Archives de la catégorie : Religions

Le christianisme est-il dérivé des religions à mystère ?

Si le christianisme est simplement dérivé de religions païennes que nous savons fausses, alors il est également faux.

Patrick Zukeran décèle 4 problèmes avec cette affirmation. Voici un bref résumé de son article :

1. Le premier est le sophisme composite. Les tenants de cette position regroupe les religions païennes ensemble comme s’il s’agissait d’une seule et même religion comparable au christianisme …
Cependant, quand les mythes sont étudiés séparément, le lecteur sérieux décèle des différences majeures et peu de points communs.

2. Une deuxième problème est celui de la terminologie. Les termes chrétiens sont utilisés pour décrire les croyances païennes, il est ensuite conclu qu’il y a des origines et des significations parallèles. Bien que les termes utilisés sont les mêmes, il y a de grandes différence entre les pratiques et les définitions chrétiennes et païennes.

3. Une troisième erreur concerne la chronologie. Les supporters de la théorie présument faussement que le christianisme a emprunté des idées aux religions à mystère, mais les preuves révèlent que c’est l’inverse.

4. Le christianisme prend sa source dans le judaïsme, non dans la mythologie grecque.

Source: Probe Ministries

Lire aussi :

La prière : illusion psychique ? (1)

La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !
Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

Pour beaucoup, la religion en général et la prière en particulier sont simplement de l’autosuggestion. On se convainc que Dieu existe. On s’auto-persuade qu’il répond à nos prières. Mais on n’a aucune preuve qu’il existe en réalité. Aucune preuve que quelqu’un nous écoute là-haut !

Définition de l’autosuggestion

L’autosuggestion se définit simplement comme la persuasion que l’on exerce sur soi-même, consciemment ou non, sous l’influence d’une idée ou d’un désir insistant.1
Selon un psychologue, quand l’esprit accepte une idée comme vraie, si cette idée est rationnelle, elle tend à devenir réelle au moyen de processus inconscients.2
C’est l’effet placebo !

Le but de la suggestion

Le but de la suggestion, c’est toujours l’évasion. On cherche à échapper à une dure réalité. Comme l’écrivait Karl Marx, la religion est l’opium du peuple. Elle atténue les douleurs existentielles. La prière est l’accessoire parfait pour obtenir ces effets.

Cependant, le christianisme n’a rien d’un pétard pour calmer les bobos de la vie. Dans la Bible, être chrétien, c’est suivre Christ. C’est lui obéir, soumettre sa vie à la sienne. Les premiers disciples décrivent la vie chrétienne comme un chemin de croix (Matthieu 10.38, Marc 8.34, Luc 9.23, Luc 14.27). La croix n’est pas un bijou porté autour du cou. C’est un instrument de torture et de mort.

Les chrétiens du 1e siècle ont payé cher leur évasion. Pas de Club Med, pas de soirées cotillons et champagne à Ibiza mais « [ils] subirent les moqueries et le fouet, les chaines et la prison ; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités » (Hébreux 11.36-37)

Belle évasion en effet ! Quel paradis ! Ça fait rêver !

Une escroquerie, pas une évasion

La foi chrétienne n’est pas une évasion agréable à moins d’être masochistes. Elle ne semble pas correspondre à un désir de fuite. Plutôt, si la foi chrétienne était fausse, ce serait une escroquerie. Pas une évasion.

Certes, la foi peut procurer un apaisement profond qui découle de la connaissance de réalités glorieuses. Mais elle ne se présente pas comme un chemin de rêves et de bien-être personnel. Mieux vaut faire du yoga californien ou suivre la méthode Coué : « je vais bien, tout va bien ! ». Mais ce n’est pas l’expérience des premiers chrétiens !

Chrétiens = hystériques ?

