Chrétien au 21e siècle, un suicide intellectuel ? (9)

Ancien de Normal’Sup Lyon, Benoît Hébert est agrégé de physique, titulaire du Master de Physique de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon. Après un temps de recherche au sein de plusieurs laboratoires, dont le Laboratoire de Mécanique des Fluides d’Harvard (E.U.), le Centre de Recherche Paul Pascal (CNRS de Bordeaux) et le Laboratoire de Physique de la Matière Condensée de l’Ecole Polytechnique (Palaiseau), il publie ses recherches dans le Journal of Acoustical Society of America. Il s’oriente ensuite vers l’enseignement en classe préparatoire. Il est actuellement professeur de physique en « math spé. » à Valenciennes, il fait aussi partie de l’équipe pastorale de l’église évangélique dont il est membre. En 2009, il a fondé le site évangélique de réflexion Science et foi

Question 1 : Benoît Hébert, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Devenir chrétien est paradoxal. D’un côté, j’ai mis ma foi dans un message que l’apôtre Paul qualifiait lui-même de « folie » : Dieu s’est incarné dans un homme, Jésus-Christ, dont la mission était de mourir sur une croix et de ressusciter pour que mon péché puisse être pardonné. D’un autre côté, en devenant chrétien, mon existence, le monde et son histoire ont enfin pris tout leur sens et leur relief, un peu comme quand quelqu’un passe d’un film en 2D à sa version en 3D !
 
Ce cheminement spirituel est aussi une découverte de Dieu, de soi et des autres. Ma foi a des fondements certains, mais c’est aussi une quête permanente sur un bon nombre de questions. En voici une : pourquoi est-ce que je crois ce que je crois ? Tout croyant évolue dans un certain contexte, avec une tradition d’interprétation de la Bible, et c’est un point de départ indispensable. J’ai pourtant pris le parti de ne pas adhérer à telle ou telle croyance sur cette unique base. Ceci m’amène à des remises en question régulières et me conduit à réformer mes idées. De ce point de vue là, l’étude de la Parole de Dieu – la Bible – , et celle des œuvres de Dieu – la nature – me comblent d’un point de vue intellectuel et spirituel.

Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
J’ai fait une expérience de « conversion » à l’âge de 15 ans. Assez jeune, j’étais déjà préoccupé par des questions existentielles à propos du sens de ma vie, de l’existence de Dieu, du bien et du mal, de la mort … Certaines paroles de Jésus résonnaient très fort en moi, comme « Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? » ou bien « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi. » Je crois que la pensée de l’Ecclésiaste résumait assez ma vision du monde : « Vanité des vanités, tout est dérisoire. ». En gros, mon cheminement a été de réaliser que, quelle que soit ma réussite humaine, ma vie n’aurait véritablement de sens que dans l’accomplissement de la volonté de mon Créateur. J’avais aussi la conviction que cette volonté ne s’imposait pas à moi, mais qu’elle était l’expression de son amour.
 
A l’âge de 15 ans donc, suite à une crise existentielle et une angoisse profonde de ce que pourrait être mon avenir terrestre et éternel sans la présence de Dieu, j’ai répondu à l’appel intérieur du Saint-Esprit à me tourner vers Jésus. La paix de Dieu et la confiance dans l’avenir qu’il me propose de m’ont pas quitté depuis.

Question 3 : Avez-vous l’impression, ou avez-vous eu l’impression que votre foi entrait en conflit avec vos études, votre domaine de recherche ?
En terminale, la tentative de mon professeur de philosophie de démontrer que l’existence d’un Dieu d’amour était incompatible avec l’expérience humaine souvent marquée par la souffrance m’a choquée. Je conçois qu’il y ait un mystère fondamental à l’existence du mal, même pour un chrétien, mais je trouvais profondément malhonnête intellectuellement et même contraire au principe de laïcité ce type de démarche. A ce moment là, j’ai réalisé la nécessité d’avoir une foi construite solidement.
 
Au cours de mes études en physique fondamentale (après 3 ans de classes préparatoires, j’ai intégré l’Ecole Normale Supérieure de Lyon), le sentiment de découvrir les lois naturelles inscrites dans l’univers par le Créateur l’a emporté sur toute autre forme de considération et n’a fait que renforcer mon adoration.
 
