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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

Lire aussi :

Série : Les arguments théistes

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Notre prochaine série portera sur les arguments en faveur de l’existence de Dieu, en examinant tour à tour les quatre principaux arguments :

1) Argument ontologique
2) Argument téléologique
3) Argument cosmologique
4) Argument moral

Nous présenterons chacun de ces arguments en trois parties :
- Arrière-plan historique
- Exposé
- Objections les plus répandues

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Sommaire: Arguments en faveur du christianisme

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Désormais tous les premiers lundi du mois, nous vous proposons un sommaire d’une série déjà publiée sur RDC. Ce mois-ci, redécouvrez les « Arguments en faveur du christianisme ».

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- Arguments en faveur du christianisme : introduction (partie 1).
- Arguments en faveur du christianisme : les aspirations du coeur humain sont expliqués par l’existence d’un Créateur (partie 2).
- Arguments en faveur du christianisme : Dieu donne du sens à la vie (partie 3).
- Arguments en faveur du christianisme : le Dieu de la Bible n’est pas un dieu que nous aurions pu inventer (partie 4).
- Arguments en faveur du christianisme : l’existence de Dieu explique le mieux l’existence de valeurs morales objectives (partie 5).
- Arguments en faveur du christianisme : l’existence de Dieu explique le mieux notre désir de justice (partie 6).

Par ailleurs, Jonathan devrait commencer dans quelques temps une série détaillée sur ses arguments en faveur de l’existence de Dieu.

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Homme de paille

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strawman

Définition : L’expression « homme de paille » désigne une technique en rhétorique qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée afin de la réfuter facilement.

Dans une discussion au sujet de la divinité de Jésus-Christ (lire ici), un lecteur a utilisé cette technique :

Et moi, à vous entendre, je dirais plutôt : non, Jésus tu mens ici, tu es égal au Père, et même plus, tu es aussi le Père.

Or, je n’ai jamais affirmé que Jésus est égal au Père dans le sens que Jésus est le Père (qui est un enseignement hérétique). Dans la Bible, le Père et le Fils ont les mêmes attributs, participent à une même essence. Jésus est engendré et non créé, consubstantiel au Père comme dit bien le Symbole Nicée-Constantinople (325 ap J-C). Mais le Père n’est pas le Fils et le Fils n’est pas le Père. Ils sont distincts.
La position qui m’est attribuée par mon contradicteur est une sorte de modalisme : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents modes ou aspects d’un Dieu unique (ici P=F=ES). Position que je ne défends pas et qui n’est pas enseignée dans la Bible (lire Matthieu 3.16-17 si vous en doutez).

La technique de l’ »homme de paille » est parfois utilisée volontairement dans une discussion pour « déboulonner » quelqu’un facilement. Parfois, c’est involontaire (personne n’est à l’abri de déformer la position de son contradicteur). Je ne pense pas que le lecteur ait volontairement utilisé cette technique contre moi.
Cependant, le résultat est le même. La personne croit avoir réfuté la position de son opposant. Alors qu’en fait, elle a simplement « déboulonné » un homme de paille…

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Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

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Pas assez de preuves ! »

C’est ce que le philosophe britannique Bertrand Russell affirmait qu’il répondrait à Dieu s’il lui demandait pourquoi il n’avait pas cru en lui.
Peut-on démontrer l’existence de Dieu ? Et qu’entend-on par « preuves »? Selon le Petit Larousse, une preuve est « ce qui démontre, établit la vérité de quelquechose ».

 

Dieu ne se démontre pas


L’épistémologie est la théorie du savoir, de la connaissance (du grec episteme, connaissance).
On peut distinguer trois grandes objections épistémologiques à la démontrabilité de l’existence de Dieu.

 

a) Le principe vérificationniste

 

La première nous vient d’une école de pensée appelée « positivisme logique »  (également appelé empirisme logique, néo-positivisme, ou empirisme rationnel), et plus précisément du « vérificationnisme ».
Le postulat de base de cette philosophie est le suivant: pour avoir du sens, une proposition doit pouvoir être vérifiée de manière empirique. La proposition « Dieu existe » n’étant pas vérifiable, est dénuée de sens, et n’est ni vraie ni fausse.
Ce principe « vérificationniste » est majoritairement abandonné aujourd’hui, et ce pour deux raisons:
1°) Il est trop restrictif. Les philosophes se sont vite rendus compte que l’adhésion à ce principe nécessitait l’abandon d’un grand nombre de propositions, qu’elles soient métaphysiques, éthiques, scientifiques car ces propositions n’étant pas vérifiables.
2°) Il s’auto-réfute. En effet, la proposition « Une proposition sensée doit être vérifiable » n’est, en elle-même, pas vérifiable.

