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La prière : illusion psychique ? (3)

La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !

Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

C’est le dernier article de la série. Vous pouvez retrouver les deux premiers en cliquant sur les liens suivants : 1 et 2.

La prière : une illusion infantile ?

La troisième objection à la prière trouve son origine dans la psychanalyse freudienne. Elle se détache du matérialisme ambiant du XXe siècle par son insistance sur l’introspection et d’autres facettes de l’âme humaine. La psychanalyse soutient que la prière naît du besoin d’entrer en relation avec le père idéal. Elle n’est qu’une illusion; fruit de ce besoin. Les croyances religieuses sont seulement la réalisation des désirs intérieurs.

Les incohérences freudiennes

Si l’hypothèse de Freud est vraie, quelles sont les conséquences ?

Le psychiatre Pablo Martinez démontre les incohérences de la théorie freudienne. Si la foi en Dieu n’est qu’un reste infantile; une parcelle de la personnalité qui n’a pas mûri suffisamment chez l’adulte nous constaterions par déduction logique les phénomènes suivants :

A. Aucune personne émotionnellement mûre ne croirait en Dieu.

B. Toute personne au psychique immature croirait en Dieu.

C. Au fur et à mesure qu’une personne mûrirait psychologiquement, elle passerait d’une étape religieuse à une étape athée.

D. L’enfant qui a déjà l’image d’un père ne devrait pas être religieux parce qu’il n’a pas besoin de substituts.

Telles seraient les conséquences logiques de l’hypothèse de Freud. Pourtant, nous savons qu’aucune de ces affirmations n’est vraie. Au contraire, nous voyons fréquemment ceci :

A. Beaucoup de personnes au psychique stable; en pleine maturité émotionnelle; professent leur foi en Dieu.

B. Beaucoup de personnes présentant clairement des symptômes d’immaturité et d’instabilité psychiqe sont agnostiques ou athées.

C. La croissance psychologique d’une personne s’accompagne souvent d’une foi croissante ou pour le moins d’une grande ouverture aux réalités spirituelles.

D. Les enfants sont, en général, très religieux. Même avec un père aimant et proche, beaucoup d’enfants sont très croyants.

Il continue en citant Staline et Rousseau comme exemple de personnes se disant ouvertement athée et présentant des symptômes de déséquilibre psychique notoire.

L’ironie freudienne

Il est étonnant de constater qu’une grande partie du système freudien emprunte ses idées à la mythologie et à la pensée religieuse. Ses théories représentent toute une théologie. La plupart de ses concepts de base ne dérivent pas d’expériences objectives et d’évidences cliniques, mais sont principalement une spéculation idéologique. Ce que Freud critique ! L’arroseur est arrosé. Il ne reste plus qu’à éteindre la lumière.

La prière est-elle une illusion psychique ? La psychanalyse est dans l’impossibilité de trancher. Laissons le mot de la fin au spécialiste: « Nous acceptons le fait que les théories de la psychanalyse orthodoxe aient des choses importantes à nous apprendre en ce qui concerne les motifs pour lesquels l’homme croit en Dieu. Mais il ne peut jamais nier ou confirmer la réalité de Dieu ou la validité de la foi (…) Que la foi chrétienne soit vraie ou non se décide en dernier lieu à la lumière des évidences historiques et non sur la base d’origine refoulées. Jésus a existé il y a deux mille ans et il est ressuscité des morts après avoir été crucifié. Cette information est vraie indépendamment de la psycho-dynamique de celui qui la croit ou la refuse. » 1


1- Pablo Martinez; Redécouvrir la prière, p.207

Lire aussi :

La prière : illusion psychique ? (2)

La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !

Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

La prière est-elle une réponse conditionnée ? Cette objection vient d’une école de psychologie structurée, le comportementalisme.1

Définition du comportementalisme

Selon cette école, la foi et la prière ne sont rien de plus que la mise en marche de certaines zones du cerveau équipées biologiquement pour exercer des fonctions supérieures.

La pensée religieuse, comme la joie, l’agressivité ou la peur, n’est qu’une fonction du cerveau. Ces fonctions cérébrales sont mises en marche par la présence de certains stimulants, dans ce cas de type religieux, qui produisent une série de réactions biochimiques. Si tu pries, c’est parce que ton cerveau te le commande.

3 points pour résumer le comportementalisme

1- Déterminisme extrême : nous sommes le produit de notre conditionnement génétique et des facteurs environnants. Ces stimulants, internes et externes, déterminent le comportement en provoquant des réactions invariables et prédéterminées. Ce sont les réflexes conditionnés.

2- Matérialisme : l’homme est simplement un animal plus évolué. En quelque sorte, un singe habillé.

3- Aucune métaphysique : l’introspection et les phénomènes qui s’y rapportent sont proscrits.

La prière = pulsion religieuse de l’animal le plus développé

La prière ne serait que l’expression élaborée d’un instinct sophistiqué. Elle n’est qu’une émotion très complexe qui aurait été perfectionnée.
La prière serait, d’une part, instinctive et, d’autre part, perfectionnée par les hommes.

