Mormonisme et Christianisme : Apostasie et Restauration (1)

Aurelien Lang

Le contenu suivant est une adaptation de la section sur le Mormonisme (ou l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours) qui provient de la Bible d’étude ESV.

Que croient les Mormons au sujet de l’apostasie et de la restauration ?

Les Mormons affirment que l’apostasie « totale » a triomphé de l’église après les temps apostoliques, et que l’Église des Mormons (fondée en 1830) est l’Église restaurée.

Quel est le problème avec cette compréhension ?

Si l’Église des Mormons étaient réellement une « église restaurée », on devrait trouver au premier siècle des éléments de la doctrine des Mormons comme la pluralité des dieux et Dieu le Père ayant été un homme. Or, il n’y a aucune preuve historique. D’ailleurs, la Bible rejette une telle apostasie de l’église (cf. Matthieu 16.18, 28.20, Ephésiens 3.21, 4.11-16), avertissant plutôt d’une apostasie partielle (1 Timothée 4.1).

À suivre…

Adapté du blog de Justin Taylor.

Non-sens

Aurelien Lang

Certains commentaires sont plus pénibles à publier que d’autres. D’habitude le niveau de réflexion et de questionnement est extrêmement intéressant parmi nos amis lecteurs. Nous prenons alors grand plaisir à répondre et à réfléchir à leurs questions. Ce n’est, hélas, pas toujours le cas. Il est parfois triste de publier certains commentaires. Le commentaire suivant en est la démonstration.

Hélas encore, ces pseudos arguments contre l’existence de Dieu sont trop souvent entendus. C’est pourquoi nous prenons le temps de les passer rapidement en revue.

Concernant l’Holocauste , Hitler était admirateur de Marie . Il a d’ailleurs étudié la gestuelle Biblique ( via les tableaux de la Renaissance ) pour ses allocutions audio-visuelles.

Hitler n’était pas chrétien. Le christianisme ne saurait être résumé à la simple admiration de Marie ou à une étude de la gestuelle biblique. Toute sa vie démontre qu’il n’était pas chrétien.

Qui plus est , en analysant la religion et l’intelligence il s’avère que plus les individus sont intelligent plus leurs croyances diminuent.

Cette affirmation est juste risible. Quelle étude a démontré cela ? Est-ce une étude scientifique ou un crédo qui circule parmi les athées ou rationalistes vociférant ? Comment peut-on maintenir une telle affirmation quand la plupart des grandes découvertes humaines ont été faites par des croyants: Pascal, Newton, Pasteur, etc. …De plus, peut-on réellement mesurer l’intelligence ? En effet, l’intelligence est multidimensionnelle. elle ne peut donc pas être mesurée par une valeur numérique unique.

Or , le fait que la religion est la racine du Mal est un fait avéré.

Encore une fois, sur quoi se base cette affirmation ? Le 20e siècle, le siècle de la modernité, le siècle de la célébration de la « mort de Dieu » est le siècle le plus sanglant de toute l’histoire humaine. Tandis que des croyants comme Henri Dunant essayaient de soulager la souffrance des hommes en créant la Croix-rouge, des régimes totalitaires suivant jusqu’au bout la thèse nihiliste détruisaient les vies de milliers d’individus.

La science a prouvé que les Dieux des Livres étaient des imposteurs.

Vivons-nous sur la même planète ? Quelle(s) science(s) a prouvé que les « Dieux des Livres » étaient des imposteurs ? Science et religion ne sont pas au même niveau: la science traite de de la physique, la religion de la métaphysique (de ce qui est au-delà de la physique). On ne peut prouver ou réfuter l’existence de Dieu directement par la science. Cette affirmation est encore un non-sens.

Concernant la croyance en une divinité..( non issue des Saintes Ecritures ) le problème n’est pas le même puisque l’individu peut décider d’être ou de ne pas être ..bête! Un être ayant conçût d’autres êtres que nous sommes (donc complexe) doit être nécessairement extrêmement complexe ,qui aurait crée ce dieu ? Voici la spirale infernale d’une croyance sans preuve.

