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La Bible: mensonge, folie ou Parole de Dieu

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C’est une reconstruction de l’argument de C.S. Lewis que je propose ici. Elle est inspirée par Bryan Chapell, professeur de théologie aux Etats-Unis.

Jésus affirme qu’il est Dieu (Jean 8.16, 24, 58). Dans les Fondements du Christianisme (Valence, LLB, 2006, p. 66), l’écrivain anglais C.S. Lewis démontre qu’il n’y a que trois alternatives possibles à la prétention de Jésus :

- soit Jésus est un menteur : il prétend qu’il est Dieu mais il sait qu’il n’est pas Dieu
- soit Jésus est fou : il pense sincèrement qu’il est Dieu mais il ne l’est pas vraiment
- soit Jésus est vraiment ce qu’il dit être : Dieu, il est donc digne de notre adoration.

La Bible se présente comme la Parole de Dieu. On peut trouver 3000 références bibliques pour étayer cette prétention. La plus fameuse étant : « Ainsi parle l’Éternel … » (Ez 6.3) Nous pouvons aussi ébaucher trois alternatives :

- soit la Bible est un mensonge : les auteurs bibliques savent que leurs écrits ne sont pas la Parole de Dieu
- soit la Bible est une folie : les auteurs pensent sincèrement qu’ils mettent par écrit la Parole de Dieu, en réalité, elle ne l’est pas
- soit la Bible est vraiment ce qu’elle prétend être : la Parole de Dieu.

Une seule de ces alternatives est vraies. Elles ne peuvent être toutes les trois vraies en même temps. Dans les trois cas, un acte de foi est nécessaire, parce que vous ne pouvez pas démontrer, sans l’ombre d’un doute, qu’une de ces alternatives est absolument vraies. Mais dans les deux premiers cas, il est impossible d’affirmer par la suite qu’il s’agit d’un bon bouquin ! La Bible affirme 3000 fois qu’elle est la Parole de Dieu, ce n’est pas un petit mensonge. Si cela en est un, c’est un gros mensonge. Si les auteurs écrivent la Bible pensant qu’il s’agit de la Parole de Dieu sans qu’elle le soit vraiment, ce sont de simples pensées religieuses de quelques illuminés. Les affirmations de ceux-ci sont relatives et il est impossible de dire que ces écrits expriment réellement la pensée de Dieu.

La Bible: mensonge, folie ou Parole de Dieu. Quelle alternative choisissez-vous ?

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Sexe : Dieu est-il mesquin et sadique ?

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Je tente une rapide réponse à l’objection suivante : « Dieu est mesquin et sadique puisqu’il nous a créés avec des organes génitaux mais refuse que nous nous en servions avant d’être marié ! »

 

Génération hypersexualisée

 

Ce n’est pas Dieu qui est mesquin et sadique mais la société. En effet, notre culture est hypersexualisée. Nous sommes stimulés sexuellement à outrance par des affiches, des magazines, des émissions de radios et des films. Un jour, une institutrice dans une école primaire m’a dévoilé qu’elle avait surpris des enfants de 9 ans parler de fellation. Selon un sondage récent, l’âge moyen de la première consultation de porno est de 11 ans.1

 

Recul du départ dans la vie active

 

Mais le paradoxe est le suivant : l’âge de la fin des études a augmenté. Aujourd’hui en France, on termine ses études entre 25 et 30 ans. Le départ dans la vie active a reculé. Un homme peut pourvoir aux besoins de sa famille tardivement. Ce phénomène est attesté par le recul de l’âge du premier mariage. Selon l’INSEE, en 1965, l’âge moyen du premier mariage était de 25,1 ans pour les hommes et 22,6 ans pour les femmes. En 2009, seulement 40 ans plus tard, les chiffres grimpaient à 31,7 ans pour les hommes et 29,8 pour les femmes.2

 

Le grand écart

 

Pour les hommes et les femmes du 21e s, c’est donc le grand écart entre une société qui nous demande d’avoir des relations sexuelles de plus en plus tôt et le départ dans la vie à deux qui se fait de plus en plus tard. Ce grand écart est la cause de la frustration humaine. Il est provoqué par l’humanité. Dieu n’en est pas responsable.