D’après les psychologues et psychiatres, la personne, objet de la suggestion, présente une personnalité caractéristique. On observe l’autosuggestion généralement chez des personnes ayant des traits de personnalité hystériques. Elle est dominée par le besoin compulsif de plaire aux autres et se manifeste par une activité incessante, la tendance à dramatiser et à exagérer, la nécessité de séduire et de conquérir, que ce soit au niveau social ou sexuel, et une dépendance immature et peu réaliste aux autres personnes. L’hystérique, par ses comédies, ses mensonges et ses fabulations, ne cesse de falsifier ses relations avec autrui ; il s’offre toujours en spectacle puisque son existence est, à ses yeux propres, une série discontinue de scènes et d’aventures imaginaires.3

Soit les chrétiens sont hystériques, soit la foi chrétienne n’est pas une forme d’autosuggestion. Personne n’oserait affirmer que tous les chrétiens sont hystériques. La foi n’est donc pas le résultat d’une autosuggestion.

Un calmant ou un changement de vie ?

L’autosuggestion a plus l’effet d’un calmant que celle d’un changement de vie !

D’après le même psychologue, la suggestion se caractérise par la fugacité de ses effets. Ils ont un caractère transitoire et le problème que l’on prétendait éliminer réapparaît peu après. Cela rappelle l’action d’un calmant. L’action analgésique passée, la douleur réapparait exactement comme elle était auparavant. La suggestion soulage un symptôme mais ne change pas la vie !4

La foi chrétienne révolutionne l’existence ! Les effets de la foi ne sont pas transitoires, ils ont un caractère permanent. Elle produit des changements visibles. Par son Saint Esprit, Dieu nous donne le moyen de traiter non pas des symptômes mais des problèmes profonds.

La prière n’a rien à voir avec l’autosuggestion

Prier, c’est-à-dire parler à Dieu, transforme durablement l’être. Pourquoi ? Parce que Dieu agit dans la personne du chrétien et la transforme radicalement. Contrairement à l’autosuggestion, les effets ne sont pas forcément spectaculaires. Mais les changements sont profonds et durables dans la mesure où Dieu travaille au plus profond de l’âme humaine.

à suivre …


1- http://www.cnrtl.fr/definition/autosuggestion
2- Pablo Martinez, Redécouvrir la prière, p. 193
3- Ibid., p. 194
4- Ibid., p. 196

Lire aussi :

3 visions du monde dominantes en Occident

© Copyright Philip A. Pecorino 2000

Tout le monde possède une vision du monde. Tout le monde.

 

Qu’est-ce qu’une vision du monde ? C’est l’ensemble des croyances d’une personne au sujet de la réalité.

Une vision du monde est un ensemble de présupposés admis par une personne (consciemment ou inconsciemment) au sujet de l’origine du monde, de l’identité et du sens de la vie.

Selon le philosophe J.P. Moreland, 3 visions du monde dominent la sphère des débats dans notre culture aujourd’hui.1

Quelles sont ces trois visions du monde dominantes ?
 

1- Le christianisme historique

 
Selon cette vision du monde, un Dieu unique est réel ; il nous a créé à son image de telle sorte que nous obéissons tous à une loi morale réelle. Tous les peuples obéissent à cette loi morale : « aimer son prochain » est fondamentalement bon, tandis que le viol et le meurtre sont fondamentalement mauvais.

De plus, nous pouvons connaître personnellement ce Dieu unique par la foi en Jésus-Christ en seul.

Deux autres visions entrent en conflit avec le christianisme historique :
 

2- Le naturalisme scientifique

 
Selon cette vision du monde, toutes choses peuvent être expliquées par un processus physique. Seul le monde physique est réel. Il n’y a rien au-delà. Nous sommes juste un cerveau et tout ce que nous faisons est le fruit de notre code génétique et de notre environnement.

De plus, la science est le seul moyen de connaître la vérité. Si on ne peut pas mesurer quelque chose dans un laboratoire ou utiliser la science pour prouver quelque chose, on ne peut être sûr de rien. Ainsi, on peut être sûr que le paracétamol soignera tes maux de tête. Mais on ne peut pas prouver que Dieu existe.
 

3- Le relativisme postmoderne

 
« Il n’y a pas de vérité absolue, l’important c’est que ça marche pour toi ! » Selon cette vue, la vérité et la réalité sont relatives à soi-même ou la communauté à laquelle on appartient. Aucune perspective n’est meilleure qu’une autre. C’est même mauvais quand une perspective déclare être meilleure que les autres.

