Archive de la catégorie: Bible

La Bible: mensonge, folie ou Parole de Dieu

C’est une reconstruction de l’argument de C.S. Lewis que je propose ici. Elle est inspirée par Bryan Chapell, professeur de théologie aux Etats-Unis.

Jésus affirme qu’il est Dieu (Jean 8.16, 24, 58). Dans les Fondements du Christianisme (Valence, LLB, 2006, p. 66), l’écrivain anglais C.S. Lewis démontre qu’il n’y a que trois alternatives possibles à la prétention de Jésus :

- soit Jésus est un menteur : il prétend qu’il est Dieu mais il sait qu’il n’est pas Dieu
- soit Jésus est fou : il pense sincèrement qu’il est Dieu mais il ne l’est pas vraiment
- soit Jésus est vraiment ce qu’il dit être : Dieu, il est donc digne de notre adoration.

La Bible se présente comme la Parole de Dieu. On peut trouver 3000 références bibliques pour étayer cette prétention. La plus fameuse étant : « Ainsi parle l’Éternel … » (Ez 6.3) Nous pouvons aussi ébaucher trois alternatives :

- soit la Bible est un mensonge : les auteurs bibliques savent que leurs écrits ne sont pas la Parole de Dieu
- soit la Bible est une folie : les auteurs pensent sincèrement qu’ils mettent par écrit la Parole de Dieu, en réalité, elle ne l’est pas
- soit la Bible est vraiment ce qu’elle prétend être : la Parole de Dieu.

Une seule de ces alternatives est vraies. Elles ne peuvent être toutes les trois vraies en même temps. Dans les trois cas, un acte de foi est nécessaire, parce que vous ne pouvez pas démontrer, sans l’ombre d’un doute, qu’une de ces alternatives est absolument vraies. Mais dans les deux premiers cas, il est impossible d’affirmer par la suite qu’il s’agit d’un bon bouquin ! La Bible affirme 3000 fois qu’elle est la Parole de Dieu, ce n’est pas un petit mensonge. Si cela en est un, c’est un gros mensonge. Si les auteurs écrivent la Bible pensant qu’il s’agit de la Parole de Dieu sans qu’elle le soit vraiment, ce sont de simples pensées religieuses de quelques illuminés. Les affirmations de ceux-ci sont relatives et il est impossible de dire que ces écrits expriment réellement la pensée de Dieu.

La Bible: mensonge, folie ou Parole de Dieu. Quelle alternative choisissez-vous ?

Sommaire : Comment Dieu peut-il commander des génocides dans l’Ancien Testament ?

« Comment Dieu peut-il commander des génocides ? » a été rédigé dans une perspective biblique.

- Comment Dieu peut-il commander des génocides ? (1)
- Comment Dieu peut-il commander des génocides ? (2)
- Comment Dieu peut-il commander des génocides ? (3)
- Comment Dieu peut-il commander des génocides ? (4)

Jacques et Paul se contredisent-ils ?

Romains 3.28 :

Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi. »

Jacques 2.20-26 :

Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile ? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les oeuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture: Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice; et il fut appelé ami de Dieu. Vous voyez que l’homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement. Rahab la prostituée ne fut-elle pas également justifiée par les oeuvres, lorsqu’elle reçut les messagers et qu’elle les fit partir par un autre chemin ? Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte. »

L’apôtre Jacques et l’apôtre Paul se contredisent-ils ? D.A. Carson, professeur de Nouveau Testament, répond « non »:

De nombreux critiques contemporains, qui doutent que Dieu ait vraiment parlé par la Bible, estiment que les passages ci-dessus sont inconciliables et qu’ils démontrent l’existence, dès l’origine, de courants différents au sein du christianisme, s’appuyant sur des interprétations distinctes et même mutuellement contradictoires. D’autres chrétiens pensent cependant que Paul et Jacques sont parfaitement d’accord l’un avec l’autre, mais qu’ils revêtent le mot « oeuvre » d’un sens différent.

Il soulève ensuite trois points :

1) Paul et Jacques répondent à des problèmes très différents. Paul répond à des personnes qui pensent que les oeuvres jouent un rôle fondamental dans le salut d’un chrétien, tandis que Jacques répond à des personnes qui pensent qu’il suffit de croire que Dieu existe pour être sauvé (Jc 2.19). Aux premières personnes, Paul répond que les oeuvres ne jouent aucun rôle dans le salut. Au deuxième groupe, Jacques répond qu’une foi qui ne produit aucune oeuvre est morte, i.e. inexistante.

