Archives du tag : Athéisme

Ca commence là …

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 Dans le ventre de la mère, deux bébés discutent. L’un est croyant l’autre non.

Bébé-Athée (BA): Et toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?
- Bébé-Croyant (BC): Bien sûr. C’est évident que la vie après
l’accouchement existe. Et nous sommes juste ici pour devenir forts et
prêts pour ce qui nous attend après.
- BA : Tout ça c’est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement.
Est-ce que tu peux t’imaginer toi, à quoi une telle vie pourrait
ressembler ?
- BC : Eh bien, je ne connais pas tous les détails. Mais là-bas il y
aura beaucoup de lumière, beaucoup de joie. Et par exemple là-bas on
va manger avec notre bouche.
- BA : Mais c’est du n’importe quoi ! Nous avons notre cordon
ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Et de cette autre vie, il n’y
a encore eu aucun revenant. La vie se termine tout simplement par
l’accouchement.
- BC : Non ! Je ne sais pas exactement à quoi cette vie après
l’accouchement va ressembler mais dans tous les cas nous verrons notre
maman et elle prendra soin de nous.
- BA : Maman ? Tu crois en maman !? Et où se trouve-t-elle ?
- BC : Mais elle est partout ! Elle est autour de nous ! Grâce à elle
nous vivons, et sans elle nous ne sommes rien. Elle veille sur nous à
chaque instant.
- BA : C’est absurde ! Tu l’as déjà vue toi ? Moi non ! C’est donc
évident qu’elle n’existe pas. Et puis, si elle existait vraiment,
pourquoi ne se manifeste-t-elle pas ?
- BC : Eh bien, je ne suis pas d’accord. Car, parfois lorsque tout
devient calme, on peut entendre quand elle chante… sentir quand elle
caresse notre monde… Je suis certain que notre Vraie vie ne commence
qu’après l’accouchement.

Source : théâtre évangélique (merci Chloé !)

Image: David Castillo Dominici / FreeDigitalPhotos.net

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Christopher Hitchens (1949-2011)

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CP: Vanity Fair

L’écrivain et éditorialiste britannique Christopher Hitchens est mort à 62 ans des suites d’un cancer de l’œsophage la nuit dernière.

En France, Christopher Hitchens était connu pour son franc-parler anti-religieux. Athée notoire, avec Sam Harris et Richard Dawkins, il appartenait au « club » du nouvel athéisme. Il a écrit notamment Dieu n’est pas grand.

Dans ses dernières années, il a rédigé quelques articles sur son cancer et sa mort imminente. Il semble qu’il ait persisté dans son scepticisme jusqu’à la fin de sa vie…

Son cancer avait été diagnostiqué en juin 2010.

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Deux paraboles pour et contre l’athéisme

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Le philosophe britannique Anthony Flew (1923-2010) rédigea en 1955 une parabole dans le but de montrer qu’il n’y a aucune différence entre un « jardinier invisible » et l’absence de jardinier.

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle. Dans la clairière poussaient de nombreuses fleurs et mauvaises herbes.

Un explorateur dit: « Un jardinier doit prendre soin de cette parcelle de terre. »

L’autre en désaccord répondit : « Il n’y a pas de jardinier »

Ils plantèrent leurs tentes et se tinrent sur leurs gardes.

Pas de jardinier en vue.

« Mais peut-être qu’il y a un jardinier invisible »

Ils construisirent donc une barrière en fils barbelés. Ils l’électrifièrent. Ils patrouillèrent avec des limiers. (Ils se rappelaient en effet que l’Homme Invisible de H. G. Well pouvait à la fois être senti et touché sans être vu).

Mais aucun hurlement ne suggéra la présence d’un intrus. Aucun mouvement des fils ne trahit un grimpeur invisible. Les limiers ne donnèrent pas l’alerte.

Cependant, le croyant ne fut pas encore convaincu : « Mais il y a un jardinier, invisible, intangible, insensible aux chocs électriques, un jardinier qui n’a pas d’odorat et ne fait pas de bruit, un jardinier qui vient secrètement prendre soin du jardin qu’il aime. »

Le sceptique désespèra enfin: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi ce que tu appelles un jardinier invisible, intangible, éternellement élusif diffère-t-il d’un jardinier imaginaire ou même de l’absence de jardinier ? »

Le théologien John Frame contra cette parabole avec cette histoire de son cru:

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle.