Au banc des accusés, ce n’est donc pas Dieu qui doit plaider coupable, mais l’homme.


1 www.educationsexuelle.com
2 www.insee.fr

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Assassiné parce qu’il se disait Dieu

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Golgotha

Golgotha

Dans l’évangile selon Jean 19.7, on peut lire :

Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu.

Le motif de condamnation de Jésus est stupéfiant ! Selon les Juifs de son époque, Jésus s’est fait Fils de Dieu, autrement dit, il blasphémait. Le blasphème était l’un des crimes les plus graves. Selon la loi juive, il était puni de mort. Selon Lévitique 24.16 :

Celui qui blasphémera le nom de l’Éternel sera puni de mort: toute l’assemblée le lapidera. Qu’il soit étranger ou indigène, il mourra, pour avoir blasphémé le nom de Dieu.

Les Juifs de l’époque comprenait très bien l’implication des paroles de Jésus. Plusieurs fois, ils tentent de le lapider (Jean 8.59, 10.32). Pourquoi ? Parce que Jésus se prenait pour Dieu. Ce n’était pas une manipulation du peuple Juif pour faire tuer ce « trouble-fête ». Ils avaient très bien saisi les paroles de Jésus, contrairement aux témoins de Jéhovah et aux ariens de tout bord :

A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu’il violait le sabbat, mais parce qu’il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu (Jean 5.18)

Comme disait C.S. Lewis, Jésus est « l’intrus transcendant ». Vous ne pouvez pas le caser dans la boîte créature mi-Dieu mi-hommes, ni maître de sagesse. Car soit Jésus est fou, soit il ment sur son identité, soit il est vraiment ce qu’il dit être : Dieu qui s’est fait chair (Jean 1.14, 18).

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Une anecdote qui fera sourire les évangéliques

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Je n’ai jamais posté quoique ce soit sur la volonté divine. Un livre a cependant attiré mon attention sur le sujet. C’est le livre du pasteur protestant Kevin DeYoung : Et Si Dieu Voulait Autre Chose pour Moi… J’Arreterais de Faire du Surplace

Je rapporte une anecdote drôle au sujet de la recherche de la volonté de Dieu :

Qui d’entre nous, confronté à un réel dilemme, n’a pas tenté un jour, à l’instar de Gédéon, de déposer devant Dieu une toison symbolique ? Je me rappelle que plus jeune j’ai vraiment étendu ma chemise par terre, prêt à demander au Seigneur d’y déposer la rosée, et ce au sujet d’une décision absolument sans importance. Seulement, je n’arrivais pas à déterminer si je voulais qu’il laisse la chemise sèche ou humide. Je savais que si je voulais une réponse claire, il valait mieux que je lui demande de la laisser sèche (étant donné que dans ma chambre, la rosée matinale était quasiment inexistante), mais cela aurait manqué de suspens. Alors j’ai réfléchi à demander qu’elle soit mouillée. Cependant, allais-je réellement fonder ma décision sur la réponse ou l’absence de réponse du Seigneur à ma demande du « miracle humide » ? Je ne savais pas quoi penser. Finalement, j’ai laissé tomber l’idée de la toison et suis allé me coucher. »

Kevin DeYoung, Et Si Dieu Voulait Autre Chose pour Moi… J’Arreterais de Faire du Surplace, p. 125

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Citation du dimanche : Richard Dawkins sur Dieu

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« On peut dire que, de toutes les oeuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant : jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoifé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratique l’infanticide, le génocide et le « filicide ». »

- Richard Dawkins, Pour en finir avec Dieu, 2006, éd. Robert Laffont, 2008, p. 38.