Confusion entre le pourquoi et le comment

Comment répondre à ce point de vue ? Pablo Martinez illustre sa réponse de la façon suivante : quand un jeune homme est amoureux, une série de changements biochimiques se produisent dans son cerveau. L’adrénaline augmente des endorphines se libèrent etc. … Une analyse appropriée effectuée en laboratoire nous fournirait des preuves expérimentales évidentes de ces changements. Mais personne n’oserait dire que cet homme est amoureux parce que ces endorphines ont augmenté ! Le processus neurobiologiques n’enlèvent rien à la réalité de son amour et ne peuvent nier ou affirmer qu’il est amoureux. Encore moins, nous parlent-ils de l’existence ou de la valeur de sa fiancée !

Pourquoi ?

La description expérimentale d’un phénomène ne peut pas nier ce phénomène ni prouver quoi que ce soit quant à sa véracité. Elle décrit simplement un mécanisme. Mais les mécanismes ne révèlent jamais le « pourquoi » mais simplement le « comment ».

De même, on ne peut pas réduire la prière à un simple échange moléculaire. Certes, c’est cela mais pas seulement.
La prière peut être apprise et perfectionnée mais elle n’est pas que cela.
La science ne peut pas affirmer des choses sur le plan métaphysiques. Tout simplement, parce qu’elle traite de la physique et non de ce qui est au-delà (méta-) physique.

Conclusion : la prière n’est pas une simple réponse conditionnée

Dire que la prière n’est que le produit d’un instinct perfectionné porte un nom. C’est le réductionnisme. Et c’est une croyance puisque cela ne peut pas être démontré.
La science et la psychologie comportementaliste peuvent nous informer sur le comment mais elles ne sauraient disqualifiés le pourquoi.


1- D’après Pablo Martinez, Redécouvrir la prière, p. 197

Lire aussi :

La prière : illusion psychique ? (1)

La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !
Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

Pour beaucoup, la religion en général et la prière en particulier sont simplement de l’autosuggestion. On se convainc que Dieu existe. On s’auto-persuade qu’il répond à nos prières. Mais on n’a aucune preuve qu’il existe en réalité. Aucune preuve que quelqu’un nous écoute là-haut !

Définition de l’autosuggestion

L’autosuggestion se définit simplement comme la persuasion que l’on exerce sur soi-même, consciemment ou non, sous l’influence d’une idée ou d’un désir insistant.1
Selon un psychologue, quand l’esprit accepte une idée comme vraie, si cette idée est rationnelle, elle tend à devenir réelle au moyen de processus inconscients.2
C’est l’effet placebo !

Le but de la suggestion

Le but de la suggestion, c’est toujours l’évasion. On cherche à échapper à une dure réalité. Comme l’écrivait Karl Marx, la religion est l’opium du peuple. Elle atténue les douleurs existentielles. La prière est l’accessoire parfait pour obtenir ces effets.

Cependant, le christianisme n’a rien d’un pétard pour calmer les bobos de la vie. Dans la Bible, être chrétien, c’est suivre Christ. C’est lui obéir, soumettre sa vie à la sienne. Les premiers disciples décrivent la vie chrétienne comme un chemin de croix (Matthieu 10.38, Marc 8.34, Luc 9.23, Luc 14.27). La croix n’est pas un bijou porté autour du cou. C’est un instrument de torture et de mort.

Les chrétiens du 1e siècle ont payé cher leur évasion. Pas de Club Med, pas de soirées cotillons et champagne à Ibiza mais « [ils] subirent les moqueries et le fouet, les chaines et la prison ; ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités » (Hébreux 11.36-37)

Belle évasion en effet ! Quel paradis ! Ça fait rêver !

Une escroquerie, pas une évasion

La foi chrétienne n’est pas une évasion agréable à moins d’être masochistes. Elle ne semble pas correspondre à un désir de fuite. Plutôt, si la foi chrétienne était fausse, ce serait une escroquerie. Pas une évasion.

Certes, la foi peut procurer un apaisement profond qui découle de la connaissance de réalités glorieuses. Mais elle ne se présente pas comme un chemin de rêves et de bien-être personnel. Mieux vaut faire du yoga californien ou suivre la méthode Coué : « je vais bien, tout va bien ! ». Mais ce n’est pas l’expérience des premiers chrétiens !

Chrétiens = hystériques ?

D’après les psychologues et psychiatres, la personne, objet de la suggestion, présente une personnalité caractéristique. On observe l’autosuggestion généralement chez des personnes ayant des traits de personnalité hystériques. Elle est dominée par le besoin compulsif de plaire aux autres et se manifeste par une activité incessante, la tendance à dramatiser et à exagérer, la nécessité de séduire et de conquérir, que ce soit au niveau social ou sexuel, et une dépendance immature et peu réaliste aux autres personnes. L’hystérique, par ses comédies, ses mensonges et ses fabulations, ne cesse de falsifier ses relations avec autrui ; il s’offre toujours en spectacle puisque son existence est, à ses yeux propres, une série discontinue de scènes et d’aventures imaginaires.3

Soit les chrétiens sont hystériques, soit la foi chrétienne n’est pas une forme d’autosuggestion. Personne n’oserait affirmer que tous les chrétiens sont hystériques. La foi n’est donc pas le résultat d’une autosuggestion.