 

b) L’absence de preuve suggère-t-elle l’inexistence?

 

L’athéisme  suppose que l’absence de preuves en faveur de l’existence de Dieu justifie de croire qu’Il n’existe pas. Cependant, l’absence de preuves n’est pas forcément une preuve de l’absence. Prenons par exemple le procès d’un meurtrier. L’absence des empreintes digitales de l’accusé sur l’arme du crime ne suffira pas à le disculper. Il devra fournir un alibi, c’est-à-dire pouvoir prouver de manière irréfutable qu’il ne peut avoir commis le crime dont on l’accuse.
On peut se demander si, dans certaines situations, l’absence de preuves constitue une preuve de l’absence. Imaginez-vous dans une salle de classe. Soudain quelqu’un s’écrie « Il y a un éléphant dans la salle ! » Si vous ne voyez pas d’éléphant, vous en conclurez sans doute possible qu’il n’y en a pas. Un peu plus tard, une autre personne s’écrie à son tour: « Il y a une puce dans la salle ! ». Le fait que vous ne voyiez pas de puce ne sera pas suffisant pour affirmer qu’il n’y en a pas. Ainsi, l’absence de preuves ne prouve l’absence que dans le cas où, si l’être ou la chose existait, vous vous attendriez à en avoir des preuves.

Le philosophe athée Michael Scriven explique qu’en l’absence de preuves d’existence d’une entité, deux critères sont nécessaires pour justifier la conviction que cette entité n’existe pas :
1°) L’entité doit être telle qu’on devrait s’attendre à ce qu’elle laisse des traces (ou davantage de traces) de son existence.
2°) On doit pouvoir affirmer avoir fait toutes les recherches possibles et imaginables avant de conclure que ces preuves sont absentes.

Ainsi, l’athée croit pouvoir prouver que, si Dieu existe, il devrait y avoir des preuves de son existence, et qu’il a recherché ces preuves sans les trouver: « Si Dieu existe, on devrait trouver X. On ne trouve pas X, donc Dieu n’existe pas ». Il affirme donc savoir quelles genres de preuves il devrait y avoir si Dieu existait. Ce qui nous semble présomptueux …

 

c) Dieu doit-il laisser plus de traces ?

 

Une troisième objection soulevée contre l’existence de Dieu est basée sur l’argument suivant : l’existence de Dieu n’étant pas aussi évidente que l’on pourrait penser, ou qu’elle devrait l’être, il en découle que Dieu n’existe pas. Certains athées affirment que, si Dieu existait, Il aurait fait en sorte que les preuves soient suffisantes pour que tout le monde croit qu’Il existe.

Dans l’Ancien Testament Dieu est décrit comme se manifestant à son peuple de manière bien visible : les plaies en Egypte, les colonnes de feu et de fumée qui guident le peuple d’Israël dans le désert, la séparation des eaux de la Mer Morte, … Mais ces manifestations ont-elles pour autant produit un changement de coeur durable parmi le peuple ? Non ! Le peuple a plusieurs fois rejeté Dieu. Pourquoi les choses seraient-elles différentes aujourd’hui ?

Dieu ne veut pas seulement que nous croyions qu’Il existe, Il désire que croyions ce que la Bible nous enseigne sur qui Il est : un Dieu saint, juste, parfait, plein d’amour et de miséricorde. Jean Calvin, le réformateur protestant, disait qu’il ne sert en rien de croire que Dieu existe si on ne désire pas le connaître.

 

Dieu se révèle


La Bible nous dit que « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Romains 1.20). On ne peut prouver au-delà du doute que Dieu existe, mais il existe un certain nombre d’arguments qui nous poussent à croire.

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Arguments en faveur du christianisme (6)

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L’existence de Dieu seule peut expliquer nos attentes en matière de justice.

Cela suit notre précédent article sur le sens moral. C’est Emmanuel Kant qui a été le plus loin dans le développement de cet argument. Tous les hommes expérimentent l’injustice dans leur vie. Nos attentes et nos espérances que la justice sera rendue ne peuvent être satisfaites dans cette vie : les méchants prospèrent tandis que les justes souffrent. Pour que notre notion de justice est une signification, il faut qu’il y ait un jugement après la vie opéré par un Juste juge : Dieu.

