Pourquoi le débat Création/Evolution est un terrain miné

Certains sujets de conversation semblent être à éviter si on souhaite avoir une discussion paisible. Qui n’a pas assisté ou pris part à un débat passionné sur des sujets comme « Si Dieu existe, pourquoi le mal? », « La science n’a-t-elle pas mis Dieu au placard? »… Le débat entre Création et Evolution fait partie de ces sujets brûlants. Il suffit de voir les couvertures de livres ou de magazines qui sortent fréquemment sur ce thème pour se rendre compte que 150 ans après la publication de l’Origine des espèces de Charles Darwin, la question fait encore couler énormément d’encre. Le Nouvel Observateur daté du Jeudi 22 janvier 2009 titrait sa Une « Dieu contre la science », et le Hors-Série de Scientific American de janvier 2009, « The Evolution of evolution », consacre un article aux «derniers tours des créationnistes ».

Comme c’est souvent le cas dans ce genre de débat, ce sont les positions les plus extrêmes qui parlent le plus fort et qu’on entend le plus. On a d’un côté le militantisme athée (avec comme chef de file Richard Dawkins dont nous avons longuement parlé dans la série Pour en finir avec Dieu) qui se sert de la théorie de l’évolution comme argument contre l’existence de Dieu en affirmant que la théorie est intrinsèquement athée. De l’autre côté, les croyants fervents pour qui la théorie de l’évolution est incompatible avec leur foi car elle ne laisse pas la place à leur croyance en un Dieu Créateur.

Afin d’éviter des incompréhensions, il nous semble primordial de définir les termes « Création » et « Evolution ». Combien de fois, lorsque le sujet est soulevé, nous entendons dire, d’un côté comme de l’autre, « Mais la question ne se pose même pas! ». Essayons de comprendre ce que les biologistes veulent dire quand ils parlent d’évolution et ce que les croyants entendent par création, ainsi le débat sera peut-être plus constructif.
Par l’utilisation contemporaine du terme « évolution », les biologistes font référence à un processus résultant en des changements héritables dans une population, répartis sur de nombreuses générations. Ces changements surviennent par l’intermédiaire des mutations génétiques.
Dans le cadre biblique, le terme « création » ne se réfère pas à un mécanisme particulier d’explication des origines de la diversité biologique, mais à la relation entre Dieu et tout ce qui existe.
Si on s’en tient à ces définitions, Création – en tant que terme théologique exprimant la relation créative immanente et continue de Dieu avec l’univers tout entier – et Evolution – en tant que théorie scientifique expliquant la diversité biologique – ne sont pas incompatibles.
Si on accepte ces définitions, on se rend compte que le fait de formuler le débat par la question « Création ou Evolution » constitue ce qu’on appelle en philosophie une erreur de catégorie. On ne peut débattre correctement si dès la formulation de la question, on mélange deux « niveaux », à savoir une théorie scientifique et une croyance.

Malheureusement, ces deux termes traînent derrière eux un très lourd bagage idéologique.
Les mots étant définis par l’usage qu’on en fait, les termes « création » et « créationniste » sont aujourd’hui devenus attachés aux personnes qui rejettent en bloc la théorie de l’évolution, conception largement véhiculée par les médias.
Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution en l’accusant d’être à l’origine d’idéologies telles le capitalisme, le communisme et le racisme, en particulier à travers la notion de « survie du plus apte ». Il est important de souligner que ce concept a été développé par Herbert Spencer qui a popularisé la théorie à la fin du XIXème en affirmant qu’elle représentait non seulement une théorie scientifique mais également une grande philosophie pour l’ensemble de la vie, de l’histoire et du progrès humain.

Il est intéressant de noter que la théorie fut assez facilement adoptée par les penseurs chrétiens lors de la publication de l’Origine des espèces. Asa Gray par exemple, Professeur d’Histoire Naturelle à Harvard et presbytérien orthodoxe, confident de longue date de Darwin, fit une critique très positive du livre et arrangea sa publication aux Etats-Unis en 1860. En contraste, un récent sondage révèle que presque la moitié des américains ne croit pas en la théorie de l’évolution.

Certains scientifiques considèrent qu’il est irrationnel de croire en l’existence d’un Dieu Créateur, et que les découvertes scientifiques sont incompatibles avec le récit de la Création biblique. Mais la Bible n’est pas un manuel scientifique. La littérature scientifique telle qu’on la trouve actuellement dans les revues scientifiques spécialisées est relativement récente. La Bible a beaucoup à nous dire sur le sens de la Création, pas sur les mécanismes de la création. Le livre de la Genèse apporte des réponses à des questions sur le « pour-quoi », non sur le « comment ». Il nous présente un Dieu puissant, Créateur et plein de grâce. Il nous dévoile aussi dans quel monde nous vivons, ce que signifie être humain. Surtout, il nous révèle que toute la création a besoin d’un Rédempteur. Le message essentiel de la Bible est en effet que Jésus-Christ a accompli le sacrifice parfait qui seul pouvait renouer notre relation avec DIeu, relation ternie par le choix délibéré de l’Homme de vivre sans Dieu.

Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution parce qu’ils la considèrent trop matérialiste. Ils pensent qu’un chrétien honnête ne peut adopter la théorie sans remettre en question sa foi. Comme nous l’avons déjà mentionné, la théorie en elle-même n’est pas matérialiste, ce sont les extrapolations métaphysiques qui en ont été faites qui les sont. Le fait que les athées militants se servent de la théorie de l’évolution comme d’un argument contre l’existence de Dieu n’a fait que renforcer cette idée. Ces chrétiens ont du mal à comprendre comment un scientifique chrétien peut par exemple mener de la recherche en biologie sans laisser sa foi à l’entrée du laboratoire.
Un chrétien et un athée travaillant dans un laboratoire tenteront de comprendre le fonctionnement de leur objet de recherche. Le fait qu’ils soient athée ou croyant n’empêchera nullement qu’ils parviennent aux mêmes conclusions. Ce seront leurs interprétations métaphysiques qui seront différentes. Les deux pourront s’émerveiller à travers leurs recherches de la complexité de l’univers, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Le croyant peut s’émerveiller tout autant que l’athée (Dawkins par exemple prétend que la foi rend cet émerveillement impossible). A la différence du dernier, il croit que Dieu est à l’origine de ce qu’il observe. La foi en un Dieu Créateur ne rend pas moins intéressante la tâche de chercheur ! La science nous permet d’étudier et de comprendre comment fonctionne le monde que Dieu a créé.

