Archives de la catégorie : Actualité

Vive l’objectivité !

Jonathan Kitt

Encore un « numéro spécial » sur ce fléau qu’est la religion …

Il s’agit de nous mettre en garde contre ces « cléricalismes qui menacent la planète ». Pas une seule définition de ce qu’est ce fameux cléricalisme, mais on devine vite qu’il s’agit en fait des religions. Ou plutôt du « fanatisme religieux ». Quoique les journalistes ne semblent faire aucune distinction. Débarassons-nous de toutes les religions ! Nous allons tout droit vers un nouvel âge sombre :

Quelle année, quel jour et en quelle saison les lumières se sont-elles éteintes ? Y a-t-il une datation possible à partir de laquelle pourront travailler les archivistes du futur quand ils tenteront de dégager les faits sous l’épitaphe qui recouvrira notre histoire : ‘Ci-gît la Raison aux côtés de son fidèle compagnon le Doute. Passant, ne prie pas mais souviens-toi !’ »

.

Le dossier entier se concentre sur les exemples les plus extrêmes et fanatiques. Classique, mais lassant. A-t-on le droit de juger un système pas ses excès ? C’est un peu comme si je voulais écrire un ouvrage de zoologie consacré aux mammifères en ayant pour unique source bibliographique Tom Tom et Nana vont au zoo La partie consacrée au mouvement évangélique américain répète les clichés habituels. Qui sont ces chrétiens ? Ce sont les fanatiques, bien entendu ! Les « zinzins du Christ », « accros du prophétisme » ou autres « camelots du Christ ». On trouve quand même un paragraphe consacré aux évangéliques français. Et l’auteur semble ne pas parvenir à se décider sur le terme qui convient : « évangélique » ou « évangéliste » ? A défaut de pouvoir trancher, on a droit à une alternance entre les deux.

Messieurs les journaliques, plutôt que de nous resservir ce sensationnalisme à toutes les sauces, pourriez-vous, s’il-vous-plaît, faire preuve d’un minimum d’objectivité ?

Citation du dimanche: Cicéron sur la crucifixion

Stephane Kapitaniuk

« Supplice extrémement cruel et abject. »

Cicéron, cité dans La croix, une puissance oubliée, Philippe Decorvet & Thierry Juvet, éditions Emmaüs, 2009, p 11.

L’ultime sacrifice des « chemises rouges »

Stephane Kapitaniuk

Mardi 16 mars: Des manifestants thaïlandais déversent 300 litres de leur sang sur les marches du Parlement et des bureaux du Parti démocrate. Ce sang prélevé à la seringue est versé par les manifestants, les fameux « chemises rouges », en signe du sacrifice d’un peuple au profit des élites.

Le sang, c’est la vie. Une flaque de sang, c’est une image violente. Quand une amie vit la photo du journal Métro (ci-dessus), elle me demanda de tourner la page car elle se sentait mal.

Toute personne qui lit la Bible réalise que c’est aussi un livre très sanglant:

On y trouve le premier meurtre de l’histoire, la destruction de villes entières, des guerres à répétition et le massacre de peuples entiers (cf série sur les génocides dans la Bible). Plus sanglant encore, est la manière dont Dieu exige aux Israélites d’obtenir sa faveur. Tous les jours, des animaux sont égorgés et des sacrifices offerts par les prêtres pour le pardon des péchés du peuple juif.

Aujourd’hui, nous détestons le sang et nous n’en supportons souvent pas la vue. Je le sais, ayant récemment fait une prise de sang un peu laborieuse. Mais n’imaginons pas pour autant que les juifs aimaient le sang ! Ils étaient comme nous et l’horreur qu’ils ressentaient à l’odeur du sang brulé et du sol maculé de rouge, devait les faire réaliser l’horreur de leur rébellion contre Dieu. Un péché si terrible, que le sang devait couler pour rétablir leur relation avec un grand Dieu.

Vient alors le sacrifice le plus sanglant et le plus violent de la Bible. La crucifixion de Jésus est le sacrifice ultime de la Bible. Nous vivons dans une culture aseptisée et la violence de la crucifixion nous est étrangère. Mais les images qui nous viennent de Thailande nous rappellent que le sang est hautement symbolique.

Le gouvernement thaï déplorait le geste des manifestants en disant : « Le sang est le symbole de la violence et en jeter contre une maison est attristant. » La Bible explique le sacrifice de Jésus en disant: « sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon. » (Hebreux 9v22).  « Attristant » ou seul espoir ? À méditer…

La police ne trouve pas le corps

Stephane Kapitaniuk

Lundi 8 mars 2010, on découvre un corps  non identifié dans un cimetière sur l’île de Chypre. On ouvre une enquête. La police fait des tests d’ADN. Ils sont formels, nous venons de découvrir le corps de l’ex-président !