De plus, les mots ne signifient rien. Chacun décide de la signification d’un mot. Cet article parle de « vision du monde » mais peut-être pour quelqu’un cela parle de « comment gagner à la loterie » …

Ces trois visions du monde dominent les débats en Occident. De quelle vision du monde vous sentez-vous proche ou quelle est votre « vision du monde » ? Pourquoi ?


1- à la base, son étude se réfère au contexte américain. Pour l’Europe, j’aurai probablement ajouté l’Islam.

Lire aussi :

Avoir la foi en France…

Thierry Bizot, un producteur d’émission télé, raconte son parcours spirituel sur Europe 1.

Lire aussi :

Evaluation des religions orientales

Beaucoup de personnes croient qu’au commencement le monde était parfait. Une grande majorité de l’humanité tombe d’accord sur le fait que quelque chose de terriblement mauvais est arrivé, qui fait que le monde n’existe plus dans l’état parfait dont il jouissait auparavant. Nous sommes par conséquent dans le besoin d’avoir une représentation exacte englobant : ce qui arriva de mauvais dans le monde et comment remédier au problème. Les enseignements des religions orientales disent que le monde sera restauré dans son état de perfection à travers une parfaite unité. De ce fait, la base des religions orientales est le concept qui énonce que « tout n’est qu’un ».

Cependant, la solution au problème du monde, révélée dans les Ecritures, est que Dieu lui-même, entre dans la création, et en devient une partie intégrante. Le salut devient possible à cause de la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus Christ.

1. Introduction


Les trois cercles représentent les trois principales visions absolues du monde. Nous verrons que la deuxième de ces visions du monde aboutit logiquement à la première, nous laissant avec seulement deux visions du monde, qui sont effectivement viables.
Une catégorie absolue, est assez générale pour que tous les aspects particuliers s’y retrouvent. Donc ces trois cercles sont supposés englober tous les aspects de la vie, car ce sont des absolus.

2. Une vérité absolue

En tant que chrétien nous croyons qu’il y a une vérité et que c’est Dieu qui nous l’a révélée, et que la Bible – et rien que la Bible – en est l’exacte révélation. Les non-chrétiens trouvent ceci profondément offensant, en particulier ceux qui sont impliqués dans le courant New Age . Les croyants sont alors accusés d’arrogance parce qu’ils proclament qu’ils détiennent la vérité.

Ceux qui n’ont pas la foi présentent souvent la vérité comme silencieuse et passive, attendant d’être découverte. La Bible est en ferme opposition à ce concept. La première chose que nous savons de Dieu est qu’Il parle et que sa Parole est la vérité.

3. Ce que nous avons en commun

Par delà le monde les hommes ont des expériences très similaires. Chacun est conscient de sa propre existence et de la réalité autour de lui. La plupart des gens dans le monde – dans toute l’histoire du monde – ont cru qu’originellement la réalité était parfaite et que quelque chose de terrible s’est produit pour que ce ne soit plus parfait aujourd’hui.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une très longue discussion avec une personne pour s’apercevoir qu’il ou elle est convaincu(e) que quelque chose ne tourne pas rond dans le monde, et quelque soit cette chose, il faut y remédier. D’où la question : comment pouvons-nous avoir une représentation exacte – une vision du monde exacte – dans laquelle nous comprenons correctement l’état des choses ?

Les chrétiens reconnaîtront immédiatement que le christianisme répond à ce qui s’est mal passé dans le monde mais aussi comment le monde peut être racheté : Dieu a créé le monde et il était parfait, le monde parfait a été détruit par le péché. Nous sommes maintenant dans le besoin d’un nouveau ciel et d’une nouvelle terre.

Dans cette structure basique de la réalité et de l’histoire nous sommes en communion avec presque tout le reste du monde. Ceci est une expérience partagée que toute l’humanité a en commun.

