Une question d’un lecteur: lire ici.
Voici l’article qui répond à cette question :
“Qui dîtes-vous que je suis ?” (Marc 8.29) est la question que Jésus pose à ses disciples dans les évangiles. Depuis l’origine du christianisme, la question de l’identité de Jésus n’a cessé de passionner ceux qui s’approchent du texte biblique. Mais qui est-il vraiment ? Pour certains, il s’agit d’un imposteur. Pour d’autres, c’est un fou qui s’est pris pour Dieu. Pour les chrétiens, il est vraiment celui qu’il prétend être le Fils unique de Dieu. Cette croyance est-elle fondée bibliquement ?
Dans cette série, j’aimerai montrer que les preuves bibliques en faveur de la divinité du Christ sont tellement accablantes qu’elles en deviennent contraignantes. Nous verrons que les affirmations de Jésus (1), les réactions des disciples et des ennemis de Jésus (2) et le témoignage des premiers chrétiens (3) montrent sans doute possible que Jésus-Christ est vraiment Dieu.
Les affirmations de Jésus à son sujet
1. Sa pré-existence
Dans l’évangile de Jean, nous trouvons la déclaration surprenante de Jésus : “Vraiment, je vous l’assure, leur répondit Jésus, avant qu’Abraham soit venu à l’existence, moi, je suis” (Jean 8.58). Jésus a la prétention d’affirmer qu’il existait avant sa naissance. Encore mieux, il existait avant qu’Abraham n’existe.
Dans plusieurs passages de l’Évangile de Jean, Jésus affirme nettement qu’il était pré-existant dans les cieux et dans la gloire avant son incarnation (Jean 3.13, Jean 6.33, Jean 6.38, Jean 6.62, Jean 8.23, Jean 8.42, Jean 10.30-39, Jean 16.28, Jean 17.5).
2. L’adoration, la glorification, l’exaltation, l’objet de foi, le titre “Dieu”
Jésus a promis de venir dans la “gloire du Père” (Marc 8.38). Il se tient lui-même comme un légitime objet de foi : “Dans le désert, Moïse a élevé sur un poteau le serpent de bronze. De la même manière, le Fils de l’homme (i.e. Jésus) doit, lui aussi, être élevé pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui aient la vie éternelle.” (Jean 3.14-15, voir aussi Marc 9.42 et Jean 9.35s). Il se place au même niveau que le Père : “Que votre coeur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu: ayez aussi foi en moi.” (Jean 14.1).
De plus, il n’a jamais corrigé ceux qui l’accusent de se faire l’égal de Dieu ou ceux qui l’appellent “Dieu” : “Jésus leur répondit: Mon Père est à l’oeuvre jusqu’à présent, et moi aussi je suis à l’oeuvre. Cette remarque fut pour eux une raison de plus pour chercher à le faire mourir car, non content de violer la loi sur le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père et se faisait ainsi l’égal de Dieu.” (Jean 5.17s, voir aussi Marc 2.5s, Jean 8.58-59, Jean 10.30-39 et Jean 20.281).
Il affirme aussi que la loyauté envers lui est plus importante que toutes les autres formes de loyauté (Matthieu 10.37), qu’il devrait être honoré de la même manière que le Père (Jean 5.17s). Jésus dit aussi que le Père recherche à le glorifier : “Jésus répondit: “Si je m’attribuais moi-même ma gloire, cela n’aurait aucune valeur. Celui qui me glorifie, c’est mon Père, celui-là même que vous appelez votre Dieu.” (Jean 8.54, Jean 13.31) et que les deux sont liés (Jean 11.4). Il utilise l’épithète divin “JE SUIS” (Jean 8.58-59, 24, 28). Il accepte la louange des hommes sans réprimander : “Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Il alla le trouver et lui demanda: Crois-tu au Fils de l’homme ? Il lui répondit: Qui est-ce? Dis-le moi, Seigneur, pour que je puisse croire en lui.
Jésus lui dit: Tu le vois de tes yeux. C’est lui-même qui te parle maintenant. Je crois, Seigneur, déclara l’homme, et il se prosterna devant lui. » (Jean 9.35-38)
3. L’autorité
Plusieurs fois, Jésus affirme qu’il est capable de pardonner les péchés (Marc 2.5s, Luc 7.48s), qu’il a autorité sur le Sabbat (Marc 2.28, Matthieu 12.8), sur les élus et sur les anges (Marc 13.26s).
On peut déduire d’après la formule “mais moi je vous dis” que Jésus s’arroge le droit de renforcer la loi de Moïse (Matthieu 5). Aussi, il a l’autorité de donner autorité sur les puissances des ténèbres aux autres (Luc 10.19). Encore plus fort, il affirme qu’il possède l’autorité universelle (Jean 17.2) et qu’il dispose du Royaume de la même manière dont le Père en dispose (Luc 22.29s). Il affirme avoir l’autorité d’envoyer et de donner le Saint Esprit de Dieu (Luc 24.49, Jean 7.37-39, Jean 15.26 et Jean 16.7).
