L’éducation est-elle neutre ?
Parcourant quelques sites Internet pour glaner ici et là des informations sur la théorie du « gender » (dont nous reparlerons prochainement), je suis tombé sur une réflexion du professeur de philosophie Arthur Craplet.
Au sujet des nouveaux enseignements en biologie, il répond à la question suivante : « Est-il possible d’éduquer dans la neutralité ? »
Voici sa réponse :
« Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse éduquer dans la neutralité. La question des valeurs doit être posée et discutée dès lors que l’on aborde des questions aussi essentielles que celles de l’identité des personnes, de la liberté, de la responsabilité et de la sexualité. Ce ne sont pas là des questions scientifiques au sens des sciences positives. Il serait bien naïf de penser que le discours scientifique puisse à lui seul répondre aux questions essentielles. Max Weber le disait avec vigueur dans sa conférence sur le métier de savant (1919) : « la science ne nous donne aucune réponse à la seule question qui nous importe : que devons-nous faire, comment devons nous vivre ? ».
Les sciences nous donnent les moyens de connaître objectivement le réel, de dominer techniquement la vie, de maîtriser la sexualité ; mais les sciences ne répondent pas à la question de savoir s’il faut le faire, et dans quel but. Or aucune éducation ne peut passer ces questions sous silence, aucune éducation ne saurait rester purement scientifique sans renoncer à ce qui fait le cœur de l’éducation : éveiller à l’intelligence du sens de l’existence. Passer sous silence les enjeux existentiels, c’est briser l’élan qui fait grandir un enfant, c’est lui donner le sentiment de l’absurde au lieu de lui donner le goût de l’avenir. Il faut donc cultiver l’interrogation sur le sens des découvertes scientifiques, sans taire les valeurs qui permettent de comprendre leurs enjeux, leurs limites, leurs conséquences aussi. »
Pour lui, les nouveaux programmes scientifiques au lycée ne sont pas neutres « mais ceux-ci masquent les principes qu’ils imposent. » Ils enseignent en réalité le réductionnisme ontologique et le relativisme.
Il conclut : « En refusant d’inscrire la sexualité dans une conception plus large de la personne, qui prend en compte la vie sociale, la culture, voire la finalité de nos actes, au-delà des choix individuels, les nouveaux programmes ne sont pas neutres, ils sont réductionnistes et relativistes. Ils instillent le sentiment de l’absurde dans la conscience des élèves. Est-il possible d’éduquer dans ces conditions ? Il est urgent de répondre non. »
Voici le lien pour lire la réflexion de ce professeur de philosophie qui pense à « contre-courant » !
2 Commentaires
Bonjour, et merci pour ce site. J’aimerais bien lire en entier l’article avec la réflexion d’A. Craplet mais le lien mentionné ci-dessus manque…
Lien: http://www.libertepolitique.com/liberte-deducation/6853-fausse-l-neutralite-r-des-programmes-de-svt