D’après Defending the faith

Lire aussi :

L’évolution sociobiologique peut-elle expliquer le sens moral ?

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Extrait d’un commentaire sur l’article : L’existence de Dieu est la meilleure explication du sens inné du bien et du mal.

Je crois par exemple qu’on a tendance à éternuer à peu près tous de la même manière à travers les cultures dans le monde, pour la simple raison que l’on est issue de la même espèce, avec des systèmes respiratoires fatalement ressemblants … qu’on a besoin, comme pas mal de choses grouillantes également sur Terre, de manger, dormir, se reproduire, exister le plus longtemps possible … Les hommes, comme les fourmis, les loups, etc … vivent en groupes. Par nécessité, le corps amène à une forme d’existence. Avant d’écrire en lettre d’or la « Loi », je crois qu’il tombe un peu sous le coup du bon sens le plus crétin qu’on vis tout de même mieux ensemble si on évite de s’arracher les boyaux à longueur de journée en forniquant. Et les codes institués, les règles du groupe apparaissent, pour formaliser des évidences produites par l’expérience, plutôt qu’une conscience innée. »

L’argument ici exposé est que le sens moral n’est pas inné mais il est le fruit de l’évolution : « Cela ne peut pas vous venir à l’esprit que le bon sens, la logique, aussi bête qu’une pomme qui tombe au sol, des contraintes concrètes font qu’à travers les âges, on a tendance à converger vers les solutions les plus logiques ? » Le sens moral de quelqu’un n’est pas quelque chose que chaque être humain possède intrinsèquement à la naissance mais quelque chose qui s’acquièrent au fur et à mesure.

A mon sens, il y a un problème fondamental à cette explication, c’est qu’elle n’explique pas ce que nous appelons le sens moral. En disant cela, ce que le naturaliste (ou évolutionniste ou empiriste) explique quand il cherche à expliquer le sens moral en terme naturaliste, n’est pas la moralité du tout. Il est entrain d’expliquer quelque chose de différent.

La question à laquelle nous tentons de répondre est : « Pourquoi quelqu’un devrait être altruiste et non égoïste ? » Nous cherchons à connaître la raison pour laquelle nous nous sentons poussés à être tourné vers l’autre et non sur nous-mêmes.

La réponse donnée par les naturalistes est la suivante : quand nous sommes égoïstes, cela handicape le groupe. En d’autres termes, peut-être plus explicite, « je crois qu’il tombe un peu sous le coup du bon sens le plus crétin qu’on vit tout de même mieux ensemble si on évite de s’arracher les boyaux à longueur de journée en forniquant. » Mais voyez-vous, la réponse donnée n’en est pas une parce qu’elle présuppose une autre valeur morale : celle de nous sentir concernés par la bonne santé du groupe.
D’où la question : « pourquoi devrions-nous sentir concernés par la bonne santé du groupe ? » la réponse « tombe là aussi sous le coup du bon sens » : parce que sinon les groupes ne survivront pas, et si les groupes ne survivent pas alors l’espèce ne survivra pas. Ensuite, vous pouvez imaginer la prochaine question : « pourquoi devrions-nous prendre soin de la santé de l’espèce et de si l’espèce survit ou pas ? » Comprenez-vous où je veux en venir ? Le problème avec toutes ces réponses qui tentent d’être des justifications ou des explications des règles morales, est que celles-ci dépendent elles-mêmes d’une règle morale admise au préalable. Par conséquent, elles ne peuvent véritablement expliquer le sens moral. Toutefois, quand nous posons la question : « pourquoi devrions-nous être concernés par l’espèce vivante ? » la prochaine réponse mettra fin à la série de question, et nous connaîtrons l’origine de la moralité. La réponse est que nous devrions être concernés par l’espèce parce que si l’espèce disparaît, alors nous ne survivrons pas nous-mêmes. Autrement dit, si l’espèce est en voie de disparition, alors mes propres intérêts vont être en voie de disparition.

