« Chrétien fondamentaliste » L’expression est revenue plusieurs fois dans les médias. Le terroriste norvégien qui a assassiné froidement 85 personnes en Norvège le vendredi 22 juillet 2011 n’a pas commis ces actes odieux parce qu’il était trop attaché à la Bible mais parce qu’il ne l’était pas du tout !

Abus de langage

Les médias ont sauté trop vite sur le terme. L’usage de cette expression est trompeur. Sans aucune explication, le français moyen comprend que le chrétien fondamentaliste est une espèce de Templiers froid et pervers, qui se sent menacé par l’immigration. Trop vite hélas, Anders B. n’est ni « chrétien », ni « fondamentaliste ».

Un chrétien ?

Premièrement, seul le statut facebook de Breivik était chrétien. Depuis quand définit-on le christianisme par la haine du multiculturalisme, l’appartenance politique d’extrême-droite et la folie meurtrière ? Diriez-vous que Jésus de Nazareth détestait son prochain et encourageait la violence ? C’est tout le contraire ! Il est décrit comme doux et humble de coeur (Matthieu 11.29). La nuit où il est trahi par Judas, Jésus refuse de prendre l’épée pour se battre : « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui se serviront de l’épée mourront par l’épée. » (Matthieu 26.51-52) Anders Brevik n’était pas chrétien.

Un fondamentaliste ?

Encore une fois, de quoi parle-ton ? Le sociologue Sébastien Fath définit le fondamentalisme comme une branche issue du protestantisme radicale en réaction à la théologie libérale. Là, nous sommes à des milliers de kilomètres des préoccupations de ce fou. Il est impossible de lui attribuer ce qualificatif !

Difficile donc de résumer Anders B. par l’expression « chrétien fondamentaliste ». La réalité est plus complexe qu’elle n’y paraît. Le tueur d’Oslo était aussi franc-maçon, militant d’extrême-droite, fasciné par le cinéma gore. La personnalité troublée de Brevik doit être analysée sous ces différents angles. Son appartenance religieuse ne peut en rien expliquer le massacre perpétré sur l’île Uteoya.

Crédit photo: lejdd.fr