Un homme était là, arrachant les mauvaises herbes, appliquant du fertilisant, découpant les branches. L’homme se tourna vers les explorateurs et se présenta lui-même comme le jardinier royal. Un explorateur lui serra la main et échangea une plaisanterie.

L’autre ignora le jardinier et s’en détourna : « Il ne peut y avoir de jardinier dans cette partie de la jungle, il doit y avoir un truc. »

Ils installèrent leur camp. Tous les jours, le jardinier arrivait; il entretenait la parcelle de terre. Rapidement, le terrain fut couvert d’éclatantes fleurs.

« Il fait seulement cela parce nous sommes là, pour nous faire croire qu’il est un jardinier royal. »

Le jardinier les amèna ensuite dans son palais royal, il présenta les explorateurs aux officiels qui confirmèrent le statut du jardinier.

En dernier recours, le sceptique lança: « Nos sens nous trompent. Il n’y a pas de jardinier, pas de fleurs, pas de palais, pas d’officiels. C’est encore une blague ! »

Finalement, le croyant désespèra: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi un mirage, comme tu l’appelles, diffèrent-ils d’un vrai jardinier ? »

MA: Justin Taylor

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Série : Pour en finir avec Dieu

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Retrouvez la série de Jonathan Kitt sur le Nouvel Athéisme :

- Pour en finir avec Dieu : Le Nouvel Athéisme
- Pour en finir avec Dieu : Dieu existe-t-il ?
- Pour en finir avec Dieu : science et religion sont-elle compatibles ?
- Pour en finir avec Dieu : la religion est-elle l’origine de tous les maux ?

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Citation du dimanche : Richard Dawkins sur Dieu

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« On peut dire que, de toutes les oeuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant : jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoifé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratique l’infanticide, le génocide et le « filicide ». »

- Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, 2006, éd. Robert Laffont, 2008, p. 38.

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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4 preuves que souhaite un athée pour croire en l’existence de Dieu

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Dernièrement, j’ai eu le plaisir de dialoguer avec un sceptique sur un site Internet. Après avoir passé en revue quelques obstacles entre mon interlocuteur et la foi en Dieu, je lui ai demandé combien et quel genre de preuves il attendait pour croire en l’existence de Dieu. Je retrace dans cet article les grande ligne de la discussion en y ajoutant quelques commentaires et précisions.

 

Rationalisme

 

Dans son dernier livre The Reason For God, Tim Keller définit le point de vue de mon interlocuteur de la façon suivante : « (Le rationaliste présume que) personne ne devrait croire une affirmation à moins qu’elle puisse être prouvée rationnellement par la logique ou empiriquement par l’expérience. Qu’est-ce que « prouvée » signifie ici ? Dans cette perspective, une preuve est un argument si fort qu’aucune personne dotée de facultés logiques opérant normalement aurait aucune raison de ne pas croire. »1 Mais comment prouver empiriquement que personne ne devrait croire quelque chose sans une preuve empirique ? Vous ne pouvez pas. Au final, il s’agit d’une simple croyance.

Le rationaliste présume aussi qu’il est possible d’être absolument objectif. Mais aujourd’hui tous les philosophes sont d’accord pour dire que c’est impossible. Nous venons tous avec un tas d’expériences et d’arrières plans culturels et religieux différents qui influencent grandement notre pensée et la façon dont nous raisonnons. Il n’est pas juste de demander un argument que toute personne devrait croire.

