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Mormonisme et Christianisme : Apostasie et Restauration (1)

Aurelien Lang

Le contenu suivant est une adaptation de la section sur le Mormonisme (ou l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours) qui provient de la Bible d’étude ESV.

Que croient les Mormons au sujet de l’apostasie et de la restauration ?

Les Mormons affirment que l’apostasie « totale » a triomphé de l’église après les temps apostoliques, et que l’Église des Mormons (fondée en 1830) est l’Église restaurée.

Quel est le problème avec cette compréhension ?

Si l’Église des Mormons étaient réellement une « église restaurée », on devrait trouver au premier siècle des éléments de la doctrine des Mormons comme la pluralité des dieux et Dieu le Père ayant été un homme. Or, il n’y a aucune preuve historique. D’ailleurs, la Bible rejette une telle apostasie de l’église (cf. Matthieu 16.18, 28.20, Ephésiens 3.21, 4.11-16), avertissant plutôt d’une apostasie partielle (1 Timothée 4.1).

À suivre…

Adapté du blog de Justin Taylor.

Note sur les Citations du dimanche

admin

Pour informations: les citations ne représentent pas nécessairement les points de vue des auteurs du blog. Elles ont aussi pour objectif d’interpeller le lecteur sur la pensée de notre temps. Elles doivent être analysées, réfléchies et critiquées à la lumière de la Bible. Elles peuvent être utilisées par la suite dans des articles ou dans des exposés qui ont pour but d’engager la culture ambiante. Cf. Commentaire

Devons-nous toujours répondre ?

Aurelien Lang

Une lectrice attentive a remarqué que je ne répondais pas franchement à l’objection de notre ami musulman. En effet, ce dernier a avancé la chose suivante : « Je voulais savoir la raison pour laquelle vous ne reconnaissiez pas l’existence ou le statut de Muhammad (Mahomet) alors que Jésus a annoncé sa venue. » (c’est moi qui souligne).

Pourquoi ?

La raison est simple: ce qui est affirmé sans preuves peut être rejeté sans preuves. Notre ami n’a pas donné des preuves que Jésus a annoncé la venue de Muhammad. Pourquoi devrais-je alors démontrer qu’il n’a pas annoncé sa venue ? Notre ami doit d’abord établir que Jésus a annoncé la venue du prophète de l’Islam. C’est sur lui que repose le fardeau de la preuve et non sur nous.

Trop souvent, les chrétiens se sentent obligés de répondre à tout ce que leurs contradicteurs leur lancent à la figure alors même qu’ils ne l’ont pas clairement établi. Par exemple, après avoir établi que la Bible offrait une vraie réponse à la souffrance dans le monde, mon interlocuteur a objecté : « Mais la Bible n’est-elle pas pleine de contradictions ? » Que faut-il répondre ? Faut-il prouver que la Bible n’est pas pleine de contradiction ? Non, il faut d’abord que notre interlocuteur prouve ce qu’il vient d’avancer. Je commencerais donc par lui demander: « Pourrais-tu me montrer une contradiction dans la Bible ? » Ensuite, si notre ami nous présente une contradiction, nous tenterons de montrer en quoi il se trompe.

En ce qui concerne notre ami musulman, il serait bon qu’il nous présente la preuve que Jésus annonce la venue de Muhammad. Il ne peut pas se contenter de l’affirmer sans le prouver.

A venir …

Jonathan Kitt

Dans les prochaines semaines, nous publierons :

- De nouvelles interviews pour la série « Chrétien au XXIe siècle, un suicide intellectuel ? » Vous pouvez (re)lire les interviews déjà publiées ici : Eddy Yates, David Andrew Robertson, Yohann Tourne, Stuart McAllister, Gary Habermas.

- Une nouvelle série : les réponses au Top10 de vos questions.

Citation du dimanche : Luc Ferry sur les droits de l’Homme

Jonathan Kitt

En s’appuyant sur une définition de la personne humaine et sur une pensée inédite de l’amour, le christianisme va laisser des traces incomparables dans l’histoire des idées (…) Il est tout à fait clair que, sans cette valorisation typiquement chrétienne de la personne humaine, de l’individu comme tel, jamais la philosophie des droits de l’homme à laquelle nous sommes si attachés aujourd’hui n’aurait vu le jour . »

- Luc Ferry, Apprendre à vivre – Traité de philosophie à l’usage des jeunes générations, Plon, 2006, p. 75-76.

