esprit facilitant une hallucination, mais chaque individu expérimentera une hallucination différente. Dans ce sens, une hallucination est un peu comme un rêve. Les disciples affirmèrent en tant que groupe que Jésus leur était apparu. Dans le credo de 1 Corinthiens 15, trois apparitions à des groupes sont mentionnées – les douze, 500 personnes, tous les apôtres. Des apparitions à des groupes sont également mentionnées dans les évangiles et les Actes (Luc 24.33-36; Matthieu 28.9, 16-20; Marc 19.7; Jean 20.19-30; 21.1-22; Actes 1.3-9).
. Les hallucinations ne peuvent pas expliquer le tombeau vide. Même si les douze apôtres, Paul et Jacques avaient été victimes d’hallucinations, le corps aurait toujours été dans le tombeau.
. Les hallucinations ne peuvent pas expliquer la conversion de Paul. Même si des hallucinations pourraient expliquer les apparitions aux disciples, comment expliquer l’expérience bouleversante de Paul ? Il ne semble pas avoir été dans l’état d’esprit nécessaire pour avoir des hallucinations dans lesquelles il voyait Jésus ressuscité. Il haïssait à la fois Jésus et ses disciples, et croyait que c’était la volonté de Dieu de les stopper. Il était loin d’être bouleversé par la mort de Jésus.
. Les hallucinations ne peuvent expliquer la conversion de Jacques. Etant un juif pieux, il est peu probable qu’il ait expérimenté une hallucination suffisamment forte pour le convaincre de changer de convictions religieuses, convictions qui, si elles étaient fausses, le condamneraient au châtiment éternel.
. Il y a trop de variations individuelles. Jésus est apparu à des individus, des groupes, des amis, des ennemis, des hommes et des femmes, à de nombreuses reprises, et ce pendant quarante jours. Il est tout simplement impossible que toutes ces personnes aient été dans le même état d’esprit.
2°) Le délire
S’il est impossible d’expliquer les faits par une hallucination collective, ceux-ci peuvent-ils s’expliquer par un délire ?
Les délires religieux sont relativement fréquents … Marshall Applewhite de l’Eglise de Vénus se suicida en 1997 avec 38 de ses disciples, persuadé qu’une navette spatiale cachée derrière la comète Hale-Bopp les récupèrerait après l’évènement. Des membres de sectes qui suivaient Jim Jones (Peoples Temple, 1978) et David Koresh (Branch Davidians, 1993) moururent également volontairement avec l’espoir que leur leader les mènerait vers un meilleur endroit dans l’éternité. Se pourrait-il que le leader charismatique Paul ait convaincu les disciples qu’ils avaient vu Jésus ressuscité?
Les délires sont une explication qui pose problème pour plusieurs raisons.
. Ils ne peuvent pas expliquer la conversion du persécuteur Paul.
. Ils ne peuvent pas expliquer la conversion du sceptique Jacques. Les « candidats » au délire croient quelque chose qui dépasse leur logique. Certains accusent les disciples d’être dans cet état d’esprit car ils désiraient vraiment que Jésus soit avec eux, mais ni Paul ni Jacques ne semblent avoir désiré que Jésus soit en vie.
. Ils ne peuvent expliquer le tombeau vide.
3°) La vision
De nombreux écrits religieux, de l’Antiquité à aujourd’hui, font état d’apparitions divines sous forme de vision. Certains critiques affirment que les apparitions de Jésus à ses disciples tombent dans cette catégorie, et ne sont donc pas plus crédibles que les visions des autres écrits religieux.
Le terme « vision » en lui-même est plutôt vague; Que veut dire le sceptique quand il l’emploie?
. Il peut s’agir d’un genre littéraire. Dans ce cas on se rapportera au paragraphe sur la théorie de la légende.
. Une vision dite objective ne fait pas appel aux sens naturels. Toutefois, l’objet vu est réel, et non pas imaginaire (exemple d’Etienne dans Actes 7.55-56, de Cornélius et de Pierre dans Actes 10.1-16, et de Jean dans le livre de l’Apocalypse). Si le terme est utilisé dans ce sens, le sceptique doit alors admettre que Jésus est ressuscité.
. Le sens du mot « vision » employé par les sceptiques est donc probablement celui d’une vision dite subjective, qui est le produit de notre esprit et n’a ni cause ni réalité en dehors de celui-ci. Une telle vision se rapproche d’une hallucination ou d’un rêve. On pourrait dire qu’une vision subjective est une hallucination ou un rêve à contenu religieux.
Ainsi, la vision – objective et subjective – est problématique. Si la vision était objective, nous avons toujours un Jésus ressuscité. Le mieux qu’une vision objective peut faire est d’éviter de faire appel à une résurrection corporelle. Mais il y a quand même résurrection. Si la vision était subjective, cela implique qu’elle était le fruit d’une sorte d’hallucination.
De plus, aucune cause psychologique avancée pour expliquer les apparitions ne peut justifier le tombeau vide.
On peut également souligner le fait que la compréhension qu’avaient les Juifs de la résurrection impliquait nécessairement une résurrection corporelle, et non pas seulement spirituelle.
–
– Evangile de Jean, 19.31-33.
– On the physical death of Jesus
– David Friedrich Strauss, A new life of Jesus.
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