Un calmant ou un changement de vie ?

L’autosuggestion a plus l’effet d’un calmant que celle d’un changement de vie !

D’après le même psychologue, la suggestion se caractérise par la fugacité de ses effets. Ils ont un caractère transitoire et le problème que l’on prétendait éliminer réapparaît peu après. Cela rappelle l’action d’un calmant. L’action analgésique passée, la douleur réapparait exactement comme elle était auparavant. La suggestion soulage un symptôme mais ne change pas la vie !4

La foi chrétienne révolutionne l’existence ! Les effets de la foi ne sont pas transitoires, ils ont un caractère permanent. Elle produit des changements visibles. Par son Saint Esprit, Dieu nous donne le moyen de traiter non pas des symptômes mais des problèmes profonds.

La prière n’a rien à voir avec l’autosuggestion

Prier, c’est-à-dire parler à Dieu, transforme durablement l’être. Pourquoi ? Parce que Dieu agit dans la personne du chrétien et la transforme radicalement. Contrairement à l’autosuggestion, les effets ne sont pas forcément spectaculaires. Mais les changements sont profonds et durables dans la mesure où Dieu travaille au plus profond de l’âme humaine.

à suivre …


1- http://www.cnrtl.fr/definition/autosuggestion
2- Pablo Martinez, Redécouvrir la prière, p. 193
3- Ibid., p. 194
4- Ibid., p. 196

Lire aussi :

Les frères Bodganoff sur BFM TV

Il est intéressant de voir que le débat sur les origines est entrain de prendre de l’ampleur en France. Dans cette vidéo, les frères Bogdanoff défendent la thèse originale de leur livre: Le visage de dieu.

Qu’en pensez-vous ?


Invités : Igor er Grichka Bogdanoff
envoyé par BFMTV. – L'info video en direct.

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La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (3)

Il existe 5 choses que la science ne peut pas prouver mais qui sont admises raisonnablement !

Un des grands mythes de ce siècle est que la science peut tout expliquer, tout démontrer et tout prouver. La science serait le meilleur moyen de connaître la vérité. Cependant, voici une liste de 5 choses qu’on ne peut pas prouver scientifiquement mais qu’aucun individu raisonnable ne remet en question.

1. La logique et les mathématiques ne peuvent pas être prouvées par la science. La science présuppose tout simplement leur existence. Essayer de prouver, par la science, la logique et les mathématiques, ce serait argumenter en cercle.

2. La vérité métaphysique selon laquelle il existe d’autres personnes autour de moi autre que moi, ou bien, que le monde extérieur est bien réel ne peut pas non plus être démontrée scientifiquement. À ce sujet, on raconte l’anecdote suivante. En classe de philosophie, un élève demande au professeur : « Monsieur, est-ce que j’existe ? » Le professeur interroge : « Qui m’a posé cette question ? » « C’est moi ! » répond l’élève. Le questionnement présuppose l’existence du sujet. Mais on ne peut pas le démontrer scientifiquement.

3. Les croyances éthiques échappent aussi à la science :
vous ne pouvez pas prouver par la science si les camps d’extermination à Auschwitz étaient l’expression du mal absolu ou si les actions pacifistes de Matmatah Gandhi étaient bonnes. Le bien et le mal sont des choses que nous admettons tout simplement.

4. Les jugements esthétiques ne sont pas non plus accessibles par la science. Ce qui est beau et esthétique ne peut être prouvé par la science. Aucun raisonnement scientifique ne pourra jamais démontré pourquoi la Joconde de Léonard de Vinci est une œuvre d’art et pourquoi le dessin que j’ai fait à 5 ans ne le sera jamais.

5. Enfin, de façon tout à fait remarquable, la science ne peut pas justifier la science elle-même.
La science repose sur un certain nombre d’axiomes qui ne sont pas pouvables comme la reproductibilité d’événements dans le temps : ce qui s’est passé dans le passé à un moment se reproduira dans le futur (dans les mêmes conditions). Ce n’est pas rien ! La science elle-même est donc assujettie à des « choses » qu’elle ne peut pas prouver.

Par conséquent, il y a un certain nombre de choses que nous admettons sans jamais pouvoir le démontrer scientifiquement. Le mythe que la science peut tout prouver, tout expliquer, tout démontrer est donc bel est bien une fable ! Devrions-nous abandonner la science ? Je ne crois pas. Nous avons de bonnes raisons de penser que la science explique bien le monde tel qu’il est vraiment. La correspondance entre le monde réel et les modèles scientifiques nous donnent une bonne indication de la justesse de la science. Croire en la science n’est pas irrationnel.
De même, l’existence de Dieu ne peut pas être prouvée scientifiquement. Cependant, admettre son existence permet d’expliquer la réalité telle qu’elle est vraiment dans toute sa richesse et sa complexité. L’existence de Dieu donne du sens à la réalité que nous observons. Croire en Dieu n’est pas irrationnel.