En réponse à l’affirmation de certains scientifiques que la théorie de l’évolution élimine la possibilité d’un Dieu Créateur, des croyants ont voulu justement montrer que des processus particuliers ne peuvent s’expliquer par des mécanismes darwiniens, et qu’il faut alors invoquer un « Concepteur intelligent » pour expliquer ces mécanismes. C’est l’argument du « Dieu-des-trous » que l’on a pu rencontrer au cours des années sous différentes formes. Le problème de vouloir mettre Dieu là où la science ne peut (pas encore) expliquer certains phénomènes est que ces trous risquent tôt ou tard d’être comblés. En science, quand on parle des manques actuels dans les connaissances, l’attitude à avoir serait de « ne jamais dire jamais ». Cette idée est bien illustrée par le discours de Lord Kelvin à la British Association for the Advancement of Science en 1900, lorsqu’il affirma qu’ « il ne reste plus rien à découvrir en physique maintenant. Tout ce qu’il nous reste sont des mesures de plus en plus précises ». Quelques années plus tard, Albert Einstein révolutionnait le monde de la physique.
Nous croyons que Dieu est le Créateur de toutes choses, pas seulement de ce qu’on ne peut à priori pas expliquer scientifiquement.
Une autre phrase qu’on peut souvent entendre prononcée par des chrétiens est que « l’évolution n’est qu’une théorie ». Ici encore, il s’agit d’une mauvaise compréhension de la signification du terme « théorie ». Une théorie scientifique constitue au moment où elle est utilisée la meilleure explication des phénomènes naturels observés. Il ne s’agit pas d’une hypothèse farfelue, mais d’un cadre de travail au sein duquel les scientifiques peuvent mener leurs recherches.

Dans les milieux chrétiens, on entend souvent dire que le débat Création/Evolution est d’importance secondaire. Dans un sens c’est vrai, mais il faut savoir ce qu’on entend par Création/Evolution. S’il ne s’agit que d’un débat scientifique sur la manière dont la diversité biologique s’est développée au cours du temps, alors oui c’est un débat d’importance secondaire.
Mais nous pensons que le fond du débat se situe autre part. Si les athées et les croyants débattent aussi souvent sur le sujet, et que les athées se servent de la théorie pour montrer que Dieu n’existe pas, alors que les croyants refusent d’accepter la théorie parce qu’elle est trop matérialiste, il nous semble judicieux d’essayer de resituer le débat là ou il se situe vraiment.
Si le but du débat est de montrer que Dieu existe ou pas, pourquoi ne pas sortir du débat pseudo-scientifique, qui nous semble de toute façon sans fin, et le reformuler en débat entre théisme et matérialisme? Il nous semble que la vraie question qui repose au fond des discussions est plutôt « Dieu ou pas Dieu? » Cette question est, elle, d’importance primordiale. Si on croit que Dieu existe, ou même si on ne fait qu’envisager la possibilité de son existence, alors on peut croire qu’Il a créé l’univers. Et si c’est le cas, il peut l’avoir créé de la manière qu’Il voulait, que ce soit en six jours de vingt-quatres heures ou sur des périodes de temps beaucoup plus longues par des mécanismes évolutifs.

Richard Dawkins fait une concession

Le 21 octobre 2008, John Lennox et Richard Dawkins débattaient au Musée d’Histoire Naturelle d’Oxford. Après cet échange, Justin Brierley, de la Premier Christian Radio, fit un rapport de ce débat et de son interview avec Richard Dawkins. On trouve dans son programme radio de plus amples détails sur ce débat (disponible ici en anglais), ainsi que sur la conférence de presse qui suivit le débat et son interview avec John Lennox.

Richard Dawkins fit une affirmation surprenante:

Un plaidoyer sérieux peut être fait en faveur d’un dieu déiste ».

Cela semble être une concession majeure de la part de Dawkins, qui semble admettre que des arguments et preuves sérieux peuvent être donnés en faveur d’un dieu qui a créé l’univers (mais qui le laissa ensuite prendre soin de lui-même). S’il s’agit d’un « plaidoyer sérieux », alors Dawkins semble reconnaître que les preuves et les arguments de ce plaidoyer doivent être examinés soigneusement et ne peuvent être (et ne devraient pas, en tant que bon scientifique) être immédiatement rejetés.

Melanie Phillips pose dans le Spectator la question suivante : Richard Dawkins est-il toujours en train d’évoluer ? Elle poursuit en écrivant que Dawkins reconnaissait être ouvert à la croyance que la vie sur terre serait apparue suite à une intervention extraterrestre.

A quel point les concessions de Dawkins sont-elles sérieuses ? Où le mèneront-elles ? Nous devons au moins applaudir l’honnêteté intellectuelle dont Dawkins fait preuve dans un tel aveu. Il semblerait qu’une suite du livre Pour en finir avec Dieu soit prévue. Se pourrait-il qu’après les livres pour enfants qu’il compte écrire la suite de Pour en finir avec Dieu expose ce « plaidoyer sérieux…pour un dieu déiste » ?

Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

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Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

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Dawkins défend avec véhémence l’idée que science et religion ne sont pas compatibles. Selon lui, on ne peut être à la fois scientifique et religieux. Bien au contraire, science et religion sont engagées dans un combat que la science finira un jour par emporter. Cette idée, très répandue pendant la seconde moitié du XIXème siècle, est aujourd’hui considérée comme étant éronnée. Il est indéniable que des conflits entre science et religion ont fait beaucoup de bruit par le passé, comme par exemple lors du débat entre Wilberforce et Huxley après la sortie de l‘Origine des espèces, ou beaucoup plus récemment lors d’un procès aux Etats-Unis.1

Mais ne confondons pas conflit et combat à mort. Dawkins est persuadé qu’une personne qui réfléchit un tant soit peu ne peut être croyante. Il attaque ouvertement ses « collègues » scientifiques ayant des convictions religieuses : « les scientifiques qui croient ou qui contribuent à une relation de travail positive entre science et religion appartiennent à l’école de Neville Chamberlain2 ».