Honnêtement, comment peut-on raisonnablement baser son athéisme sur un tel argument ? Selon la conception classique, si Dieu est Dieu, il est est première cause de l’univers, il est non-créé, éternel et tout-puissant. Rien ni personne ne l’a créé.

Et puis lisez la Bible , la Torah et le Coran et on verra … choses jamais faites apparemment.. Et aussi observez l’Histoire des Religions , des Sciences Etc
D’autres livres? Dieu n’est pas grand (Christopher Hitchens) film? Religolo

Merci du conseil ! On appréciera vos références : un journaliste qui écrit dans une revue mondaine et un film satyrique réalisé par un humoriste. Aucun scientifique sérieux ne citerait ces « travaux » comme référence. Pourtant, la question de l’existence de Dieu est très sérieuse. Il nous faut donc enquêter et étudier sérieusement afin de débusquer et d’éviter les non-sens.

Archéologie: Israël Finkelstein et « La Bible Dévoilée »

Aurelien Lang

Israël Finkelstein est archéologue et l’auteur de l’ouvrage de vulgarisation: « La Bible dévoilée ». Depuis quelques années, le grand public entend régulièrement parler dans les médias des bouleversements que les découvertes récentes en archéologie feraient subir à l’histoire biblique. En effet, celui-ci propose de remplacer la « chronologie conventionnelle » de l’époque de David et Salomon (10e s. av JC) par une « chronologie basse » (9e s. av JC). Conséquence: si on accepte les idées de Finkelstein, David et Salomon ne seraient que des petits chefs de bande, considérablement grossis par la légende biblique. Mais aujourd’hui, on constate que les idées de Finkelstein ne se sont pas imposées dans les milieux académiques:

Matthieu RichellePour qui se tient au courant des publications spécialisées dans ce domaine [i.e. archéologie], il est évident que seule une poignée de spécialiste ont accepté la théorie de leur confrère, même après treize ans de sa part … Résultats, en 2005, Israël Finkelstein ne pouvait renvoyer qu’à une liste de quinze partisans de ses idées, dont un de ses étudiants. Elle se réduit à sept si l’on ne compte que les archéologues qui n’ont pas changé d’avis depuis. … Baruch Halpern, qui a dirigé l’expédition archéologique à Méguiddo aux côtés d’Israël Finkelstin, écrit quant à lui que « la chronologie basse ne va probablement pas survivre à une génération de plus. » … Le succès d’Israël Finkelstein dans le grand public se révèlent inversement proportionnel à sa capacité à convaincre la communauté scientifique. »

Matthieu Richelle, assistant d’Ancien Testament à la Faculté Libre de Théologie Évangélique, Christianisme Aujourd’hui, an 8, n°7, Juillet-Août 2010, p. 27

Citation du dimanche: Eliette Abécassis sur Jésus de Nazareth ou comment une humaniste voit Jésus ?

Aurelien Lang

Cf. Commentaire

Jésus, selon moi, est un prophète dans la droite lignée d’Isaïe, de Daniel ou d’Ezéchiel, prophètes inspirés qui prédisaient la fin du monde pour exercer leur regard et leur conscience critique, en marge de l’époque et de la société, prophètes aux mots et aux textes éternels, éternellement vrais. Jésus est un rabbin, en lutte avec les rabbins comme tous les rabbins, qui, dans la ligné de notre maître Hillel, a résumé la Torah par son message le plus fort, le plus simple et le plus difficile: »Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Toutes ses valeurs, pardon, miséricorde, amour, sont des valeurs profondément juives et aucune de ses paroles ne pourrait être reniée par nos sages. Jésus est un homme, qui doute, entre peur et foi, entre sagesse et colère, tentations et renonciations, un homme d’une humanité profonde et absolue. Jésus, enfin, est fils de Dieu, dans la mesure, où nous sommes tous à l’image de Dieu, par notre élévation possible vers la Transcendance. »

Eliette Abécassis, Jésus vu par 20 écrivains, La Vie, N°3355-56, 17-24 décembre 2009, p. 40.