Personnellement, je ne doute pas que mon interlocuteur était tout à fait ouvert à l’idée qu’on lui prouve l’existence de Dieu. Malheureusement, après évaluation des dites « preuves », il s’est avéré qu’aucune n’était valable dans son propre système de pensée. Le message qu’il envoyait était que « rien ne peut me convaincre de l’existence de Dieu » …

Les quatre preuves étaient :

-    Efficacité de la prière démontrée statistiquement avec une méthodologie valable

-    Démonstration d’une justice divine sur Terre

-    Témoignages de défunts qui se recouperaient

-    Démonstration de l’existence et de la survie d’une “âme” et message divin intelligible

 

Preuve #1 : Efficacité de la prière démontrée statistiquement avec une méthodologie valable


Pour mon interlocuteur, « une preuve de l’efficacité de la prière serait facile à obtenir … L’important est de s’accorder sur un protocole honnête, c’est tout à fait faisable … Il suffit de comparer la survenance d’un évènement pour lequel on prie et celle d’un évènement pour lequel on ne prie pas en excluant, par un groupe témoin, les effets placebo. »

Qu’est-ce que la prière ? Pour un chrétien, prier n’est pas seulement demander des choses à Dieu (bien sûr les requêtes ont leur place). Prier, c’est entrer en relation avec Dieu pour que notre cœur s’accorde avec le sien. Qu’entend-on par là ? Prier, ce n’est pas tenter de faire infléchir la divinité pour qu’elle réponde à notre requête. Pourtant, combien de personnes considèrent la prière comme étant une série de vœux que le génie de la lampe doit exaucer ? Dans la perspective biblique, prier c’est chercher à connaître le cœur de Dieu pour mettre le nôtre à son diapason.

Clairement, lorsqu’on parle de prière, on parle de la souveraineté de Dieu (Dieu est maître de toutes choses et en toutes choses, il a le dernier mot). Le fait que Dieu soit souverain est dérangeant pour le sceptique qui a tôt fait de comparer cela à un « essaye pas de piger, c’est divin ». Si Dieu existe et qu’il est créateur, alors nous sommes créatures. C’est bien simple, si Dieu existe alors nous ne jouons pas dans la même catégorie. L’ordre inférieur dépend du supérieur. Le supérieur ne se soumet pas au caprice de l’ordre inférieur.

Pour cette première preuve, la méthodologie ne colle pas avec l’objet de l’étude. On ne met pas Dieu dans un tube essai …

 

Preuve #2 : Démonstration d’une justice divine sur cette terre


Qui n’a jamais été profondément choqué par l’injustice sur cette terre ? Pour certains, le fait qu’il y ait tant d’injustices dans ce monde est une preuve que Dieu n’existe pas.

Le brillant auteur et conférencier chrétien Ravi Zacharias relate l’anecdote suivante. Alors qu’il répond aux questions des étudiants de l’université de Nottingham en Angleterre, l’un d’eux l’interrompt et se dresse brusquement à sa place. Visiblement consterné par les propos tenus par Zacharias, il lui lance: « Si Dieu existe pourquoi le mal ? »

Ravi lui demande de rester debout et lui répond : « D’accord, c’est une question importante et je veux, comme vous, y apporter une réponse satisfaisante sans abandonner la raison. Dans votre question, vous supposez que le mal existe, c’est bien ça ? » L’étudiant acquiesce. Zacharias continue : « Vous supposez donc aussi l’existence de ce qu’on appelle le bien. Vous êtes d’accord ? » L’étudiant acquiesce à nouveau. « Alors, quand vous supposez l’existence du mal et du bien, vous supposez aussi l’existence d’une loi morale pour différencier entre le bien et le mal, enchaîne Zacharias. Par conséquent, vous supposez l’existence d’un législateur moral. Autrement dit, Dieu. Mais ce n’était pas ce que vous essayez de prouver. Au contraire, c’est ce que vous essayez de réprouver. Mais si vous réprouvez l’existence d’un législateur moral, alors vous faîtes de même pour la loi morale. Sans loi morale, vous n’avez aucun moyen de différencier entre ce qui est bien et ce qui est mal. Donc pas de bien, pas de mal. Par conséquent, quelle est votre question ? » L’étudiant, livide, répond : « qu’est-ce que j’étais entrain de vous demander ? »

