Pascal Picq contre l’ultra-gender

Pascal Picq est paléoanthropologue, maître de conférence au Collège de France, collaborateur de Yves Coppens et généralement pas tendre avec le conservatisme religieux.

Pourtant, dans sa chronique dans le journal Le Monde, c’est contre les défenseurs des théories de l’ultra-gender, c’est-à-dire celles qui nient l’existence d’un sexe biologique, qu’il écrit :

« En raison d’un antibiologisme radical, elles refusent cette réalité biologique qui fait que nous sommes dans le groupe des espèces les plus déterminées biologiquement pour le sexe. C’est inepte d’un point de vue scientifique, stupide d’un point de vue philosophique et ouvert à toutes les idéologies.

(…)

Je m’oppose à toutes ces théories qui détournent les gender studies, avec pour seul argument imbécile d’affirmer qu’il n’y a pas de sexe biologique, et qui plient les observations faites dans la diversité des sociétés humaines et de grands singes pour dénaturer ou naturaliser – c’est selon – notre sexualité. Je comprends leurs revendications, mais elles ne sont pas du domaine des sciences. Pas plus que les créationnistes ou les conservatismes religieux, ces organisations et leurs motivations – aussi fondées soient-elles – n’ont pas leur légitimité en classe de sciences. »

Lire : Le sexe n’est pas que construction

Jésus règne aussi sur facebook !

Jésus règne aussi en maître sur facebook :

« Jésus est véritablement omniprésent, au point d’attirer des millions d’internautes via le réseau social Facebook.

En effet, d’après les résultats du dernier baromètre hebdomadaire de AllFacebook.com, c’est la page de Jésus qui génère le plus d’interactions, avec près de 3,5 millions d’interactions chaque semaine ! »

Lire la suite sur DieuTv.

MA: Paul Ohlott

La « Revue Réformée » sur le oueb

Depuis 1997, l’équipe du site Un poisson dans le net publie la Revue réformée en version numérique.

La totalité des articles de cette revue est disponible sur le nouveau site : http://larevuereformee.net.

Pour information, la Revue réformée a été fondée en 1950 par le pasteur Pierre MARCEL. Depuis 1980, la publication est assurée par la Faculté Jean Calvin, Institut de théologie protestante et évangélique d’Aix-en-Provence (ex Faculté libre de théologie réformée), avec le concours des pasteurs, docteurs et professeurs des Eglises et des Facultés de théologie françaises et étrangères.

La Revue réformée se veut « théologique et pratique » ; elle est destinée à tous ceux qui ont le souci de fonder leur témoignage, en paroles et en actes, sur la vérité biblique.

Le nouveau numéro de cette revue de qualité est consacré au Réformateur Jean Calvin.

MA : Un poisson dans le net

« L’école pour tous » Une idée des Réformateurs

En cette rentrée, il est bon de revenir aux sources de nos institutions. Aujourd’hui si chacun a accès à l’éducation, c’est en grande partie grâce aux Réformateurs. L’école pour tous était un principe-clé pour ces derniers comme le raconte l’historien Gabriel Mützenberg :

« Les Réformateurs, on le voit, donnent à l’éducation qu’elle soit domestique ou scolaire, une place d’honneur. L’influence humaniste pour plusieurs d’entre eux, l’explique. Mais même Luther, qu’elle ne pénètre que peu, prône l’instruction élémentaire pour tous.

Genève, sur ce plan, se révèle novatrice. Le 21 mai 1536, son Conseil général décide, en même temps que l’adoption définitive de la Réforme, l’obligation pour chacun d’envoyer ses enfants à l’école, les pauvres, pour qu’ils ne s’en tiennent pas éloignés, n’ayant rien à payer pour cela. Pour la première fois, un Etat, par un acte officiel, proclame pour tous le droit à la culture.

Un tel texte, heureusement, ne reste pas lettre morte. Il passe dans les faits. Non sans de sérieuses difficultés il est vrai. Mais le principe, porté bientôt par un puissant renouveau pédagogique, s’affirme avec brio. Il s’inspire du système mis au point par les Frères de la vie commune, acclimaté par la suite à Strasbourg par Jean Sturm et que Calvin, l’ayant vu fonctionner, adopte pour Genève. C’est ainsi que le Collège et l’Académie, mis sous un toit neuf en 1559, servent de relais vers la France, les Pays-Bas, les Iles britanniques, d’autres pays encore. On y adopte la division des élèves en classes homogènes, les examens, les promotions annuelles, les prix. Quel progrès en regard des écoles d’avant ces temps heureux où chacun, tous âges et tous niveaux mêlés, venait prendre d’un maître, tant bien que mal, ce qu’il pouvait !

