Archives de : décembre 2009

Les arguments théistes – Introduction

La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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Citation du dimanche: Sébastien Fath sur l’essor des évangéliques en France

« À partir des années 1960, il y a eu des stratégies au sein du protestantisme. La première a constitué à garder la forme mais à changer le fond : les luthériens et réformés ont conservé le cadre – les temples, la croix huguenote, la liturgie -, mais ont complètement bouleversé leur message pour s’adapter. L’autre stratégie, celle des évangéliques, a été de garder le fond mais de changer la forme. Ils ont maintenu une théologie très traditionnelle, mais ont bouleversé le style du culte. Il y a 40 ans, ce positionnement apparaissait suicidaire: il était ringard d’être conservateur. Mais il faut reconnaître qu’il a été payant. »

Sébastien Fath, Dossier Spécial sur Les Protestants de France, La Vie, N°3347, 22 octobre 2009, p. 24

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Implications pratiques de Noël

Incarnation

À Noël, on fête la venue de Jésus sur terre. Dieu s’est incarné (Jean 1.14). Dieu est venu dans le monde sous l’apparence d’un homme. Plusieurs prophéties dans l’Ancien Testament avaient annoncé ce jour où Dieu viendrait visiter la terre (parmi lesquelles Esaïe 7.14).
De nombreuses personnes aujourd’hui ne croient pas en la doctrine de l’incarnation. Pour les musulmans, Dieu ne peut pas devenir un homme. Mais qui sommes-nous pour dire ce que Dieu peut ou ne peut pas faire ? Pour les sceptiques, il n’y a tout simplement pas assez de preuves. Chez les sceptiques, pas question de parler de miracle ! Mais ce rejet n’est que le reflet de préjugés anti-miraculeux : préjugés imposant une vision séculière du monde. Cette attitude est dénoncée dans les milieux académiques par des spécialistes comme Walter Wink, exégète du Nouveau Testament :

Les historiens peuvent exiger que des garanties ou preuves appropriées soient présentées avant de croire que quelque chose d’inhabituel s’est produit … Ils peuvent mettre de précieux coups d’arrêt à la superstition en jetant un regard critique sur des affirmations extraordinaires d’orientation tendancieuses. Mais aller au-delà, en affirmant avec dogmatisme l’impossibilité de toute guérison de foi, ou prescience, ou résurrection des morts, c’est dépasser ses compétences d’historien pour affirmer une foi prisonnière d’une vision du monde particulière – ou de ce que Paul Ricoeur a appelé « le croyable disponible ».1

Dans certains milieux chrétiens, l’incarnation est de plus en plus questionnée voire rejetée. Pourtant, nous ne devons pas perdre de vue que si on rejette le miracle de l’incarnation, les conséquences sont importantes pour la foi chrétienne. Car, les implications de l’incarnation de Jésus sont très concrètes. J’en citerais trois :

- Dieu se fait pleinement connaître à nous. Selon la Bible, « Personne n’a jamais vu Dieu » (Jean 1.18a). Constat sans appel. La Bible affirme l’évidence. Aucun être humain n’a jamais vu Dieu. L’affirmation aurait pu s’arrêter là, et elle serait probablement passée aux oubliettes. Cependant, ce qui va suivre défie l’entendement : « Dieu le Fils unique, qui est dans l’intimité du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1.18b). Personne n’a jamais vu Dieu. Mais Dieu, le Fils unique qui est dans l’intimité du Père, c’est-à-dire Jésus, l’a fait connaître. Autrement dit, tu vois Jésus, tu vois Dieu. Si les hommes veulent connaître Dieu, ils doivent connaître Jésus. Nier que Dieu s’est fait homme implique l’impossibilité de connaître vraiment Dieu.

- Dieu connaît parfaitement ce que nous vivons. Du point de vue existentiel, Dieu sait ce que nous vivons, car Jésus a vécu la vie des hommes. Rendez-vous compte : Jésus a eu une mère, un père, des frères et des sœurs. Il a eu des amis et des ennemis. Jésus a connu la faiblesse, la soif et la faim. Il a travaillé, il a payé ses impôts. Jésus a aussi connu la trahison, l’angoisse et la souffrance physique et émotionnelle. Il a dû faire face à la mort de ses amis, et même à sa propre mort.  Si Dieu ne s’est pas incarné alors il ne peut réellement compatir à nos faiblesses. Il est un Dieu lointain qui ne se préoccupe pas réellement de ce que ses créatures vivent.

