Archives de : mars 2010

Citation du dimanche : Luc Ferry sur les droits de l’Homme

En s’appuyant sur une définition de la personne humaine et sur une pensée inédite de l’amour, le christianisme va laisser des traces incomparables dans l’histoire des idées (…) Il est tout à fait clair que, sans cette valorisation typiquement chrétienne de la personne humaine, de l’individu comme tel, jamais la philosophie des droits de l’homme à laquelle nous sommes si attachés aujourd’hui n’aurait vu le jour . »

- Luc Ferry, Apprendre à vivre – Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations, Plon, 2006, p. 75-76.

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L’ultime sacrifice des « chemises rouges »

Mardi 16 mars: Des manifestants thaïlandais déversent 300 litres de leur sang sur les marches du Parlement et des bureaux du Parti démocrate. Ce sang prélevé à la seringue est versé par les manifestants, les fameux « chemises rouges », en signe du sacrifice d’un peuple au profit des élites.

Le sang, c’est la vie. Une flaque de sang, c’est une image violente. Quand une amie vit la photo du journal Métro (ci-dessus), elle me demanda de tourner la page car elle se sentait mal.

Toute personne qui lit la Bible réalise que c’est aussi un livre très sanglant:

On y trouve le premier meurtre de l’histoire, la destruction de villes entières, des guerres à répétition et le massacre de peuples entiers (cf série sur les génocides dans la Bible). Plus sanglant encore, est la manière dont Dieu exige aux Israélites d’obtenir sa faveur. Tous les jours, des animaux sont égorgés et des sacrifices offerts par les prêtres pour le pardon des péchés du peuple juif.

Aujourd’hui, nous détestons le sang et nous n’en supportons souvent pas la vue. Je le sais, ayant récemment fait une prise de sang un peu laborieuse. Mais n’imaginons pas pour autant que les juifs aimaient le sang ! Ils étaient comme nous et l’horreur qu’ils ressentaient à l’odeur du sang brulé et du sol maculé de rouge, devait les faire réaliser l’horreur de leur rébellion contre Dieu. Un péché si terrible, que le sang devait couler pour rétablir leur relation avec un grand Dieu.

Vient alors le sacrifice le plus sanglant et le plus violent de la Bible. La crucifixion de Jésus est le sacrifice ultime de la Bible. Nous vivons dans une culture aseptisée et la violence de la crucifixion nous est étrangère. Mais les images qui nous viennent de Thailande nous rappellent que le sang est hautement symbolique.

Le gouvernement thaï déplorait le geste des manifestants en disant : « Le sang est le symbole de la violence et en jeter contre une maison est attristant. » La Bible explique le sacrifice de Jésus en disant: « sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon. » (Hebreux 9v22).  « Attristant » ou seul espoir ? À méditer…

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Citation du dimanche : Paul Henri Thiry d’Holbach sur la religion

Les hommes, pour la plupart, ne tiennent à leur religion que par habitude. Ils n’ont jamais examiné sérieusement les raisons qui les y attachent, les motifs de leur conduite, les fondements de leurs opinions. Ainsi la chose que tous regardent comme la plus importante pour eux fut toujours celle qu’ils craignirent le plus d’approfondir. Ils suivent les routes que leurs pères leur ont tracées ; ils croient parce qu’on leur a dit dès l’enfance qu’il fallait croire ; ils espèrent parce que leurs ancêtres ont espéré ; ils tremblent parce que leurs devanciers ont tremblé ; presque jamais ils n’ont daigné se rendre compte des motifs de leur croyance. [...] C’est ainsi que les opinions religieuses, une fois admises, se maintiennent pendant une longue suite de siècles. C’est ainsi que d’âge en âge les nations se transmettent des idées qu’elles n’ont jamais examinées. Elles croient que leur bonheur est attaché à des institutions dans lesquelles un examen plus mur leur montrerait la source de la plupart de leurs maux. L’autorité vient encore à l’appui des préjugés des hommes , elle leur défend l’examen, elle les force à l’ignorance, elle se tient toujours prête à punir quiconque tenterait de les désabuser. [...] Cependant il se trouva dans tous les siècles des hommes qui, détrompés des préjugés de leurs concitoyens, osèrent leur montrer la vérité. Mais que pouvait leur faible voix contre des erreurs sucées avec le lait, confirmées par l’habitude, autorisées par l’exemple, fortifiées par une politique souvent complice de sa propre ruine ? Les cris imposants de l’imposture réduisirent bientôt au silence ceux qui voulurent réclamer en faveur de la raison. »

- Paul Henri Thiry d’Holbach, Le christianisme dévoilé, éd. A Londres, 1776, p. 2-6.

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Comment Dieu peut-il commander des génocides dans l’Ancien Testament ? (4)


La dernière fois nous avons vu que l’éradication des Cananéens, aussi violente et révoltante soit-elle, n’était pas une épuration ethnique mais l’exercice du juste jugement de Dieu sur ses ennemis (Partie 1, partie 2, partie 3). Nous allons maintenant voir pourquoi il était nécessaire de retirer les Cananéens de la Terre Promise et que le jugement des Cananéens était une préfiguration du jugement final biblique (toujours dans une perspective canonique).