4. Le Monisme

Le premier cercle est appelé monisme ou « un-isme ». En gros l’idée qui est la base de tout le mouvement New Age est que tout n’est qu’un. Cette idée est très attirante et puissante car si tout est un alors tout est dieu. Dans cette vision du monde, on croit trouver la paix et l’unité parfaite. Il n’y a aucun conflit ou controverse – je ne peux pas te détester quand je fais partie de toi.

La doctrine du karma et de la réincarnation de l’hindouisme et du bouddhisme est nécessaire pour soutenir cette doctrine de l’unité. L’illumination, c’est la réalisation de l’unité. Il y a un modèle simple selon cette vision du monde. A l’origine, tout n’était qu’un. Mais nous sommes entrés dans l’illusion de la diversité et des relations humaines et nous devons de ce fait être illuminés pour que l’unité originelle puisse revenir.

Dans le premier cercle ou tout n’est qu’un, la haine est mauvaise. Ceci nous va bien à nous les chrétiens ! Cependant, l’amour est aussi mauvais. Pourquoi cela ? Parce que « un » est tout ce qui a de bon. Deux est mauvais, trois est pire. Seul un est bon. Pour pouvoir être illuminé, on doit arrêter de détester – mais il ou elle doit arrêter d’aimer. Il faut cesser les relations. Les Bouddhiste ne parleront jamais de l’amour du Bouddha. Ils parleront plutôt de la compassion du Bouddha. « Compassion » est un désir de t’aider à aller vers l’unité. Mais l’amour est reconnaître qui vous êtes en tant qu’individualité propre, donc ce n’est pas toléré.

Le premier cercle me demande de rejeter mon expérience de moi-même et de la transcender. En revanche, la Bible me dit que je peux aller vers Jésus tel que je suis. Totalement : je vais vers lui avec mon corps, mon esprit, mes émotions, mon travail, ma créativité et ma personnalité. Je commence avec tout ce que je suis, et chaque aspect de mon être est sauvé par Jésus-Christ. Dans le premier cercle, on me demande d’abandonner mon corps, mon esprit, mon individualité et mes relations.

5. Le Dualisme

Le premier cercle possède une certaine logique. Les hommes regardent autour d’eux et voient une unité très puissante dans le monde. Il y a une terre, un ciel, un soleil, un cycle de saisons, par suite ils voient la puissance de son unité et pensent : « l’unité est bonne ! ». Dans le deuxième cercle, cependant, les hommes voient que le monde est constitué d’opposés. Il y a le chaud et le froid, le dur et le mou, le doux et l’amer, le male et la femelle, la bonté et la cruauté, la lumière et l’obscurité. La réalité que nous expérimentons, selon cette vision du monde, peut être vue en opposés. Ces personnes-là se disent que la réalité originelle était composée d’une série d’opposés parfaitement équilibrés. Les problèmes que nous vivons à présent sont induits par un déséquilibre. Par conséquent, la solution est de retrouver un équilibre.

En tant qu’absolu, il y a des inconvénients fondamentaux dans cette idée de dualisme. Certaines choses ne trouvent pas leur place dans ce cercle. Quel est l’opposé d’une rivière, de l’histoire, du temps ? Cette vision du monde est donc basée sur une idée qui ne marche pas parce qu’elle ne s’applique pas à tous les aspects de la vie.

Philosophiquement le deuxième cercle est le premier cercle. En effet, dès que le dualisme est absolument stable, absolument équilibré et absolument compréhensible, alors il est absolument statique. Statique, sans mouvement : dès qu’il n’y a plus de mouvement, il n’y a plus de relations d’opposition et cela nous ramène au premier cercle.
Donc, il nous reste deux cercles, l’un est vrai, l’autre est faux.

6. Le Trinitarianisme

Le troisième cercle est le trinitarianisme. Nous acquérons notre connaissance de la réalité de deux manières. La première est par la révélation : Dieu révèle le surnaturel en informations naturelles sur la réalité. Et notre observation de la réalité autour de nous confirme cette révélation. L’autre direction par laquelle nous acquérons notre connaissance est en commençant par l’observation de la réalité autour de nous puis en se dirigeant vers la révélation de Dieu pour confirmer et corriger notre observation.