Plus récemment, je me suis passionné à propos des rapports entre la science et la foi. Ma réflexion m’a conduit en terrain inconnu, en particulier à propos de ma lecture de Genèse 1-11. C’est ce que je partage sur le site Science et foi et sur le blog Création et évolution, en collaboration avec la Fondation BioLogos fondée par Francis Collins. La fréquentation de ces deux sites me montre que cette réflexion suscite un véritable intérêt chez ceux qui sont en recherche sur ces questions, croyants ou non.

Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
Il est tout simplement possible d’être heureux et satisfait intérieurement au XXIème siècle en France. La plupart de nos concitoyens pensent qu’ils n’ont pas besoin de Dieu pour cela, et pourtant notre consommation toujours plus forte de médicaments ou d’alcool montre le contraire. Alors que nous vivons dans un pays de relative prospérité et de sécurité, notre société est malade moralement et en manque de repère spirituel. De plus en plus de Français réalisent que la réussite matérielle et la recherche de plaisir ne donne pas de sens à leur vie. Ma conviction profonde est qu’à moins qu’ils ne trouvent leur identité en Jésus, le bonheur véritable leur échappera toujours.

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Douglas Groothuis (doctorat de l’Université d’Oregon, 1993) est Professeur de Philosophie au Séminaire de Denver, où il dirige le programme d’enseignement du Master de Philosophie de la Religion. Il a écrit une dizaine de livres, dont On Pascal (Thomson Learning/Wadsworth, 2003), On Jesus (Thomson/Wadsworth, 2003) et Truth decay (InterVarsity Press, 2000). Il a publié plus d’une vingtaine d’articles académiques ainsi que de nombreuses critiques littéraires et des articles pour des ouvrages de vulgarisation..

Question 1 : Douglas Groothuis, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Pas du tout ! Pendant quelques mois, je ne savais pas comment penser ma foi chrétienne de façon intellectuellement solide, mais après la lecture du livre de Francis Schaeffer, Le Dieu qui est là, mes yeux et mon esprit se sont ouverts. J’ai compris que le christianisme était vrai, rationnel et pertinent à tous les aspects de la vie et de la culture. Les chrétiens ont besoin d’entrevoir le monde avec la perspective de Christ, et c’est ce que je me suis efforcé de faire ces 33 dernières années. Nous n’avons pas à craindre la philosophie et la culture du monde. Aujourd’hui, certains des philosophes les plus brillants sont des chrétiens évangéliques qui défendent philosophiquement le christianisme – J.P. Moreland, William Lane Craig et Alvin Plantinga, par exemple.

Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
Je dois dire que c’est plus Dieu qui m’a cherché que l’inverse. Comme l’a dit C.S. Lewis dans Les fondements du christianisme, « la quête de l’homme pour trouver Dieu » ressemble « à la quête d’une souris pour trouver le chat » ! Quoi qu’il en soit, j’étais intéressé par les religions orientales et les philosophies occidentales pendant ma première année d’études supérieures. Je n’y ai trouvé aucune réponse satisfaisante, mais j’ai commencé à lire La maladie à la mort de Søren Kierkegaard, qui dresse un portrait intéressant de l’homme devant Dieu. Cette apologétique existentielle ou psychologique me parla profondément. Durant l’été 1976, après être rentré de l’université à Anchorage, en Alaska, j’ai retrouvé de nombreux amis du lycée qui étaient devenus chrétiens. Ils m’ont conduit à Christ. Ce n’est que plus tard que j’ai découvert les arguments historiques et métaphysiques en faveur du christianisme. Je suis un fervent défenseur de la théologie naturelle (voir l’ouvrage que j’ai co-édité, In defense of Natural Theology) ainsi que des arguments en faveur de la fiabilité historique de la Bible, de l’unicité et de la suprémacie de Jésus-Christ (voir mes livres On Jesus et Jesus in an age of controversy).