Cette anecdote nous éclaire sur le point suivant : pour émettre un jugement moral, vous avez besoin d’un cadre dans lequel la question du mal et de l’injustice peut valablement émerger. Or si Dieu n’existe pas alors il n’existe pas un tel cadre. Si Dieu n’existe pas, dire que telle action est bonne ou mauvaise n’est rien de plus que l’expression d’un goût personnel ou d’une préférence (tel que j’aime le bleu ou je n’aime pas les broccolis), ou bien, l’expression d’une pure convention culturelle. Par conséquent, comment pouvez-vous dire que cela s’applique partout et à tout le monde ? Pourtant, nous savons bien que violer des petits enfants est absolument injuste et mauvais que l’on soit né en Europe, en Asie ou en Afrique. De tels absolus ne sauraient être expliqués sans postuler l’existence de Dieu.

Je ne suis pas entrain d’écrire que les athées sont incapables d’accomplir une action bonne. Je ne suis pas non plus entrain d’argumenter qu’il faille croire en Dieu pour différencier entre le bien et le mal. Bien sûr, les athées sont capables d’accomplir des actions moralement bonnes. Bien sûr, ils sont capables de différencier entre le bien et le mal. Mais sur quel fondement ? S’ils sont juste le produit d’un processus aveugle, d’où vient ce sentiment que le monde est réellement injuste ?

Demander une démonstration d’une justice divine sur terre, c’est déjà postuler l’existence de Dieu. Si Dieu n’existe pas alors cette preuve ne peut subsister en tant que telle. Dans un monde peuplé d’individus sans yeux, personne n’a jamais vu le jour. Dans un tel monde, personne ne peut différencier entre la nuit et le jour. Le mot « nuit » n’a donc pas de sens. Demander une preuve de la justice divine sans cadre dans lequel la question peut logiquement émerger n’a au final pas de sens et donc échoue forcément.

 

Preuve #3 : Témoignages de défunts qui se recouperaient.


À ma connaissance, il n’existe qu’un seul témoignage d’une personne morte et revenue à la vie : la personne de Jésus-Christ. Quand j’ai demandé à mon interlocuteur pourquoi il refusait ce témoignage, sa réponse révélait un manque évident d’information sur la fiabilité des documents de la Bible. Pour lui, il ne faisait aucun doute que les évangiles sont des mythes, des compositions tardives « édulcoré(es), remanié(es), amélioré(es), enluminé(es) par le clergé des siècles plus tard ».  Ce qui est tout simplement faux puisque les documents du Nouveau Testament ont été datés entre 60 et 120 après J.C. Soit seulement 30 ans après la mort de Jésus-Christ pour les premiers écrits. Il ne s’agit donc pas d’une composition tardive.

De plus, les évangiles n’ont tout simplement pas les caractéristiques d’un mythe. C.S. Lewis, professeur de littérature, fait le commentaire suivant : « J’ai lu des poèmes, des fictions, des récits littéraires, des légendes et des mythes toute ma vie. Je sais à quoi ils ressemblent. Je sais qu’aucun n’est comme (les évangiles). De ces textes, on peut seulement tracer deux perspectives. Soit, c’est un rapport historique … soit, quelques auteurs inconnus … sans prédécesseurs ou successeurs connus, ont soudainement anticipé la technique des nouvelles modernes, des narratifs réalistes … »

Si Jésus est ressuscité des morts, il y a eu, bel et bien, un miracle divin et, donc, une preuve de l’existence de Dieu. Nous avons par conséquent une preuve indirecte de l’existence de Dieu. Mais l’expression est lâchée : « miracle divin ». Dans son article sur l’historicité de l’évangile de Marc, Peter Williams,  directeur de Tyndale House à Cambridge, écrit ce commentaire pertinent : « S’il n’y avait pas le problème des miracles dans l’évangile de Marc, il est hautement probable que sa fiabilité ne serait même pas débattue parmi les historiens. »2 La résurrection n’est pas un problème historique, mais un vrai problème philosophique. Pour quelqu’un qui a embrassé la vision naturaliste du monde, il n’est pas envisageable qu’un défunt ressuscite. Le rapport de la résurrection de Jésus est donc a priori suspecte. Nombreux sont les experts du Nouveau Testament qui rejettent l’explication du miracle divin. Pourquoi ? Parce qu’on sait tous pertinent que les morts ne ressuscitent pas. Cependant, pour quelqu’un qui est ouvert au surnaturel, la résurrection d’un défunt est tout à fait possible. Ainsi Anthony Flew, le célèbre biologiste qui a longtemps navigué sous la bannière athée avant de devenir déiste*, a affirmé que sa croyance en Dieu rendait la résurrection en Jésus-Christ réellement possible.