Pour Dawkins, les sciences naturelles sont une « super-autoroute » vers l’athéisme. Comment expliquer alors que tant de scientifiques, connus et reconnus dans leurs domaines respectifs, soient des croyants convaincus3? Dans Rock of ages, Stephen Jay Gould4 affirme que « soit la moitié de [ses] collègues sont complètement stupides, soit la science du darwinisme est entièrement compatible avec les croyances religieuses conventionnelles, ainsi qu’avec l’athéisme ». C’est dans ce même livre que Gould a développé la notion de Non-Overlapping Magisteria (NOMA) ou « non-recouvrement des magistères », qui prône le respect mutuel, sans empiètement quant à la pulsion humaine à comprendre le caractère factuel de la Nature (le magistère de la Science) et le besoin de trouver du sens à sa propre existence et une base morale pour toute action (le magistère de la Religion).
A cette affirmation, Dawkins répond simplement que Gould n’a pas pu vouloir dire tout ce qu’il a écrit.

Dans The Dawkins delusion, Alister McGrath5 défend la vision d’un « recouvrement partiel des magistères », selon laquelle « la science et la religion offrent des possibilités de recouvrement à cause de l’interpénétration de leurs sujets et méthodes. ».
Lors d’un message à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le Pape Jean-Paul II reconnaissait que la théorie de l’évolution était « plus qu’une théorie ». On aurait pu penser que Dawkins se serait réjouit de ces paroles s’il avait voulu encourager les croyants à accepter la notion d’évolution biologique. Au lieu de cela, il déclare que Jean-Paul II avait fait preuve d’hypocrisie et de malhonnêteté vis-à-vis de la science. On voit bien de quelle manière Dawkins se sert de la science comme arme contre la religion. Lors d’un débat avec Alister McGrath, Dawkins a admis ne pas pouvoir prendre au sérieux quelqu’un qui croyait en la naissance virginale du Christ, ou en l’existence de miracles.

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Selon Dawkins, la science finira par tout expliquer, y compris la « persistance » de croyances religieuses. En effet, le fait qu’une proportion non négligeable de la population mondiale ait de telles croyances doit pouvoir s’expliquer de manière scientifique, et plus précisément par un processus d’évolution biologique. Dawkins s’inscrit dans la tradition d’explication naturaliste du monde, comme Marx, Feuerbach ou Freud avant lui. Il développe dans son livre la notion de « virus de l’esprit » et de « mèmes », des réplicateurs comparables aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.6

Sir Martin Rees7 reconnaît dans Our cosmic habitat que les réponses à certaines « questions ultimes » reposent au-delà de la science. Dire que la science a des limites ne constitue pas une critique ni une diffamation. En effet, les théories scientifiques ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels qu’on peut observer dans le monde, et non pas d’expliquer le monde. Pour Dawkins, toute personne osant soulever des questions quant aux limites de la science, ne peut qu’haïr la science. On sort ici du cadre de la science pour rentrer dans le scientisme, idéologie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d’échapper à l’ignorance, dans quelque domaine que ce soit.

Ecoutons ce qu’a dit Martin Luther King concernant la relation entre science et religion:

Il peut y avoir conflit entre hommes de religion à l’esprit fragile et hommes de science à l’esprit ferme, mais non point entre science et religion. Leurs mondes respectifs sont distincts et leurs méthodes différentes. La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe des faits, la religion s’occupe des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral. »


1- Le souhait de certains enseignants d’une école à Dover, aux Etats-Unis, de voir l’Intelligent Design enseigné comme théorie scientifique alternative à la théorie de l’Evolution, a donné lieu à un procès retentissant. Lire à ce sujet l’article paru dans Le Monde : La bataille scolaire entre créationistes et darwinistes divise les états américains.

2- Premier ministre britannique de mai 1937 à mai 1940, il est connu principalement pour la politique qu’il mena à partir de 1937 avec l’Allemagne. Il cède ainsi à toutes les exigences de Hitler sur les Sudètes lors de la conférence qui a abouti aux accords de Munich en septembre 1938

3- Nommons par exemple Francis Collins, généticien et ancien directeur du Projet Génome Humain, qui se déclare ouvertement chrétien. Il faisait partie de l’équipe de chercheurs ayant découvert le gène en cause dans la mucoviscidose.

4- Autre spécialiste de l’Evolution, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, dont la série Réflexions sur l’histoire naturelle.

5- Avant de devenir Professeur de théologie historique à Oxford, il a mené de la recherche en biologie moléculaire.

6- Dawkins a introduit la notion de « mème », terme qu’il a lui-même inventé, dans Le Gène égoïste.

7- Professeur d’astronomie, il est depuis décembre 2005 le président de la Royal Society.

Pour en finir avec Dieu (2) – Dieu existe-t-Il?

Le but principal du livre de Dawkins est de convaincre son lecteur de l’inexistence de Dieu. Selon lui, si les chrétiens ne croient pas en l’existence de Thor, Zeus ou Wotan… les athées ne font que rajouter Dieu à la liste des divinités inexistantes.

Dawkins affirme que l’existence ou la non-existence de Dieu est une hypothèse scientifique ouverte à la démonstration rationnelle.1

Pour Dawkins, on croit en Dieu comme on croit au Père Noël ou en la petite souris. Ce n’est rien d’autre qu’une croyance infantile que toute personne douée d’intelligence doit tôt ou tard abandonner. Il serait intéressant de comparer, chez les personnes ayant atteint l’ « âge de raison », le nombre de personnes se convertissant au christianisme avec le nombre de ‘nouveaux convertis’ au Père Noël…

Tout au long du livre, on trouve le même type d’analogie n’ayant d’autre but que de ridiculiser la religion.
Par exemple, voici la raison pour laquelle, selon Dawkins, Dieu ne peut pas être omnipotent.