2) L’ordre entre la foi et les oeuvres est primordial. Les oeuvres attestent l’existence de la foi. Mais les oeuvres ne peuvent faire d’une personne un chrétien.

3) Le mot « justification » chez Paul désigne l’acte par lequel Dieu, en raison de l’oeuvre accomplie par Christ sur la croix, déclare acquittés et juste à ses yeux des pécheurs coupables (Ro 3.20, Ga 2.16). Tandis que Jacques envisage davantage la « justification » devant les autres (v.18) et le jugement final. Pour lui, une vie chrétienne authentique doit être une vie transformée ! Là-dessus, Paul ne peut qu’acquiescer (2 Cor 5.10).

D.A. Carson, Le Dieu qui se dévoile, volume 2, 10 mai

Image: Arvind Balaraman

Pâques n’est pas de la psychologie. Pâques, c’est Jésus !

Le magazine La Vie a publié un article sur « pourquoi Pâques aide les ados à grandir ? »

L’auteur introduit l’article de la façon suivante :

Mourir à l’enfance pour aller vers l’âge adulte, apprivoiser un corps qui change, intrigue et fascine, laisser derrière soi ses repères pour aborder l’inconnu… Ce passage d’un état à l’autre, cet apprentissage, parfois difficile, de confiance en soi que représente l’adolescence n’est pas sans écho avec la foi pascale, avec l’espérance de la Résurrection, à laquelle nous invite l’Évangile, et au péril qui l’a précédée. En quoi l’événement du matin de Pâques entre-t-il en résonance avec cet âge à part ?

La suite de l’article est un entretien avec le théologien et premier vice-président de l’université de Strasbourg Michel Deneken.

Je n’ai rien contre la psychologie. Je pense qu’elle peut nous aider à davantage comprendre l’humain, comprendre ses comportements, etc. … D’ailleurs, je pense que Michel Deneken affirme des choses très justes, notamment que plus les ados grandissent, plus la mort devient concrète pour eux.

Mais je ne pense pas que Pâques nous parle de psychologie. Je ne pense pas que cette lecture psychologisante de la Passion de Christ soit juste. Pâques nous parle de l’action salvatrice de Christ, pas de puberté. Jésus est mort et ressuscité pour le pardon des péchés. C’est ce que l’apôtre Paul rapporte :
« Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi-même reçu: le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Ecritures. » (1 Cor 15.3-4)

Le cœur de la Pâques est la substitution pénale : « Le Christ lui-même a souffert la mort pour les péchés, une fois pour toutes. Lui l’innocent, il est mort pour des coupables, afin de vous conduire à Dieu. Il a été mis à mort dans son corps mais il a été ramené à la vie par l’Esprit. » (1 Pierre 3.18)
Autrement dit, Jésus-Christ est mort et ressuscité à notre place, non pas pour nous aider à grandir et à prendre confiance en nous, mais pour que nous puissions entrer en relation avec Dieu !

Pâques n’est pas de la psychologie, Pâques, c’est Jésus !

Crédit photo: jdinman

Jean 17.3 prouve-t-il que Jésus n’est pas Dieu ?

Pour certains disciples d’Arius et TJ, Jean 17.3 est une preuve que Jésus n’est pas Dieu. Selon eux, dans ce texte, Jésus ne s’applique pas l’expression “le seul vrai Dieu”, il la réserve à son Père céleste. Si Jésus était Dieu, alors il n’aurait pas appelé le Père, « le seul vrai Dieu ». Si le Père est le seul vrai Dieu, alors Jésus ne peut pas être Dieu.

La réponse à cette objection tient en quelques mots : ce texte seul ne peut servir de fondement à la doctrine du Christ.

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Assassiné parce qu’il se disait Dieu

Golgotha

Golgotha

Dans l’évangile selon Jean 19.7, on peut lire :

Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu.

Le motif de condamnation de Jésus est stupéfiant ! Selon les Juifs de son époque, Jésus s’est fait Fils de Dieu, autrement dit, il blasphémait. Le blasphème était l’un des crimes les plus graves. Selon la loi juive, il était puni de mort. Selon Lévitique 24.16 :

Celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort: toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de Dieu.

