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Top 10: Comment le canon du Nouveau Testament a-t-il été établi? (1)

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Qui a choisi les livres du Nouveau Testament (NT) ? Est-ce un groupe d’hommes rassemblés dans un concile qui a décidé de choisir tel ou tel livre ? Ou est-ce que les textes se sont imposés aux hommes comme étant la Parole de Dieu ?

Le mot canon n’a rien à voir avec un fusil d’assaut AK47. En réalité, le mot signifie métaphoriquement la norme ou la règle. Les Pères de l’Église ont utilisé le mot « canon » pour parler de l’ensemble des livres qui forme ce que les chrétiens appellent la Parole de Dieu et compose l’autorité qui agit comme règle de foi et de vie du croyant.

La formation du canon

Pour certaines personnes, le choix des livres du NT s’est fait par vote lors d’un concile au 4e siècle. Le problème est qu’il n’y a aucune trace dans l’histoire d’un tel concile œcuménique (c’est-à-dire universel)1. Le seul concile qui ait fixé le canon est le Concile de Trente au 16e siècle durant la contre-réforme catholique. Autant dire que ce point de vue est erroné.

Donc comment le canon du NT a-t-il été établi ?

Il semblerait davantage que le canon se soit imposé de lui-même à la communauté des croyants qui forment le peuple de Dieu. Ce ne sont pas les croyants qui auraient décidé si tel ou tel livre fait partie du canon, plutôt, les croyants auraient découvert les livres appartenant au canon. Ce qui pose le problème des critères de reconnaissance. Comment les chrétiens ont-ils reconnu les livres inspirés des autres ? Quels sont ces critères ?

On distingue un critère essentiel et trois autres critères.
- Apostolicité : c’est le principal critère. L’écrit d’un apôtre ou d’une personne écrivant sous l’autorité d’un apôtre était cru comme Parole de Dieu.
Il est associé aux critères suivants :
- Orthodoxie : conforme ou non aux enseignements. C’est un deuxième critère décisif. Si les écrits n’étaient pas conformes à la révélation, ils étaient écartés. Par exemple, les écrits gnostiques nient que la matière soit une chose bonne. Ce qui est en opposition avec Genèse 1 qui dit que la création est bonne.
- Ancienneté : les livres trop récent sont rejetés. Par exemple, le Canon de Muratori rejette le livre du Pasteur d’Hermas car il est trop récent.
- Oecuménicité : largement accepté parmi les croyants. Au cours de la formation du canon certains livres ont été discutés parce qu’ils n’étaient pas très répandus (comme le livre de Jacques par exemple).

Déjà Irénée de Lyon (vers 130-200) utilise le Nouveau Testament dans son livre « Contre les hérésies »2. Au cours du 3e siècle, les livres sont progressivement acceptés et reconnus comme Parole de Dieu dans les diverses communautés chrétiennes établies autour du bassin méditerranéen. Les dernières discussions du 4e siècle confirment un canon de 27 livres.

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1- Calvin, L’institution chrétienne, IV, 9, 13-14
2- William Edgar et K. Scott Oliphint, Christian Apologetics past and present, vol. 1, Wheaton, Crossway, 2009, p. 86

Crédit photo: Marc Dupuy

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Manuscrit Grec

L’étude des manuscrits nous a permis d’établir que le NT possède un texte incroyablement fiable par rapport aux autres manuscrits de la même époque. Nous possèdons actuellement un texte qui possède les caractéristiques d’un rapport fidèle de ce que les témoins ont vu (1 Jean 1.1-3a).

Qu’en est-il des textes présents dans le NT ? Pourquoi certains textes ont-ils été reconnus comme étant la Parole de Dieu et d’autres rejetés ?

Tout d’abord, l’idée d’un Canon s’est imposée très tôt à l’église, à partir des apôtres. Le mot Canon n’a rien à voir avec la terminologie guerrière. Il signifie la « norme », ce qui doit être cru. Le mot est utilisé pour parler de l’ensemble des Ecritures qui ont autorité en matière de vie et de foi du croyant. Les livres qui appartiennent à l’ensemble qu’on appelle la Bible sont les livres que les croyants ont reconnu comme étant la Parole de Dieu.

Paul présente les apôtres comme les ambassadeurs du Christ (2 Cor. 5.20). Ils ont l’autorité de représentant du Christ (1 Cor. 4, Eph. 6.20). Paul a une notion très élevée de son autorité apostolique. Souvent, quand nous lisons le NT, nous perdons de vue cette conscience qu’avaient les apôtres de leur ministère. Selon Paul, les chrétiens ont été enseigné sur le fondement des apôtres prophètes (Eph. 2.20 et 3.5). Les écrits des apôtres ont autorité.

Par ailleurs, Paul se situe au même niveau que les prophètes de l’Ancien Testament (les porte-paroles de Dieu). Cette conscience qu’a Paul de son ministère se perçoit entre autre en Actes 13.47 (citation de Esaïe 49.6) où Paul répond aux juifs d’Antioche en rattachant son ministère et celui de Barnabas à celui du Serviteur de l’Eternel annoncé par le prophète Esaïe.

De plus, les écrits avaient vocation à circuler dans les églises (Col 4.16, et 2 Thess 2). Ces lettres sont écrites pour réfuter des erreurs (2 Cor. 3) et revendiquent une réelle autorité.

Ces informations additionnées conduisent à penser que les premiers croyants ont reconnu dans les écrits des apôtres la Parole de Dieu. La publication des listes officielles du Canon ne sont qu’une explicitation de ce qui était déjà reconnu comme implicite dans les églises des premiers siècles1 . Au début du 2e siècle, le recueil des écrits largement reconnus est composé du quadruple évangile et du corpus Paulinien. Seuls quelques textes du NT ont été discutés par les Pères de l’Eglise (Hébreux, Jacques et Apocalypse en particulier). Au 4e siècle, le Nouveau Testament est reconnu dans son ensemble.


1- La publication des listes se sont faites, dans un premier temps, en réaction aux hérésies.

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