Par conséquent, pour être bref, le raisonnement est le suivant : je ne devrais pas être égoïste parce que c’est mieux pour le groupe, ce qui est mieux pour l’espèce, ce qui est mieux pour moi. D’où, pourquoi ne devrais-je pas être égoïste ? Parce que c’est mieux pour moi. Mais regarder à ce qui est mieux pour moi, est à proprement parler de l’égoïsme. Ainsi, tout ce qui est appelé description de l’origine du sens moral en est réduit à cette proposition absurde : je devrais moralement ne pas être égoïste de sorte que je puisse être totalement égoïste.
Cela n’a aucun sens parce que nous savons que le sens moral ne peut être simplement réduit à de l’égoïsme. Nos règles morales sont toujours faîtes contre l’égoïsme et pour l’altruisme. Elles sont contre l’égoïsme et pour l’opposé. Il est absurde de définir quelque chose en disant que c’est son opposé. Quand vous pensez à ce qu’être moral implique, vous ne pensez pas que la moralité est vraiment de l’égoïsme purement et simplement.

Le sens moral est tout à fait différent. Quand nous cherchons une définition du sens moral, nous savons que cela ne traite pas de l’égoïsme, puisque nous cherchons à expliquer pourquoi nous ne sommes pas égoïstes. D’une part, les naturalistes font passer le sens moral en douce dans l’équation en décrivant le comportement qui est sensé être expliqué par l’évolution, donc leur définition dépend de la moralité pour faire leur explication. D’autre part, les descriptions et explications finissent en étant réduit à de l’égoïsme, ce qui n’est pas ce qu’ils essayaient d’expliquer. Ils essayaient d’expliquer pourquoi quelqu’un ne devrait pas être égoïste et non pourquoi quelqu’un devrait être égoïste.

D’après une traduction libre et partielle de Evolution can’t explain morality de Greg Koukl.

Lire aussi :

Arguments en faveur du christianisme (5)

par

- édité en 2008

L’existence de Dieu est la meilleure explication de l’existence de valeurs morales objectives

Toute personne naît avec une capacité à discerner l’idée de la perfection, de ce qui est bien et de ce qui est vrai et beau. Ce profond sens moral, que l’on peut appeler Loi morale ou Règles communes de la décence ne peut pas être expliqué sans postuler l’existence d’un Dieu personnelle et lui-même moral.

N’entendons-nous pas tous les jours des gens éduqués ou frustres, enfants comme adultes, s’insurger ainsi : « Aimeriez-vous que l’on agisse de même à votre égard ? C’est ma chaise, j’y étais assis avant toi … Laissez-le tranquille, il ne vous a rien fait … De quel droit jouez-vous des coudes pour doubler tout le monde ? … Donnez-moi un peu de votre orange, je vous ai bien donné quelques quartiers de la mienne … Venez donc, vous l’avez promis … » [1]

En se disputant, les gens font inconsciemment appel à des normes morales. Systématiquement, quand des personnes ne sont pas d’accord sur des questions morales, elles se comportent comme s’il existait un accord sous-jacent à propos de ce qui est bien et mal (une règle du jeu en quelque sorte).

Ces principes moraux ne sont pas simplement le produit d’une culture. Si cela était vrai nous observerions des différences flagrantes d’une société à l’autre. Il y a toujours des personnes qui chipotent à propose de cela, mais qu’elles prennent le temps d’étudier les enseignements moraux des Chinois, des Egyptiens, des Hindous, des Musulmans et des Grecs et elles s’apercevront qu’ils sont semblables aux nôtres. Même si des cultures autorisent la polygamie et d’autres non, elles sont toujours d’accord sur le fait que l’homme ne peut posséder chaque femme qu’il désire. [2]
En d’autres termes, elles verront que le syllogisme suivant : « il existe des différences fondamentales entre les différentes cultures, les valeurs morales sont le produit d’une culture, donc il ne peut y avoir une Loi morale commune » est faux. Fidélité dans le mariage, honnêteté dans les discours, bon comportement envers les plus âgés, honneur rendu aux parents, interdiction de faire couler le sang sans motifs … Tous ces principes moraux se retrouvent dans chaque société.
D’ailleurs, Confucius, avant Jésus-Christ et Emmanuel Kant, fut le premier à formuler la règle du respect mutuel (shu) : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. »

Aussi, nous trouvons ces principes moraux non seulement dans toutes les cultures mais aussi inscrits dans la conscience humaine. Comme l’apôtre Paul l’explique :

Les peuples non-Juifs, qui n’ont pas la Loi, en observent souvent naturellement les préceptes*. Ils trouvent en eux-mêmes ce qu’il convient de faire et obéissent aux impératifs de leur sens moral.
Ils démontrent par leur comportement que l’essence de la Loi est gravée dans leur coeur. Leur conscience et leur discernement moral en témoignent: de là ces raisonnements par lesquels on se cherche des excuses, ces pensées qui tantôt accusent, tantôt absolvent (excusent) ; de là aussi ces jugements qui approuvent ou condamnent la conduite d’autrui.  » [3]

