Il est injuste de punir les fautes des hommes commis dans cette courte vie par un supplice éternel !

Quand Augustin répond à une objection, ça décoiffe !

Il fait d’abord justement remarquer que personne dans l’histoire n’a jamais cru qu’il faille proportionner la longueur des tourments à la durée plutôt qu’à la grandeur des crimes. Et le crime dont l’homme est coupable est si grave qu’il requiert justement un tourment éternel : « Plus l’homme jouissait de Dieu, plus son crime a été grand de l’avoir abandonné, et il a mérité de souffrir un mal éternel pour avoir détruit en lui un bien qui pouvait aussi être éternel. » (496) Autrement dit, en brisant la relation dont il jouissait avec Dieu, l’homme a commis le crime le plus grave qu’on puisse commettre dans l’univers. Le châtiment éternel – une séparation éternelle en enfer – est la juste punition qu’il mérite. En effet, une transgression contre un être absolu – en l’occurrence Dieu – requiert une peine absolue. Ce n’est pas la mesure du temps qui est en question ici mais celle du mal commis !

Augustin dans La Cité de Dieu, L. XXI.

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