Question 3 : A quelles questions êtes-vous le plus souvent confronté dans le cadre de votre ministère ?
Les questions conçernant le pluralisme religieux (alors que le monde contient tellement de religions, comment Jésus peut-il être le seul chemin ?) et le problème du mal (comment Dieu peut-il être parfaitement bon et puissant, étant donné tout le mal présent dans le monde ?) sont deux des questions les plus pressantes et fastidieuses soulevées par les non-chrétiens. Toutefois, il y a de bonnes raisons de croire en Christ comme Seigneur de l’univers, en considérant sa vie, sa mort et sa résurrection surnaturelles. En affirmant cela, nous avons l’espérance que le mal n’aura pas le dernier mot dans ce monde.

Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
Le christianisme historique est objectivement vrai, rationnel et pertinent à tous les domaines de la vie. J’espère et je prie que les français se réapproprieront la sagesse de leur compatriote, Blaise Pascal, non seulement conçernant la science (pour laquelle il est à juste titre célèbre) mais également pour son génie en tant que défenseur philosophique de la vérité chrétienne. Son ouvrage Pensées parle toujours aussi profondément de la condition humaine devant Dieu. J’ai écrit un court livre traitant de la philosophie fondamentale de Pascal, intitulé On Pascal. J’espère qu’il sera un jour traduit en français !

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Alvin Plantinga est un philosophe analytique américain, professeur émérite de l’Université de Notre-Dame (titulaire de la chaire John A. O’Brien). Connu pour ses travaux dans les domaines de la philosophie de la religion, de l’épistémologie, de la métaphysique et de l’apologétique chrétienne, il est l’auteur de plusieurs articles publiés dans revues spécialisées (Journal of Philosophical Research, Journal of Philosophy, Philosophical Studies) ainsi que de plusieurs ouvrages, dont The nature of necessity (Oxford University Press, 1974) et Warranted Christian Belief (Oxford University Press, 2000).

Question 1 : Alvin Plantinga, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Absolument pas. La foi chrétienne est parfaitement cohérente, et les arguments avancés par ceux qui pensent le contraire sont extrêmement faibles.

Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
Les arguments n’ont pas vraiment joué un rôle particulier, si ce n’est en tant que réponses à des arguments censés miner la foi chrétienne. Dans mon cas, ce fut davantage une question d’expérience que d’argument. En ce sens ma foi est semblable à la croyance dans le passé, dans l’existence d’autres esprits, et dans un monde extérieur.

Question 3 : Avez-vous l’impression, ou avez-vous eu l’impression que votre foi entrait en conflit avec vos études, votre domaine de recherche ?
Non, il n’y a pas conflit entre mes domaines de recherche (métaphysique, épistémologie, philosophie de la religion, religion et science) et ma foi chrétienne. Ce serait même plutôt le contraire : bien que ma foi ne soit pas fondée sur des arguments, il existe de solides arguments en faveur du théisme dans la métaphysique, et de bons arguments contre le naturalisme dans l’épistémologie.

Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
Je pense que mon message principal serait que les affirmations selon lesquelles la foi chrétienne serait en train de s’effacer au profit de la science moderne sont largement exagérées. Il n’y a rien dans la science contemporaine qui s’oppose à la foi chrétienne. Par exemple, la théorie actuelle de l’évolution est entièrement compatible avec la foi chrétienne ; l’évolution « aveugle » ne l’est pas, mais cette notion ne fait pas partie de la théorie en tant que telle : c’est un ajout métaphysique ou théologique. Je dirais également que certains livres des soi-disants « nouveaux athées » sont, s’ils sont lus comme étant des raisons de rejetter la foi en Dieu, extraordinairement faibles. C’est particulièrement le cas de Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins, dont l’argumentation est, au mieux, prétentieuse et naïve.

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Charles-Eric de Saint Germain, professeur de Philosophie en classes préparatoires, Ancien élève de l’ENS, Agrégé et docteur en Philosophie, auteur de plusieurs ouvrages dont « L’avènement de la Vérité » (L’Harmattan) ; « Raison et Système chez Hegel » (L’Harmattan) ; « Un évangélique parle aux catholiques », (F-X. de Guibert)