Si Dieu est omniscient, Il sait d’avance comment Il interviendra pour changer le cours de l’Histoire en faisant appel à Son omnipotence – ce qui veut dire qu’Il ne peut pas changer d’avis concernant Sa future intervention. Il est donc impossible qu’Il soit omnipotent! On pourrait classer cet argument contre l’existence de Dieu parmi tant d’autres – tels que « Dieu peut-Il faire un cercle carré ? » ou « Dieu peut-Il créer un caillou plus lourd qu’Il ne le pourrait porter ? ».
Le fait que Dieu soit omnipotent ne veut pas dire qu’Il fera ce qui est contre Sa propre nature.

Dans le chapitre concernant l’hypothèse de l’existence de Dieu, Dawkins cherche à montrer l’irrationalité des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Il cite ainsi les « Cinq voies » de Saint Thomas d’Aquin, tirées de Somme théologique. Dans ce texte, Saint Thomas d’Aquin présente cinq voies d’accès à l’existence de Dieu par la raison2. Dawkins semble ignorer que Saint Thomas d’Aquin ne cherchait pas à prouver l’existence de Dieu, mais à démontrer la cohérence interne du théisme.

Nous en arrivons à l’argument supposé démontrer de façon quasi-certaine la non-existence de Dieu. « Un Dieu capable de créer quoi que ce soit doit être suffisamment complexe pour être à son tour expliqué. » On pourrait formuler cet idée en posant la question suivante: ‘Qui a créé le créateur ?’ Dawkins a beau être un ‘nouvel athée’, son argument n’a rien de nouveau. Il considère que l’hypothèse de l’existence de Dieu implique une régression infinie. Mais la recherche d’une explication ne représente pas une régression infinie. Prenons un exemple tiré du monde scientifique, celui de la théorie de l’unification ou ‘théorie du tout’3.

La physique moderne repose sur deux piliers: d’une part la théorie de la relativité générale qui décrit la nature à l’échelle macroscopique (étoiles, galaxies,…) et d’autre part la théorie quantique qui décrit la nature à l’échelle microscopique (molécules, atomes,…).
Chacune de ces théories a été largement confirmée par de nombreuses expériences, et elles sont à l’origine d’immenses progrès scientifiques du siècle dernier.
Mais le problème est le suivant: elles sont incompatibles ! Les travaux des physiciens portent généralement soit de l’infiniment grand, soit de l’infiniment petit. Cependant, il arrive que la nature combine les deux, par exemple dans un trou noir (une masse gigantesque est confinée dans un volume minuscule), ou lors du Big-Bang (théorie selon laquelle l’univers entier aurait fait éruption d’une ‘graine’ microscopique). Pour décrire de tels phénomènes, la relativité générale et la théorie quantique ont leur rôle à jouer. Mais en combinant les équations de ces deux théories, les chercheurs se heurtent à des aberrations. L’explication des phénomènes observés dans l’univers nécessite-t-elle deux systèmes bien distincts, un pour l’infiniment petit et un pour l’infiniment grand ? La recherche dans ce domaine a conduit depuis une vingtaine d’années environ à la formulation d’une théorie englobant les deux systèmes et dissolvant les tensions entre la théorie de la relativité et la théorie quantique. Cette théorie est connue sous le nom de « théorie des cordes », selon laquelle les constituants fondamentaux de la nature sont en fait de petits filaments unidimensionnels4.

Cette théorie, si elle venait à être confirmée, serait en quelque sorte la « théorie ultime » de la physique, permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes naturels.
Si Dawkins se sert de la question « Qui a créé le Créateur? » comme argument contre l’existence de Dieu, on peut se demander, conçernant la théorie du tout, « Qu’est-ce qui explique l’explication ? ».
La recherche portant sur la théorie d’unification n’a pas été abandonnée dès le départ sous le simple prétexte qu’elle représentait la terminaison d’un processus explicatif. De même, il n’y a pas de raison de nier l’existence de Dieu sous prétexte qu’il faudrait alors expliquer qui a créé Dieu.

Dawkins affirme que croire en Dieu reviendrait à croire en un Être dont l’existence est encore plus complexe, donc plus improbable. Complexité rime-t-il toujours avec improbabilité ?
La théorie de l’unification est d’une extrême complexité, car elle est supposée englober deux théories qui semblent totalement incompatibles. Mais son extrême complexité n’implique pas une extrême improbabilité.

Dawkins articule sa pensée de la manière suivante:
- Si Dieu existe, il doit être extrêmement complexe
- S’il est extrêmement complexe, son existence même est très fortement improbable
- Il n’existe donc presque certainement pas.

Le principe anthropique stipule que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie étaient réunies lors de la naissance de l’univers. Le simple fait que nous existons est extrêmement improbable, mais nous existons!
Complexité ne rime pas toujours avec improbabilité, et improbabilité ne rime pas avec inexistence.

En fin, Dawkins a cherché à démontrer la très forte improbabilité de l’existence de Dieu. Voici sa description du Dieu auquel il ne croit pas:

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant: jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratiquant l’infanticide, le génocide et le ‘filicide’ ».

Je suis tout à fait d’accord avec Dawkins sur ce point: je ne crois pas non plus en ce Dieu là.


1- A ce sujet, lire l’article Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

2- La voie par le mouvement: les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu’il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d’une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l’existence d’un Premier moteur non mû : c’est Dieu.
La voie par la causalité efficiente: nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l’infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c’est Dieu.
La voie par la contingence: il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.
La voie par les degrés des êtres: il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu’il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
La voie par l’ordre du mondela voie par l’ordre du monde: on observe un ordre dans la nature : l’œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

3- Dans L’Univers élégant, Brian Greene présente de manière très intéressante et accessible cette théorie.

4- Si on « zoomait » de plus en plus sur un objet observable, on obtiendrait la séquence suivante: objet → atomes → nucléons (protons et neutrons) → quark → corde

Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

Pas assez de preuves ! »

C’est ce que le philosophe britannique Bertrand Russell affirmait qu’il répondrait à Dieu s’il lui demandait pourquoi il n’avait pas cru en lui.
Peut-on démontrer l’existence de Dieu ? Et qu’entend-on par « preuves »? Selon le Petit Larousse, une preuve est « ce qui démontre, établit la vérité de quelquechose ».

 

Dieu ne se démontre pas


L’épistémologie est la théorie du savoir, de la connaissance (du grec episteme, connaissance).
On peut distinguer trois grandes objections épistémologiques à la démontrabilité de l’existence de Dieu.