Top 10: La fiabilité historique de l’évangile de Marc

Aurelien Lang

La deuxième question de notre Top 10 était « Comment les évangélistes ont-ils constitué leurs évangiles ? ». Au lieu de répondre directement à la question de manière exhaustive, nous avons demandé à un spécialiste: Peter Williams, directeur de Tyndale House à Cambridge et spécialiste du Nouveau Testament, de publier son article sur « La fiabilité historique de l’évangile de Marc »; ce qui est finalement la question derrière la question numéro 2: « Est-ce que les évangiles sont fiables historiquement ? »

Réponse de Peter Williams:

Il est impossible de prouver qu’un compte-rendu ancien est pleinement fiable. Le fait que l’évangile de Marc rapporte des miracles est suffisant pour que certaines personnes le rejettent en tant que récit objectif des événements. Cependant, pour celui qui n’est pas fermé à la possibilité de l’existence des miracles, il y a un nombre d’arguments qui, je crois, indiquent la fiabilité historique de l’évangile de Marc.

Le nom Marc

Si ce n’était pas pour l’évangile de Marc, Marc serait une très petite figure au commencement du christianisme. Il n’est certainement pas quelqu’un à qui vous voudriez dicter l’évangile de Marc pour lui donner plus d’autorité, car selon le livre des Actes (13.13 et 15.37), il a abandonné Paul, un des leaders chrétiens de la première heure, durant une mission. Nous pouvons donc considérer que l’évangile lui est dicté parce qu’il en est réellement l’auteur. S’il est vraiment de lui, alors il doit avoir été écrit à l’intérieur de la vie de quelqu’un qui était un adulte en activité dans les années 50 et 60 du premier siècle après J-C.

L’évangile de Marc est considéré par la plupart des experts comme le premier évangile écrit. Selon Papias, auteur du début du second siècle, il a été écrit à Rome, basé sur les informations fournies par l’apôtre Pierre. En d’autres termes, il n’a pas été écrit par un témoin oculaire direct, mais son matériel a été fourni par un témoin oculaire direct. Il a probablement écrit quelques temps durant les années 60 du premier siècle.

Le style de Marc

L’évangile de Marc est écrit en grec. Cependant, son style s’accorde avec l’idée qu’il a été écrit à Rome. Le mot latin « speculator » est utilisé pour le mot garde (6.27) et le mot latin « centurio » est préféré au mot grec « centurion » (15:39, 44, 45). Un nom latin est aussi donné pour une pièce, le quadran (12.42).
L’auteur connaît suffisamment la Palestine au point qu’il peut citer un certain nombre de mot en Araméen, qui était parlé là-bas. Cela apparaît en 5:41; 7:11, 34; 14:36; 15:22, 34. Il sait même que ce dialecte est différent dans différentes parties de ce pays. Le latin était à peine utilisé en Palestine (sauf par les militaires romains) et l’araméen était à peine utilisé à Rome. L’étendu de la connaissance du langage montré par l’auteur s’accorde pleinement avec le compte-rendu de la tradition selon lequel l’évangile a été écrit à Rome sur la base d’informations transmises par un natif de la Palestine. Il aurait été très difficile pour quelqu’un qui n’avait pas passé de temps en Palestine ou au moins avait été avec quelqu’un de la Palestine de composer son récit.

Aucune tentative de cacher des choses embarrassantes

Bien que l’évangile fasse des affirmations extraordinaires à propos de l’activité miraculeuses de Jésus, il semble ne faire aucune tentative pour cacher les échecs des premiers leaders chrétiens. Les disciples ont dû mal à comprendre (8 :14-21), argumentent au sujet de qui est le meilleur (9 :34), sont en colère avec deux des meneurs parmi les disciples (10 :41), et finalement abandonnent Jésus (14 :50). Le leader parmi les disciples, Pierre, renie Jésus trois fois (14 :66-72). L’affirmation la plus inhabituelle est la suivante : la personne qui subit une exécution honteuse créée par les Romains pour montrer qu’il était un « loser », était en fait le Fils de Dieu.