Ainsi, les témoignages de défunts se recoupant ne seraient pas une preuve pour quelqu’un qui croit en la vision naturaliste du monde. Car, les morts ne reviennent pas à la vie. La résurrection d’un être, même bien établie historiquement, est a priori suspecte. Je vais rentrer dans les détails dans les lignes suivantes.

 

Preuves #4 : Démonstration de l’existence et de la survie d’une “âme” et message divin intelligible

 

Dans notre discussion, mon interlocuteur a plusieurs fois rappelé que « l’inexpliqué n’explique rien. » Pourtant, ce sont bien des preuves qui entrent dans la catégorie « inexplicable » qu’il espère pour croire en l’existence de Dieu. En vertu de son critère « l’inexpliqué n’explique rien », aucune de ces preuves ne saurait être acceptable (on aurait pu faire entrer la preuve #3 dans cette section mais j’ai préféré lui réserver un traitement spécifique tant elle me semble importante).

Pourquoi ces preuves échouent-elles dans un système naturaliste ?

Imaginez un distributeur de boissons qui n’accepte que les pièces de 5, 20 et 50 centimes d’euros. Que se passe-t-il si vous lui tendez une pièce de 10 centimes d’euros ? La machine va juste « recracher » votre pièce et vous demander d’insérer la bonne valeur. Rappelez-vous dans le cas de notre interlocuteur, « l’inexpliqué n’explique rien ». Pour lui,  toute affirmation (notamment sur Dieu et l’âme) n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement. Dans ce système, une proposition surnaturelle (Dieu ou l’âme) représente la pièce de 10 centimes que le distributeur de boissons ne peut recevoir pour la traiter. A priori, notre interlocuteur rejette de telles explications. Comment peut-il espérer y voir une preuve par conséquent ?

C.S. Lewis, perspicace à ce sujet, a écrit : « Si la fin du monde nous surprenait littéralement telle qu’elle est décrite dans l’Apocalypse – si le matérialiste moderne voyait de ses propres yeux le ciel s’ouvrir et le grand trône blanc apparaître, s’il se sentait précipité dans l’étang de feu, il ne cesserait durant toute l’éternité, au fond de cet étang de feu, de considérer son expérience comme une hallucination et d’y voir le symptôme d’une maladie mentale ou d’une lésion de son cerveau. »3

Devant un fait inexpliqué, le matérialiste moderne recherchera toujours une explication d’après ses propres convictions.

Dans le christianisme, il est précisément question d’un message divin intelligible. Dieu se révèle à travers la Bible : « A bien des reprises et de bien des manières, Dieu a parlé autrefois à nos ancêtres par les prophètes. Et maintenant, dans ces jours qui sont les derniers, c’est par son Fils qu’il nous a parlé. … » (Hébreux 1.1-2). Dieu parle et s’est fait connaître aux hommes à travers les écrits des prophètes et par son Fils unique Jésus-Christ (voir aussi Jean 1 :18). Souvent les sceptiques argumentent que la Bible n’est qu’un ensemble d’écrits religieux purement humains. Croire que Dieu est l’inspirateur de tels textes, c’est faire preuve d’une foi aveugle.. Mais dire cela, c’est aussi faire un saut de foi. Comment pouvez-vous savoir que Dieu ne l’a pas inspiré à moins d’exclure a priori cette possibilité ?

