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Ca commence là …

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 Dans le ventre de la mère, deux bébés discutent. L’un est croyant l’autre non.

Bébé-Athée (BA): Et toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?
- Bébé-Croyant (BC): Bien sûr. C’est évident que la vie après
l’accouchement existe. Et nous sommes juste ici pour devenir forts et
prêts pour ce qui nous attend après.
- BA : Tout ça c’est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement.
Est-ce que tu peux t’imaginer toi, à quoi une telle vie pourrait
ressembler ?
- BC : Eh bien, je ne connais pas tous les détails. Mais là-bas il y
aura beaucoup de lumière, beaucoup de joie. Et par exemple là-bas on
va manger avec notre bouche.
- BA : Mais c’est du n’importe quoi ! Nous avons notre cordon
ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Et de cette autre vie, il n’y
a encore eu aucun revenant. La vie se termine tout simplement par
l’accouchement.
- BC : Non ! Je ne sais pas exactement à quoi cette vie après
l’accouchement va ressembler mais dans tous les cas nous verrons notre
maman et elle prendra soin de nous.
- BA : Maman ? Tu crois en maman !? Et où se trouve-t-elle ?
- BC : Mais elle est partout ! Elle est autour de nous ! Grâce à elle
nous vivons, et sans elle nous ne sommes rien. Elle veille sur nous à
chaque instant.
- BA : C’est absurde ! Tu l’as déjà vue toi ? Moi non ! C’est donc
évident qu’elle n’existe pas. Et puis, si elle existait vraiment,
pourquoi ne se manifeste-t-elle pas ?
- BC : Eh bien, je ne suis pas d’accord. Car, parfois lorsque tout
devient calme, on peut entendre quand elle chante… sentir quand elle
caresse notre monde… Je suis certain que notre Vraie vie ne commence
qu’après l’accouchement.

Source : théâtre évangélique (merci Chloé !)

Image: David Castillo Dominici / FreeDigitalPhotos.net

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Deux paraboles pour et contre l’athéisme

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Le philosophe britannique Anthony Flew (1923-2010) rédigea en 1955 une parabole dans le but de montrer qu’il n’y a aucune différence entre un « jardinier invisible » et l’absence de jardinier.

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle. Dans la clairière poussaient de nombreuses fleurs et mauvaises herbes.

Un explorateur dit: « Un jardinier doit prendre soin de cette parcelle de terre. »

L’autre en désaccord répondit : « Il n’y a pas de jardinier »

Ils plantèrent leurs tentes et se tinrent sur leurs gardes.

Pas de jardinier en vue.

« Mais peut-être qu’il y a un jardinier invisible »

Ils construisirent donc une barrière en fils barbelés. Ils l’électrifièrent. Ils patrouillèrent avec des limiers. (Ils se rappelaient en effet que l’Homme Invisible de H. G. Well pouvait à la fois être senti et touché sans être vu).

Mais aucun hurlement ne suggéra la présence d’un intrus. Aucun mouvement des fils ne trahit un grimpeur invisible. Les limiers ne donnèrent pas l’alerte.

Cependant, le croyant ne fut pas encore convaincu : « Mais il y a un jardinier, invisible, intangible, insensible aux chocs électriques, un jardinier qui n’a pas d’odorat et ne fait pas de bruit, un jardinier qui vient secrètement prendre soin du jardin qu’il aime. »

Le sceptique désespèra enfin: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi ce que tu appelles un jardinier invisible, intangible, éternellement élusif diffère-t-il d’un jardinier imaginaire ou même de l’absence de jardinier ? »

Le théologien John Frame contra cette parabole avec cette histoire de son cru:

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle.

Un homme était là, arrachant les mauvaises herbes, appliquant du fertilisant, découpant les branches. L’homme se tourna vers les explorateurs et se présenta lui-même comme le jardinier royal. Un explorateur lui serra la main et échangea une plaisanterie.

L’autre ignora le jardinier et s’en détourna : « Il ne peut y avoir de jardinier dans cette partie de la jungle, il doit y avoir un truc. »

Ils installèrent leur camp. Tous les jours, le jardinier arrivait; il entretenait la parcelle de terre. Rapidement, le terrain fut couvert d’éclatantes fleurs.

« Il fait seulement cela parce nous sommes là, pour nous faire croire qu’il est un jardinier royal. »

Le jardinier les amèna ensuite dans son palais royal, il présenta les explorateurs aux officiels qui confirmèrent le statut du jardinier.

En dernier recours, le sceptique lança: « Nos sens nous trompent. Il n’y a pas de jardinier, pas de fleurs, pas de palais, pas d’officiels. C’est encore une blague ! »

Finalement, le croyant désespèra: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi un mirage, comme tu l’appelles, diffèrent-ils d’un vrai jardinier ? »

MA: Justin Taylor

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Citation du dimanche : Richard Dawkins sur Dieu

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« On peut dire que, de toutes les oeuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant : jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoifé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratique l’infanticide, le génocide et le « filicide ». »

- Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, 2006, éd. Robert Laffont, 2008, p. 38.