* en effet, seul le peuple Juif a reçu la Loi de Dieu à la sortie de la captivité en Egypte (Exode 20.1-17)

Le christianisme suggère que cette loi morale a pour origine Dieu. Le sens universel de ce qui est bien ou mal ne peut être expliqué sans avoir une référence ultime. Sans celle-ci, les explications sont souvent contradictoires soit dans les postulats soit dans les conclusions (voir ici une réfutation de l’évolution sociobiologique comme théorie explicatif du sens moral).

Attention, nous ne sommes pas entrain d’argumenter que les athées sont des êtres amoraux, incapable de discerner le bien du mal. Nous ne sommes pas non plus entrain de dire qu’il faut croire en Dieu pour mener une vie morale. En revanche, nous pensons que l’athéisme n’a aucun cadre pour justifier l’existence de règles morales objectives. Les valeurs morales ne sont alors qu’un produit de l’évolution ou bien un goût personnel. Si vous n’admettez pas l’existence d’une Loi morale, et si votre interlocuteur ne partage pas la même conception de ce qui est bien ou mal, la notion du « bien » devient alors « ce qui est bien pour moi, quoi qu’en pense l’autre. » Je peux alors trouver très bonne l’idée de coller une baffe à mon interlocuteur, quoi qu’il en pense.
Nous dirons donc que si Dieu n’existe pas, il n’existe probablement pas non plus de lois morales imposées aux hommes. Or, manifestement, les hommes sont soumis à des obligations morales. Donc Dieu existe probablement.


[1] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 19
[2] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 21
[3] Lettre de Paul aux Romains, Ch. 2 v. 14 et 15, La Bible version Parole vivante

D’après Defending the faith

Lire aussi :

Arguments en faveur du christianisme (4)

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Le Dieu de la Bible n’est pas un dieu que nous aurions pu inventer.

L’accusation souvent faite est que la religion est une béquille psychologique pour les faibles. Les hommes inventent des dieux pour les protéger de la dure réalité de la vie. Si les hommes sont des chasseurs, ils inventent un dieu guerrier qui les aide dans la chasse et dans les affrontements contre les tribus ennemies. S’ils pratiquent l’agriculture, ils inventent un dieu de la pluie et de la fertilité pour espérer une bonne récolte. Dans ces cas, les dieux reflètent simplement les besoins d’une culture qui les crée. Cependant, cette accusation est généralement dirigée contre toutes les religions.

Remarquons, tout d’abord, que c’est une bonne observation. La Bible la fait aussi. Dans Romains 1, par exemple, Paul nous raconte que les hommes inventent des dieux, ou des idoles, pour leur propre bénéfice. Mais, ils font ceci après avoir supprimé la connaissance du seul et unique Dieu. Pourquoi voudraient-ils faire ça ? Parce que le vrai Dieu, Yahweh, le Dieu d’Israël, ne se laisse pas manipuler pour le propre bénéfice de l’homme comme une idole. Le Dieu de la Bible, saint et juste qui condamne les pécheurs, souverain sur toutes choses, qui commande à tous les peuples de se repentir et de se soumettre devant Sa face, n’est pas du tout le type de dieu que les hommes inventeraient, car l’homme est fondamentalement allergique à l’idée de devoir se soumettre à une autorité.

Si nous devions inventer un dieu, il serait beaucoup plus amical. En effet, on entend souvent que finalement Dieu va laisser tout le monde aller au paradis. Aussi, il serait plus manipulable, c’est bien connu qu’on prie Dieu quand on a besoin d’un service, ou, comme disait une amie dernièrement : « j’ai des problèmes dans mes relations avec mon copain, en plus j’ai ceci et cela … Dieu m’aide pas là ! ». Enfin, il serait volontairement très loin pour nous laisser jouer nos propres règles du jeu et suivre notre volonté.


