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Deux paraboles pour et contre l’athéisme

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Le philosophe britannique Anthony Flew (1923-2010) rédigea en 1955 une parabole dans le but de montrer qu’il n’y a aucune différence entre un « jardinier invisible » et l’absence de jardinier.

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle. Dans la clairière poussaient de nombreuses fleurs et mauvaises herbes.

Un explorateur dit: « Un jardinier doit prendre soin de cette parcelle de terre. »

L’autre en désaccord répondit : « Il n’y a pas de jardinier »

Ils plantèrent leurs tentes et se tinrent sur leurs gardes.

Pas de jardinier en vue.

« Mais peut-être qu’il y a un jardinier invisible »

Ils construisirent donc une barrière en fils barbelés. Ils l’électrifièrent. Ils patrouillèrent avec des limiers. (Ils se rappelaient en effet que l’Homme Invisible de H. G. Well pouvait à la fois être senti et touché sans être vu).

Mais aucun hurlement ne suggéra la présence d’un intrus. Aucun mouvement des fils ne trahit un grimpeur invisible. Les limiers ne donnèrent pas l’alerte.

Cependant, le croyant ne fut pas encore convaincu : « Mais il y a un jardinier, invisible, intangible, insensible aux chocs électriques, un jardinier qui n’a pas d’odorat et ne fait pas de bruit, un jardinier qui vient secrètement prendre soin du jardin qu’il aime. »

Le sceptique désespèra enfin: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi ce que tu appelles un jardinier invisible, intangible, éternellement élusif diffère-t-il d’un jardinier imaginaire ou même de l’absence de jardinier ? »

Le théologien John Frame contra cette parabole avec cette histoire de son cru:

« Il était une fois deux explorateurs qui découvrirent une clairière dans la jungle.

Un homme était là, arrachant les mauvaises herbes, appliquant du fertilisant, découpant les branches. L’homme se tourna vers les explorateurs et se présenta lui-même comme le jardinier royal. Un explorateur lui serra la main et échangea une plaisanterie.

L’autre ignora le jardinier et s’en détourna : « Il ne peut y avoir de jardinier dans cette partie de la jungle, il doit y avoir un truc. »

Ils installèrent leur camp. Tous les jours, le jardinier arrivait; il entretenait la parcelle de terre. Rapidement, le terrain fut couvert d’éclatantes fleurs.

« Il fait seulement cela parce nous sommes là, pour nous faire croire qu’il est un jardinier royal. »

Le jardinier les amèna ensuite dans son palais royal, il présenta les explorateurs aux officiels qui confirmèrent le statut du jardinier.

En dernier recours, le sceptique lança: « Nos sens nous trompent. Il n’y a pas de jardinier, pas de fleurs, pas de palais, pas d’officiels. C’est encore une blague ! »

Finalement, le croyant désespèra: « Mais que reste-t-il de ta première affirmation ? En quoi un mirage, comme tu l’appelles, diffèrent-ils d’un vrai jardinier ? »

MA: Justin Taylor

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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4 preuves que souhaite un athée pour croire en l’existence de Dieu

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Dernièrement, j’ai eu le plaisir de dialoguer avec un sceptique sur un site Internet. Après avoir passé en revue quelques obstacles entre mon interlocuteur et la foi en Dieu, je lui ai demandé combien et quel genre de preuves il attendait pour croire en l’existence de Dieu. Je retrace dans cet article les grande ligne de la discussion en y ajoutant quelques commentaires et précisions.

 

Rationalisme

 

Dans son dernier livre The Reason For God, Tim Keller définit le point de vue de mon interlocuteur de la façon suivante : « (Le rationaliste présume que) personne ne devrait croire une affirmation à moins qu’elle puisse être prouvée rationnellement par la logique ou empiriquement par l’expérience. Qu’est-ce que « prouvée » signifie ici ? Dans cette perspective, une preuve est un argument si fort qu’aucune personne dotée de facultés logiques opérant normalement aurait aucune raison de ne pas croire. »1 Mais comment prouver empiriquement que personne ne devrait croire quelque chose sans une preuve empirique ? Vous ne pouvez pas. Au final, il s’agit d’une simple croyance.

Le rationaliste présume aussi qu’il est possible d’être absolument objectif. Mais aujourd’hui tous les philosophes sont d’accord pour dire que c’est impossible. Nous venons tous avec un tas d’expériences et d’arrières plans culturels et religieux différents qui influencent grandement notre pensée et la façon dont nous raisonnons. Il n’est pas juste de demander un argument que toute personne devrait croire.