Les Juifs de l’époque comprenait très bien l’implication des paroles de Jésus. Plusieurs fois, ils tentent de le lapider (Jean 8.59, 10.32). Pourquoi ? Parce que Jésus se prenait pour Dieu. Ce n’était pas une manipulation du peuple Juif pour faire tuer ce « trouble-fête ». Ils avaient très bien saisi les paroles de Jésus, contrairement aux témoins de Jéhovah et aux ariens de tout bord :

A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu (Jean 5.18)

Comme disait C.S. Lewis, Jésus est « l’intrus transcendant ». Vous ne pouvez pas le caser dans la boîte créature mi-Dieu mi-hommes, ni maître de sagesse. Car soit Jésus est fou, soit il ment sur son identité, soit il est vraiment ce qu’il dit être : Dieu qui s’est fait chair (Jean 1.14, 18).

Paul, fondateur du Christianisme ?

J’attire votre attention sur un excellent article de Nicolas Farelly sur la naissance du Christianisme dans une perspective protestante évangélique. Pour les biblistes de cette mouvance, Paul n’est pas le fondateur du Christianisme à proprement parlé. Ils recadrent radicalement le débat: si par « fondateur du Christianisme », c’est le fondateur d’une nouvelle religion que l’on recherche, cette quête est vouée à l’échec.

Voici sa conclusion :

Le Christianisme, tel que nous le connaissons aujourd’hui en Occident, est sans nul doute redevable en grande partie à Paul : à sa conversion, suivie de sa réflexion théologique et de son élan missionnaire. Mais n’oublions pas que toute la pensée et toute l’œuvre de Paul ne sont centrées que sur un seul homme : Dieu fait chair, mort sur une croix et ressuscité le troisième jour.

Lire l’article en entier.

Jésus et l’enfer

Jésus a plus parlé de l’enfer que nous n’osons le penser:

La plupart de l’enseignement néotestamentaire sur l’enfer provient de la bouche même de Jésus. On a calculé que treize pour cent des 1870 versets consacrés aux paroles prononcées par Jésus concernent le jugement et l’enfer. Il parla davantage de ces deux sujets que tout autre (les anges viennent ensuite puis l’amour). La seconde surprise concerne le fait que, des quelques quarante paraboles données par Jésus, plus de la moitié se rapportent au jugement éternel des pécheurs par Dieu. De même, sur les douze occasions dans le Nouveau Testament où le mot géhenne apparait (le plus fort dans l’Écritue pour désigner l’enfer) une seule fois Jésus n’en est pas l’auteur. »

(John Blanchard, Où donc est passé l’enfer ?, Europresse, 1993, p. 130)

Mais pourquoi un Dieu d’amour enverrait-il des gens en enfer ?

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Où Jésus a-t-il dit qu’il est Dieu ?

Une question d’un lecteur: lire ici.

Voici l’article qui répond à cette question :

“Qui dîtes-vous que je suis ?” (Marc 8.29) est la question que Jésus pose à ses disciples dans les évangiles. Depuis l’origine du christianisme, la question de l’identité de Jésus n’a cessé de passionner ceux qui s’approchent du texte biblique. Mais qui est-il vraiment ? Pour certains, il s’agit d’un imposteur. Pour d’autres, c’est un fou qui s’est pris pour Dieu. Pour les chrétiens, il est vraiment celui qu’il prétend être le Fils unique de Dieu. Cette croyance est-elle fondée bibliquement ?

Dans cette série, j’aimerai montrer que les preuves bibliques en faveur de la divinité du Christ sont tellement accablantes qu’elles en deviennent contraignantes. Nous verrons que les affirmations de Jésus (1), les réactions des disciples et des ennemis de Jésus (2) et le témoignage des premiers chrétiens (3) montrent sans doute possible que Jésus-Christ est vraiment Dieu.

Les affirmations de Jésus à son sujet

1. Sa pré-existence

Dans l’évangile de Jean, nous trouvons la déclaration surprenante de Jésus : “Vraiment, je vous l’assure, leur répondit Jésus, avant qu’Abraham soit venu à l’existence, moi, je suis” (Jean 8.58). Jésus a la prétention d’affirmer qu’il existait avant sa naissance. Encore mieux, il existait avant qu’Abraham n’existe.

