La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !
Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?
C’est le dernier article de la série. Vous pouvez retrouver les deux premiers en cliquant sur les liens suivants : 1 et 2.
La prière : une illusion infantile ?
La troisième objection à la prière trouve son origine dans la psychanalyse freudienne. Elle se détache du matérialisme ambiant du XXe siècle par son insistance sur l’introspection et d’autres facettes de l’âme humaine. La psychanalyse soutient que la prière naît du besoin d’entrer en relation avec le père idéal. Elle n’est qu’une illusion; fruit de ce besoin. Les croyances religieuses sont seulement la réalisation des désirs intérieurs.
Les incohérences freudiennes
Si l’hypothèse de Freud est vraie, quelles sont les conséquences ?
Le psychiatre Pablo Martinez démontre les incohérences de la théorie freudienne. Si la foi en Dieu n’est qu’un reste infantile; une parcelle de la personnalité qui n’a pas mûri suffisamment chez l’adulte nous constaterions par déduction logique les phénomènes suivants :
A. Aucune personne émotionnellement mûre ne croirait en Dieu.
B. Toute personne au psychique immature croirait en Dieu.
C. Au fur et à mesure qu’une personne mûrirait psychologiquement, elle passerait d’une étape religieuse à une étape athée.
D. L’enfant qui a déjà l’image d’un père ne devrait pas être religieux parce qu’il n’a pas besoin de substituts.
Telles seraient les conséquences logiques de l’hypothèse de Freud. Pourtant, nous savons qu’aucune de ces affirmations n’est vraie. Au contraire, nous voyons fréquemment ceci :
A. Beaucoup de personnes au psychique stable; en pleine maturité émotionnelle; professent leur foi en Dieu.
B. Beaucoup de personnes présentant clairement des symptômes d’immaturité et d’instabilité psychiqe sont agnostiques ou athées.
C. La croissance psychologique d’une personne s’accompagne souvent d’une foi croissante ou pour le moins d’une grande ouverture aux réalités spirituelles.
D. Les enfants sont, en général, très religieux. Même avec un père aimant et proche, beaucoup d’enfants sont très croyants.
Il continue en citant Staline et Rousseau comme exemple de personnes se disant ouvertement athée et présentant des symptômes de déséquilibre psychique notoire.
L’ironie freudienne
Il est étonnant de constater qu’une grande partie du système freudien emprunte ses idées à la mythologie et à la pensée religieuse. Ses théories représentent toute une théologie. La plupart de ses concepts de base ne dérivent pas d’expériences objectives et d’évidences cliniques, mais sont principalement une spéculation idéologique. Ce que Freud critique ! L’arroseur est arrosé. Il ne reste plus qu’à éteindre la lumière.
La prière est-elle une illusion psychique ? La psychanalyse est dans l’impossibilité de trancher. Laissons le mot de la fin au spécialiste: « Nous acceptons le fait que les théories de la psychanalyse orthodoxe aient des choses importantes à nous apprendre en ce qui concerne les motifs pour lesquels l’homme croit en Dieu. Mais il ne peut jamais nier ou confirmer la réalité de Dieu ou la validité de la foi (…) Que la foi chrétienne soit vraie ou non se décide en dernier lieu à la lumière des évidences historiques et non sur la base d’origine refoulées. Jésus a existé il y a deux mille ans et il est ressuscité des morts après avoir été crucifié. Cette information est vraie indépendamment de la psycho-dynamique de celui qui la croit ou la refuse. » 1
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1- Pablo Martinez; Redécouvrir la prière, p.207






Selon certains, la foi est irrationnelle car elle ne requiert aucune justification rationnelle : « je crois parce que j’ai la foi ! »