Lire aussi :

Pourquoi le débat Création/Evolution est un terrain miné

Certains sujets de conversation semblent être à éviter si on souhaite avoir une discussion paisible. Qui n’a pas assisté ou pris part à un débat passionné sur des sujets comme « Si Dieu existe, pourquoi le mal? », « La science n’a-t-elle pas mis Dieu au placard? »… Le débat entre Création et Evolution fait partie de ces sujets brûlants. Il suffit de voir les couvertures de livres ou de magazines qui sortent fréquemment sur ce thème pour se rendre compte que 150 ans après la publication de l’Origine des espèces de Charles Darwin, la question fait encore couler énormément d’encre. Le Nouvel Observateur daté du Jeudi 22 janvier 2009 titrait sa Une « Dieu contre la science », et le Hors-Série de Scientific American de janvier 2009, « The Evolution of evolution », consacre un article aux «derniers tours des créationnistes ».

Comme c’est souvent le cas dans ce genre de débat, ce sont les positions les plus extrêmes qui parlent le plus fort et qu’on entend le plus. On a d’un côté le militantisme athée (avec comme chef de file Richard Dawkins dont nous avons longuement parlé dans la série Pour en finir avec Dieu) qui se sert de la théorie de l’évolution comme argument contre l’existence de Dieu en affirmant que la théorie est intrinsèquement athée. De l’autre côté, les croyants fervents pour qui la théorie de l’évolution est incompatible avec leur foi car elle ne laisse pas la place à leur croyance en un Dieu Créateur.

Afin d’éviter des incompréhensions, il nous semble primordial de définir les termes « Création » et « Evolution ». Combien de fois, lorsque le sujet est soulevé, nous entendons dire, d’un côté comme de l’autre, « Mais la question ne se pose même pas! ». Essayons de comprendre ce que les biologistes veulent dire quand ils parlent d’évolution et ce que les croyants entendent par création, ainsi le débat sera peut-être plus constructif.
Par l’utilisation contemporaine du terme « évolution », les biologistes font référence à un processus résultant en des changements héritables dans une population, répartis sur de nombreuses générations. Ces changements surviennent par l’intermédiaire des mutations génétiques.
Dans le cadre biblique, le terme « création » ne se réfère pas à un mécanisme particulier d’explication des origines de la diversité biologique, mais à la relation entre Dieu et tout ce qui existe.
Si on s’en tient à ces définitions, Création – en tant que terme théologique exprimant la relation créative immanente et continue de Dieu avec l’univers tout entier – et Evolution – en tant que théorie scientifique expliquant la diversité biologique – ne sont pas incompatibles.
Si on accepte ces définitions, on se rend compte que le fait de formuler le débat par la question « Création ou Evolution » constitue ce qu’on appelle en philosophie une erreur de catégorie. On ne peut débattre correctement si dès la formulation de la question, on mélange deux « niveaux », à savoir une théorie scientifique et une croyance.

Malheureusement, ces deux termes traînent derrière eux un très lourd bagage idéologique.
Les mots étant définis par l’usage qu’on en fait, les termes « création » et « créationniste » sont aujourd’hui devenus attachés aux personnes qui rejettent en bloc la théorie de l’évolution, conception largement véhiculée par les médias.
Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution en l’accusant d’être à l’origine d’idéologies telles le capitalisme, le communisme et le racisme, en particulier à travers la notion de « survie du plus apte ». Il est important de souligner que ce concept a été développé par Herbert Spencer qui a popularisé la théorie à la fin du XIXème en affirmant qu’elle représentait non seulement une théorie scientifique mais également une grande philosophie pour l’ensemble de la vie, de l’histoire et du progrès humain.

Il est intéressant de noter que la théorie fut assez facilement adoptée par les penseurs chrétiens lors de la publication de l’Origine des espèces. Asa Gray par exemple, Professeur d’Histoire Naturelle à Harvard et presbytérien orthodoxe, confident de longue date de Darwin, fit une critique très positive du livre et arrangea sa publication aux Etats-Unis en 1860. En contraste, un récent sondage révèle que presque la moitié des américains ne croit pas en la théorie de l’évolution.

Certains scientifiques considèrent qu’il est irrationnel de croire en l’existence d’un Dieu Créateur, et que les découvertes scientifiques sont incompatibles avec le récit de la Création biblique. Mais la Bible n’est pas un manuel scientifique. La littérature scientifique telle qu’on la trouve actuellement dans les revues scientifiques spécialisées est relativement récente. La Bible a beaucoup à nous dire sur le sens de la Création, pas sur les mécanismes de la création. Le livre de la Genèse apporte des réponses à des questions sur le « pour-quoi », non sur le « comment ». Il nous présente un Dieu puissant, Créateur et plein de grâce. Il nous dévoile aussi dans quel monde nous vivons, ce que signifie être humain. Surtout, il nous révèle que toute la création a besoin d’un Rédempteur. Le message essentiel de la Bible est en effet que Jésus-Christ a accompli le sacrifice parfait qui seul pouvait renouer notre relation avec DIeu, relation ternie par le choix délibéré de l’Homme de vivre sans Dieu.

Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution parce qu’ils la considèrent trop matérialiste. Ils pensent qu’un chrétien honnête ne peut adopter la théorie sans remettre en question sa foi. Comme nous l’avons déjà mentionné, la théorie en elle-même n’est pas matérialiste, ce sont les extrapolations métaphysiques qui en ont été faites qui les sont. Le fait que les athées militants se servent de la théorie de l’évolution comme d’un argument contre l’existence de Dieu n’a fait que renforcer cette idée. Ces chrétiens ont du mal à comprendre comment un scientifique chrétien peut par exemple mener de la recherche en biologie sans laisser sa foi à l’entrée du laboratoire.
Un chrétien et un athée travaillant dans un laboratoire tenteront de comprendre le fonctionnement de leur objet de recherche. Le fait qu’ils soient athée ou croyant n’empêchera nullement qu’ils parviennent aux mêmes conclusions. Ce seront leurs interprétations métaphysiques qui seront différentes. Les deux pourront s’émerveiller à travers leurs recherches de la complexité de l’univers, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Le croyant peut s’émerveiller tout autant que l’athée (Dawkins par exemple prétend que la foi rend cet émerveillement impossible). A la différence du dernier, il croit que Dieu est à l’origine de ce qu’il observe. La foi en un Dieu Créateur ne rend pas moins intéressante la tâche de chercheur ! La science nous permet d’étudier et de comprendre comment fonctionne le monde que Dieu a créé.

En réponse à l’affirmation de certains scientifiques que la théorie de l’évolution élimine la possibilité d’un Dieu Créateur, des croyants ont voulu justement montrer que des processus particuliers ne peuvent s’expliquer par des mécanismes darwiniens, et qu’il faut alors invoquer un « Concepteur intelligent » pour expliquer ces mécanismes. C’est l’argument du « Dieu-des-trous » que l’on a pu rencontrer au cours des années sous différentes formes. Le problème de vouloir mettre Dieu là où la science ne peut (pas encore) expliquer certains phénomènes est que ces trous risquent tôt ou tard d’être comblés. En science, quand on parle des manques actuels dans les connaissances, l’attitude à avoir serait de « ne jamais dire jamais ». Cette idée est bien illustrée par le discours de Lord Kelvin à la British Association for the Advancement of Science en 1900, lorsqu’il affirma qu’ « il ne reste plus rien à découvrir en physique maintenant. Tout ce qu’il nous reste sont des mesures de plus en plus précises ». Quelques années plus tard, Albert Einstein révolutionnait le monde de la physique.
Nous croyons que Dieu est le Créateur de toutes choses, pas seulement de ce qu’on ne peut à priori pas expliquer scientifiquement.
Une autre phrase qu’on peut souvent entendre prononcée par des chrétiens est que « l’évolution n’est qu’une théorie ». Ici encore, il s’agit d’une mauvaise compréhension de la signification du terme « théorie ». Une théorie scientifique constitue au moment où elle est utilisée la meilleure explication des phénomènes naturels observés. Il ne s’agit pas d’une hypothèse farfelue, mais d’un cadre de travail au sein duquel les scientifiques peuvent mener leurs recherches.

Dans les milieux chrétiens, on entend souvent dire que le débat Création/Evolution est d’importance secondaire. Dans un sens c’est vrai, mais il faut savoir ce qu’on entend par Création/Evolution. S’il ne s’agit que d’un débat scientifique sur la manière dont la diversité biologique s’est développée au cours du temps, alors oui c’est un débat d’importance secondaire.
Mais nous pensons que le fond du débat se situe autre part. Si les athées et les croyants débattent aussi souvent sur le sujet, et que les athées se servent de la théorie pour montrer que Dieu n’existe pas, alors que les croyants refusent d’accepter la théorie parce qu’elle est trop matérialiste, il nous semble judicieux d’essayer de resituer le débat là ou il se situe vraiment.
Si le but du débat est de montrer que Dieu existe ou pas, pourquoi ne pas sortir du débat pseudo-scientifique, qui nous semble de toute façon sans fin, et le reformuler en débat entre théisme et matérialisme? Il nous semble que la vraie question qui repose au fond des discussions est plutôt « Dieu ou pas Dieu? » Cette question est, elle, d’importance primordiale. Si on croit que Dieu existe, ou même si on ne fait qu’envisager la possibilité de son existence, alors on peut croire qu’Il a créé l’univers. Et si c’est le cas, il peut l’avoir créé de la manière qu’Il voulait, que ce soit en six jours de vingt-quatres heures ou sur des périodes de temps beaucoup plus longues par des mécanismes évolutifs.