Dans plusieurs passages de l’Évangile de Jean, Jésus affirme nettement qu’il était pré-existant dans les cieux et dans la gloire avant son incarnation (Jean 3.13, Jean 6.33, Jean 6.38, Jean 6.62, Jean 8.23, Jean 8.42, Jean 10.30-39, Jean 16.28, Jean 17.5).

2. L’adoration, la glorification, l’exaltation, l’objet de foi, le titre “Dieu”

Jésus a promis de venir dans la “gloire du Père” (Marc 8.38). Il se tient lui-même comme un légitime objet de foi : “Dans le désert, Moïse a élevé sur un poteau le serpent de bronze. De la même manière, le Fils de l’homme (i.e. Jésus) doit, lui aussi, être élevé pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui aient la vie éternelle.” (Jean 3.14-15, voir aussi Marc 9.42 et Jean 9.35s). Il se place au même niveau que le Père : “Que votre coeur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu: ayez aussi foi en moi.” (Jean 14.1).

De plus, il n’a jamais corrigé ceux qui l’accusent de se faire l’égal de Dieu ou ceux qui l’appellent “Dieu” : “Jésus leur répondit: Mon Père est à l’oeuvre jusqu’à présent, et moi aussi je suis à l’oeuvre. Cette remarque fut pour eux une raison de plus pour chercher à le faire mourir car, non content de violer la loi sur le sabbat, il appelait encore Dieu son propre Père et se faisait ainsi l’égal de Dieu.” (Jean 5.17s, voir aussi Marc 2.5s, Jean 8.58-59, Jean 10.30-39 et Jean 20.281).
Il affirme aussi que la loyauté envers lui est plus importante que toutes les autres formes de loyauté (Matthieu 10.37), qu’il devrait être honoré de la même manière que le Père (Jean 5.17s). Jésus dit aussi que le Père recherche à le glorifier : “Jésus répondit: “Si je m’attribuais moi-même ma gloire, cela n’aurait aucune valeur. Celui qui me glorifie, c’est mon Père, celui-là même que vous appelez votre Dieu.” (Jean 8.54, Jean 13.31) et que les deux sont liés (Jean 11.4). Il utilise l’épithète divin “JE SUIS” (Jean 8.58-59, 24, 28). Il accepte la louange des hommes sans réprimander : “Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Il alla le trouver et lui demanda: Crois-tu au Fils de l’homme ? Il lui répondit: Qui est-ce? Dis-le moi, Seigneur, pour que je puisse croire en lui.
Jésus lui dit: Tu le vois de tes yeux. C’est lui-même qui te parle maintenant. Je crois, Seigneur, déclara l’homme, et il se prosterna devant lui. » (Jean 9.35-38)

3. L’autorité

Plusieurs fois, Jésus affirme qu’il est capable de pardonner les péchés (Marc 2.5s, Luc 7.48s), qu’il a autorité sur le Sabbat (Marc 2.28, Matthieu 12.8), sur les élus et sur les anges (Marc 13.26s).
On peut déduire d’après la formule “mais moi je vous dis” que Jésus s’arroge le droit de renforcer la loi de Moïse (Matthieu 5). Aussi, il a l’autorité de donner autorité sur les puissances des ténèbres aux autres (Luc 10.19). Encore plus fort, il affirme qu’il possède l’autorité universelle (Jean 17.2) et qu’il dispose du Royaume de la même manière dont le Père en dispose (Luc 22.29s). Il affirme avoir l’autorité d’envoyer et de donner le Saint Esprit de Dieu (Luc 24.49, Jean 7.37-39, Jean 15.26 et Jean 16.7).

4. L’identification et l’égalité avec le Père

Les affirmations au sujet de l’égalité de Jésus avec le Père sont claires. Par exemple, Jésus dit que “celui qui a de la haine pour moi en a aussi pour mon Père.“ (Jean 15.23). Aussi, il affirme que celui qui a vu le Fils, a vu le Père (Jean 14.9) et il s’est appelé par le titre potentiellement blasphématoire : Fils de Dieu (Marc 14.62). Jésus n’a jamais corrigé ceux qui l’accusaient de se faire l’égal de Dieu ou ceux qui l’ont appelé “Dieu” (Marc 2.5s, Jean 5.17s, Jean 8.58-59, Jean 10.30-39 et Jean 20.28). Il se met au même niveau que le Père et le Saint Esprit (Matthieu 28.19). Sa venue coïncide avec la venue de Dieu (Luc 19.43-44). Enfin, il affirme qu’il agit co-extensivement avec le Saint Esprit (Luc 21.14-15 et Matthieu 10, voir aussi Marc 13) et le Père : ”Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour.” (Jean 15.9, voir aussi Jean 15.17s, Jean 10.30-39).