- Dieu se réconcilie définitivement avec les hommes.
Si Jésus est vraiment Dieu, alors il est tout à fait raisonnable de croire qu’il est capable de « sauver parfaitement » ceux qui veulent s’approcher de Dieu. (Hébreux 7.25). Pas besoin de suivre une religion, pas besoin d’expier ses péchés au purgatoire, il n’y a pas non plus de réincarnation. Jésus nous réconcilie pleinement avec Dieu par sa mort sur la croix et sa résurrection d’entre les morts (Colossiens 1.18-20). En revanche, si Dieu ne s’est pas incarné, alors il n’est pas évident que Jésus possède le pouvoir et l’autorité divine dont il a besoin pour racheter les hommes.


1- Transforming Bible Study, Nashville, Abingdon, 1980, p. 155

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Plus d’idées cadeaux pour Noël ?

Pour ceux qui n’auraient pas fini leurs achats de Noël, voici quelques livres que les bloggueurs de RDC recommandent particulièrement:

La vérité pour passion. Cohérence et force de la pensée évangélique

Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que le christianisme évangélique est, en occident, la forme de Christianisme la plus importante et la plus militante. Souvent resté à l’écart de la scène médiatique et des débats philosophiques, ce christianisme commence à faire l’objet de travaux académiques sérieux et semble vouloir entrer dans l’arène des joutes intellectuelles. Alister McGrath, en montrant la solidité des fondements de la pensée évangélique, et la cohérence et la crédibilité de celle-ci, encourage les évangéliques à s’engager plus avant dans la vie intellectuelle. D’autant que les systèmes de pensée rivaux ont aussi leurs défauts et leurs points faibles, et qu’ils oublient trop souvent que les questions critiques qu’ils posent aux évangéliques peuvent être adressées à leur propre approche.

Questions autour de Dieu

Les questions les plus souvent posées par nos contemporains sur la foi et sur Dieu ne peuvent pas forcément trouver de réponses simples et rapides. Mais ce sont des questions qu’il est légitime de se poser avant de s’engager sur le chemin de la foi. Les auteurs de ce livre ; pasteurs, étudiants en théologie, professeurs… répondent avec honnêteté et brio à différentes interrogations sur le problème de Dieu et de la souffrance, de la liberté, de la sexualité, du sens de la vie, mettant en avant toute la complexité et l’intérêt de ces sujets. Ils donnent ainsi une image réaliste et équilibrée de la foi chrétienne et montrent que croire en Dieu a des implications dans tous les domaines de la vie.

L’Homme Peut-Il Vivre Sans Dieu ?

Ravi Zacharias fait une brillante présentation de la foi chrétienne qui allie la logique rigoureuse de la philosophie aux constats tirés de l’expérience. L’auteur montre en quoi l’affirmation de l’existence de Dieu a de l’influence de notre vie de tous les jours. Selon lui, la réponse que vous donnez à la question : Dieu existe-t-il ? aura un impact sur vos relations avec les autres, la façon dont vous vivez et la façon dont vous percevez la vérité. Un classique à lire !

Pour ceux qui lisent l’anglais:

The Reason for God: Belief in an Age of Scepticism

« In this apologia for Christian faith, Keller mines material from literary classics, philosophy, anthropology and a multitude of other disciplines to make an intellectually compelling case for God. Written for skeptics and the believers who love them, the book draws on the author’s encounters as founding pastor of New York’s booming Redeemer Presbyterian Church (…) Keller’s condensed summaries of arguments for and against theism make the scope of the book overwhelming at times. Nonetheless, it should serve both as testimony to the author’s encyclopedic learning and as a compelling overview of the current debate on faith for those who doubt and for those who want to re-evaluate what they believe, and why.1 »

Et si vous achetez ces livres directement en suivant les liens ci-dessus sur Amazon.fr, vous participez au financement du site www.raisonsdecroire.org. Merci beaucoup!

En vous souhaitant un joyeux noël et une bonne année!

Aurélien Lang et Jonathan Kitt


1- Copyright © Reed Business Information, a division of Reed Elsevier Inc. All rights reserved.

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Citation du dimanche: Albert Schweitzer sur les vies de Jésus

Les époques successives de la théologie ont trouvé leurs propres pensées en Jésus ; c’était d’ailleurs la seule façon dont elles pouvaient la faire vivre. Mais ce ne sont pas seulement les différentes époques, qui trouvèrent leur reflet en Jésus ; chaque individu le créa selon sa propre personnalité. Aucune autre tâche historique ne révèle autant la vraie nature d’un homme que la rédaction d’une Vie de Jésus.

Albert Schweitzer, The Quest for the Historical Jesus, trad. W. Montgomery, Londres, Black, 1954, p4.