6. Pourquoi était-il nécessaire de retirer les Cananéens de la Terre Promise ?

En France, on respecte la séparation de l’église et de l’état. Mais au temps de Josué Israël était une « théocratie ». L’église et l’état étaient en quelque sorte inséparables, joints et on ne pouvait pas distinguer l’un de l’autre. Les membres du peuple de Dieu avaient des obligations religieuses et civiques. Etre citoyen d’Israël requérait que l’on soit fidèle à l’alliance de Dieu.
Faire partie de la communauté de l’alliance impliquait la pureté, et les violations de cette alliance conduisait à l’exclusion (cf. Dt 13.5, 17.7, etc. …). Ceci inclut aussi la pureté du Pays dans lequel vivait le peuple de Dieu, et si le peuple de Dieu n’avait pas exclu pas les Cananéens du Pays, la nation entière aurait été entrainée dans la rébellion, l’idolâtrie, l’injustice et le mal (cf. Dt 7.4, 12.29-31). Tristement, ce sera trop souvent le cas sous l’ancienne alliance.

Les chrétiens aujourd’hui ne vivent pas dans une théocratie. Nous sommes des étrangers et des exilés (1 Pi 2.11) sans terre sacrée dans cette période. Nous attendons la nouvelle terre et les nouveaux cieux permanents et définitifs. En attendant, les chrétiens doivent obéir aux autorités placées par Dieu au dessus d’eux (Rom 13.1-15), mais ces autorités instituées par Dieu ne font pas et ne doivent pas faire partie de l’Église. De plus, la révélation spéciale à l’Église entière est maintenant finie (Hb 1.1-2, Jude 3). L’Église ne reçoit plus de nouvelles révélations. Ces facteurs mis ensemble assurent que rien comme la destruction des Canaanéens n’est commandée par Dieu ou n’est permise par son peuple aujourd’hui.

7. La destruction des Cananéens est une image du jugement final

À la fin des temps, Christ reviendra pour juger les morts et les vivants (Actes 10.42, 2 Tim 4.1, 1 Pi 4.5), rejetant définitivement ses ennemis du pays attendu et espéré par les chrétiens. Ce jugement sera juste, complet et définitif. C’est le jour où Christ paraîtra avec les anges puissants, « au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour juste châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Thess 1.8-9).
L’ordre de détruire les peuples Cananéens est une préfiguration du jugement final.

Si on lit les pages de Josué dans cette perspective, elles ne deviennent plus « une objection à laquelle il faut répondre » mais un appel puissant lancé aux hommes à se détourner de leurs fautes et à se tourner pour servir le Dieu vivant et vrai en acceptant Christ comme substitut (1 Thess 1.9-10). En effet, Jésus a déjà souffert le jugement que nous devrions subir. Du point de vue de Dieu, nous sommes comme les Cananéens rebelles méritant la colère omnipotente de Dieu. Mais il y a 2000 ans, alors qu’il était innocent, Jésus a été moqué, humilié, torturé et tué sur une immonde croix. La colère de Dieu est tombée sur lui. L’innocent est devenu le Cananéen rebelle pour que nous puissions obtenir le pardon de Dieu et ne pas tomber sous sa condamnation lors du jugement final (Jn 3.36).

Cet article est une adaptation libre et partielle de How Could God Command Genocide in The Old Testament de Justin Taylor.

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Citation du dimanche : Stephen Jay Gould sur « science et religion »

Si la science a réellement un ennemi, ce n’est pas la religion, mais l’irrationalisme ».

- Stephen Jay Gould, paléontologiste américain, Darwin et les grandes énigmes de la vie – Réflexions sur l’histoire naturelle, Paris, éd. du Seuil, 1997, p.151.

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La police ne trouve pas le corps

Lundi 8 mars 2010, on découvre un corps  non identifié dans un cimetière sur l’île de Chypre. On ouvre une enquête. La police fait des tests d’ADN. Ils sont formels, nous venons de découvrir le corps de l’ex-président !

Ceci n’est pas une fiction. C’est l’actualité d’aujourd’hui dans tous les journaux. La police chypriote vient d’identifier le corps de Tassos Papadopoulos, l’ex-président de leur nation. Mort en 2008 et enterré dans le cimetière de Deftera, son corps avait disparu depuis trois mois. Lundi, il fut retrouvé dans un autre cimetière, à quelques kilomètres de ce lieu.

Quel est le lien avec l’apologétique et les fondements de la foi chrétienne ? C’est simple, imaginez qu’un jour on découvre un corps non identifié. Après des analyses, le verdict tombe : c’est le corps de Jésus-Christ. Quelles seraient les conséquences ? La Bible répond à cette question : « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication n’a plus de contenu, et votre foi est sans objet. » (1 Co 15:14) et aussi « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion, et vous êtes encore sous le poids de vos péchés. » (v16)

Vous rejetez le christianisme ? Voici donc une raison de croire. Pensez-y. 2000 ans après la mort de Jésus-Christ, a-t-on jamais trouvé le corps d’un certain « Jésus de Nazareth. » ? A méditer…

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Prochaine série : à vous de jouer !