Il est crucial de retenir les deux aspects, si nous n’avons que la révélation sans l’observation, nous finissons transcendantalistes et supernaturalistes, avec une compréhension très platonique de la réalité. Si nous avons l’observation mais non la révélation nous devenons naturaliste, humaniste et nous adhérons à la théologie naturelle. Nous sommes par conséquent isolés et ne détenons que la moitié de la réalité.

Le troisième cercle est Père, Fils et Saint Esprit. Quand nous regardons autour de nous, nous voyons une très forte unité comme celle que voient les personnes dans le premier cercle. Mais nous voyons aussi une très grande diversité. Dans le premier cercle, les individus décident que l’unité est vérité et que la diversité est mensonge. Nous voyons dans la révélation de Dieu, cependant, qu’en dehors de l’espace-temps, il y a un Dieu qui est trois personnes. Le Dieu de la Bible est parfaitement unifiée et parfaitement diversifié. Par conséquent, celui qui vit dans la vérité de la Parole perçoit l’unité comme bien et la diversité comme bien.

Dans le troisième cercle, la nature des relations, selon la réalité de Dieu, est complémentaire. Il n’y a pas de conflit entre la forme et la liberté : il y a complémentarité.

7. Conclusion

Dans le premier cercle, le problème est la diversité, le deuxième cercle le problème est le déséquilibre, dans le troisième cercle, la réalité parfaite est due à un autre centre d’attention.

La solution au problème du monde, comme le révèle l’Ecriture, est que Dieu lui-même entre dans la création et en devient partie intégrante. Parce qu’il est parfaitement homme et parfaitement Dieu, il a le pouvoir d’accomplir parfaitement quelque chose qui est totalement et complètement centré sur autre chose. Cela constitue la base et le pouvoir pour quiconque accepte et croit à cela de devenir une nouvelle personne et de naître de nouveau avec une nouvelle identité ayant un centre d’attention autre (la personne de Dieu). C’est le salut dans le troisième cercle. Ce quelque chose est la crucifixion. A cause de la crucifixion, cette action ayant un centre d’attention autre, la mort et couverte par la victoire. Nous avons le pouvoir de devenir enfant de Dieu et d’être complètement détourné de notre vie pécheresse centrée sur nous même vers une vie qui a un autre centre d’attention (la personne de Dieu).

D’après un article de Ellis Potter : Evaluating Eastern Religions

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (3)

A priori, tous les chemins conduisent au Père Lachaise.

Notre réflexion touche à la question du sens de la vie. La vie est un don exceptionnel qui nous est donné par Dieu. Cependant, en point de mire, ne l’oublions pas, nous avons une échéance : la mort.

Blaise Pascal écrivait :

Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi-même ; je suis dans une ignorance terrible de toutes choses ; je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle-même, et ne se connaît non plus que le reste.
Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’à un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m’enferment comme un atome comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour. Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir ; mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter. » [1]

Nul ne saurait éviter la mort. C’est la seule statistique à 100%. Pour certains, la mort est la source de nos angoisses les plus profondes. Pour d’autres, c’est aussi le moteur de notre réflexion sur le sens de la vie.
Jésus-Christ a lui-même été confronté à cette dure réalité. La Bible nous raconte sobrement comment Jésus a réagi en apprenant la mort de son ami Lazare : « Jésus pleura. » [2]. La mort ne laisse personne indifférent. Aucun philosophe n’a su clairement définir le pourquoi de la mort, la Bible affirme que c’est la conséquence de notre désir de vivre sans Dieu. Aucun penseur n’a su trouver un remède efficace face à celle-ci, Jésus-Christ affirme qu’il est la Vie, que celui qui croira en lui vivra, même s’il meurt, et celui qui vit et croit en lui ne mourra jamais[3].

Un ticket de métro offert [4].

Au commencement de toutes choses, la Parole existait déjà; celui qui est la Parole était avec Dieu, et il était Dieu. (…) Celui qui est la Parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous, plein de grâce et de vérité. Nous avons vu sa gloire, la gloire que le Fils unique reçoit du Père. » (Jean 1 :1-14).