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

par

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Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

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Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

par

Religionvsscience

Dawkins défend avec véhémence l’idée que science et religion ne sont pas compatibles. Selon lui, on ne peut être à la fois scientifique et religieux. Bien au contraire, science et religion sont engagées dans un combat que la science finira un jour par emporter. Cette idée, très répandue pendant la seconde moitié du XIXème siècle, est aujourd’hui considérée comme étant éronnée. Il est indéniable que des conflits entre science et religion ont fait beaucoup de bruit par le passé, comme par exemple lors du débat entre Wilberforce et Huxley après la sortie de l‘Origine des espèces, ou beaucoup plus récemment lors d’un procès aux Etats-Unis.1

Mais ne confondons pas conflit et combat à mort. Dawkins est persuadé qu’une personne qui réfléchit un tant soit peu ne peut être croyante. Il attaque ouvertement ses « collègues » scientifiques ayant des convictions religieuses : « les scientifiques qui croient ou qui contribuent à une relation de travail positive entre science et religion appartiennent à l’école de Neville Chamberlain2 ».

Pour Dawkins, les sciences naturelles sont une « super-autoroute » vers l’athéisme. Comment expliquer alors que tant de scientifiques, connus et reconnus dans leurs domaines respectifs, soient des croyants convaincus3? Dans Rock of ages, Stephen Jay Gould4 affirme que « soit la moitié de [ses] collègues sont complètement stupides, soit la science du darwinisme est entièrement compatible avec les croyances religieuses conventionnelles, ainsi qu’avec l’athéisme ». C’est dans ce même livre que Gould a développé la notion de Non-Overlapping Magisteria (NOMA) ou « non-recouvrement des magistères », qui prône le respect mutuel, sans empiètement quant à la pulsion humaine à comprendre le caractère factuel de la Nature (le magistère de la Science) et le besoin de trouver du sens à sa propre existence et une base morale pour toute action (le magistère de la Religion).
A cette affirmation, Dawkins répond simplement que Gould n’a pas pu vouloir dire tout ce qu’il a écrit.

Dans The Dawkins delusion, Alister McGrath5 défend la vision d’un « recouvrement partiel des magistères », selon laquelle « la science et la religion offrent des possibilités de recouvrement à cause de l’interpénétration de leurs sujets et méthodes. ».
Lors d’un message à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le Pape Jean-Paul II reconnaissait que la théorie de l’évolution était « plus qu’une théorie ». On aurait pu penser que Dawkins se serait réjouit de ces paroles s’il avait voulu encourager les croyants à accepter la notion d’évolution biologique. Au lieu de cela, il déclare que Jean-Paul II avait fait preuve d’hypocrisie et de malhonnêteté vis-à-vis de la science. On voit bien de quelle manière Dawkins se sert de la science comme arme contre la religion. Lors d’un débat avec Alister McGrath, Dawkins a admis ne pas pouvoir prendre au sérieux quelqu’un qui croyait en la naissance virginale du Christ, ou en l’existence de miracles.

conflit2

Selon Dawkins, la science finira par tout expliquer, y compris la « persistance » de croyances religieuses. En effet, le fait qu’une proportion non négligeable de la population mondiale ait de telles croyances doit pouvoir s’expliquer de manière scientifique, et plus précisément par un processus d’évolution biologique. Dawkins s’inscrit dans la tradition d’explication naturaliste du monde, comme Marx, Feuerbach ou Freud avant lui. Il développe dans son livre la notion de « virus de l’esprit » et de « mèmes », des réplicateurs comparables aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.6

Sir Martin Rees7 reconnaît dans Our cosmic habitat que les réponses à certaines « questions ultimes » reposent au-delà de la science. Dire que la science a des limites ne constitue pas une critique ni une diffamation. En effet, les théories scientifiques ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels qu’on peut observer dans le monde, et non pas d’expliquer le monde. Pour Dawkins, toute personne osant soulever des questions quant aux limites de la science, ne peut qu’haïr la science. On sort ici du cadre de la science pour rentrer dans le scientisme, idéologie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d’échapper à l’ignorance, dans quelque domaine que ce soit.

Ecoutons ce qu’a dit Martin Luther King concernant la relation entre science et religion:

Il peut y avoir conflit entre hommes de religion à l’esprit fragile et hommes de science à l’esprit ferme, mais non point entre science et religion. Leurs mondes respectifs sont distincts et leurs méthodes différentes. La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe des faits, la religion s’occupe des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral. »


1- Le souhait de certains enseignants d’une école à Dover, aux Etats-Unis, de voir l’Intelligent Design enseigné comme théorie scientifique alternative à la théorie de l’Evolution, a donné lieu à un procès retentissant. Lire à ce sujet l’article paru dans Le Monde : La bataille scolaire entre créationistes et darwinistes divise les états américains.