5. L’unique relation avec le Père

Jésus considère que sa relation filiale avec le Père est absolument unique : “Ne me retiens pas, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères et dis-leur de ma part: Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu” (Jean 20.17, voir aussi Marc 12.1-11). De plus, il affirme avoir une connaissance exclusive du Père : “Mon Père a remis toutes choses entre mes mains. Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.” (Matthieu 11.27, voir aussi Jean 7.28-29). Et, il affirme être le seul à avoir vu Dieu le Père (Jean 6.46, Jean 8.38). Finalement, il affirme être sans péché et qu’il a toujours plu au Père (Jean 8.29, Jean 8.46).

6. Sa nature exaltée et ses pouvoirs surnaturels

Jésus est souvent lié au mot “Seigneur” (Marc 11.3, Marc 5.19-20). Il affirme qu’il est supérieur au Roi David (Marc 12.35-37), au temple (Matthieu 12.16), au prophète Jonas (Matthieu 12.41), et au Roi Salomon (Matthieu 12.42), aux anges (Marc 13.32). Certaines de ses déclarations impliquent l’attribut d’omniprésence (Matthieu 18.20 et Matthieu 28.19), et qu’il a accès à la connaissance du future (Luc 22.31s, Marc 9.31). Enfin, Jésus affirme qu’il peut rendre libre quelqu’un (Jean 8.36) et qu’il peut ressusciter des morts : “ Si le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie; mais ensuite, je la reprendrai. En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.” (Jean 10-17-18).

7. Affirmations de Jésus qui n’ont pas de sens s’il n’est pas Dieu

- “Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais.” (Marc 13.31) Jésus affirme que ses paroles sont éternelles. Personne dans l’histoire n’a eu cette prétention.
- “Pour entrer dans le royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire: «Seigneur! Seigneur!» Il faut accomplir la volonté de mon Père céleste. Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront: «Seigneur! Seigneur! Nous avons prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom.» Je leur déclarerai alors: «Je ne vous ai jamais connus! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal!»” (Matthieu 7.21s, voir aussi Matthieu 25.17s). Dans ce texte, nous voyons que la destinée éternelle des hommes dépend de lui.
- “Personne n’a jamais vu le Père, sauf celui qui est venu d’auprès de Dieu. Lui, il a vu le Père.” (Jean 6.46, voir aussi Jean 8.38 et Exode 33.20) Alors que personne n’a jamais vu le Père, Jésus affirme être le seul à l’avoir vu.
- “Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire.” (Jean 15.5) Jésus affirme que sans lui, l’homme ne peut pas porter du bon fruit.
- “Car tout ce qui est à moi t’appartient, comme tout ce qui est à toi m’appartient. Ma gloire rayonne en eux.” (Jean 17.10) Tout ce qui appartient au Père appartient à Jésus. Cette affirmation n’a vraiment aucun sens si Jésus n’est pas Dieu lui-même.

1- Un lecteur musulman a suggéré que la meilleure lecture de ce texte était que Thomas rendait gloire à Dieu le Père, et non qu’il confessait Jésus comme Seigneur et Dieu. Maintenant, il faut savoir que ce n’est pas l’interprétation majoritaire parmi les exégètes bibliques. Murray J. Harris, professeur de Nouveau Testament et d’exégèse, a brillament réfuté cette alternative en montrant le manque évident de preuves in Jesus as God: The New Testament Use of Theos in Reference to Jesus (Grand Rapids: Baker, 1992). La plus simple et meilleure façon de comprendre l’exclamation de Thomas est une adresse vocative à Jésus lui-même. De plus, la répétition du pronom grec μου fait de la confession de Thomas intensivement personnelle, qui est en complète relation avec le contexte immédiat : « Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (v. 31)

Implications pratiques de Noël

Un article de circonstance à découvrir si vous ne l’avez jamais lu.

