Citation du dimanche : Robert Jastrow sur « science et foi »

« Il semble actuellement que la science ne sera jamais en mesure de lever le voile sur le mystère de la création. Pour le scientifique qui a vécu avec sa foi dans le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme dans un cauchemar. Il a escaladé les montagnes de l’ignorance, il est sur le point de conquérir le plus haut sommet, et alors qu’il se hisse sur le dernier rocher, il est accueilli par une bande de théologiens qui sont là depuis des siècles. »

Robert Jastrow, God and the Astronomers, W. W. Norton, 1992, p. 107

Citation du dimanche : Michel Onfray sur la croyance

« Je ne méprise pas les croyants, je ne les trouve ni ridicules ni pitoyables, mais je désespère qu’ils préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux certitudes cruelles des adultes. Plutôt la foi qui apaise que la raison qui soucie – même au prix d’un perpétuel infantilisme mental : voilà une opération de passe-passe métaphysique à un coût monstrueux ! »

Michel Onfray, Traité d’athéologie, Le Livre de Poche, 2006, p. 27.

Les arguments théistes – Introduction

La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

Série : Les arguments théistes

Notre prochaine série portera sur les arguments en faveur de l’existence de Dieu, en examinant tour à tour les quatre principaux arguments :

1) Argument ontologique
2) Argument téléologique
3) Argument cosmologique
4) Argument moral

Nous présenterons chacun de ces arguments en trois parties :
- Arrière-plan historique
- Exposé
- Objections les plus répandues

2012 … Fin de l’Histoire ?


« Nous étions prévenus … » nous avertit la bande-annonce du dernier film de Roland Emmerich, qui n’en est pas à son coup d’essai sur le thème de la fin du monde : invasion d’extra-terrestres dans Independance Day, bouleversements climatiques dans Le jour d’après.

Dans 2012, c’est le soleil qui s’en mêle. Une tempête solaire engendre des changements dans le noyau de la Terre, sa croûte et son atmosphère, ce qui déclenche des tremblements de terre gigantesques, le réveil de « super-volcans » et autres catastrophes. Il faut dire que les effets spéciaux sont à la hauteur du scénario ! Penchons-nous quelques instants sur la fameuse date du 21 décembre 2012.

La « 2012-phobie » a débuté avec la publication en 1975 par Frank Waters de Mexico mysthique : the coming 6th world of consciousness. Rien que ça … En 1987, Jose Arguelle révèle dans The Mayan factor le « code harmonieux » des anciens Maya. La même année, Arguelle et ses disciples initièrent la « Convergence harmonieuse » Galactique des Mayas, rassemblant sur divers sites sacrés à travers le monde des personnes désireuses de démarrer un compte à rebours de 25 ans jusqu’à une nouvelle conscience cosmique en 2012. Mais quel rapport y a-t-il entre cette conscience cosmique et l’extinction de l’humanité ?

Selon les adeptes de la théorie, les Sumériens1 auraient découvert l’existence d’une planète, baptisée Nibiru (ou planète X), se dirigeant vers la Terre. La collision, initialement prévue en mai 2003, fut ensuite reportée jusqu’en décembre 2012 – et oui, la fin du monde n’arrivant, quoi de plus logique que de la repousser à une date ultérieure ! Ce cataclysme à venir fut alors lié à la fin d’un des cycles du calendrier Maya au solstice d’hiver en 2012 – d’où la date fatidique du 21 décembre.
La NASA a publié sur son site internet des réponses à cette théorie. On peut lire dans les articles disponibles en ligne2 que les évènements supposés déclencher l’apocalypse n’ont aucun fondement valable : « Il n’y aucune preuve crédible pour soutenir les affirmations faites concernant des évènements inhabituels devant survenir en décembre 2012. »

La Bible associe la fin des temps au retour de Jésus-Christ. Précise-t-elle quand ce retour aura lieu ? Dans l’Evangile selon Marc, nous lisons que « Quant au jour ou à l’heure, personne ne sait quand cela se produira, ni les anges du ciel, ni même le Fils ; seul, le Père le sait. » (Marc 13.32)
Si la Bible ne donne pas de date précise, elle nous exhorte cependant à nous tenir prêts : « Soyez vigilants, restez sur vos gardes, puisque vous ne savez pas quand viendra le moment. » (Marc 13.33)
Chacun d’entre nous devra rendre compte à son Créateur sur la façon dont nous avons vécu sur cette Terre. Sommes-nous prêts ?

1- La civilisation sumérienne a vécu en Mésopotamie (Irak actuel) entre le IVe et le IIIe millénaire avant Jésus-Christ.

2- Plusieurs articles sur le sujet sont disponibles sur le site de la NASA ici.

Citation du dimanche : Jean-Paul Sartre sur la mort

« Plus absurde est la vie, moins supportable est la mort. »

- Jean-Paul Sartre, Les Mots (1964)

Citation du dimanche : Albert Camus sur la crise de l’homme

« Oui, il y a une Crise de l’Homme, puisque la mise à mort d’un être peut être envisagée autrement qu’avec l’horreur et le scandale qu’elle devrait susciter, puisque la douleur humaine est admise comme une servitude un peu ennuyeuse au même titre que le ravitaillement ou l’obligation de faire la queue pour obtenir le moindre gramme de beurre. II est trop facile, sur ce point, d’accuser seulement Hitler et de dire que la bête étant morte, le venin a disparu. Car nous savons bien que le venin n’a pas disparu, que nous le portons tous dans notre cœur même et que cela se sent dans la manière dont les nations, les partis et les individus se regardent encore avec un reste de colère. »

- Albert Camus

Citation du dimanche : Auguste Comte sur le relativisme

« Tout est relatif et cela seul est absolu. »

- Auguste Comte

Citation du dimanche : Luc Ferry sur le deuil

Freud, qui fut par excellence le penseur de la désillusion, l’a dit sans détour : ‘Quand on commence à se poser des questions sur le sens de la vie et de la mort, on est malade, car tout ceci n’existe pas de façon objective.’ Les écailles de la superstition nous sont peut-être tombées des yeux. Mais privés de mythes, que nous reste-t-il à dire et à penser devant l’absurdité du deuil ? La psychologie, et c’est un fait majeur, a détrôné la théologie. Pourtant, le jour de l’enterrement, au pied du mur et du cercueil, la gêne s’empare des esprits. Que dire à la mère qui a perdu son fils, au père éploré ? Nous sommes confrontés brutalement à la question du sens, ou plutôt à son absence dans le monde laïcisé. »

- Luc Ferry

Citation du dimanche : André Comte-Sponville sur le fanatisme

Comte sponvilleCe n’est pas la foi qui pousse aux massacres. C’est le fanatisme, qu’il soit religieux ou politique. C’est l’intolérance. C’est la haine. Il peut être dangereux de croire en Dieu. Voyez la Saint-Barthélémy, les Croisades, les guerres de religions , le Djihad, les attentats du 11 septembre 2001 … Il peut être dangereux de n’y pas croire. Voyez Staline, Mao Tsé-Toung ou Pol Pot … Qui fera les totaux, de part et d’autre, et que pourraient-ils signifier ? L’horreur est innombrable, avec ou sans Dieu. Cela nous en apprend plus sur l’humanité, hélas, que sur la religion. »

- André Comte-Sponville