 

Quand la métaphysique rencontre la physique

Enfin, une des affirmations les plus fortes de la Bible, et qu’aucune autre religion ne partage, est que Dieu s’est fait homme (Jean 1.14). Quand Jésus était sur terre, les hommes voyaient vraiment Dieu. Ils pouvaient le voir, le toucher et l’entendre. Si c’est vrai, c’est le moment le plus important de l’histoire. Le moment où la métaphysique (ce qui est au-delà de la nature) a rencontré la physique (ce qui est de l’ordre de la nature). Si les rapports des témoins sont vrais, je pense qu’ils le sont, alors Jésus est la meilleure preuve que Dieu existe et que le christianisme est vrai.

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la discussion ici (mars 2009)

(1) Keller, Tim, The Reason for God, p. 118

(2) Williams, Peter, The Historical Reliabity of Mark’s Gospel (mars 2009)

(3) Lewis, C.S., Miracles.

 

 

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Pourquoi le débat Création/Evolution est un terrain miné

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Certains sujets de conversation semblent être à éviter si on souhaite avoir une discussion paisible. Qui n’a pas assisté ou pris part à un débat passionné sur des sujets comme « Si Dieu existe, pourquoi le mal? », « La science n’a-t-elle pas mis Dieu au placard? »… Le débat entre Création et Evolution fait partie de ces sujets brûlants. Il suffit de voir les couvertures de livres ou de magazines qui sortent fréquemment sur ce thème pour se rendre compte que 150 ans après la publication de l’Origine des espèces de Charles Darwin, la question fait encore couler énormément d’encre. Le Nouvel Observateur daté du Jeudi 22 janvier 2009 titrait sa Une « Dieu contre la science », et le Hors-Série de Scientific American de janvier 2009, « The Evolution of evolution », consacre un article aux «derniers tours des créationnistes ».

Comme c’est souvent le cas dans ce genre de débat, ce sont les positions les plus extrêmes qui parlent le plus fort et qu’on entend le plus. On a d’un côté le militantisme athée (avec comme chef de file Richard Dawkins dont nous avons longuement parlé dans la série Pour en finir avec Dieu) qui se sert de la théorie de l’évolution comme argument contre l’existence de Dieu en affirmant que la théorie est intrinsèquement athée. De l’autre côté, les croyants fervents pour qui la théorie de l’évolution est incompatible avec leur foi car elle ne laisse pas la place à leur croyance en un Dieu Créateur.

Afin d’éviter des incompréhensions, il nous semble primordial de définir les termes « Création » et « Evolution ». Combien de fois, lorsque le sujet est soulevé, nous entendons dire, d’un côté comme de l’autre, « Mais la question ne se pose même pas! ». Essayons de comprendre ce que les biologistes veulent dire quand ils parlent d’évolution et ce que les croyants entendent par création, ainsi le débat sera peut-être plus constructif.
Par l’utilisation contemporaine du terme « évolution », les biologistes font référence à un processus résultant en des changements héritables dans une population, répartis sur de nombreuses générations. Ces changements surviennent par l’intermédiaire des mutations génétiques.
Dans le cadre biblique, le terme « création » ne se réfère pas à un mécanisme particulier d’explication des origines de la diversité biologique, mais à la relation entre Dieu et tout ce qui existe.
Si on s’en tient à ces définitions, Création – en tant que terme théologique exprimant la relation créative immanente et continue de Dieu avec l’univers tout entier – et Evolution – en tant que théorie scientifique expliquant la diversité biologique – ne sont pas incompatibles.
Si on accepte ces définitions, on se rend compte que le fait de formuler le débat par la question « Création ou Evolution » constitue ce qu’on appelle en philosophie une erreur de catégorie. On ne peut débattre correctement si dès la formulation de la question, on mélange deux « niveaux », à savoir une théorie scientifique et une croyance.

Malheureusement, ces deux termes traînent derrière eux un très lourd bagage idéologique.
Les mots étant définis par l’usage qu’on en fait, les termes « création » et « créationniste » sont aujourd’hui devenus attachés aux personnes qui rejettent en bloc la théorie de l’évolution, conception largement véhiculée par les médias.
Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution en l’accusant d’être à l’origine d’idéologies telles le capitalisme, le communisme et le racisme, en particulier à travers la notion de « survie du plus apte ». Il est important de souligner que ce concept a été développé par Herbert Spencer qui a popularisé la théorie à la fin du XIXème en affirmant qu’elle représentait non seulement une théorie scientifique mais également une grande philosophie pour l’ensemble de la vie, de l’histoire et du progrès humain.