Ce n’est pas juste le texte qui raconte des histoires embarrassantes, les choses dites par Jésus pourraient être aussi profondément embarrassantes. Selon Marc 15 :34, Jésus mourut demandant pourquoi Dieu l’avait abandonné. Il est improbable que des personnes aient écrit une telle affirmation si elle n’avait pas été réellement dite. Selon 7.27, Jésus utilise le terme « chiens » en parlant des non-juifs.. Ce n’est pas quelque chose que vous voudriez écrire si vous étiez entrain d’écrire un évangile pour que les païens deviennent chrétiens.

Manque d’embellissement

L’évangile est écrit dans un style simple. Même quand les événements miraculeux sont reportés, les comptes-rendus sont généralement brefs et sans ajout de merveilleux. En fait, les événements miraculeux ne sont pas l’objet d’attention en eux-mêmes, mais sont utilisés pour mettre en avant la question de l’identité de Jésus.

Les caractéristiques de l’enseignement

Marc contient trois sections majeures d’enseignement de Jésus (Chapitres 4, 7 et 13) qui sont de court compte rendu d’enseignement. Plusieurs formes de discours attribués à Jésus suggèrent que ses enseignements n’ont pas été inventés par les chrétiens, puisqu’ils utilisent des formes de discours et des expressions qui sont soit introuvables, soit rarement utilisés parmi les premiers chrétiens. Par exemple, positivement, Jésus utilise l’expression Fils de l’Homme en parlant de lui-même, alors que les premiers chrétiens utilisent les expressions Seigneur, Fils de Dieu, le Christ. Aussi, Jésus utilise des paraboles, ce qui n’est pas commun parmi les premiers chrétiens. De plus, négativement, les enseignements de Jésus n’utilisent pas les titres qui étaient plus tard utilisés pour Jésus. Enfin, les enseignements de Jésus ne traitent pas des problématiques qui seront au cœur des débats entre les premiers chrétiens comme les relations entre les juifs et les grecs, si oui ou non les chrétiens peuvent manger de la nourriture sacrifiée aux idoles ou comment les églises doivent être organisées.

Les preuves manuscrites

Les preuves manuscrites pour l’évangile de Marc sont de loin meilleures que la plupart des travaux classiques, quoiqu’il y ait peu de copies récentes de l’évangile de Marc par rapport aux autres évangiles (Matthieu, Luc et Jean). La copie extensive la plus récente de l’évangile de Marc date des environs de 225 après J-C. Le trou entre le temps de composition d’une pièce de littérature classique latine ou grecque et la plus récente copie extensive est d’habitude meilleure que pour Marc, quoique les universitaires acceptent généralement la fiabilité du texte transmis dans les manuscrits plus tardifs. Cependant, il y a aussi des indications que l’évangile de Marc était en utilisation continue parmi les chrétiens du temps où il fut écrit jusqu’au temps de la plus récente copie.

Conclusion

Nous avons juste passé en revue quelques arguments supportant l’idée qu’il est raisonnable de croire que l’évangile de Marc est un récit historique. Les preuves sont effectivement plus importantes que pour plusieurs autres travaux grecs ou romains découverts. S’il n’y avait pas le problème du miraculeux au sein de l’évangile de Marc, il est presque certain que la fiabilité ne serait même pas débattue parmi les historiens.

© Peter J. Williams 2008

Cet article a été publié sur www.theologynetwork.org

Top 10: Comment le canon du Nouveau Testament a-t-il été établi ? (2)

Aurelien Lang

Les « livres perdus »

Mais certains pensent que des « livres perdus » auraient dû être inclus au canon. Ma question est la suivante : comment pourrait-il y avoir des « livres perdus » ?
Si vous pensez que la Bible est le livre inspiré et préservé par Dieu, alors il est impliqué dans le processus de rédaction comme dans celui de préservation. Il ne fait pas sens que Dieu ait « perdu des livres ».
Si vous pensez que la Bible n’est pas la Parole de Dieu mais le choix de certains hommes d’église à un certain moment dans l’histoire, alors il ne fait pas sens non plus de parler de « livres perdus ». Pourquoi ? Parce que même si la Bible éditée par les Pères de l’église est juste une simple représentation de leur croyance, les autres livres ne font pas partie de leur Bible. L’ironie est que les avocats des « livres perdus » pensent qu’ils manquent au canon parce que les Pères de l’église les ont volontairement écartés ou rejetés. Bien sûr qu’ils l’ont fait ! Ces livres n’étaient pas ce qu’ils croyaient et par conséquent ils n’appartiennent pas à la Bible. Ces « livres perdus » comme l’évangile de Thomas ou celui de Judas ne sont pas la Bible. Si, dans une perspective humaine, la Bible est cette collection d’écrits qui reflète la croyance des responsables chrétiens des premiers siècles, alors les écrits qu’ils écartent ne sont pas des parties de la Bible par définition.1