4. L’identification et l’égalité avec le Père
Les affirmations au sujet de l’égalité de Jésus avec le Père sont claires. Par exemple, Jésus dit que “celui qui a de la haine pour moi en a aussi pour mon Père.“ (Jean 15.23). Aussi, il affirme que celui qui a vu le Fils, a vu le Père (Jean 14.9) et il s’est appelé par le titre potentiellement blasphématoire : Fils de Dieu (Marc 14.62). Jésus n’a jamais corrigé ceux qui l’accusaient de se faire l’égal de Dieu ou ceux qui l’ont appelé “Dieu” (Marc 2.5s, Jean 5.17s, Jean 8.58-59, Jean 10.30-39 et Jean 20.28). Il se met au même niveau que le Père et le Saint Esprit (Matthieu 28.19). Sa venue coïncide avec la venue de Dieu (Luc 19.43-44). Enfin, il affirme qu’il agit co-extensivement avec le Saint Esprit (Luc 21.14-15 et Matthieu 10, voir aussi Marc 13) et le Père : ”Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour.” (Jean 15.9, voir aussi Jean 15.17s, Jean 10.30-39).
5. L’unique relation avec le Père
Jésus considère que sa relation filiale avec le Père est absolument unique : “Ne me retiens pas, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères et dis-leur de ma part: Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu” (Jean 20.17, voir aussi Marc 12.1-11). De plus, il affirme avoir une connaissance exclusive du Père : “Mon Père a remis toutes choses entre mes mains. Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.” (Matthieu 11.27, voir aussi Jean 7.28-29). Et, il affirme être le seul à avoir vu Dieu le Père (Jean 6.46, Jean 8.38). Finalement, il affirme être sans péché et qu’il a toujours plu au Père (Jean 8.29, Jean 8.46).
6. Sa nature exaltée et ses pouvoirs surnaturels
Jésus est souvent lié au mot “Seigneur” (Marc 11.3, Marc 5.19-20). Il affirme qu’il est supérieur au Roi David (Marc 12.35-37), au temple (Matthieu 12.16), au prophète Jonas (Matthieu 12.41), et au Roi Salomon (Matthieu 12.42), aux anges (Marc 13.32). Certaines de ses déclarations impliquent l’attribut d’omniprésence (Matthieu 18.20 et Matthieu 28.19), et qu’il a accès à la connaissance du future (Luc 22.31s, Marc 9.31). Enfin, Jésus affirme qu’il peut rendre libre quelqu’un (Jean 8.36) et qu’il peut ressusciter des morts : “ Si le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie; mais ensuite, je la reprendrai. En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.” (Jean 10-17-18).
7. Affirmations de Jésus qui n’ont pas de sens s’il n’est pas Dieu
- “Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais.” (Marc 13.31) Jésus affirme que ses paroles sont éternelles. Personne dans l’histoire n’a eu cette prétention.
- “Pour entrer dans le royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire: «Seigneur! Seigneur!» Il faut accomplir la volonté de mon Père céleste. Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront: «Seigneur! Seigneur! Nous avons prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom.» Je leur déclarerai alors: «Je ne vous ai jamais connus! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal!»” (Matthieu 7.21s, voir aussi Matthieu 25.17s). Dans ce texte, nous voyons que la destinée éternelle des hommes dépend de lui.
- “Personne n’a jamais vu le Père, sauf celui qui est venu d’auprès de Dieu. Lui, il a vu le Père.” (Jean 6.46, voir aussi Jean 8.38 et Exode 33.20) Alors que personne n’a jamais vu le Père, Jésus affirme être le seul à l’avoir vu.
- “Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire.” (Jean 15.5) Jésus affirme que sans lui, l’homme ne peut pas porter du bon fruit.
- “Car tout ce qui est à moi t’appartient, comme tout ce qui est à toi m’appartient. Ma gloire rayonne en eux.” (Jean 17.10) Tout ce qui appartient au Père appartient à Jésus. Cette affirmation n’a vraiment aucun sens si Jésus n’est pas Dieu lui-même.
–
1- Un lecteur musulman a suggéré que la meilleure lecture de ce texte était que Thomas rendait gloire à Dieu le Père, et non qu’il confessait Jésus comme Seigneur et Dieu. Maintenant, il faut savoir que ce n’est pas l’interprétation majoritaire parmi les exégètes bibliques. Murray J. Harris, professeur de Nouveau Testament et d’exégèse, a brillament réfuté cette alternative en montrant le manque évident de preuves in Jesus as God: The New Testament Use of Theos in Reference to Jesus (Grand Rapids: Baker, 1992). La plus simple et meilleure façon de comprendre l’exclamation de Thomas est une adresse vocative à Jésus lui-même. De plus, la répétition du pronom grec μου fait de la confession de Thomas intensivement personnelle, qui est en complète relation avec le contexte immédiat : « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (v. 31)