Il est intéressant de noter que la théorie fut assez facilement adoptée par les penseurs chrétiens lors de la publication de l’Origine des espèces. Asa Gray par exemple, Professeur d’Histoire Naturelle à Harvard et presbytérien orthodoxe, confident de longue date de Darwin, fit une critique très positive du livre et arrangea sa publication aux Etats-Unis en 1860. En contraste, un récent sondage révèle que presque la moitié des américains ne croit pas en la théorie de l’évolution.

Certains scientifiques considèrent qu’il est irrationnel de croire en l’existence d’un Dieu Créateur, et que les découvertes scientifiques sont incompatibles avec le récit de la Création biblique. Mais la Bible n’est pas un manuel scientifique. La littérature scientifique telle qu’on la trouve actuellement dans les revues scientifiques spécialisées est relativement récente. La Bible a beaucoup à nous dire sur le sens de la Création, pas sur les mécanismes de la création. Le livre de la Genèse apporte des réponses à des questions sur le « pour-quoi », non sur le « comment ». Il nous présente un Dieu puissant, Créateur et plein de grâce. Il nous dévoile aussi dans quel monde nous vivons, ce que signifie être humain. Surtout, il nous révèle que toute la création a besoin d’un Rédempteur. Le message essentiel de la Bible est en effet que Jésus-Christ a accompli le sacrifice parfait qui seul pouvait renouer notre relation avec DIeu, relation ternie par le choix délibéré de l’Homme de vivre sans Dieu.

Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution parce qu’ils la considèrent trop matérialiste. Ils pensent qu’un chrétien honnête ne peut adopter la théorie sans remettre en question sa foi. Comme nous l’avons déjà mentionné, la théorie en elle-même n’est pas matérialiste, ce sont les extrapolations métaphysiques qui en ont été faites qui les sont. Le fait que les athées militants se servent de la théorie de l’évolution comme d’un argument contre l’existence de Dieu n’a fait que renforcer cette idée. Ces chrétiens ont du mal à comprendre comment un scientifique chrétien peut par exemple mener de la recherche en biologie sans laisser sa foi à l’entrée du laboratoire.
Un chrétien et un athée travaillant dans un laboratoire tenteront de comprendre le fonctionnement de leur objet de recherche. Le fait qu’ils soient athée ou croyant n’empêchera nullement qu’ils parviennent aux mêmes conclusions. Ce seront leurs interprétations métaphysiques qui seront différentes. Les deux pourront s’émerveiller à travers leurs recherches de la complexité de l’univers, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Le croyant peut s’émerveiller tout autant que l’athée (Dawkins par exemple prétend que la foi rend cet émerveillement impossible). A la différence du dernier, il croit que Dieu est à l’origine de ce qu’il observe. La foi en un Dieu Créateur ne rend pas moins intéressante la tâche de chercheur ! La science nous permet d’étudier et de comprendre comment fonctionne le monde que Dieu a créé.

En réponse à l’affirmation de certains scientifiques que la théorie de l’évolution élimine la possibilité d’un Dieu Créateur, des croyants ont voulu justement montrer que des processus particuliers ne peuvent s’expliquer par des mécanismes darwiniens, et qu’il faut alors invoquer un « Concepteur intelligent » pour expliquer ces mécanismes. C’est l’argument du « Dieu-des-trous » que l’on a pu rencontrer au cours des années sous différentes formes. Le problème de vouloir mettre Dieu là où la science ne peut (pas encore) expliquer certains phénomènes est que ces trous risquent tôt ou tard d’être comblés. En science, quand on parle des manques actuels dans les connaissances, l’attitude à avoir serait de « ne jamais dire jamais ». Cette idée est bien illustrée par le discours de Lord Kelvin à la British Association for the Advancement of Science en 1900, lorsqu’il affirma qu’ « il ne reste plus rien à découvrir en physique maintenant. Tout ce qu’il nous reste sont des mesures de plus en plus précises ». Quelques années plus tard, Albert Einstein révolutionnait le monde de la physique.
Nous croyons que Dieu est le Créateur de toutes choses, pas seulement de ce qu’on ne peut à priori pas expliquer scientifiquement.
Une autre phrase qu’on peut souvent entendre prononcée par des chrétiens est que « l’évolution n’est qu’une théorie ». Ici encore, il s’agit d’une mauvaise compréhension de la signification du terme « théorie ». Une théorie scientifique constitue au moment où elle est utilisée la meilleure explication des phénomènes naturels observés. Il ne s’agit pas d’une hypothèse farfelue, mais d’un cadre de travail au sein duquel les scientifiques peuvent mener leurs recherches.