Lire aussi :

La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (2)

Selon certains, la foi est irrationnelle car elle ne requiert aucune justification rationnelle : « je crois parce que j’ai la foi ! »

Tout le monde est d’accord pour dire que la science est la forme la plus sûre de connaissance que nous possédions. Comment savons-nous que la formule chimique pour l’eau est H2O ? Comment connaissons-nous la structure de l’ADN ? La réponse est simple : c’est parce que les preuves scientifiques sont là pour nous le montrer.

La science permet effectivement de répondre à des questions essentielles comme celles à propos de la transmission de l’information génétique par exemple. Mais posons-nous la question suivante : « quel est le sens de la vie ? » qui est clairement une question essentielle que chacun se pose. Que répond la science ? Rien. Car elle ne divulgue aucun sens à la vie. Devrions-nous en conclure que la vie n’a pas de sens ?

Les limites de la science.

On distingue généralement les questions métaphysiques – qui traitent de ce qu’il y au-delà la nature – des questions physiques – ce qu’est la matière. La science possède un domaine immense où elle peut s’exercer mais elle est limitée au champ de la matière (de ce qui est du domaine du sensible).

C’est un point très important. La science ne peut pas prouver si Dieu existe ou non. Et pourtant, quand les non-croyants demandent une preuve de l’existence de Dieu, quelle sortes de preuves attendent-ils ? Croient-ils que toute affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement ? Si oui, alors la « preuve rationnelle » est la preuve scientifique dans cette logique. Or, Dieu, qui est transcendant, n’entre pas dans le champ de la science, la personne athée ne peut donc pas recevoir la réponse appropriée. Donc jusqu’ici Dieu n’existe pas.

Cependant, que remarque-t-on ? Le présupposé : « tout affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement » est contradictoire, car il ne peut pas être démontré scientifiquement. En d’autres termes, sa véracité ne peut être démontrée dans son propre système. C’est donc une position insoutenable pour quelqu’un de rationnel car le présupposé s’autodétruit.

Or, si nous pensons que Dieu a parlé et qu’Il s’est révélé dans la Bible, comme tout axiome nous ne pouvons le justifier, mais il est très logiquement valable. Ainsi, notre proposition pour sortir du scepticisme est de commencer avec la Bible, de commencer réellement avec la portion de l’esprit incorporel de Dieu qui a été verbalement révélé dans l’Ecriture.

Conclusion:

La science ne peut nous dire pourquoi nous sommes sur Terre. Quand viennent les questions du sens, du but, de l’éthique, la science est aveugle. Ce n’est pas une critique de la science, c’est simplement reconnaître et respecter ses limites.
Certains très bons scientifiques sont chrétiens parce qu’ils sont persuadés que leur foi chrétienne donne un sens au monde et qu’elle n’entre jamais en conflit avec leurs travaux scientifiques. La foi chrétienne est profondément satisfaisante intellectuellement.

Croire en Dieu n’est pas irrationnel, mais la foi possède sa propre et robuste rationalité. Elle représente un superbe chemin pour donner un sens au monde qui nous entoure. Dieu en est la meilleure explication. Nous ne pouvons prouver l’existence de Dieu, pas plus que les athées ne peuvent démontrer qu’Il n’existe pas. Mais, chrétiens ou athées, nous basons nos vies sur des croyances positives qui, nous le savons, ne peuvent pas être prouvées.


D’après une traduction libre et partielle de Is not science more rational than faith? de Alister McGrath

Lire aussi :

La théorie de l’évolution annule-t-elle Dieu ?

« Comment les chrétiens peuvent-ils encore croire que Dieu a créé l’homme alors que l’évolution montre très bien qu’on peut se passer de l’hypothèse d’un Dieu Créateur ? »

De nombreux scientifiques (parmi les plus célèbres Jacques Monod et Richard Dawkins) ont utilisé leur « autorité » pour répandre une vision du monde nihiliste, affirmant que l’Univers est sans but ni raison. Pour la plupart des personnes, la Science est devenue la « vérité », une « vérité » considérée comme étant la seule digne d’être réellement prise au sérieux. Cependant une étude plus poussée nous permet de comprendre que la « vérité scientifique » n’est rien de définitivement sûr.
Les personnes qui ont fait des études scientifiques emploient souvent leur connaissance de la théorie de l’évolution pour écarter l’hypothèse d’un Dieu Créateur tel qu’il est décrit dans la Genèse (le premier livre de la Bible). A côté l’athéisme, ou l’agnosticisme, semble plus raisonnable et plus logique. En revanche, les chrétiens sont évidemment tous des membres de l’ « Association des gens qui croient encore que la terre est plate », convaincus que Dieu a fait l’homme tel un enfant qui crée des petits personnages en pâte à modeler.
Cette description est-elle fondée ?

Portons un regard critique sur la théorie de l’évolution, sur ce qu’elle offre réellement. Les preuves en faveur d’une évolution de la faune et de la flore sont, à un certain degré seulement, plausibles ; on peut notamment penser à la sélection naturelle et son rôle d’éliminer les organismes qui sont mal adaptés pour un écosystème donné (micro-évolution).

Qu’en est-il de l’apparition de la vie sur Terre ?