Pour la prochaine série d’articles, qui aura pour thème Objections à la foi chrétienne, nous allons vous mettre à contribution !

Que vous soyez croyants ou non, vous avez sans doute des « questions qui tuent » concernant la foi chrétienne. Que vous vous soyez posé ces questions, que vous vous les posiez actuellement, ou que vous ayez entendu ces questions lors de discussions, faites-nous en part dans un commentaire.

Nous laisserons ce sondage ouvert jusqu’au lundi 28 mars, et aborderons le Top 10 des questions posées.

Les auteurs.

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Citation du dimanche: Simone Weil sur la connaissance et l’expérience

« Le danger n’est pas que l’âme doute s’il y a ou non du pain, mais qu’elle se persuade par un mensonge qu’elle n’a pas faim. Elle ne peut se persuader que par un mensonge, car la réalité de sa faim n’est pas une croyance, c’est une certitude. »

Simone Weil, Attente de Dieu, Livre de vie n°129, Paris, Fayard, 1966, p. 209

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Comment Dieu peut-il commander des génocides dans l’Ancien Testament ? (3)

Voici la suite de notre réponse à la question: « comment Dieu peut-il commander des génocides dans l’Ancien Testament ? » Nous avons vu qu’en tant que Créateur de l’univers, Dieu a des droits absolus sur toute sa création (Partie 1), qu’il est aussi juste dans tout ce qu’il fait et que nous méritons tous d’être jugés par Dieu et aucun de nous ne mérite sa grâce (Partie 2).

4. Les Cananéens étaient ennemis de Dieu et méritaient d’être punis.

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » – « Aucun n’est juste, pas même un seul » – « le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 3.23, 3.10, 6.23). Par conséquent, si Dieu avait détruit Adam et Eve après la rupture (cf. Genèse 2-3), cela aurait été parfaitement juste. Quand il a nettoyé la terre de plus de 99,99% des êtres humains, c’était parfaitement juste. Quand bien même Dieu détruirait toute l’humanité en un instant, il serait juste. C’est extrêmement dur, mais c’est la réalité. Aucun de nous ne mérite le paradis.
Quelquefois, on peut se tromper en pensant que Dieu voulait juste donner à son peuple un pays, et mettre dehors un peuple innocent qui était d’ores et déjà là. En réalité, les Cananéens étaient pleins d’iniquités et vraiment pourris. Au point qu’il est dit: c’est le pays qui les vomit (Lév. 18.25, Dt 9.5).
Tout ceci est consistent avec le fait que Dieu « venge le sang de ses serviteurs, Il se venge de ses adversaires, Et il fait l’expiation pour son pays, pour son peuple. » (Dt 32.43).

Il est aussi important de noter Dt 9.5 : « Non, ce n’est point à cause de ta justice et de la droiture de ton coeur que tu entres en possession de leur pays; mais c’est à cause de la méchanceté de ces nations que l’Éternel, ton Dieu, les chasse devant toi, … ». Et Dieu dit très précisément à Israël que s’il ne respecte pas sa loi, alors ils subiront le même destin (cf. Lv 18.28, Dt 28.25-68, Ex 22.20, Js 7.11-12, Ml 4.6). Dieu a fait une faveur à Israël en le choisissant (cf. Dt 7.6-9), mais ces menaces et promesses de punitions pour infidélité montrent qu’il est entièrement juste et cohérent.

5. Les actions de Dieu n’étaient pas un exemple d’éradication ethnique

Le Pentateuque (Genèse – Deutéronome) fournit des lois pour deux types de guerres : 1) Les batailles contre les villes hors de la Terre Promise (cf. Dt 20.10-15), et 2) les batailles contre les villes à l’intérieur de la Terre Promise (Dt 20.16-18).
Le premier type permet à Israël d’épargner les personnes ; le second type ne le permet pas. Cette pratique a pour signification la « dévotion / consécration à la destruction ». En tant qu’acte sacré remplissant la fonction de jugement divin, il est hors de notre propre catégorie de pensée au sujet des guerres. Bien que la destruction soit commandée en terme de totalité, il semble qu’il y ait eu une exception pour ceux qui se repentirent, et se tournèrent pour servir le Dieu vrai et vivant comme Rahab et sa famille (Jo 2.9) et les Gabaonites (Jo 11.19). La raison de la destruction des ennemis de Dieu était précisément la rébellion et l’accomplissement de son plan. C’est très important : il ne s’agit pas d’un nettoyage ethnique ! En effet, s’il s’agissait d’un génocide ethnique, ce serait une catégorie inappropriée pour la destruction des Cananéens.

à suivre …


Cet article est une adaptation libre et partielle de How Could God Command Genocide in The Old Testament de Justin Taylor.

Lire aussi :

Sommaire: Toutes les religions mènent-elles à Dieu ?

- Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (Partie 1)
- Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (Partie 2)
- Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (Partie 3)

Crédit photo: Religion by Artful Magpie

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