Dans les milieux chrétiens, on entend souvent dire que le débat Création/Evolution est d’importance secondaire. Dans un sens c’est vrai, mais il faut savoir ce qu’on entend par Création/Evolution. S’il ne s’agit que d’un débat scientifique sur la manière dont la diversité biologique s’est développée au cours du temps, alors oui c’est un débat d’importance secondaire.
Mais nous pensons que le fond du débat se situe autre part. Si les athées et les croyants débattent aussi souvent sur le sujet, et que les athées se servent de la théorie pour montrer que Dieu n’existe pas, alors que les croyants refusent d’accepter la théorie parce qu’elle est trop matérialiste, il nous semble judicieux d’essayer de resituer le débat là ou il se situe vraiment.
Si le but du débat est de montrer que Dieu existe ou pas, pourquoi ne pas sortir du débat pseudo-scientifique, qui nous semble de toute façon sans fin, et le reformuler en débat entre théisme et matérialisme? Il nous semble que la vraie question qui repose au fond des discussions est plutôt « Dieu ou pas Dieu? » Cette question est, elle, d’importance primordiale. Si on croit que Dieu existe, ou même si on ne fait qu’envisager la possibilité de son existence, alors on peut croire qu’Il a créé l’univers. Et si c’est le cas, il peut l’avoir créé de la manière qu’Il voulait, que ce soit en six jours de vingt-quatres heures ou sur des périodes de temps beaucoup plus longues par des mécanismes évolutifs.

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Richard Dawkins fait une concession

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Le 21 octobre 2008, John Lennox et Richard Dawkins débattaient au Musée d’Histoire Naturelle d’Oxford. Après cet échange, Justin Brierley, de la Premier Christian Radio, fit un rapport de ce débat et de son interview avec Richard Dawkins. On trouve dans son programme radio de plus amples détails sur ce débat (disponible ici en anglais), ainsi que sur la conférence de presse qui suivit le débat et son interview avec John Lennox.

Richard Dawkins fit une affirmation surprenante:

Un plaidoyer sérieux peut être fait en faveur d’un dieu déiste ».

Cela semble être une concession majeure de la part de Dawkins, qui semble admettre que des arguments et preuves sérieux peuvent être donnés en faveur d’un dieu qui a créé l’univers (mais qui le laissa ensuite prendre soin de lui-même). S’il s’agit d’un « plaidoyer sérieux », alors Dawkins semble reconnaître que les preuves et les arguments de ce plaidoyer doivent être examinés soigneusement et ne peuvent être (et ne devraient pas, en tant que bon scientifique) être immédiatement rejetés.

Melanie Phillips pose dans le Spectator la question suivante : Richard Dawkins est-il toujours en train d’évoluer ? Elle poursuit en écrivant que Dawkins reconnaissait être ouvert à la croyance que la vie sur terre serait apparue suite à une intervention extraterrestre.

A quel point les concessions de Dawkins sont-elles sérieuses ? Où le mèneront-elles ? Nous devons au moins applaudir l’honnêteté intellectuelle dont Dawkins fait preuve dans un tel aveu. Il semblerait qu’une suite du livre Pour en finir avec Dieu soit prévue. Se pourrait-il qu’après les livres pour enfants qu’il compte écrire la suite de Pour en finir avec Dieu expose ce « plaidoyer sérieux…pour un dieu déiste » ?

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Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

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Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

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