Les scientifiques ont spéculé à ce sujet sur la base de la théorie de l’évolution et les hypothèses qui en résultent sont souvent présentées comme des faits ; mais de telles spéculations demeurent des conjectures et non des faits.

Un honnête homme armé de tout le savoir à notre portée aujourd’hui se devrait d’affirmer que l’origine de la vie paraît actuellement tenir du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour la mettre en œuvre. »

Sir Francis Crick, découvreur de l’ADN 1953, Nobel de chimie 1962, darwinien pendant de nombreuses années

Ainsi supposer qu’il n’y a pas de Dieu parce que nous pouvons ou nous pourrons tout expliquer sans Lui, c’est faire un grand saut dans le vide, un saut dans le vide injustifié ; c’est-à-dire que le choix de croire que Dieu n’existe pas ne repose pas sur des faits tangibles et avérés. En d’autres termes, le choix du paradigme sans Dieu est un choix purement irrationnel. Nous pouvons dire ici que les personnes qui ont fait le choix de ne pas croire en Dieu ont fait grand cas d’une théorie qui n’explique pas tout. Leur attitude relève du dogmatisme pur et simple.

Le but de Genèse 1

Le but de Genèse 1 n’est pas de faire un exposé scientifique de la création, loin de là ! Le premier livre de la Bible expose des vérités théologiques et vous ne pouvez guère exiger de lui qu’il vous expose de manière exhaustive des vérités scientifiques.
Ceci étant dit, quelles vérités cherchent à nous exposer le premier chapitre de la Genèse ? Nous pouvons mentionner trois choses essentielles qui ressortent de ce chapitre.

- Dieu est à l’initiative de toute la création et Dieu est la source de la vie : cette affirmation va en opposition des conceptions de beaucoup de scientifiques et de philosophes héritiers du scepticisme.

- La création est ordonnée : chaque espèce est distincte et il y avait un ordre dans le développement de la création.

- Le cas unique de la race humaine : La Bible explique que l’homme est unique, que vous êtes unique. Les êtres humains sont beaucoup plus que des animaux, ils sont faits à l’image de Dieu.

Pour un naturaliste l’Homme demeure un primate, et ce n’est pas faux. Mais les déclarations intempestives du genre  » l’Homme est un Singe  » ou  » le Singe est un Homme  » ne sont évidemment que très partiellement justes, c’est le moins que l’on puisse dire ; c’est encore une question de simple bon sens. Avec l’homme que j’appellerais, faute de mieux, philosophique, car celui-ci ne recouvre peut-être pas seulement le genre Homo, apparaît la conscience – définie tant bien que mal par  » savoir que l’on sait  » – conscience révélée à nous concrètement par les premiers objets fabriquées … Aucune autre espèce n’a, pour le moment, partagé cette audace. Après 12 ou 13 milliards d’années d’histoire naturelle, c’est le premier signe d’une histoire culturelle, le terme de culture recouvrant pour un préhistorien tout ce qui n’est pas nature, c’est-à-dire technologie bien sûr mais aussi les facettes intellectuelle, spirituelle, morale, esthétique, etc. … de l’être qui en est doté.

Yves Coppens,
Histoire de l’homme et des changements climatiques, éditions Fayard, p. 36

Aujourd’hui, les modèles évolutionnistes ont la lourde tâche d’expliquer -en plus de l’apparition de la vie ou comment est-on passé de la matière inerte à la matière vivante- l’apparition de la conscience, ce qui caractérise tant l’homme. D’où, ceux qui nient que l’homme a été créé à l’image de Dieu doivent démontrer comment le temps et le hasard transforment l’impersonnel en personnel.

Si vous penchez du côté de la théorie de l’évolution pour expliquer l’Univers, il reste encore beaucoup d’incertitudes, il vous faut donc rester humble. Le créationnisme biblique répond aux questions existentielles et nous restons convaincus qu’opposer systématiquement religion et science est absurde car elles ne traitent pas des même champs.
En effet, la théorie de l’évolution ne réfute pas Dieu. L’athéisme ou l’agnosticisme ne sont donc pas plus « raisonnable » que la foi chrétienne. Une honnête analyse de la théorie de l’évolution montre que les scientifiques sont loin d’expliquer l’origine de l’univers ou l’origine de la vie. Au final cependant, une honnête analyse de la Genèse donne une explication de la raison pour laquelle vous êtes assis devant votre ordinateur à lire cet article et non comme d’autres primates, accrochés à une branche, perdus aux fins fonds de la jungle.

C’est le but de la Genèse, une révélation des origines.

Cet article est inspiré de Doesn’t Evolution Disprove God ?

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Dieu ou « dieu des trous ».