Citation du dimanche : Paul Henri Thiry d’Holbach sur la religion

Jonathan Kitt

Les hommes, pour la plupart, ne tiennent à leur religion que par habitude. Ils n’ont jamais examiné sérieusement les raisons qui les y attachent, les motifs de leur conduite, les fondements de leurs opinions. Ainsi la chose que tous regardent comme la plus importante pour eux fut toujours celle qu’ils craignirent le plus d’approfondir. Ils suivent les routes que leurs pères leur ont tracées ; ils croient parce qu’on leur a dit dès l’enfance qu’il fallait croire ; ils espèrent parce que leurs ancêtres ont espéré ; ils tremblent parce que leurs devanciers ont tremblé ; presque jamais ils n’ont daigné se rendre compte des motifs de leur croyance. [...] C’est ainsi que les opinions religieuses, une fois admises, se maintiennent pendant une longue suite de siècles. C’est ainsi que d’âge en âge les nations se transmettent des idées qu’elles n’ont jamais examinées. Elles croient que leur bonheur est attaché à des institutions dans lesquelles un examen plus mur leur montrerait la source de la plupart de leurs maux. L’autorité vient encore à l’appui des préjugés des hommes , elle leur défend l’examen, elle les force à l’ignorance, elle se tient toujours prête à punir quiconque tenterait de les désabuser. [...] Cependant il se trouva dans tous les siècles des hommes qui, détrompés des préjugés de leurs concitoyens, osèrent leur montrer la vérité. Mais que pouvait leur faible voix contre des erreurs sucées avec le lait, confirmées par l’habitude, autorisées par l’exemple, fortifiées par une politique souvent complice de sa propre ruine ? Les cris imposants de l’imposture réduisirent bientôt au silence ceux qui voulurent réclamer en faveur de la raison. »

- Paul Henri Thiry d’Holbach, Le christianisme dévoilé, éd. A Londres, 1776, p. 2-6.

Les arguments théistes (4) – Argument moral

Jonathan Kitt

Le dernier des quatre arguments théistes « classiques » part du constat de l’existence d’une conscience morale innée, et pose la question de l’origine de cette conscience.

Dans le roman de Fédor Dostoïevski, l’un des frères Karamazov pose la question de la manière suivante : « Mais alors, que deviendra l’homme, sans Dieu et sans immortalité ? Tout est permis, par conséquent, tout est licite ? »1.

L’Homme peut-il être bon sans Dieu ?
La question n’est pas de savoir s’il faut croire en Dieu pour avoir un comportement qualifié de « moral » – la réponse nous paraît évidente – mais plutôt de savoir s’il existe des valeurs morales dites objectives, qui demeurent vraies sans que la culture ou les opinions personnelles n’influent sur leur véracité.

On pourrait formuler l’argument moral de la manière suivante :
1. Si Dieu n’existe pas, les valeurs morales objectives n’existent pas.
2. Les valeurs morales objectives existent.
3. Ainsi, Dieu existe.

Certains éthiciens et scientifiques expliquent que notre conscience morale n’a pas d’origine transcendentale, mais qu’elle peut s’expliquer par l’évolution socio-biologique : « La position de l’évolutionniste moderne … est que les humains ont une conscience de la moralité … parce qu’une telle conscience a un intérêt biologique. La moralité est une adaptation biologique au même titre que les mains, les pieds et les dents … Considérée comme une série rationnellement justifiable d’affirmations portant sur quelque chose d’objectif, l’éthique est une illusion. Je suis sensible au fait que quand quelqu’un dit ‘Aime ton prochain comme toi-même’, il pense se référer à quelque chose au-dessus et au-delà de lui-même … Néanmoins, … une telle référence est vraiment sans fondement. La moralité est juste une aide à la survie et à la reproduction, … et toute signification plus profonde est illusoire. »2

Pour répondre à cette explication naturaliste de la moralité, certains défenseurs d’une origine transcendantale de cette moralité soulèvent la question suivante : comment expliquer l’existence de comportements altruistes chez les êtres vivants, si notre conscience morale s’est développée par des processus de sélection naturelle ?

Dans sa Critique de la raison pratique, Emmanuel Kant développe la notion d’impératif catégorique. L’Homme « sent » qu’une action est bonne, et qu’il doit l’accomplir par respect pour la loi morale, sans tenir compte de son résultat ni de son intérêt personnel. C’est ce « sens du devoir » que Kant appelle impératif catégorique. Selon lui, trois principes, qu’il nomme postulats de la raison pratique, sont nécessaires à l’exercice de la loi morale : la liberté, l’immortalité de l’âme et l’existence de Dieu.

L’argument moral, en partant de l’existence de la loi morale, pointe vers l’existence d’un « législateur ».

Pour conclure cette série, nous aimerions poser la question suivante : quel est l’intérêt de tels arguments ? Nous avons en effet vu que l’ensemble des arguments ne prouve en rien l’existence de Dieu, raison pour laquelle il nous semble plus approprié de parler d’arguments que de preuves.
Nous pensons cependant que ces arguments peuvent montrer qu’il n’est pas irrationnel de croire en l’existence de Dieu. Plutôt que de fournir des raisons de croire, ces arguments peuvent – peut-être – donner des raisons en moins de ne pas croire !


1- DOSTOïEVSKI Fédor, Les frères Karamazov, Folio Classique, Paris, 1994, p. 740.
2- RUSE Michael, « Evolutionnary Theory and Christian Ethics », in The Darwinian Paradigm (London : Routledge, 1989), p. 262, 268-269), traduction libre.