Question 1 : Charles-Eric de Saint Germain, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Non, absolument pas. J’ai même plutôt l’impression contraire. Mes études philosophiques m’ont renforcé dans ma foi, surtout à travers la lecture de penseurs comme Augustin, Pascal, Hegel, Kierkegaard ou Lévinas. Découvrir que les plus grands penseurs philosophiques étaient tous sinon explicitement chrétiens (ou juif pour Lévinas), comme ceux que je cite, du moins croyants (on peut aussi citer Descartes, Malebranche, Leibniz, Kant, Blondel, Bergson, M. Henry, etc…), ne pouvait être pour moi qu’une profonde source de stimulation. Je dirai même que ces penseurs m’ont conduit sur la route du Christ, préparant le terrain de ma conversion et de ma nouvelle naissance. A côté de ces géants de la pensée, les penseurs officiellement athées sont, il faut bien le reconnaître, des « petits » et de bien piètres penseurs… sauf peut être Marx ou Nietzsche !

Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
La question décisive a toujours été pour moi celle de la Vérité. « Qu’est-ce que la vérité ? » est une question qui m’a toujours animé intérieurement. Ma conversion à Jésus Christ (je dois dire que j’ai toujours plus ou moins cru en Dieu) est venue au terme de cette recherche d’abord philosophique : la foi chrétienne s’est imposée à moi comme une sorte d’évidence. Le paradoxe est que le penseur qui a le plus contribué à me conduire au Christ (Hegel) est aussi le penseur dont je me suis le plus éloigné après ma conversion, ayant pris conscience qu’il y avait une dimension « gnostique » dans sa théologie spéculative. Mais je lui suis gré de m’avoir intellectuellement convaincu de la grandeur intellectuelle du christianisme (Hegel est le plus grand philosophe, et un luthérien convaincu) avant que je ne rencontre Jésus de manière plus personnelle. C’est suite à une expérience d’effusion de l’Esprit Saint, à l’occasion d’un film sur la vie de Jésus, que je suis devenu chrétien.

Question 3 : A quelles questions êtes-vous le plus souvent confronté dans le cadre de votre travail ?
Quand j’aborde des questions en rapport à la religion, je suis frappé par le fait que les jeunes d’aujourd’hui sont totalement incultes en matière de foi. Ils ne sont pas hostiles à la foi chrétienne, mais plutôt indifférents. Bref, c’est un peu le règne du « relativisme » tout puissant. Les questions qui reviennent le plus souvent, et font le plus douter les jeunes de l’existence de Dieu, sont celles liées au mystère du mal, aux guerres de religion, au passé de l’Eglise (souvent carricaturé). Il y a aussi beaucoup de questions morales, relatives à l’avortement, à l’euthanasie, à l’homosexualité, etc… J’essaye d’avoir un discours clair sur ces sujets, qui promeut une culture de vie, mais mes propos sur l’homosexualité (je montre surtout pourquoi je suis contre l’adoption d’enfants par des parents homosexuels) suscitent souvent des incompréhensions, à cause de la culture ambiante dans laquelle ils baignent.

Question 4 : Avez-vous l’impression, ou avez-vous eu l’impression que votre foi entrait en conflit avec vos études, votre domaine de recherche ?
Je pense avoir déjà répondu à cette question en 1. J’irai même plus loin : la philosophie m’a permis de comprendre les limites de la rationalité scientifique et du scientisme en général. Beaucoup de scientifiques, qui peuvent avoir l’impression d’un conflit entre Science et Foi, seraient étonnés de découvrir que ce conflit n’a pas lieu d’être dès lors que l’on prend conscience des limites de la rationalité scientifique et des présupposés méthodologiques de la science. Celle-ci ne peut, par définition, qu’être méthodologiquement athée, puisqu’elle ne peut valider qu’une explication mécaniste et matérialiste. Mais il ne faut pas oublier que la science ne travaille que sur des « modèles », et que ces modèles sont constitués par une abstraction à l’égard de tout ce qui n’est pas « objectivable » dans le réel. La dimension ontologique du réel échappe totalement à la science, et c’est la raison pour laquelle Descartes a pu développer une conception purement mécaniste de la physique et du vivant alors même qu’il était convaincu de l’existence de la finalité ! Mais il savait que celle-ci ne peut être prise en compte par la science de par ses présupposés méthodologiques…

C’est seulement le divorce entre Science et Philosophie qui génère le sentiment d’un conflit possible entre Science et Foi… qui n’a pas lieu d’être dès lors que l’on ramène la science à ce qu’elle est : une explication très partielle du réel, qui se constitue à partir d’une abstraction à l’égard de cette même réalité. Par contre, je reste réservé à l’égard d’une interprétation « littérale » de la Genèse, qui est pour moi un récit poétique, et non une description scientifique de la création du monde. Mais j’accorde une grande importance à ce récit, qui me semble livrer des vérités « essentielles » sur la nature de l’homme, sur sa relation à Dieu, sur le rapport de l’homme à la femme et son rapport à la création.

Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
N’ayez pas peur d’être chrétien. La « raison » est de votre côté ! C’est du côté des adversaires du christianisme que l’on rencontre, en réalité, la plus grande faiblesse intellectuelle. Plus on élève intellectuellement le niveau de ses études, plus on rencontre de gens chrétiens. C’est tout sauf un hasard…

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Citation du dimanche : Sir Peter Medawar sur les limites de la science

Le meilleur moyen pour un scientifique de jeter le discrédit sur lui-même et sur sa profession consiste à déclarer sans ambages – en particulier quand une telle déclaration n’est pas nécessaire – que la science connaît, ou qu’elle connaîtra bientôt, les réponses à toutes les questions dignes d’être posées, et que les questions qui n’admettent pas une réponse scientifique sont en quelque sorte des non-questions ou des « pseudo-questions » que seules les personnes simples d’esprit posent et auxquelles seuls les crédules prétendent être en mesure de répondre. »

Le biologiste britannique Sir Peter Medawar (1915-1987), cité par John Lennox dans God and Stephen Hawking – Whose design is it anyway ?, Lion Hudson, London, 2010, p.19 (traduction libre).

Les citations du dimanche ne représentent pas nécessairement les points de vue des auteurs du blog. Elles ont pour objectif d’interpeller le lecteur sur la pensée de notre temps et d’engager la culture ambiante.

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Top 10 : le sommaire

Voici le sommaire de notre prochaine série, Les dix questions les plus posées :

1- Comment le Canon du Nouveau Testament a-t-il été établi ? Pourquoi certains textes ont-ils été rejetés et pas d’autres ?

2- Comment les évangélistes ont-ils constitué leurs évangiles ?

3- Le Jésus des évangiles canoniques est-il le Jésus de l’Histoire ?

4- La Bible est pleine de contradictions !

5- Est-il possible de concilier le récit de la Genèse avec les données scientifiques actuelles ?

6- Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

7- Croire en Dieu m’enlèvera ma liberté !

8- Pourquoi Jésus et pas un autre ?

9- Je n’ai pas besoin d’une « religion » pour mener une vie heureuse et morale.

10- Est-ce que l’embryon humain a la même valeur qu’un enfant pour la religion chrétienne ?

Pour établir cette liste, nous avons tenu compte des questions et objections les plus fréquentes, et avons essayé de les regrouper par « thèmes ». Les questions dans la liste ci-dessus ne sont pas classées en fonction du nombre de commentaires, mais en fonction de ces thèmes.

Merci à tou(te)s ceux (celles) qui ont posté des commentaires. Si vous voyez que votre question ne figure pas dans la liste, ne vous inquiétez pas ! Nous essaierons d’y répondre ultérieurement.

Nous publierons ces dix articles à raison d’un par semaine (l’ordre est susceptible de changer), et vous êtes bien sûr invités à poster vos commentaires et réflexions !

L’équipe Raisons de croire.

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A venir …

Dans les prochaines semaines, nous publierons :

- De nouvelles interviews pour la série « Chrétien au XXIe siècle, un suicide intellectuel ? » Vous pouvez (re)lire les interviews déjà publiées ici : Eddy Yates, David Andrew Robertson, Yohann Tourne, Stuart McAllister, Gary Habermas.

- Une nouvelle série : les réponses au Top10 de vos questions.

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Vive l’objectivité !