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Citation du dimanche : Erwin Schrödinger sur la science

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« Je suis stupéfait de constater à quel point l’image scientifique du monde réel autour de moi est déficiente. Elle nous fournit quantité d’informations factuelles, ordonne toutes nos expériences de manière magnifiquement cohérente, mais elle est horriblement silencieuse quant à toute cette diversité de choses qui nous tiennent effectivement à cœur et qui nous importent réellement. Elle ne peut rien nous dire à propos du rouge et du bleu, de l’amer et du sucré, de la douleur physique et du plaisir physique ; elle ne connaît rien du beau et du laid, du bon ou du mauvais, de Dieu et de l’éternité. La science prétend parfois répondre à des questions dans ces domaines, mais les réponses sont très souvent si ridicules que nous ne sommes pas enclin à les prendre au sérieux. »

- Erwin Schrödinger, Nature and the Greeks, 1954.

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La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (3)

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Il existe 5 choses que la science ne peut pas prouver mais qui sont admises raisonnablement !

Un des grands mythes de ce siècle est que la science peut tout expliquer, tout démontrer et tout prouver. La science serait le meilleur moyen de connaître la vérité. Cependant, voici une liste de 5 choses qu’on ne peut pas prouver scientifiquement mais qu’aucun individu raisonnable ne remet en question.

1. La logique et les mathématiques ne peuvent pas être prouvées par la science. La science présuppose tout simplement leur existence. Essayer de prouver, par la science, la logique et les mathématiques, ce serait argumenter en cercle.

2. La vérité métaphysique selon laquelle il existe d’autres personnes autour de moi autre que moi, ou bien, que le monde extérieur est bien réel ne peut pas non plus être démontrée scientifiquement. À ce sujet, on raconte l’anecdote suivante. En classe de philosophie, un élève demande au professeur : « Monsieur, est-ce que j’existe ? » Le professeur interroge : « Qui m’a posé cette question ? » « C’est moi ! » répond l’élève. Le questionnement présuppose l’existence du sujet. Mais on ne peut pas le démontrer scientifiquement.

3. Les croyances éthiques échappent aussi à la science :
vous ne pouvez pas prouver par la science si les camps d’extermination à Auschwitz étaient l’expression du mal absolu ou si les actions pacifistes de Matmatah Gandhi étaient bonnes. Le bien et le mal sont des choses que nous admettons tout simplement.

4. Les jugements esthétiques ne sont pas non plus accessibles par la science. Ce qui est beau et esthétique ne peut être prouvé par la science. Aucun raisonnement scientifique ne pourra jamais démontré pourquoi la Joconde de Léonard de Vinci est une œuvre d’art et pourquoi le dessin que j’ai fait à 5 ans ne le sera jamais.

5. Enfin, de façon tout à fait remarquable, la science ne peut pas justifier la science elle-même.
La science repose sur un certain nombre d’axiomes qui ne sont pas pouvables comme la reproductibilité d’événements dans le temps : ce qui s’est passé dans le passé à un moment se reproduira dans le futur (dans les mêmes conditions). Ce n’est pas rien ! La science elle-même est donc assujettie à des « choses » qu’elle ne peut pas prouver.

Par conséquent, il y a un certain nombre de choses que nous admettons sans jamais pouvoir le démontrer scientifiquement. Le mythe que la science peut tout prouver, tout expliquer, tout démontrer est donc bel est bien une fable ! Devrions-nous abandonner la science ? Je ne crois pas. Nous avons de bonnes raisons de penser que la science explique bien le monde tel qu’il est vraiment. La correspondance entre le monde réel et les modèles scientifiques nous donnent une bonne indication de la justesse de la science. Croire en la science n’est pas irrationnel.
De même, l’existence de Dieu ne peut pas être prouvée scientifiquement. Cependant, admettre son existence permet d’expliquer la réalité telle qu’elle est vraiment dans toute sa richesse et sa complexité. L’existence de Dieu donne du sens à la réalité que nous observons. Croire en Dieu n’est pas irrationnel.