Ceci n’est pas une fiction. C’est l’actualité d’aujourd’hui dans tous les journaux. La police chypriote vient d’identifier le corps de Tassos Papadopoulos, l’ex-président de leur nation. Mort en 2008 et enterré dans le cimetière de Deftera, son corps avait disparu depuis trois mois. Lundi, il fut retrouvé dans un autre cimetière, à quelques kilomètres de ce lieu.

Quel est le lien avec l’apologétique et les fondements de la foi chrétienne ? C’est simple, imaginez qu’un jour on découvre un corps non identifié. Après des analyses, le verdict tombe : c’est le corps de Jésus-Christ. Quelles seraient les conséquences ? La Bible répond à cette question : « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication n’a plus de contenu, et votre foi est sans objet. » (1 Co 15:14) et aussi « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion, et vous êtes encore sous le poids de vos péchés. » (v16)

Vous rejetez le christianisme ? Voici donc une raison de croire. Pensez-y. 2000 ans après la mort de Jésus-Christ, a-t-on jamais trouvé le corps d’un certain « Jésus de Nazareth. » ? A méditer…

Avatar : Choc des visions du monde

Aurelien Lang

Avez-vous vu la dernière réalisation de James Cameron : « Avatar » ?
Si ce n’est pas le cas, précipitez-vous dans votre cinéma le plus proche. Le film vaut largement le coup d’œil !
Mais je n’écris pas simplement pour donner mon opinion. Le film « Avatar » est aussi une apologie du panthéisme – doctrine philosophique ou religieuse qui identifie Dieu et l’univers et qui appelle l’humanité à une communion religieuse avec le monde naturel. Ce thème refait régulièrement surface à Hollywood. C’est la vérité découverte par Kevin Costner dans « Danse avec les loups », c’est le fil rouge des films Disney « Le Roi Lion » et « Pocahantas », ainsi que le dogme de George Lucas dans la série « Star Wars ».

Sans révéler tous les secrets du film, avant la grande bataille finale, le héros du film, Jake Sully, adresse une prière à la déesse Nature (Eywa). Il lui demande de défendre la cause du peuple Na’vi (les bonshommes bleus donc). Neytiri, sa petite amie présente à ce moment, lui explique que Eywa ne peut pas prendre parti pour un camp ou pour un autre (mauvais ou bon), mais qu’elle s’efforce de respecter l’équilibre dans la nature. On est en plein dans le panthéisme !
Cependant, à la fin du film, Eywa – la déesse nature – prend partie en faveur des autochtones en combattant à leur côté contre les humains. Curieux, n’est-ce pas ? Hollywood aurait-il vu les limites du panthéisme ? En effet, le panthéisme d’une manière générale enseigne que tout n’est qu’un, que tout est Dieu. Il n’y a ni bien, ni mal. Tout est une question d’équilibre des forces (ou énergies). Pourtant, la déesse Nature décide de prendre partie en faveur du bien contre le mal (« Elle a répondu à la prière » dit d’ailleurs Neytiri). À ce moment du film, le panthéisme est supplanté par le théisme. Dieu prend partie en faveur de la justice lui qui déteste l’injustice. C’est ce qu’on appelle un choc des visions du monde ! Même à Hollywood, on ne suit pas le panthéisme jusqu’au bout de sa logique. Pourquoi ? Parce que le mal est trop vrai. L’injustice est trop réelle. Si Dieu existe, il doit mettre un terme à tout cela !

Et c’est exactement le plan du Dieu de la Bible pour l’humanité : sur la croix plantée sur le mont Golgotha il y a 2000 ans, le mal a été puni dans la chair de Jésus, la justice a été satisfaite. Christ a vaincu la mort par sa résurrection, et pour ceux qui le suivent, la fin de l’injustice est promise. Un jour, Dieu manifestera pleinement et de manière définitive cette réalité :
« Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.
Et j’entendis du trône une forte voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » (Apocalypse 21.1-4)

Implications pratiques de Noël

Aurelien Lang

Incarnation

À Noël, on fête la venue de Jésus sur terre. Dieu s’est incarné (Jean 1.14). Dieu est venu dans le monde sous l’apparence d’un homme. Plusieurs prophéties dans l’Ancien Testament avaient annoncé ce jour où Dieu viendrait visiter la terre (parmi lesquelles Esaïe 7.14).
De nombreuses personnes aujourd’hui ne croient pas en la doctrine de l’incarnation. Pour les musulmans, Dieu ne peut pas devenir un homme. Mais qui sommes-nous pour dire ce que Dieu peut ou ne peut pas faire ? Pour les sceptiques, il n’y a tout simplement pas assez de preuves. Chez les sceptiques, pas question de parler de miracle ! Mais ce rejet n’est que le reflet de préjugés anti-miraculeux : préjugés imposant une vision séculière du monde. Cette attitude est dénoncée dans les milieux académiques par des spécialistes comme Walter Wink, exégète du Nouveau Testament :

