Stuart McAllister, né en Ecosse, a vu sa vie changée par Christ à l’âge de vingt ans. Son désir de servir Dieu et d’approfondir sa compréhension de la foi l’ont mené à rejoindre Opération Mobilisation en 1978. Cet engagement le mena en Yougoslavie, où il fut emprisonné pendant 40 jours pour avoir distribué de la littérature chrétienne. Après avoir été relâché, il continua à prêcher l’Evangile dans des pays communistes, ce qui résulta en d’autres peines de prison. Stuart se joignit à Ravi Zacharias International Ministries en 1998 comme Directeur International et travaille aujourd’hui comme Vice-Président de la formation et des projets spéciaux. Avec un emploi du temps chargé en déplacements tout autour de la planète, Stuart intervient dans des églises et d’autres forums.
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Question 1 : Stuart McAllister, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Je suis en profond désaccord avec toute notion de suicide intellectuel quand il s’agit de la connaissance de Dieu. Dans mon cas, ce fut exactement l’inverse. Ce fut un réveil ! Premièrement une prise de conscience que Dieu était là, et que la réalité était plus grande que je ne pensais ou comprenais auparavant … Deuxièmement, une prise de conscience du rôle de la Bible et de sa lecture comme élément central de la foi chrétienne. Rapidement, j’ai appris à explorer ma foi. J’ai aussi appris que dans cette exploration, les questions étaient abondantes. Je n’étais jamais découragé de poser mes questions, même les plus difficiles. Je crois que je peux vraiment et sincèrement dire que mon esprit, ma pensée, et ma capacité à raisonner ont été stimulés et encouragés par ma foi. En effet, sans le profond défi à mon athéisme assumé, je n’aurais peut-être jamais accordé d’importance à des questions sérieuses.
Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
Les questions qui m’ont le plus particulièrement touché étaient de savoir si un Dieu existait vraiment ou non et, bien sûr, si Jésus était, ou pouvait être dans un sens, le vrai Dieu. Ayant grandi dans les années cinquante, j’ai été élevé avec des attentes scientifiques, et il me semblait évident que toutes les questions avaient des solutions naturelles. Une jeune femme avec qui j’avais une relation me demanda un jour ce que je pensais de Dieu. Ma réponse fut brève : rien ! Il n’y avait pas de place dans mes pensées pour Dieu et je n’avais pas besoin de quelque chose en dehors de l’expérience (je voyais les choses de cette manière). Cette jeune femme m’annonça un jour qu’elle avait « rencontré Christ ». Cela me perturba. Que voulait-elle dire ? Pourquoi proférait-elle de telles absurdités ? Quoi qu’il en soit, quelque chose avait changé dans sa vie, et elle était assez catégorique sur le fait que c’était Dieu qui l’avait confrontée. Cette expérience nous poussa à nous séparer. Quelques semaines plus tard, elle m’appela et m’invita à rencontrer ses nouveaux amis, qui croyaient en Dieu et qui maintenant l’accompagnaient dans son nouveau cheminement de foi. J’allai faire leur connaissance, déterminé à les humilier et à réduire leurs prétentions en morceaux. Je fus confronté à une présentation sérieuse des évènements de l’histoire, à des raisons de croire que Jésus était Dieu, et à des arguments en faveur de la résurrection. Je dois confesser que je n’avais jamais rien entendu de la sorte auparavant et que je n’y avais jamais sérieusement réfléchi. Ce fut pour moi un moment Pascalien. J’avais le sentiment qu’il « pourrait bien » y avoir un Dieu après tout, et que si tel était le cas, cela changerait tout. Cette nuit-là je priai pour la première fois et je découvris que c’était réel. Ce fut un changement de paradigme pour moi, et le « processus de pensée » qui s’en est suivit n’a jamais cessé.
Question 3 : A quelles questions êtes-vous le plus souvent confronté dans le cadre de votre ministère ?
Dans notre travail, nous sommes le plus souvent confronté à des questions comme : La foi et la science ne sont-elles pas mutuellement exclusives ? Comment puis-je croire que Christ est le seul chemin vers Dieu ? N’est-il pas évident que la religion n’est qu’un phénomène naturel ou une construction sociale ? Nous oscillons entre un naturalisme confiant et un pluralisme confus qui prétend que toutes les croyances sont – de manière égale – vraies ou fausses, selon ce qui nous motive en tant qu’êtres doués de pensée. C’est face à ces objections sérieuses, ainsi que beaucoup d’autres, que je vis avec profonde une confiance que Dieu est réel, présent, plein d’amour et de grâce envers tous ceux qui le cherchent.
Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
Le peuple français a une histoire riche et un énorme héritage culturel. Quoi qu’il en soit, la France montre (par moments) de nombreux signes du mal, de l’ennui et des tensions que la modernité et les soi-disants Lumières ont entraîné dans leur sillage. Il n’est pas nécessaire d’éteindre son esprit, d’abandonner la science, l’art ou la culture, pour connaître Dieu et le suivre. Il s’agit simplement de voir qui nous sommes et ce que nous sommes, de reconnaître que nous avons besoin d’aide et que nous pouvons faire partie d’une histoire et d’un destin plus grands, et d’avoir une espérance vivante. Partout dans le monde, des hommes et des femmes à l’intelligence et à la réflexion hors-pairs confessent que Dieu est leur sauveur. Ces personnes travaillent aussi dans des universités, des gouvernements et des médias en tant que membres actifs de la société et croyants actifs. Mon espoir et ma prière est que de nombreux français se joindront à eux.