 

a) Le principe vérificationniste

 

La première nous vient d’une école de pensée appelée « positivisme logique »  (également appelé empirisme logique, néo-positivisme, ou empirisme rationnel), et plus précisément du « vérificationnisme ».
Le postulat de base de cette philosophie est le suivant: pour avoir du sens, une proposition doit pouvoir être vérifiée de manière empirique. La proposition « Dieu existe » n’étant pas vérifiable, est dénuée de sens, et n’est ni vraie ni fausse.
Ce principe « vérificationniste » est majoritairement abandonné aujourd’hui, et ce pour deux raisons:
1°) Il est trop restrictif. Les philosophes se sont vite rendus compte que l’adhésion à ce principe nécessitait l’abandon d’un grand nombre de propositions, qu’elles soient métaphysiques, éthiques, scientifiques car ces propositions n’étant pas vérifiables.
2°) Il s’auto-réfute. En effet, la proposition « Une proposition sensée doit être vérifiable » n’est, en elle-même, pas vérifiable.

 

b) L’absence de preuve suggère-t-elle l’inexistence?

 

L’athéisme  suppose que l’absence de preuves en faveur de l’existence de Dieu justifie de croire qu’Il n’existe pas. Cependant, l’absence de preuves n’est pas forcément une preuve de l’absence. Prenons par exemple le procès d’un meurtrier. L’absence des empreintes digitales de l’accusé sur l’arme du crime ne suffira pas à le disculper. Il devra fournir un alibi, c’est-à-dire pouvoir prouver de manière irréfutable qu’il ne peut avoir commis le crime dont on l’accuse.
On peut se demander si, dans certaines situations, l’absence de preuves constitue une preuve de l’absence. Imaginez-vous dans une salle de classe. Soudain quelqu’un s’écrie « Il y a un éléphant dans la salle ! » Si vous ne voyez pas d’éléphant, vous en conclurez sans doute possible qu’il n’y en a pas. Un peu plus tard, une autre personne s’écrie à son tour: « Il y a une puce dans la salle ! ». Le fait que vous ne voyiez pas de puce ne sera pas suffisant pour affirmer qu’il n’y en a pas. Ainsi, l’absence de preuves ne prouve l’absence que dans le cas où, si l’être ou la chose existait, vous vous attendriez à en avoir des preuves.

Le philosophe athée Michael Scriven explique qu’en l’absence de preuves d’existence d’une entité, deux critères sont nécessaires pour justifier la conviction que cette entité n’existe pas :
1°) L’entité doit être telle qu’on devrait s’attendre à ce qu’elle laisse des traces (ou davantage de traces) de son existence.
2°) On doit pouvoir affirmer avoir fait toutes les recherches possibles et imaginables avant de conclure que ces preuves sont absentes.

Ainsi, l’athée croit pouvoir prouver que, si Dieu existe, il devrait y avoir des preuves de son existence, et qu’il a recherché ces preuves sans les trouver: « Si Dieu existe, on devrait trouver X. On ne trouve pas X, donc Dieu n’existe pas ». Il affirme donc savoir quelles genres de preuves il devrait y avoir si Dieu existait. Ce qui nous semble présomptueux …

 

c) Dieu doit-il laisser plus de traces ?

 

Une troisième objection soulevée contre l’existence de Dieu est basée sur l’argument suivant : l’existence de Dieu n’étant pas aussi évidente que l’on pourrait penser, ou qu’elle devrait l’être, il en découle que Dieu n’existe pas. Certains athées affirment que, si Dieu existait, Il aurait fait en sorte que les preuves soient suffisantes pour que tout le monde croit qu’Il existe.

Dans l’Ancien Testament Dieu est décrit comme se manifestant à son peuple de manière bien visible : les plaies en Egypte, les colonnes de feu et de fumée qui guident le peuple d’Israël dans le désert, la séparation des eaux de la Mer Morte, … Mais ces manifestations ont-elles pour autant produit un changement de coeur durable parmi le peuple ? Non ! Le peuple a plusieurs fois rejeté Dieu. Pourquoi les choses seraient-elles différentes aujourd’hui ?

Dieu ne veut pas seulement que nous croyions qu’Il existe, Il désire que croyions ce que la Bible nous enseigne sur qui Il est : un Dieu saint, juste, parfait, plein d’amour et de miséricorde. Jean Calvin, le réformateur protestant, disait qu’il ne sert en rien de croire que Dieu existe si on ne désire pas le connaître.

 

Dieu se révèle


La Bible nous dit que « les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’oeil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. » (Romains 1.20). On ne peut prouver au-delà du doute que Dieu existe, mais il existe un certain nombre d’arguments qui nous poussent à croire.

Pour en finir avec Dieu (1) – Le nouvel athéisme

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Depuis deux ans environ, les livres critiquant les religions représentent un nouveau phénomène de publication, particulièrement dans les pays anglophones. La couverture médiatique qui accompagne la publication de ces livres prouve l’intérêt qu’ils représentent.
Ces auteurs sont les représentants d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur: le « nouvel athéisme ».

Richard Dawkins, actuellement considéré comme le chef de file de ce nouvel athéisme dans le monde anglophone, est fréquemment invité à présenter son point de vue lors d’émissions ou de conférences. Il a réalisé un documentaire pour Channel Four (une chaîne de télévision publique britannique), The root of all evil, dans lequel il interroge des personnes représentant les branches les plus fondamentalistes de leur religion. Il apparaît également dans un film aux côtés de trois autres auteurs athées bien connus, considérés comme ses « disciples1 ».
Professeur à l’université d’Oxford, apprécié pour ses qualités d’écrivain et de vulgarisateur scientifique2, il s’est vu attribué le surnom de « rottweiller de Darwin » pour sa défense passionnée de la théorie darwinienne de l’évolution. Son dernier livre, publié en France en mars 2008, sort de la sphère purement scientifique pour s’attaquer aux religions. Dawkins donne l’impression de se sentir investi de la mission -adivine- de nous ouvrir les yeux sur les dangers qu’elles représentent. L’introduction du livre est claire:

Si ce livre a l’effet escompté, le lecteur croyant qui l’ouvre sera athée en le refermant.”