2- Premier ministre britannique de mai 1937 à mai 1940, il est connu principalement pour la politique qu’il mena à partir de 1937 avec l’Allemagne. Il cède ainsi à toutes les exigences de Hitler sur les Sudètes lors de la conférence qui a abouti aux accords de Munich en septembre 1938

3- Nommons par exemple Francis Collins, généticien et ancien directeur du Projet Génome Humain, qui se déclare ouvertement chrétien. Il faisait partie de l’équipe de chercheurs ayant découvert le gène en cause dans la mucoviscidose.

4- Autre spécialiste de l’Evolution, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, dont la série Réflexions sur l’histoire naturelle.

5- Avant de devenir Professeur de théologie historique à Oxford, il a mené de la recherche en biologie moléculaire.

6- Dawkins a introduit la notion de « mème », terme qu’il a lui-même inventé, dans Le Gène égoïste.

7- Professeur d’astronomie, il est depuis décembre 2005 le président de la Royal Society.

Lire aussi :

Dieu n’est-il pas juste une illusion ?

par

- édité en 2008
the god delusion

Ludwig Feuerbach, un philosophe allemand, fut le premier à suggérer que Dieu n’était rien de plus qu’une projection, que la religion était une névrose universelle et que Dieu avait été créé à l’image de l’homme. Par la suite, Sigmund Freud, Karl Marx et Friedrich Nietzsche ont repris cette idée.

Est-ce que Dieu est un « Père cosmique » imaginaire inventé pour notre bien être personnel, pour nous soutenir dans les moments difficiles et douloureux de la vie, une sorte de béquille pour les faibles psychologiquement ?

Echec de l’argument

Tout d’abord, cette objection rate la bonne cible. En quoi nos désirs peuvent-ils avoir une influence sur ce qui est effectivement vrai ou faux ? On ne peut pas prouver la non-existence de Dieu en invoquant les avantages émotionnels que procure la foi en lui. Ça n’a pas de sens ! Les motivations psychologiques peuvent vous informer sur la maturité de la foi de la personne, mais elles ne disent rien à propos de la véracité de sa croyance.

L’origine de la croyance attaquée est prétendument psychologique. Or, vous ne pouvez réfuter quelque chose en démontrant les raisons psychologiques ou avantages émotionnels d’une personne qui a la foi, car les motivations psychologiques ou désirs ne permettent en aucun cas de prouver qu’une affirmation est vraie ou non. Cette preuve doit venir d’autres sources.

Imaginez que je vienne de terminer mon devoir de mathématiques et que j’annonce au professeur : « je crois que j’ai tout juste. » Que fera le professeur ? Il ne pourra jamais arriver à une conclusion en examinant mes motivations psychologiques. Sa seule chance de savoir si j’ai raison ou non est de s’asseoir à son bureau et de corriger mon devoir. S’il trouve mon calcul faux alors après il pourra peut être expliquer comment j’en suis arrivé à être si mauvais en maths.

Autrement dit, il faut d’abord montrer que quelqu’un se trompe avant d’expliquer pourquoi il s’est trompé.


Les athées ont-ils inventé le non-Dieu ?

Mais, il y a un second problème avec l’objection que Dieu n’existe pas parce que les hommes l’ont inventé
Renvoyons l’ascenseur à nos contradicteurs. L’interprétation de Dieu comme produit de désirs inconscients peut s’appliquer exactement de la même façon à l’argument de l’incrédule qui désire réfuter la religion. Son incrédulité peut aussi être le résultat de mécanismes psychologiques compliqués. Ne pourrait-on pas penser que les athées désirent se débarrasser de la figure du père ? Ne pourrait-on pas penser qu’à la place d’inventer Dieu, les non-croyants ont inventé l’athéisme pour échapper aux implications de l’existence de Dieu ? En effet, est-ce que tous les hommes ont envie que Dieu existe ? Prenons l’exemple d’un commandant d’un camp d’extermination durant la Seconde Guerre Mondiale. N’aurions-nous pas de bonnes raisons de penser qu’un tel officier aurait souhaité que Dieu n’existe pas, étant donné ce qui l’aurait attendu au jour du jugement dernier ? Ne peut-on pas penser que son athéisme est le produit de son désir ?

La foi chrétienne n’est pas un « buzz »

Dieu est-il un « pétard » pour atténuer une profonde douleur existentielle ?
Rien dans le christianisme biblique ne tend à créditer cette thèse. Quand une personne décide de suivre Christ, elle choisit une évasion dont le prix est élevé : la persécution, la lutte, la douleur (lire dans ce sens Hébreux 11). La Bible n’offre pas de « paradis » sur terre à la différence des joints, des beuveries du jeudi soir ou de la télévision.

Suivre Jésus-Christ implique la repentance et l’abandon de soi (Cf. Marc 8:34 [1]). Jésus ne trompe personne en annonçant que ceux qui veulent le suivre souffriront. En réalité, si la foi chrétienne était fausse, ce serait une arnaque pour masochiste (ceux qui tirent plaisir de la souffrance) mais pas une évasion.

[1] Marc 8:34 Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive.

Crédit photo: caainennius

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