Parmi les objections retenues contre Dieu, j’entends souvent : « Ton Dieu (Yahvé ou Dieu de Jésus-Christ) est le « dieu des trous », plus notre connaissance sur le monde augmente, plus on s’en passe … »

Cette affirmation est fausse pour deux raisons. La première est que, d’un point de vue strictement matérialiste, cette affirmation est contredite par les conclusions philosophiques des grands penseurs de ce monde : Karl Popper notamment. La deuxième est que cette objection sous-entend que les anciens ont cru en Dieu car ils ne connaissaient pas les lois de la nature, les ayant connus, ils n’auraient jamais pu croire aux miracles ; ainsi on aurait usé de Dieu tel un palliatif –moyen provisoire pour écarter un obstacle– pour combler nos lacunes en matière de connaissance de la physis (nature, en latin), pour colmater les brèches, pour expliquer l’inexplicable (les miracles par exemple), ce qui est faux.

De plus, et ironie du sort, de grandes découvertes notamment en physique sont en accord avec le système de pensée chrétien, comme la théorie du Big bang qui décrit le commencement de l’univers, et comme les observations scientifiques en témoignent, on s’achemine vers une fin des temps. De même, la plupart des grandes découvertes scientifiques ont été faites par des croyants (Newton, Kepler, et bien d’autres encore).

Des certitudes pas de certitude.

Selon l’axiome (vérité non démontrable qui s’impose avec évidence) de Karl Popper (1902-1994), philosophe britannique d’origine autrichienne, ce qui constitue la vérité scientifique, c’est qu’elle puisse toujours être remise en cause. Toutefois, qu’est-ce qu’une vérité scientifique ? En science, n’est tenu pour vrai que ce qui peut être tenu comme tel par l’expérience et peut être prouvé. Ainsi, paradoxalement selon la conception de la vérité scientifique, nous sommes dans une situation d’incertitude fondamentale, car du jour au lendemain on pourrait démontrer, par le moyen de l’expérience et de la preuve, qu’une vérité scientifique acquise la veille est dépassée.

Par conséquent, l’objection retenue est fausse car l’idée de « dieu des trous » sous-entend qu’on puisse boucher de façon absolue ses trous par nos connaissances et ainsi s’en passer. Or, la connaissance ne parvient jamais à la vérité absolue, elle s’avère être un mirage, sans cesse repoussée d’horizons en horizons sans pouvoir atteindre un roc solide et définitif. Le « dieu des trous » serait ainsi éternellement troué.

Dieu, un palliatif ?

L’idée est que, face à l’évolution scientifique perpétuelle (mon ordinateur acheté aujourd’hui sera obsolète demain), il serait bien plus sage de ne plus croire en Dieu. Tout peut ou va s’expliquer, et comme disait Laplace nous n’avons plus besoin de l’hypothèse Dieu. Derrière cette affirmation, on sous-entend ceci : les anciens croyaient en Dieu parce qu’ils n’expliquaient pas les lois de la nature. Face à un miracle, ils brandissaient la pancarte « Dieu » pour combler leur lacune en matière de connaissance des lois de la nature. Pour parler dans un langage plus technique, ils usaient de la métaphysique (méta-physis, ce qui est au-delà de la nature) pour pallier à leur manque de connaissance de la physique.

Or, des textes anciens affirment qu’ils connaissaient aussi bien les lois dites fixes –ce qui devrait être– de la nature que nous. Prenons par exemple la naissance virginale de Jésus-Christ. Le texte biblique nous dit, dans L’Evangile selon Saint Matthieu, que Joseph, le futur époux de la vierge Marie, quand il comprit que celle-ci était enceinte, voulut rompre ses fiançailles sans en ébruiter la raison. Pourquoi a-t-il voulu agir de la sorte ? Parce qu’il savait comme nous qu’une femme ne peut avoir d’enfant sans avoir couché avec un homme.

Comment en est-il arrivé à croire en la conception virginale alors ? Eh bien, ce n’est pas parce qu’il ne savait pas exactement d’où venait les bébés naturellement. Mais, parce qu’il croyait à la naissance virginale comme quelque chose de surnaturel. Joseph connaissait les lois de la nature, mais il croyait aussi en quelque chose au-delà de la nature qui pouvait interférer avec le fonctionnement dit normal.

La physique peut nous prédire la trajectoire d’une boule dans un jeu de billard mais elle ne nous dit pas si quelqu’un d’extérieur pourrait interférer sur sa trajectoire –en plaçant sa main pour arrêter la boule par exemple. Si je place un euro dans un tiroir et que le lendemain j’ajoute encore un euro, les lois de l’arithmétique me garantissent-t-elles que j’y trouve le surlendemain la somme de deux euros ? Oui, à condition, qu’il n’y ai aucune interférence. Si un voleur a fouillé le tiroir, il est évident que je ne retrouverais pas deux euros. Le voleur n’aura pas violé les lois de l’arithmétique mais celles du code civil. Il en va de même pour les lois de la nature : elles nous disent ce qui se produira à condition qu’il n’y ait aucune interférence.

Ainsi, mettre en avant la connaissance scientifique pour nier l’existence de Dieu n’est pas une objection, d’une part, très rassurante, et d’autre part, très fondée. Faisons la part des choses, un enfant ne nie pas l’existence de ses parents dès l’instant où il parvient à faire les lacets de ses chaussures.

(Photo : www.fotosearch.com/comp/ISI/ISI106/DECDE016.JPG)

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