Encore un « numéro spécial » sur ce fléau qu’est la religion …

Il s’agit de nous mettre en garde contre ces « cléricalismes qui menacent la planète ». Pas une seule définition de ce qu’est ce fameux cléricalisme, mais on devine vite qu’il s’agit en fait des religions. Ou plutôt du « fanatisme religieux ». Quoique les journalistes ne semblent faire aucune distinction. Débarassons-nous de toutes les religions ! Nous allons tout droit vers un nouvel âge sombre :

Quelle année, quel jour et en quelle saison les lumières se sont-elles éteintes ? Y a-t-il une datation possible à partir de laquelle pourront travailler les archivistes du futur quand ils tenteront de dégager les faits sous l’épitaphe qui recouvrira notre histoire : ‘Ci-gît la Raison aux côtés de son fidèle compagnon le Doute. Passant, ne prie pas mais souviens-toi !’ »

.

Le dossier entier se concentre sur les exemples les plus extrêmes et fanatiques. Classique, mais lassant. A-t-on le droit de juger un système pas ses excès ? C’est un peu comme si je voulais écrire un ouvrage de zoologie consacré aux mammifères en ayant pour unique source bibliographique Tom Tom et Nana vont au zoo La partie consacrée au mouvement évangélique américain répète les clichés habituels. Qui sont ces chrétiens ? Ce sont les fanatiques, bien entendu ! Les « zinzins du Christ », « accros du prophétisme » ou autres « camelots du Christ ». On trouve quand même un paragraphe consacré aux évangéliques français. Et l’auteur semble ne pas parvenir à se décider sur le terme qui convient : « évangélique » ou « évangéliste » ? A défaut de pouvoir trancher, on a droit à une alternance entre les deux.

Messieurs les journaliques, plutôt que de nous resservir ce sensationnalisme à toutes les sauces, pourriez-vous, s’il-vous-plaît, faire preuve d’un minimum d’objectivité ?

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Citation du dimanche : Luc Ferry sur les droits de l’Homme

En s’appuyant sur une définition de la personne humaine et sur une pensée inédite de l’amour, le christianisme va laisser des traces incomparables dans l’histoire des idées (…) Il est tout à fait clair que, sans cette valorisation typiquement chrétienne de la personne humaine, de l’individu comme tel, jamais la philosophie des droits de l’homme à laquelle nous sommes si attachés aujourd’hui n’aurait vu le jour . »

- Luc Ferry, Apprendre à vivre – Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations, Plon, 2006, p. 75-76.

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Citation du dimanche : Paul Henri Thiry d’Holbach sur la religion

Les hommes, pour la plupart, ne tiennent à leur religion que par habitude. Ils n’ont jamais examiné sérieusement les raisons qui les y attachent, les motifs de leur conduite, les fondements de leurs opinions. Ainsi la chose que tous regardent comme la plus importante pour eux fut toujours celle qu’ils craignirent le plus d’approfondir. Ils suivent les routes que leurs pères leur ont tracées ; ils croient parce qu’on leur a dit dès l’enfance qu’il fallait croire ; ils espèrent parce que leurs ancêtres ont espéré ; ils tremblent parce que leurs devanciers ont tremblé ; presque jamais ils n’ont daigné se rendre compte des motifs de leur croyance. [...] C’est ainsi que les opinions religieuses, une fois admises, se maintiennent pendant une longue suite de siècles. C’est ainsi que d’âge en âge les nations se transmettent des idées qu’elles n’ont jamais examinées. Elles croient que leur bonheur est attaché à des institutions dans lesquelles un examen plus mur leur montrerait la source de la plupart de leurs maux. L’autorité vient encore à l’appui des préjugés des hommes , elle leur défend l’examen, elle les force à l’ignorance, elle se tient toujours prête à punir quiconque tenterait de les désabuser. [...] Cependant il se trouva dans tous les siècles des hommes qui, détrompés des préjugés de leurs concitoyens, osèrent leur montrer la vérité. Mais que pouvait leur faible voix contre des erreurs sucées avec le lait, confirmées par l’habitude, autorisées par l’exemple, fortifiées par une politique souvent complice de sa propre ruine ? Les cris imposants de l’imposture réduisirent bientôt au silence ceux qui voulurent réclamer en faveur de la raison. »

- Paul Henri Thiry d’Holbach, Le christianisme dévoilé, éd. A Londres, 1776, p. 2-6.

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