Lire aussi :

Un mot sur les liens Internet

Juste un petit mot sur les liens présents sur le site RDC :

- La Revue Réformée : La faculté libre de théologie réformée d’Aix-En-Provence publie tous les ans 5 numéros de cette revue qui se veut théologique et pratique. Vous apprécierez les articles sur l’apologétique.

- QuestionSuivante.fr : Le site d’apologétique des Groupes Bibliques Universitaires (gbu.fr) est probablement le meilleur site francophone entièrement dédié à l’apologétique. Vous trouverez des articles, des réponses aux objections les plus courantes contre l’existence de Dieu, des audios et des vidéos de conférences organisées par des étudiants dans les universités françaises.

- Réseau des Scientifiques Évangéliques : Les évangéliques ne sont pas des imbéciles. Faîtes connaissances avec ce réseau de chercheurs, professeurs, érudits de confession protestante évangélique.

- Le blog de Sébastien Fath : M. Fath est l’expert francophone de la mouvance protestante évangélique. Cet historien et chercheur au CNRS a notamment écrit Du ghetto au réseau : Le protestantisme évangélique en France (1800-2005)
Un « must-read » sur le protestantisme évangélique.

- unpoissondansle.net : un site sur la spiritualité protestante évangélique qui présente notamment une section apologétique très riche.

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Série : Les arguments théistes

Notre prochaine série portera sur les arguments en faveur de l’existence de Dieu, en examinant tour à tour les quatre principaux arguments :

1) Argument ontologique
2) Argument téléologique
3) Argument cosmologique
4) Argument moral

Nous présenterons chacun de ces arguments en trois parties :
- Arrière-plan historique
- Exposé
- Objections les plus répandues

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Citation du dimanche: Alasdair MacIntyre sur l’échec des Lumières

« Les penseurs des Lumières et leurs successeurs se révélèrent incapables de se mettre d’accord sur la définition précises de ces principes qui devaient paraître irrécusables à tout être rationnel. Les Encyclopédistes donnèrent une réponse, Rousseau en donna une autre, Bentham une troisième, Kant une quatrième et les philosophes écossais théoriciens du sens commun ainsi que leurs disciples français et américains une cinquième. Les siècles suivants, loin de réduire l’étendue de ces désaccords, l’ont au contraire accru. En conséquence, les Lumières nous ont laissé en héritage un idéal de justification rationnelle qui s’est révélé impossible à atteindre. »

Alasdair MacIntyre, Quelle justice ? Quelle rationalité ?, traduit de l’anglais par M. Vignaux d’Hollande, Léviathan, Paris, PUF, 1993, p.7

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Sommaire: Arguments en faveur du christianisme

Désormais tous les premiers lundi du mois, nous vous proposons un sommaire d’une série déjà publiée sur RDC. Ce mois-ci, redécouvrez les « Arguments en faveur du christianisme ».

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- Arguments en faveur du christianisme : introduction (partie 1).
- Arguments en faveur du christianisme : les aspirations du coeur humain sont expliqués par l’existence d’un Créateur (partie 2).
- Arguments en faveur du christianisme : Dieu donne du sens à la vie (partie 3).
- Arguments en faveur du christianisme : le Dieu de la Bible n’est pas un dieu que nous aurions pu inventer (partie 4).
- Arguments en faveur du christianisme : l’existence de Dieu explique le mieux l’existence de valeurs morales objectives (partie 5).
- Arguments en faveur du christianisme : l’existence de Dieu explique le mieux notre désir de justice (partie 6).

Par ailleurs, Jonathan devrait commencer dans quelques temps une série détaillée sur ses arguments en faveur de l’existence de Dieu.

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Citation du dimanche : Alister McGrath sur la « naiveté » évangélique

« Les théologiens académiques qualifient parfois le mouvement évangélique de « naïf ». Mais cette épithète nécessite une traduction. Après examen attentif, il s’agit généralement d’un « refus de se soumettre à l’imperium du monde académique », ou d’une « incapacité à accepter les normes d’un monde académique fermé et centré sur lui-même. En résumé, le mot n’a que peu de rapport avec la capacité intellectuelle ou l’érudition ; il vise au contraire le refus évangélique de servilité à l’égard de l’idéologie d’un monde académique en voie de marginalisation antireligieuse. »

Alister McGrath, La Vérité pour Passion – Cohérence et force de la pensée évangélique, Trad. par Christophe Paya, Charols, Excelsis, 2008, p.23

Alister McGrath, après avoir été professeur de théologie historique à l’université d’Oxford, occupe désormais la chaire de théologie, du ministère et de l’éducation du département de l’éducation et des études professionnelles du King’s College de Londres, où il est également directeur du groupe de recherches en théologie, religion et culture.

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