Incarnation

À Noël, on fête la venue de Jésus sur terre. Dieu s’est incarné (Jean 1.14). Dieu est venu dans le monde sous l’apparence d’un homme. Plusieurs prophéties dans l’Ancien Testament avaient annoncé ce jour où Dieu viendrait visiter la terre (parmi lesquelles Esaïe 7.14).
De nombreuses personnes aujourd’hui ne croient pas en la doctrine de l’incarnation. Pour les musulmans, Dieu ne peut pas devenir un homme. Mais qui sommes-nous pour dire ce que Dieu peut ou ne peut pas faire ? Pour les sceptiques, il n’y a tout simplement pas assez de preuves. Chez les sceptiques, pas question de parler de miracle ! Mais ce rejet n’est que le reflet de préjugés anti-miraculeux : préjugés imposant une vision séculière du monde. Cette attitude est dénoncée dans les milieux académiques par des spécialistes comme Walter Wink, exégète du Nouveau Testament :

Les historiens peuvent exiger que des garanties ou preuves appropriées soient présentées avant de croire que quelque chose d’inhabituel s’est produit … Ils peuvent mettre de précieux coups d’arrêt à la superstition en jetant un regard critique sur des affirmations extraordinaires d’orientation tendancieuses. Mais aller au-delà, en affirmant avec dogmatisme l’impossibilité de toute guérison de foi, ou prescience, ou résurrection des morts, c’est dépasser ses compétences d’historien pour affirmer une foi prisonnière d’une vision du monde particulière – ou de ce que Paul Ricoeur a appelé « le croyable disponible ».1

Dans certains milieux chrétiens, l’incarnation est de plus en plus questionnée voire rejetée. Pourtant, nous ne devons pas perdre de vue que si on rejette le miracle de l’incarnation, les conséquences sont importantes pour la foi chrétienne. Car, les implications de l’incarnation de Jésus sont très concrètes. J’en citerais trois :

- Dieu se fait pleinement connaître à nous. Selon la Bible, « Personne n’a jamais vu Dieu » (Jean 1.18a). Constat sans appel. La Bible affirme l’évidence. Aucun être humain n’a jamais vu Dieu. L’affirmation aurait pu s’arrêter là, et elle serait probablement passée aux oubliettes. Cependant, ce qui va suivre défie l’entendement : « Dieu le Fils unique, qui est dans l’intimité du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1.18b). Personne n’a jamais vu Dieu. Mais Dieu, le Fils unique qui est dans l’intimité du Père, c’est-à-dire Jésus, l’a fait connaître. Autrement dit, tu vois Jésus, tu vois Dieu. Si les hommes veulent connaître Dieu, ils doivent connaître Jésus. Nier que Dieu s’est fait homme implique l’impossibilité de connaître vraiment Dieu.

- Dieu connaît parfaitement ce que nous vivons. Du point de vue existentiel, Dieu sait ce que nous vivons, car Jésus a vécu la vie des hommes. Rendez-vous compte : Jésus a eu une mère, un père, des frères et des sœurs. Il a eu des amis et des ennemis. Jésus a connu la faiblesse, la soif et la faim. Il a travaillé, il a payé ses impôts. Jésus a aussi connu la trahison, l’angoisse et la souffrance physique et émotionnelle. Il a dû faire face à la mort de ses amis, et même à sa propre mort. Si Dieu ne s’est pas incarné alors il ne peut réellement compatir à nos faiblesses. Il est un Dieu lointain qui ne se préoccupe pas réellement de ce que ses créatures vivent.

- Dieu se réconcilie définitivement avec les hommes.
Si Jésus est vraiment Dieu, alors il est tout à fait raisonnable de croire qu’il est capable de « sauver parfaitement » ceux qui veulent s’approcher de Dieu. (Hébreux 7.25). Pas besoin de suivre une religion, pas besoin d’expier ses péchés au purgatoire, il n’y a pas non plus de réincarnation. Jésus nous réconcilie pleinement avec Dieu par sa mort sur la croix et sa résurrection d’entre les morts (Colossiens 1.18-20). En revanche, si Dieu ne s’est pas incarné, alors il n’est pas sûr que Jésus possède le pouvoir et l’autorité divine dont il a besoin pour racheter les hommes.


1- Transforming Bible Study, Nashville, Abingdon, 1980, p. 155