Cependant, Dawkins fait preuve du même extrémisme et du même fondamentalisme -areligieux- qu’il critique de manière si véhémente lorsqu’ils sont pratiqués au nom de la religion. Et c’est précisément ce que lui reprochent certains scientifiques athées. Michael Ruse, cité par Alister McGrath dans The Dawkins delusion, affirme que le livre de Dawkins le rend « honteux d’être un athée ».

Le symposium annuel Beyond belief (organisé par le Science Network se déroulant au Salk Institute for Biological Studies de La Jolla en Californie) réunit des scientifiques et des philosophes pour traiter de questions concernant la nature humaine et la société. Steven Weinberg3 y a affirmé en 2006 que « le monde a besoin de se réveiller du long cauchemard des croyances religieuses », allant jusqu’à dire que tout ce que les scientifiques pourraient faire « pour affaiblir l’emprise de la religion doit être fait et pourrait s’avérer en fin compte leur plus grande contribution à l’humanité ». Weinberg avait écrit en 1993, dans Dream of a final theory, que

La religion est une insulte à la dignité humaine. Que ce soit avec ou sans elle, il y aura toujours des gens bien qui font de bonnes choses, et des mauvais qui font de mauvaises choses. Mais pour que des gens bien agissent mal, il faut la religion.”

On voit bien que l’argument du mal causé par les religions n’est pas nouveau !

Comment expliquer cette haine croissante envers toute forme de religion ou de croyance ? Dans les années 1960 certains philosophes affirmaient que Dieu était mort. Presque 50 ans plus tard on ne peut que constater que c’est loin d’être le cas ! On peut donc penser que ce fondamentalisme athée est en quelque sorte un baroud d’honneur contre la religion.

Il est également indéniable que la religion fait peur. Ces auteurs, sans faire de distinction entre les différentes religions, se plaisent à souligner le fait que les athées ne font pas s’écraser des avions contre des tours4, et que les religions risquent de faire reculer la civilisation dans un âge sombre.

Le succès de ces livres tient également au fait qu’ils ne font que mettre par écrit ce que beaucoup de gens pensent, les confortant dans leur athéisme. En visitant des sites internet de vente en ligne, il est intéressant de lire les commentaires de certains lecteurs qui remercient les auteurs d’avoir définitivement éliminé la religion comme vision du monde, ou de les avoir aidé à affirmer leur athéisme.


1- Christopher Hitchens, Samuel Harris et Daniel Dennett. Le titre choisi pour ce film, The four horsemen, fait ironiquement référence aux quatre cavaliers de l’Apocalypse.
2- Son premier livre, Le gène égoïste (1976), rend accessible à tous la théorie darwinienne de l’évolution, ce qui n’est pas une mince affaire.
3- Prix Nobel de physique en 1979
4- Le nombre d’ouvrages anti-religieux a connu une très forte croissance suite aux attentats du 11 septembre 2001.

La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (2)

Selon certains, la foi est irrationnelle car elle ne requiert aucune justification rationnelle : « je crois parce que j’ai la foi ! »

Tout le monde est d’accord pour dire que la science est la forme la plus sûre de connaissance que nous possédions. Comment savons-nous que la formule chimique pour l’eau est H2O ? Comment connaissons-nous la structure de l’ADN ? La réponse est simple : c’est parce que les preuves scientifiques sont là pour nous le montrer.

La science permet effectivement de répondre à des questions essentielles comme celles à propos de la transmission de l’information génétique par exemple. Mais posons-nous la question suivante : « quel est le sens de la vie ? » qui est clairement une question essentielle que chacun se pose. Que répond la science ? Rien. Car elle ne divulgue aucun sens à la vie. Devrions-nous en conclure que la vie n’a pas de sens ?

Les limites de la science.

On distingue généralement les questions métaphysiques – qui traitent de ce qu’il y au-delà la nature – des questions physiques – ce qu’est la matière. La science possède un domaine immense où elle peut s’exercer mais elle est limitée au champ de la matière (de ce qui est du domaine du sensible).

C’est un point très important. La science ne peut pas prouver si Dieu existe ou non. Et pourtant, quand les non-croyants demandent une preuve de l’existence de Dieu, quelle sortes de preuves attendent-ils ? Croient-ils que toute affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement ? Si oui, alors la « preuve rationnelle » est la preuve scientifique dans cette logique. Or, Dieu, qui est transcendant, n’entre pas dans le champ de la science, la personne athée ne peut donc pas recevoir la réponse appropriée. Donc jusqu’ici Dieu n’existe pas.

Cependant, que remarque-t-on ? Le présupposé : « tout affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement » est contradictoire, car il ne peut pas être démontré scientifiquement. En d’autres termes, sa véracité ne peut être démontrée dans son propre système. C’est donc une position insoutenable pour quelqu’un de rationnel car le présupposé s’autodétruit.

Or, si nous pensons que Dieu a parlé et qu’Il s’est révélé dans la Bible, comme tout axiome nous ne pouvons le justifier, mais il est très logiquement valable. Ainsi, notre proposition pour sortir du scepticisme est de commencer avec la Bible, de commencer réellement avec la portion de l’esprit incorporel de Dieu qui a été verbalement révélé dans l’Ecriture.

Conclusion:

La science ne peut nous dire pourquoi nous sommes sur Terre. Quand viennent les questions du sens, du but, de l’éthique, la science est aveugle. Ce n’est pas une critique de la science, c’est simplement reconnaître et respecter ses limites.
Certains très bons scientifiques sont chrétiens parce qu’ils sont persuadés que leur foi chrétienne donne un sens au monde et qu’elle n’entre jamais en conflit avec leurs travaux scientifiques. La foi chrétienne est profondément satisfaisante intellectuellement.

Croire en Dieu n’est pas irrationnel, mais la foi possède sa propre et robuste rationalité. Elle représente un superbe chemin pour donner un sens au monde qui nous entoure. Dieu en est la meilleure explication. Nous ne pouvons prouver l’existence de Dieu, pas plus que les athées ne peuvent démontrer qu’Il n’existe pas. Mais, chrétiens ou athées, nous basons nos vies sur des croyances positives qui, nous le savons, ne peuvent pas être prouvées.