Les historiens peuvent exiger que des garanties ou preuves appropriées soient présentées avant de croire que quelque chose d’inhabituel s’est produit … Ils peuvent mettre de précieux coups d’arrêt à la superstition en jetant un regard critique sur des affirmations extraordinaires d’orientation tendancieuses. Mais aller au-delà, en affirmant avec dogmatisme l’impossibilité de toute guérison de foi, ou prescience, ou résurrection des morts, c’est dépasser ses compétences d’historien pour affirmer une foi prisonnière d’une vision du monde particulière – ou de ce que Paul Ricoeur a appelé « le croyable disponible ».1

Dans certains milieux chrétiens, l’incarnation est de plus en plus questionnée voire rejetée. Pourtant, nous ne devons pas perdre de vue que si on rejette le miracle de l’incarnation, les conséquences sont importantes pour la foi chrétienne. Car, les implications de l’incarnation de Jésus sont très concrètes. J’en citerais trois :

- Dieu se fait pleinement connaître à nous. Selon la Bible, « Personne n’a jamais vu Dieu » (Jean 1.18a). Constat sans appel. La Bible affirme l’évidence. Aucun être humain n’a jamais vu Dieu. L’affirmation aurait pu s’arrêter là, et elle serait probablement passée aux oubliettes. Cependant, ce qui va suivre défie l’entendement : « Dieu le Fils unique, qui est dans l’intimité du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1.18b). Personne n’a jamais vu Dieu. Mais Dieu, le Fils unique qui est dans l’intimité du Père, c’est-à-dire Jésus, l’a fait connaître. Autrement dit, tu vois Jésus, tu vois Dieu. Si les hommes veulent connaître Dieu, ils doivent connaître Jésus. Nier que Dieu s’est fait homme implique l’impossibilité de connaître vraiment Dieu.

- Dieu connaît parfaitement ce que nous vivons. Du point de vue existentiel, Dieu sait ce que nous vivons, car Jésus a vécu la vie des hommes. Rendez-vous compte : Jésus a eu une mère, un père, des frères et des sœurs. Il a eu des amis et des ennemis. Jésus a connu la faiblesse, la soif et la faim. Il a travaillé, il a payé ses impôts. Jésus a aussi connu la trahison, l’angoisse et la souffrance physique et émotionnelle. Il a dû faire face à la mort de ses amis, et même à sa propre mort.  Si Dieu ne s’est pas incarné alors il ne peut réellement compatir à nos faiblesses. Il est un Dieu lointain qui ne se préoccupe pas réellement de ce que ses créatures vivent.

- Dieu se réconcilie définitivement avec les hommes.
Si Jésus est vraiment Dieu, alors il est tout à fait raisonnable de croire qu’il est capable de « sauver parfaitement » ceux qui veulent s’approcher de Dieu. (Hébreux 7.25). Pas besoin de suivre une religion, pas besoin d’expier ses péchés au purgatoire, il n’y a pas non plus de réincarnation. Jésus nous réconcilie pleinement avec Dieu par sa mort sur la croix et sa résurrection d’entre les morts (Colossiens 1.18-20). En revanche, si Dieu ne s’est pas incarné, alors il n’est pas évident que Jésus possède le pouvoir et l’autorité divine dont il a besoin pour racheter les hommes.


1- Transforming Bible Study, Nashville, Abingdon, 1980, p. 155

Un anniversaire quelque peu oublié …

Jonathan Kitt

internet

Alors que nous vivons une année riche en commémorations, comme le cent-cinquantenaire de la publication de L’Origine des espèces, le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, ou plus récemment le cinquantenaire des aventures de notre gaulois préféré, un anniversaire est passé quasiment inaperçu : celui des 40 ans de la première connexion internet, le 29 octobre.

En quarante ans énormément de choses ont changé. L’immense majorité des citoyens de l’Occident a accès à internet. La blogosphère a littéralement explosé. Il suffit aujourd’hui de quelques clics pour trouver une information qu’on aurait pu passer des heures à chercher auparavant.

Cette facilité d’accès à l’information ne va pas sans quelques aspects négatifs. Comment traiter toutes ces informations ? La désinformation n’est jamais très loin. L’information brute n’est pas à prendre comme parole d’évangile. Sachons vérifier les informations dont nous disposons, les analyser, avant de se lancer tête baissée dans l’erreur.

Oui, internet est un outil fabuleux. Mais restons conscients que l’on peut y trouver du très bon comme du moins bon.