D’après une étude de Defending the Faith

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Arguments en faveur du christianisme (2)

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L’existence de Dieu explique l’aspiration universelle du coeur de l’homme

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Des milliards de personnes ont cru en l’existence d’un dieu, des personnes issues de différentes cultures, de différentes époques, de différentes langues et coutumes, qui vivaient en différents lieux de la planète.
Le genre humain est irréversiblement homo religiosis, l’homme est un être intrinsèquement religieux. Même les philosophies qui à la base n’avaient pas de dieu, ont dû finalement en inventer un – ce qui est clairement le cas en ce qui concerne le Bouddhisme. Bouddha n’avait pas enseigné l’existence d’une divinité, mais les successeurs de Bouddha à travers les siècles ont converti Gautama Bouddha – le fondateur du Bouddhisme – en un dieu, et des millions de Bouddhistes lui rendent encore un culte aujourd’hui.

Cette conversion est aussi un changement en une divinité personnelle. Une ‘force’ abstraite ne satisfait pas les besoins du cœur humain – nous avons besoin de savoir que quelqu’un au-delà de nous existe, et non juste quelque chose. Ce même changement était évident dans l’Hindouisme. L’impulsion monistique de l’Hindouisme Upanishadique, avec le très philosophique Brahman, une puissance plus élevée mais abstraite, a été éclipsé au cours du temps par une dévotion rendue à plusieurs dieux personnels.
En tant qu’être humain, nous arrivons sur Terre insatisfaits, sentant un profond besoin d’une divine présence en notre âme. C’est le « vide en forme de Dieu » présent dans chaque cœur.

L’athéisme – la négation absolue de l’existence de Dieu – ne satisfait pas les attentes du cœur humain. L’homme ne peut vivre sans Dieu. Quand une personne nie l’existence de Dieu, elle en invente un autre pour satisfaire les aspirations de son cœur. Que ce soit la drogue, l’argent, le sexe, la gloire, ces dieux-là ne rempliront jamais pleinement le vide à l’intérieur de l’homme. (1)

Que se passe-t-il quand vous désirez ardemment une chose et que vous l’obtenez ? Une paire de chaussures de marque, un emploi, un petit ou une nouvelle petit(e) ami(e) … Vous commencez par en avoir envie et vous vous dîtes : « quand je l’aurais je serais pleinement satisfait(e) ». En réalité, les choses se passent autrement. Une fois la paire de chaussures achetée, le job obtenu ou après être sorti avec ce garçon ou cette fille qui vous faisait tant craquer, vous n’obtenez pas la satisfaction escomptée. Votre désir se porte alors sur une autre chose, sur quelqu’un d’autre … « l’espoir fait vivre » dirons-nous. Il semble que rien ne puisse étancher cette soif intense en nous. Existe-t-il un moyen d’étancher cette soif ? (2)

« Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6.35)
Jésus-Christ a l’audace de dire qu’il peut remplir notre vide ! Il prétend qu’il peut combler nos attentes !

Dieu est amour

Jésus-Christ peut nous permettre d’entrer dans une intense relation avec Dieu lui-même.

« ‘Dieu est amour’ (1 Jean 4.8), par conséquent l’amour existe depuis toute éternité. Cet amour qui était là avant même la création de l’univers, Dieu le vivait de façon parfaite en lui-même. Il fallait un aimant et un bien-aimé (…) Ainsi l’amour véritable existe parce que, dans la communauté trinitaire, on démontre l’amour parfait : le désir que son bien-aimé soit aimé par un tiers, ce qui évite toute satisfaction égoïste. L’amour est donc inscrit dans l’essence même de Dieu, il ne s’agit pas d’un simple attribut. On peut vraiment croire à l’amour ! » (3)

Dieu est un Etre personnel qui cherche à rétablir une relation avec sa créature qui lui a fait un bras d’honneur dans le jardin d’Eden. Dieu peut combler toutes nos attentes car Il est notre Créateur et Il nous connaît parfaitement, dans les moindres détails. Il peut déverser son amour en nous, et nous satisfaire pleinement dans tous les domaines de notre vie (amour, travail, etc).

Qui d’autre pourrait nous satisfaire parfaitement ?

Et c’est vous-même O mon Dieu, qui lui inspirez cette pensée, et lui faites goûter un plaisir secret dans ces louanges qu’il vous donne, parce que vous nous avez crées pour vous, et que notre cœur est toujours agité de trouble et d’inquiétude jusqu’a ce qu’il trouve son repos en vous. »

Saint-Augustin

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(1) D’après une traduction libre et partielle de Defending the Faith
(2) Alister McGrath, Jeter des ponts, éditions la Clairière p. 55
(3) David Brown, La Trinité : mystère futile ou réalité essentielle, Farel p.47

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