D’après une traduction libre et partielle de Is not science more rational than faith? de Alister McGrath

La crise

    Démarrer avec le poison …

« Tu crois en Dieu : c’est bien, moi, je n’y crois pas ; et c’est aussi bien. »

Nous avons tous déjà entendu cette phrase, n’est-ce pas ? On ne juge pas, on est tolérant, pluraliste, ouvert d’esprit. Mais c’est aussi désespérément superficiel et très illogique.

Le fait que Dieu existe ou n’existe pas n’est pas juste une affaire d’opinion. Logiquement, si Dieu existe, il devrait être l’Etre le plus important de notre univers. L’ignorer serait alors comme enlever la pièce centrale d’un puzzle, pourtant attendue et espérée, pour qu’il ressemble à quelque chose.

Qu’implique réellement la perte de Dieu dans notre culture ? Quel est le prix de « la mort de Dieu » dans notre société contemporaine ?

Nous commençons déjà à voir le produit de ce rejet dans notre quotidien. Notre société qui dans les années pré-68 vivait encore sur les fondements du système de pensée du christianisme, s’en écarte peu à peu et sombre dans l’agonie.
La mort de Dieu signifierait-elle la mort de l’homme ?
Le taux de suicide des jeunes est en hausse, la France est le pays qui consomme le plus grand nombre d’antidépresseurs, insatisfaction permanente, on ne sait plus qui a raison ou qui a tort … Les conséquences de notre rejet de Dieu émergent à plusieurs niveaux : crise de l’identité, crise du sens de la vie, crise en matière d’éthique et de moralité, …

Notre âme soupire inlassablement à quelque chose de plus important.

L’identité sans Dieu

Qui je suis ? Quelle est ma valeur ? Est-ce que j’en ai une ?

Si nous croyons en Dieu, alors nous avons de solides fondations pour croire en notre propre valeur. En effet, même si parfois on peut en douter, c’est logique : nous savons que nous avons de la valeur grâce à Dieu, nous sommes énormément aimés, au point que le Père a envoyé son propre Fils pour mourir à notre place sur la croix. De plus, nous pouvons nous regarder dans le miroir et savoir que, malgré nos fautes, nos erreurs et nos faiblesses, chacun d’entre nous est une personne unique d’une valeur unique parce que voulue par le Créateur de l’univers. C’est parce qu’une œuvre a été peinte par Picasso qu’elle a de la valeur, à plus forte raison avons-nous intrinsèquement une valeur inestimable parce que nous avons été fait par un Dieu unique. « Maintenant, l’Eternel, qui t’a créé, ô peuple de Jacob, et qui t’a façonné, ô Israël, te déclare ceci : « Ne sois pas effrayé car je t’ai délivré, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. » » (Esaïe 43.1) Donc, les chrétiens ont d’excellentes raisons de croire en leur propre valeur.

Mais à présent, nous avons appris que tout ceci est un mythe, et nous ne sommes rien de plus que le produit d’un processus aveugle et arbitraire. Cela a commencé il y a des millions d’années on ne sait pas comment, au moment où l’univers n’était qu’un petit pois, et c’est encore vrai aujourd’hui sous le soleil. Que dirons-nous donc ? Le matérialisme nous conduit à traiter l’homme comme un objet, il n’est finalement pas différent d’une chaise ou d’un rocher. C’est vrai, nous pouvons marcher et parler, mais fondamentalement cela ne change pas grand-chose à ce que nous sommes vraiment : des objets dans un univers vide et dépourvu de toute valeur, les pièces d’une machine cosmique. Ni désirés, ni voulus. Juste un grain de sable dans un système clos.

D’où détenons-nous notre valeur s’il n’y a pas de Dieu ? La question n’est pas juste une réflexion philosophique ; elle a un sens dans une culture qui nie de plus en plus notre valeur. Le marché de l’emploi montre que les personnes sont justes regardées comme des gens qualifiés, compétents, peut-être beau ou belle. Mais s’il y a juste des personnes autour de moi qui sont aussi bonnes que moi, quelle est ma vraie valeur ? Elle n’est pas intrinsèque comme dans le christianisme. Elle est une chose que je dois m’efforcer de gagner par moi-même – ou pire, je peux la perdre.

Ainsi, notre culture après « la mort de Dieu » est marquée par les pressions – et échecs – des batailles dans le but de créer notre identité et notre propre valeur.

Nous pouvons chercher notre identité et notre valeur dans le travail : « j’ai de la valeur à cause de mon travail ». Travailler pour se prouver qu’on existe, qu’on sert à quelque chose, et qu’on est quand même important. Mais cela nous laisse profondément vulnérable : la perte du travail, par la démission ou le chômage, vient signifier la perte de l’identité. Et puisque la démission n’est pas inévitable et que le chômage est réellement probable, faire de notre travail le cœur de notre propre valeur, c’est nous charger d’un fardeau qui ne peut être soutenu.

Nous pouvons chercher notre identité et notre valeur dans l’amour : « j’ai de la valeur si quelqu’un m’aime ». « Tu n’es rien jusqu’à que quelqu’un t’aime » disait Whitney Houston. Plusieurs personnes ont expérimenté le sentiment de dévalorisation que provoque la rupture d’une relation amoureuse ; même chose quand on prend un « râteau » (refus de sortir avec quelqu’un) : après tout, je ne vaux peut-être rien du tout ! Certainement que les relations positives – comme la réussite au travail – contribuent de façon importante à la bonne santé de l’estime de soi. Mais, si notre identité est centrée sur le besoin de se sentir aimé, cela peut provoquer des dommages – même quand une relation fonctionne, le risque est d’épuiser l’autre, de l’assécher et finalement de détruire cette relation : « Montre moi que tu m’aimes encore ! Prouve moi que j’ai de l’importance à tes yeux ! »