Chose étonnante, le Dieu de Jésus-Christ est le Dieu qui s’affirme, qui ne se démontre pas, qui se révèle à l’homme : « Au commencement DIEU (…) » débute la Genèse, le premier livre de la Bible. Dans ce contexte, ce n’est pas l’homme qui va vers Dieu mais Dieu qui vient vers l’homme.

Reprenons l’affirmation peu banal de Jésus-Christ que l’on peut trouver dans l’Evangile selon Saint Jean : « Je suis le Chemin, Je suis la Vérité, Je suis la Vie. Personne ne peut aller au Père que par moi. » Imaginons un instant que nous devions prendre le métro parisien.
Les lignes de métro (1,2,3 …) symbolisent les religions et les philosophies, il y en a une grande quantité. En général, comment choisissez-vous votre itinéraire de métro ? Est-ce parce que le tracé paraît sympa ? A cause de la couleur de la ligne sur la carte ? Est-ce parce que tous vos amis prennent cette ligne et pas une autre ou bien parce que vos parents vous ont toujours dit de prendre celle là ? Ou peut-être la prenez-vous au hasard : vous verrez bien où celle-ci vous mène … En fait, il semble plus probable que vous choisissiez votre ligne en fonction de la destination ou bien parce qu’un guide touristique vous l’a conseillée.

Malheureusement, en matière de religion et de philosophie, la tendance est plus au test d’un concept plus qu’à la prise en considération de la destination : « Peu importe ce que tu crois, l’important c’est d’être sincère! » Alors que dans les paroles de Jésus, nous voyons clairement le but : aller au Père. La station finale de la ligne de métro « suivre Jésus à 100% » s’appelle « Père », celle qui met fin à toutes nos craintes quant au devenir de notre être après la mort. Les autres lignes conduisent à des impasses ou à des culs de sac intellectuels (cf. le relativisme) ou pire elles évitent soigneusement de considérer cette angoisse de la mort. La ligne « suivre Jésus à 100% » est la seule qui conduise au Créateur car le conducteur de la rame le connaît parfaitement puisqu’il est son Fils bien-aimé. Dieu dit lui-même : « Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » (Marc 1 :11). Alors que tous les autres chemins qui conduisent au salut sont en quelque sorte des voies où l’homme fait l’effort d’aller vers Dieu, la solution extraordinaire proposée par la Bible est celle du Fils qui nous conduit au Père.

Comment entrer dans la rame de métro ?

Nous l’avons vu, cette ligne est unique. Unique quant à son but : nous conduire au Créateur. Unique quant à son moyen : le Fils de Dieu propose de nous conduire lui-même vers ce but. Unique quant à son trajet : on ne peut pas emprunter la ligne bouddhiste pour embrayer sur la voie chrétienne. Unique aussi quant à son entrée : pour prendre place, nul besoin de payer, nul besoin d’accomplir des bonnes œuvres, de faire le bien autour de soi, de respecter des règles plus ou moins strictes de vies … L’entrée est libre et le ticket d’entrée offert.

Mais il faut bien que quelqu’un paye !

Ce ticket a déjà été payé.

Jésus-Christ a payé ton entrée pour que tu puisses enfin sortir de la bouche de métro pour accéder à la lumière du jour. L’entrée de la ligne est étroite (« Entrez par la porte étroite! Car large est la porte et facile le chemin qui mènent à la ruine; nombreux sont ceux qui passent par là. » Matthieu 7 :13), peu de personnes la voient (« Mais combien étroite est la porte et difficile le chemin qui mènent à la vie; peu nombreux sont ceux qui les trouvent. » Matthieu 7 :14), pour y accéder il faut être humble (« Je vous le déclare, c’est la vérité: celui qui ne reçoit pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne pourra jamais y entrer. » Marc 10 :15), et reconnaître son état lamentable devant Dieu (« En effet, quand nous étions encore incapables de nous en sortir, le Christ est mort pour les pécheurs au moment fixé par Dieu. » Romains 5 :6).