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Citation du dimanche : Robert Jastrow sur « science et foi »

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« Il semble actuellement que la science ne sera jamais en mesure de lever le voile sur le mystère de la création. Pour le scientifique qui a vécu avec sa foi dans le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme dans un cauchemar. Il a escaladé les montagnes de l’ignorance, il est sur le point de conquérir le plus haut sommet, et alors qu’il se hisse sur le dernier rocher, il est accueilli par une bande de théologiens qui sont là depuis des siècles. »

Robert Jastrow, God and the Astronomers, W. W. Norton, 1992, p. 107

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Avatar : Choc des visions du monde

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Avez-vous vu la dernière réalisation de James Cameron : « Avatar » ?
Si ce n’est pas le cas, précipitez-vous dans votre cinéma le plus proche. Le film vaut largement le coup d’œil !
Mais je n’écris pas simplement pour donner mon opinion. Le film « Avatar » est aussi une apologie du panthéisme – doctrine philosophique ou religieuse qui identifie Dieu et l’univers et qui appelle l’humanité à une communion religieuse avec le monde naturel. Ce thème refait régulièrement surface à Hollywood. C’est la vérité découverte par Kevin Costner dans « Danse avec les loups », c’est le fil rouge des films Disney « Le Roi Lion » et « Pocahantas », ainsi que le dogme de George Lucas dans la série « Star Wars ».

Sans révéler tous les secrets du film, avant la grande bataille finale, le héros du film, Jake Sully, adresse une prière à la déesse Nature (Eywa). Il lui demande de défendre la cause du peuple Na’vi (les bonshommes bleus donc). Neytiri, sa petite amie présente à ce moment, lui explique que Eywa ne peut pas prendre parti pour un camp ou pour un autre (mauvais ou bon), mais qu’elle s’efforce de respecter l’équilibre dans la nature. On est en plein dans le panthéisme !
Cependant, à la fin du film, Eywa – la déesse nature – prend partie en faveur des autochtones en combattant à leur côté contre les humains. Curieux, n’est-ce pas ? Hollywood aurait-il vu les limites du panthéisme ? En effet, le panthéisme d’une manière générale enseigne que tout n’est qu’un, que tout est Dieu. Il n’y a ni bien, ni mal. Tout est une question d’équilibre des forces (ou énergies). Pourtant, la déesse Nature décide de prendre partie en faveur du bien contre le mal (« Elle a répondu à la prière » dit d’ailleurs Neytiri). À ce moment du film, le panthéisme est supplanté par le théisme. Dieu prend partie en faveur de la justice lui qui déteste l’injustice.

C’est un choc des visions du monde ! Bien que la spiritualité de la nature d’Avatar soit attractive, même à Hollywood, on ne suit pas le Panthéisme jusqu’au bout de sa logique. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas de réponse au bien et mal que nous expérimentons. Le Panthéisme offre une intimité attractive avec la nature mais dès lors que nous faisons face aux petites et grandes souffrances de la vie, il reste silencieux. Il n’appelle pas le bien « bien » et le mal « mal ». L’exploitation humaine des Na’vis est juste un déséquilibre dans la nature. Mais la nature est neutre.

Cependant, en dépit de la contradiction évidente, Avatar ne peut pas éviter l’élément moral qu’offre la vision du monde Théiste. L’injustice est trop réelle et Dieu est du côté de la justice. On ne peut pas raconter des atrocités comme Avatar et rester neutre. Nous ressentons le besoin d’affirmer que ces atrocités sont mauvaises. Nous voulons voir les méchants dans Avatar échouer et être punis, à juste titre, parce que nous désirons voir la justice. Nous reconnaissons qu’une divinité qui reste neutre devant le mal n’est pas digne de notre adoration.

En contraste, il est intéressant d’observer que la vision du Christianisme de communion avec la nature, avec Dieu et avec les autres a une composante morale centrale : Jésus-Christ meurt sur la croix pour que le mal et l’injustice soit expiés. Il offre une relation spirituelle non en dépit de la justice, mais précisément parce la justice a été satisfaite. Dieu est du côté de la bonté et il offre sa vie pour racheter le mal.

J’aime regarder des films, ainsi que les bonnes histoires racontées. Mais je suis particulièrement heureux quand le moment de tension vient, quand le combat final contre le mal pour le bien est là parce que Dieu accomplit la même chose.

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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