Les parents protestants, quels qu’ils soient, jouiront de cet avantage : l’instruction n’est pas réservée à une élite; elle est pour tous; et elle parfait ce qu’ils peuvent eux-mêmes dispenser en savoir-faire, en savoir-vivre, en connaissance de Dieu et de sa volonté en amour. Car ils ne songent pas, dans l’éducation qu’ils ont en vue, à leurs propres intérêts, aux services ou aux gains que peut leur procurer tel de leurs enfants, mais à sa croissance, comme dit l’Ecriture, en stature, en sagesse, en grâce. La famille devant illustrer pour ceux du dedans, comme du dehors, en tout temps, le projet bienveillant du Créateur. »

L’éducation pour tous a pris son essor durant la Réforme grâce au travail d’hommes et de femmes qui prenaient la Bible au sérieux. Parce qu’ils l’étudiaient et la mettaient en pratique dans leur vie, l’école est devenue accessible à tous.

Est-ce que cela ne donne pas envie de prendre Dieu au sérieux ?

Ils ont aussi réformé la famille, Lausanne, LLB, 1992, p.144-145

Tradition vs. traditionalisme

Que l’on soit catholique, protestant ou évangélique, je pense que nous sommes tous d’accord : la tradition joue un rôle important dans la façon dont nous comprenons les enseignements de la Bible et vivons notre foi.

Ce qui rebute le chrétien authentique, ce n’est pas la tradition mais le traditionalisme. L’historien Jaroslav Pelikan fait cette distinction utile :

“La tradition est la foi vivante des morts, le traditionalisme est la foi morte des vivants. Et je suppose que je devrais ajouter que c’est le traditionalisme qui donne à la tradition un si mauvais nom. »

Jaroslav Pelikan, The Vindication of Tradition, Yale University Press, 1984, p. 65

MA: Justin Taylor

Quel est le but de la vie ?

Le Réformateur protestant Jean Calvin répond à cette question dans son catéchisme :

« Le but de la vie, c’est de connaître Dieu. »

Confessions et catéchismes de la foi réformée, Genève, 1986, « Le catéchisme de l’église de Genève », 1545, p. 30

L’éducation est-elle neutre ?

Parcourant quelques sites Internet pour glaner ici et là des informations sur la théorie du « gender » (dont nous reparlerons prochainement), je suis tombé sur une réflexion du professeur de philosophie Arthur Craplet.

Au sujet des nouveaux enseignements en biologie, il répond à la question suivante : « Est-il possible d’éduquer dans la neutralité ? »

Voici sa réponse :

« Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse éduquer dans la neutralité. La question des valeurs doit être posée et discutée dès lors que l’on aborde des questions aussi essentielles que celles de l’identité des personnes, de la liberté, de la responsabilité et de la sexualité. Ce ne sont pas là des questions scientifiques au sens des sciences positives. Il serait bien naïf de penser que le discours scientifique puisse à lui seul répondre aux questions essentielles. Max Weber le disait avec vigueur dans sa conférence sur le métier de savant (1919) : « la science ne nous donne aucune réponse à la seule question qui nous importe : que devons-nous faire, comment devons nous vivre ? ».

Les sciences nous donnent les moyens de connaître objectivement le réel, de dominer techniquement la vie, de maîtriser la sexualité ; mais les sciences ne répondent pas à la question de savoir s’il faut le faire, et dans quel but. Or aucune éducation ne peut passer ces questions sous silence, aucune éducation ne saurait rester purement scientifique sans renoncer à ce qui fait le cœur de l’éducation : éveiller à l’intelligence du sens de l’existence. Passer sous silence les enjeux existentiels, c’est briser l’élan qui fait grandir un enfant, c’est lui donner le sentiment de l’absurde au lieu de lui donner le goût de l’avenir. Il faut donc cultiver l’interrogation sur le sens des découvertes scientifiques, sans taire les valeurs qui permettent de comprendre leurs enjeux, leurs limites, leurs conséquences aussi. »

Pour lui, les nouveaux programmes scientifiques au lycée ne sont pas neutres « mais ceux-ci masquent les principes qu’ils imposent. » Ils enseignent en réalité le réductionnisme ontologique et le relativisme.

Il conclut : « En refusant d’inscrire la sexualité dans une conception plus large de la personne, qui prend en compte la vie sociale, la culture, voire la finalité de nos actes, au-delà des choix individuels, les nouveaux programmes ne sont pas neutres, ils sont réductionnistes et relativistes. Ils instillent le sentiment de l’absurde dans la conscience des élèves. Est-il possible d’éduquer dans ces conditions ? Il est urgent de répondre non. »

Voici le lien pour lire la réflexion de ce professeur de philosophie qui pense à « contre-courant » !

Craig trouvera-t-il des challengers en Europe ? La saga de la rentrée

Rappelez-vous, il y a quelques mois, le Telegraph accusait Dawkins de lâcheté. La raison de cette charge : Dawkins refuse de débattre le philosophe chrétien William Lane Craig. Ce dernier doit venir en Europe cet automne. Mais personne ne veut débattre avec lui !