Tous les chemins conduisent au Père Lachaise mais Jésus-Christ permet le franchissement de l’obstacle de la mort pour nous conduire au-delà, dans la maison du Père.


[1] Pensées, n°335 éd. Pléiade
[2] Jean 11 :35
[3] Jean 11 :26
[4] Idée surprenante de Henri Bacher qui provient du site : Logoscom

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (2)

Pluralisme de fait et pluralisme idéologique

On me reproche souvent que d’annoncer l’exclusivité de Christ pour conduire l’homme à Dieu est une marque d’intolérance dans une société pluraliste. Certes, en affirmant la véracité d’une assertion vous excluez, par conséquent, son opposé. Or, il nous faut faire une distinction entre le pluralisme de fait – il y a plusieurs religions dans notre pays – et le pluralisme idéologique qui tend à disqualifier la Vérité au profit de « à chacun sa vérité ».

Le relativisme n’est pas un problème interne au christianisme. En effet, celui-ci est né dans le pluralisme religieux et aujourd’hui ce même pluralisme religieux réapparaît :

L’émergence du pluralisme religieux est davantage lié au déclin de l’idée de connaissance universelle prônée par le Siècle des Lumières qu’à des difficultés internes au christianisme. Or on assiste à une tentative de détourner l’attention du public de l’échec de la vision du monde véhiculée par le Siècle des Lumières pour lui faire croire que le pluralisme religieux représente une nouveauté, un défi incontestable lancé au christianisme lui-même. [1]

La notion même de religion est très difficile à définir. La définition sera forcément très imprégnée d’une culture à l’autre, et on note une volonté affichée de vouloir réduire toutes les religions au même phénomène de base.
Dans une société pluriculturelle de fait, il serait préférable de croire que toutes les religions se valent et donnent une interprétation du sens de la vie : « Toutes les religions mènent à Dieu ! » Mais comment concilier cette déclaration avec le fait que des religions se veulent explicitement athées (exemple : le bouddhisme dans sa forme originale) ? C’est proprement absurde et aucune religion n’accepte ce nivellement.

Observez ces deux séries de trois assertions :

Trois vérités Theravada Bouddhistes :
- Bouddha seul est la révélation suprême de la réalité spirituelle
- Bouddha enseigne que la foi en Dieu ou dans les dieux n’est pas importante pour une libération spirituelle et qu’elle est probablement nuisible
- L’enseignement de Bouddha devrait être suivi par tous

Trois vérités chrétiennes :

- Christ seul est la révélation suprême de la réalité spirituelle
- Christ enseignait que la foi engagée en Dieu est essentielle pour une libération spirituelle
- L’enseignement de Christ devrait être suivi par tous (d’après Dr Douglas Groothuis : Some problems with pragmatism)

Les trouvez-vous compatibles ?

Si j’étais né …

« Si j’étais né en Arabie saoudite, je serais sûrement musulman ! » Sur la base de cette observation, les religions seraient toutes des chemins valables qui mènent à la vérité. La vérité serait alors fonction de la naissance. Selon vous, la proposition « des peuples différents ont des religions différentes » implique-t-elle forcement la proposition « donc toutes les religions se valent » ? Aucune discipline intellectuelle n’accepterait une approche de la vérité aussi superficielle. Pourquoi l’acceptons-nous dès qu’il s’agit de religions ? [2]

Le supermarché religieux

Aujourd’hui, beaucoup de personnes affirment qu’elles croient en « dieu ». Mais il est intéressant d’entendre ce que chacun met derrière le vocable « dieu ». « Je vais étudier toutes les religions et piocher ce qui me semble être vraie dans chacune d’entre elle. » me disait récemment une amie. On ne peut s’empêcher de songer à des caddies au supermarché [3] : chacun met ce qui veut derrière le mot « dieu ». Ainsi, vous n’aurez jamais deux définitions identiques tout comme vous n’aurez jamais deux caddies identiques au passage à la caisse.

Le souci de cette approche de la vérité, c’est qu’elle prend racine dans le libéralisme occidental, et qu’elle est fondamentalement rejetée par d’autres (les orientaux notamment).