Que nous croyions ou pas dans l’inspiration de la Bible, nous devons la prendre telle qu’elle est vraiment. Les autres livres sont des pièces intéressantes qui doivent être étudiées mais ils ne peuvent pas raisonnablement être appelés livre de la Bible.

Lire Partie 1


1- Greg Koukl, No lost books

Crédit photo: Lochaven

Top 10: Comment le canon du Nouveau Testament a-t-il été établi? (1)

Aurelien Lang

Qui a choisi les livres du Nouveau Testament (NT) ? Est-ce un groupe d’hommes rassemblés dans un concile qui a décidé de choisir tel ou tel livre ? Ou est-ce que les textes se sont imposés aux hommes comme étant la Parole de Dieu ?

Le mot canon n’a rien à voir avec un fusil d’assaut AK47. En réalité, le mot signifie métaphoriquement la norme ou la règle. Les Pères de l’Église ont utilisé le mot « canon » pour parler de l’ensemble des livres qui forme ce que les chrétiens appellent la Parole de Dieu et compose l’autorité qui agit comme règle de foi et de vie du croyant.

La formation du canon

Pour certaines personnes, le choix des livres du NT s’est fait par vote lors d’un concile au 4e siècle. Le problème est qu’il n’y a aucune trace dans l’histoire d’un tel concile œcuménique (c’est-à-dire universel)1. Le seul concile qui ait fixé le canon est le Concile de Trente au 16e siècle durant la contre-réforme catholique. Autant dire que ce point de vue est erroné.

Donc comment le canon du NT a-t-il été établi ?

Il semblerait davantage que le canon se soit imposé de lui-même à la communauté des croyants qui forment le peuple de Dieu. Ce ne sont pas les croyants qui auraient décidé si tel ou tel livre fait partie du canon, plutôt, les croyants auraient découvert les livres appartenant au canon. Ce qui pose le problème des critères de reconnaissance. Comment les chrétiens ont-ils reconnu les livres inspirés des autres ? Quels sont ces critères ?

On distingue un critère essentiel et trois autres critères.
- Apostolicité : c’est le principal critère. L’écrit d’un apôtre ou d’une personne écrivant sous l’autorité d’un apôtre était cru comme Parole de Dieu.
Il est associé aux critères suivants :
- Orthodoxie : conforme ou non aux enseignements. C’est un deuxième critère décisif. Si les écrits n’étaient pas conformes à la révélation, ils étaient écartés. Par exemple, les écrits gnostiques nient que la matière soit une chose bonne. Ce qui est en opposition avec Genèse 1 qui dit que la création est bonne.
- Ancienneté : les livres trop récent sont rejetés. Par exemple, le Canon de Muratori rejette le livre du Pasteur d’Hermas car il est trop récent.
- Oecuménicité : largement accepté parmi les croyants. Au cours de la formation du canon certains livres ont été discutés parce qu’ils n’étaient pas très répandus (comme le livre de Jacques par exemple).

Déjà Irénée de Lyon (vers 130-200) utilise le Nouveau Testament dans son livre « Contre les hérésies »2. Au cours du 3e siècle, les livres sont progressivement acceptés et reconnus comme Parole de Dieu dans les diverses communautés chrétiennes établies autour du bassin méditerranéen. Les dernières discussions du 4e siècle confirment un canon de 27 livres.

Lire la suite: Partie 2


1- Calvin, L’institution chrétienne, IV, 9, 13-14
2- William Edgar et K. Scott Oliphint, Christian Apologetics past and present, vol. 1, Wheaton, Crossway, 2009, p. 86

Crédit photo: Marc Dupuy