La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !

Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

La prière est-elle une réponse conditionnée ? Cette objection vient d’une école de psychologie structurée, le comportementalisme.1

Définition du comportementalisme

Selon cette école, la foi et la prière ne sont rien de plus que la mise en marche de certaines zones du cerveau équipées biologiquement pour exercer des fonctions supérieures.

La pensée religieuse, comme la joie, l’agressivité ou la peur, n’est qu’une fonction du cerveau. Ces fonctions cérébrales sont mises en marche par la présence de certains stimulants, dans ce cas de type religieux, qui produisent une série de réactions biochimiques. Si tu pries, c’est parce que ton cerveau te le commande.

3 points pour résumer le comportementalisme

1- Déterminisme extrême : nous sommes le produit de notre conditionnement génétique et des facteurs environnants. Ces stimulants, internes et externes, déterminent le comportement en provoquant des réactions invariables et prédéterminées. Ce sont les réflexes conditionnés.

2- Matérialisme : l’homme est simplement un animal plus évolué. En quelque sorte, un singe habillé.

3- Aucune métaphysique : l’introspection et les phénomènes qui s’y rapportent sont proscrits.

La prière = pulsion religieuse de l’animal le plus développé

La prière ne serait que l’expression élaborée d’un instinct sophistiqué. Elle n’est qu’une émotion très complexe qui aurait été perfectionnée.
La prière serait, d’une part, instinctive et, d’autre part, perfectionnée par les hommes.

Confusion entre le pourquoi et le comment

Comment répondre à ce point de vue ? Pablo Martinez illustre sa réponse de la façon suivante : quand un jeune homme est amoureux, une série de changements biochimiques se produisent dans son cerveau. L’adrénaline augmente des endorphines se libèrent etc. … Une analyse appropriée effectuée en laboratoire nous fournirait des preuves expérimentales évidentes de ces changements. Mais personne n’oserait dire que cet homme est amoureux parce que ces endorphines ont augmenté ! Le processus neurobiologiques n’enlèvent rien à la réalité de son amour et ne peuvent nier ou affirmer qu’il est amoureux. Encore moins, nous parlent-ils de l’existence ou de la valeur de sa fiancée !

Pourquoi ?

La description expérimentale d’un phénomène ne peut pas nier ce phénomène ni prouver quoi que ce soit quant à sa véracité. Elle décrit simplement un mécanisme. Mais les mécanismes ne révèlent jamais le « pourquoi » mais simplement le « comment ».

De même, on ne peut pas réduire la prière à un simple échange moléculaire. Certes, c’est cela mais pas seulement.
La prière peut être apprise et perfectionnée mais elle n’est pas que cela.
La science ne peut pas affirmer des choses sur le plan métaphysiques. Tout simplement, parce qu’elle traite de la physique et non de ce qui est au-delà (méta-) physique.

Conclusion : la prière n’est pas une simple réponse conditionnée

Dire que la prière n’est que le produit d’un instinct perfectionné porte un nom. C’est le réductionnisme. Et c’est une croyance puisque cela ne peut pas être démontré.
La science et la psychologie comportementaliste peuvent nous informer sur le comment mais elles ne sauraient disqualifiés le pourquoi.


1- D’après Pablo Martinez, Redécouvrir la prière, p. 197