Voici ce qu’en pense Craig :

« Ces athées peuvent être très braves quand ils sont seuls sur le podium sans personne pour les défier. Mais une chose intéressante au sujet de ces débats est qu’ils permettent aux deux camps d’être entendus et compris, et, ils permettent aux étudiants de se faire leur propre opinion. »

Donc, qui veut débattre Craig ?

Lire l’article en anglais.

Citation du dimanche : Les Looney Tunes sur la fin

That’s all folks ! »

Derrière ce petit trait d’humour se cache une nouvelle. Je vais arrêter de publier les citations du dimanche.

Quelques raisons :

- je n’arrive plus à lire autant qu’avant (jusqu’à deux livres par semaine). Maintenant si j’en lis deux dans le mois, je suis content…

- plusieurs lecteurs ont été intrigués par certaines citations. Sans commentaires, elles sont ambigües et sèment la confusion. Elles ne sont pas utiles dans ce cas …

- je vais publier plus régulièrement des citations d’autres blogs sans me limiter au dimanche …

- enfin, je ne publierai plus d’articles en fin de semaine. Mon week-end sera libre (façon de parler pour un pasteur) …

La prière : illusion psychique ? (3)

La prière n’est pas quelque chose de réel. C’est un phénomène purement psychique … C’est toi qui l’imagines, en réalité, tu parles à un mur, dans le vide !

Durant l’été 2011, RDC s’interroge sur la prière. Est-ce simplement de l’autosuggestion ? Est-ce une réponse conditionnée ? Est-ce une illusion infantile ?

C’est le dernier article de la série. Vous pouvez retrouver les deux premiers en cliquant sur les liens suivants : 1 et 2.

La prière : une illusion infantile ?

La troisième objection à la prière trouve son origine dans la psychanalyse freudienne. Elle se détache du matérialisme ambiant du XXe siècle par son insistance sur l’introspection et d’autres facettes de l’âme humaine. La psychanalyse soutient que la prière naît du besoin d’entrer en relation avec le père idéal. Elle n’est qu’une illusion; fruit de ce besoin. Les croyances religieuses sont seulement la réalisation des désirs intérieurs.

Les incohérences freudiennes

Si l’hypothèse de Freud est vraie, quelles sont les conséquences ?

Le psychiatre Pablo Martinez démontre les incohérences de la théorie freudienne. Si la foi en Dieu n’est qu’un reste infantile; une parcelle de la personnalité qui n’a pas mûri suffisamment chez l’adulte nous constaterions par déduction logique les phénomènes suivants :

A. Aucune personne émotionnellement mûre ne croirait en Dieu.

B. Toute personne au psychique immature croirait en Dieu.

C. Au fur et à mesure qu’une personne mûrirait psychologiquement, elle passerait d’une étape religieuse à une étape athée.

D. L’enfant qui a déjà l’image d’un père ne devrait pas être religieux parce qu’il n’a pas besoin de substituts.

Telles seraient les conséquences logiques de l’hypothèse de Freud. Pourtant, nous savons qu’aucune de ces affirmations n’est vraie. Au contraire, nous voyons fréquemment ceci :

A. Beaucoup de personnes au psychique stable; en pleine maturité émotionnelle; professent leur foi en Dieu.

B. Beaucoup de personnes présentant clairement des symptômes d’immaturité et d’instabilité psychiqe sont agnostiques ou athées.

C. La croissance psychologique d’une personne s’accompagne souvent d’une foi croissante ou pour le moins d’une grande ouverture aux réalités spirituelles.

D. Les enfants sont, en général, très religieux. Même avec un père aimant et proche, beaucoup d’enfants sont très croyants.

Il continue en citant Staline et Rousseau comme exemple de personnes se disant ouvertement athée et présentant des symptômes de déséquilibre psychique notoire.

L’ironie freudienne

Il est étonnant de constater qu’une grande partie du système freudien emprunte ses idées à la mythologie et à la pensée religieuse. Ses théories représentent toute une théologie. La plupart de ses concepts de base ne dérivent pas d’expériences objectives et d’évidences cliniques, mais sont principalement une spéculation idéologique. Ce que Freud critique ! L’arroseur est arrosé. Il ne reste plus qu’à éteindre la lumière.

La prière est-elle une illusion psychique ? La psychanalyse est dans l’impossibilité de trancher. Laissons le mot de la fin au spécialiste: « Nous acceptons le fait que les théories de la psychanalyse orthodoxe aient des choses importantes à nous apprendre en ce qui concerne les motifs pour lesquels l’homme croit en Dieu. Mais il ne peut jamais nier ou confirmer la réalité de Dieu ou la validité de la foi (…) Que la foi chrétienne soit vraie ou non se décide en dernier lieu à la lumière des évidences historiques et non sur la base d’origine refoulées. Jésus a existé il y a deux mille ans et il est ressuscité des morts après avoir été crucifié. Cette information est vraie indépendamment de la psycho-dynamique de celui qui la croit ou la refuse. » 1


1- Pablo Martinez; Redécouvrir la prière, p.207