Quels autres domaines de notre culture nous permettent de créer notre estime ?
« J’ai de l’importance parce que je suis occupé, à cause de tout ce que j’ai à faire. » Nous avons vu que le « travail-addict » est destructeur.
« J’ai de la valeur parce que les gens m’aiment » mène peut-être à un genre différent de vulnérabilité et d’esclavage.
« J’ai de la valeur à cause de ma souffrance » – quand une blessure ne peut être enlevée, pardonnée ou qu’on ne peut pas s’en défaire parce qu’elle semble effectivement donner le seul vrai sens dans la vie de cette personne.
« J’ai de la valeur à cause de ce que j’apporte aux autres » parce que j’organise une fête, parce que j’ai prêté ma console de jeux vidéos, apporter mon soutien à cette personne en détresse … – même si je n’ai pas de valeur, cependant peut-être que je reçois de la valeur en apportant quelque chose.
« J’ai de la valeur grâce à mon look » – dans le miroir, j’ai le dernier jean Diesel, les dernières Reebok, ou le dernier sac Louis Vuitton.
«J’ai de la valeur par le groupe auquel j’appartiens», ainsi je ne puis couper mes dreadlocks car elles m’identifient au groupe des bab’s.
« J’ai de la valeur parce que j’ai le pouvoir ! » Je peux être rassuré parce que je peux diriger les gens de ce pays ou de cette entreprise …
Enfin, « j’ai de la valeur parce que je suis vu ou parce que je suis écouté », de plus en plus de personnes ont droit à leur quart d’heure d’existence en passant à la télévision : « je suis passé à la télé donc je suis ».

Ainsi quand on n’a plus le pouvoir, quand on n’est pas reconnu par les autres, quand on n’est plus aimé des autres, quand on n’a plus de marques, quand on n’apporte plus rien aux autres, quand on n’a plus rien à faire, que reste-t-il ? …

Nous sommes terriblement attristés de voir des jeunes se suicider parce qu’ils pensent qu’ils ne valent rien. Parce qu’en fait ils ont de la valeur ; elle est intrinsèquement liée à notre identité, en tant que créature, nous sommes aimés passionnément par un Dieu au point qu’il est venu sur la terre pour mourir sur une croix. Or, nous sommes coincés dans une souffrance autodestructive parce que nous avons rejeté Dieu. Par conséquent, il importe vraiment que Dieu ne soit pas mort.

Mais le rejet de Dieu ne signifie pas seulement la perte de notre valeur. Nous avons aussi perdu le sens de la vie et redécouvert la peur.

D’après une traduction libre et partielle de Identity after God du Dr Pete Lowman

Dieu n’est-il pas juste une illusion ?

- édité en 2008
the god delusion

Ludwig Feuerbach, un philosophe allemand, fut le premier à suggérer que Dieu n’était rien de plus qu’une projection, que la religion était une névrose universelle et que Dieu avait été créé à l’image de l’homme. Par la suite, Sigmund Freud, Karl Marx et Friedrich Nietzsche ont repris cette idée.

Est-ce que Dieu est un « Père cosmique » imaginaire inventé pour notre bien être personnel, pour nous soutenir dans les moments difficiles et douloureux de la vie, une sorte de béquille pour les faibles psychologiquement ?

Echec de l’argument

Tout d’abord, cette objection rate la bonne cible. En quoi nos désirs peuvent-ils avoir une influence sur ce qui est effectivement vrai ou faux ? On ne peut pas prouver la non-existence de Dieu en invoquant les avantages émotionnels que procure la foi en lui. Ça n’a pas de sens ! Les motivations psychologiques peuvent vous informer sur la maturité de la foi de la personne, mais elles ne disent rien à propos de la véracité de sa croyance.

L’origine de la croyance attaquée est prétendument psychologique. Or, vous ne pouvez réfuter quelque chose en démontrant les raisons psychologiques ou avantages émotionnels d’une personne qui a la foi, car les motivations psychologiques ou désirs ne permettent en aucun cas de prouver qu’une affirmation est vraie ou non. Cette preuve doit venir d’autres sources.

Imaginez que je vienne de terminer mon devoir de mathématiques et que j’annonce au professeur : « je crois que j’ai tout juste. » Que fera le professeur ? Il ne pourra jamais arriver à une conclusion en examinant mes motivations psychologiques. Sa seule chance de savoir si j’ai raison ou non est de s’asseoir à son bureau et de corriger mon devoir. S’il trouve mon calcul faux alors après il pourra peut être expliquer comment j’en suis arrivé à être si mauvais en maths.

Autrement dit, il faut d’abord montrer que quelqu’un se trompe avant d’expliquer pourquoi il s’est trompé.


Les athées ont-ils inventé le non-Dieu ?

Mais, il y a un second problème avec l’objection que Dieu n’existe pas parce que les hommes l’ont inventé
Renvoyons l’ascenseur à nos contradicteurs. L’interprétation de Dieu comme produit de désirs inconscients peut s’appliquer exactement de la même façon à l’argument de l’incrédule qui désire réfuter la religion. Son incrédulité peut aussi être le résultat de mécanismes psychologiques compliqués. Ne pourrait-on pas penser que les athées désirent se débarrasser de la figure du père ? Ne pourrait-on pas penser qu’à la place d’inventer Dieu, les non-croyants ont inventé l’athéisme pour échapper aux implications de l’existence de Dieu ? En effet, est-ce que tous les hommes ont envie que Dieu existe ? Prenons l’exemple d’un commandant d’un camp d’extermination durant la Seconde Guerre Mondiale. N’aurions-nous pas de bonnes raisons de penser qu’un tel officier aurait souhaité que Dieu n’existe pas, étant donné ce qui l’aurait attendu au jour du jugement dernier ? Ne peut-on pas penser que son athéisme est le produit de son désir ?

La foi chrétienne n’est pas un « buzz »

Dieu est-il un « pétard » pour atténuer une profonde douleur existentielle ?
Rien dans le christianisme biblique ne tend à créditer cette thèse. Quand une personne décide de suivre Christ, elle choisit une évasion dont le prix est élevé : la persécution, la lutte, la douleur (lire dans ce sens Hébreux 11). La Bible n’offre pas de « paradis » sur terre à la différence des joints, des beuveries du jeudi soir ou de la télévision.

Suivre Jésus-Christ implique la repentance et l’abandon de soi (Cf. Marc 8:34 [1]). Jésus ne trompe personne en annonçant que ceux qui veulent le suivre souffriront. En réalité, si la foi chrétienne était fausse, ce serait une arnaque pour masochiste (ceux qui tirent plaisir de la souffrance) mais pas une évasion.

[1] Marc 8:34 Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive.

Crédit photo: caainennius