Steve Turner ironise à ce sujet dans son poème satyrique Creed (Credo de l’homme postmoderne) :

Nous croyons que toutes les religions
Sont fondamentalement semblables,
En tout cas celle que nous avons lue l’était.
Elles enseignent toutes l’amour et la bonté.
Elles ne diffèrent qu’à propos de la création,
Du péché, du ciel, de l’enfer, de Dieu et du salut. [4]

Le problème de l’homme quand il tente de s’approcher de Dieu c’est qu’il se heurte à un mur. Nous le voyons, à ce stade, il est bien difficile de se faire une idée de qui est Dieu. C’est pourtant le but de notre recherche en tant que croyant. Si les religions présentent toutes des divergences sur le nombre, la nature et les attributs des divinités, la foi chrétienne insiste sur la nécessité d’adorer un Dieu qui a décidé de se révéler lui-même.

Accéder à la partie 3
Accéder à la partie 1


[1] Alister McGrath, Jeter des ponts, Québec, éditions La Clairière, p 144
[2] Alister McGrath, Jeter des ponts, Québec, éditions La Clairière, p146
[3] Comme l’illustre Ulrich Parzany, A la recherche du Dieu d’amour, Paris, 7 ICI éditions, p14
[4] Steve Turner, biographe et journaliste, Creed, cité d’après L’homme peut-il vivre sans Dieu ?, Ravi Zacharias, Marne-la-Vallée, éditions Farel, p 40

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (1)

« Nous avons tous le même Dieu, peu importe notre religion, toutes mènent à Lui. »

Je n’ai jamais entendu un chrétien (celui qui base son espérance sur l’œuvre de Jésus-Christ et qui applique ses enseignements) affirmer que toutes les religions se valent et conduisent à Dieu, car le chrétien croit que seule la foi en Jésus-Christ mène à Dieu.

Si vous pensez que toutes les religions mènent à Dieu alors vous contredisez celui qui déclare : « Je suis le Chemin, Je suis la Vérité, Je suis la Vie. Personne ne peut aller au Père (à Dieu) que par moi. » (Jean 14 :6) De ce fait, visiblement, le christianisme entre en contradiction avec votre conception religieuse d’où il ne peut qu’être faux. Par suite, vous êtes obligés de revoir votre première idée, qui ne peut devenir que celle-ci : « toutes les religions mènent à Dieu sauf le christianisme qui est un mensonge. » Par conséquent, toutes les religions ne mènent pas à Dieu et votre affirmation est ainsi entachée d’erreur. Comprenez-vous cette méprise ? Pour un commerçant qui ferait la même erreur, ce serait comme s’il annonçait à l’entrée de son magasin qu’il est ouvert sept jours sur sept sauf le dimanche.

Mais ? … C’est juste vrai pour toi, mais pas pour moi !

A la question de Ponce Pilate « qu’est-ce que la vérité ? » qui suppose que chacun décide ce qu’est la vérité pour lui, Jésus répond qu’il est la vérité absolue (pour-tout-le-monde) et non juste-pour-moi.

Quelles réponses pourrait apporter une personne réfléchie à ces remarques ?

- Si ma croyance est seulement vraie pour moi, par conséquent pourquoi votre croyance n’est-elle pas seulement vraie pour vous ? N’êtes-vous pas entrain de me dire que vous voulez que je croie la même chose que vous ?

- Vous dites qu’il n’y a aucune vérité absolue pour tout le monde, mais vous voulez que tout le monde croie qu’il n’y ait aucune vérité absolue pour tout le monde.

- Vous êtes entrain de faire une déclaration universelle que le relativisme est la vérité absolue et que l’absolutisme est faux. Vous ne pouvez pas dire dans le même souffle « rien n’est universellement vrai » et « mon point de vue est universellement vrai. »

- Le relativisme est contradictoire : il réclame une position qui est absolument vraie – relativisme ! En clair, vous refusez de vous appliquez votre point de vue.

En conclusion, le relativisme est logiquement intenable.

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Cet article est en partie une traduction libre et partielle de Paul Copan, ‘True for You, But Not for Me’

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