Personnellement, je ne doute pas que mon interlocuteur était tout à fait ouvert à l’idée qu’on lui prouve l’existence de Dieu. Malheureusement, après évaluation des dites « preuves », il s’est avéré qu’aucune n’était valable dans son propre système de pensée. Le message qu’il envoyait était que « rien ne peut me convaincre de l’existence de Dieu » …

Les quatre preuves étaient :

-    Efficacité de la prière démontrée statistiquement avec une méthodologie valable

-    Démonstration d’une justice divine sur Terre

-    Témoignages de défunts qui se recouperaient

-    Démonstration de l’existence et de la survie d’une “âme” et message divin intelligible

 

Preuve #1 : Efficacité de la prière démontrée statistiquement avec une méthodologie valable


Pour mon interlocuteur, « une preuve de l’efficacité de la prière serait facile à obtenir … L’important est de s’accorder sur un protocole honnête, c’est tout à fait faisable … Il suffit de comparer la survenance d’un évènement pour lequel on prie et celle d’un évènement pour lequel on ne prie pas en excluant, par un groupe témoin, les effets placebo. »

Qu’est-ce que la prière ? Pour un chrétien, prier n’est pas seulement demander des choses à Dieu (bien sûr les requêtes ont leur place). Prier, c’est entrer en relation avec Dieu pour que notre cœur s’accorde avec le sien. Qu’entend-on par là ? Prier, ce n’est pas tenter de faire infléchir la divinité pour qu’elle réponde à notre requête. Pourtant, combien de personnes considèrent la prière comme étant une série de vœux que le génie de la lampe doit exaucer ? Dans la perspective biblique, prier c’est chercher à connaître le cœur de Dieu pour mettre le nôtre à son diapason.

Clairement, lorsqu’on parle de prière, on parle de la souveraineté de Dieu (Dieu est maître de toutes choses et en toutes choses, il a le dernier mot). Le fait que Dieu soit souverain est dérangeant pour le sceptique qui a tôt fait de comparer cela à un « essaye pas de piger, c’est divin ». Si Dieu existe et qu’il est créateur, alors nous sommes créatures. C’est bien simple, si Dieu existe alors nous ne jouons pas dans la même catégorie. L’ordre inférieur dépend du supérieur. Le supérieur ne se soumet pas au caprice de l’ordre inférieur.

Pour cette première preuve, la méthodologie ne colle pas avec l’objet de l’étude. On ne met pas Dieu dans un tube essai …

 

Preuve #2 : Démonstration d’une justice divine sur cette terre


Qui n’a jamais été profondément choqué par l’injustice sur cette terre ? Pour certains, le fait qu’il y ait tant d’injustices dans ce monde est une preuve que Dieu n’existe pas.

Le brillant auteur et conférencier chrétien Ravi Zacharias relate l’anecdote suivante. Alors qu’il répond aux questions des étudiants de l’université de Nottingham en Angleterre, l’un d’eux l’interrompt et se dresse brusquement à sa place. Visiblement consterné par les propos tenus par Zacharias, il lui lance: « Si Dieu existe pourquoi le mal ? »

Ravi lui demande de rester debout et lui répond : « D’accord, c’est une question importante et je veux, comme vous, y apporter une réponse satisfaisante sans abandonner la raison. Dans votre question, vous supposez que le mal existe, c’est bien ça ? » L’étudiant acquiesce. Zacharias continue : « Vous supposez donc aussi l’existence de ce qu’on appelle le bien. Vous êtes d’accord ? » L’étudiant acquiesce à nouveau. « Alors, quand vous supposez l’existence du mal et du bien, vous supposez aussi l’existence d’une loi morale pour différencier entre le bien et le mal, enchaîne Zacharias. Par conséquent, vous supposez l’existence d’un législateur moral. Autrement dit, Dieu. Mais ce n’était pas ce que vous essayez de prouver. Au contraire, c’est ce que vous essayez de réprouver. Mais si vous réprouvez l’existence d’un législateur moral, alors vous faîtes de même pour la loi morale. Sans loi morale, vous n’avez aucun moyen de différencier entre ce qui est bien et ce qui est mal. Donc pas de bien, pas de mal. Par conséquent, quelle est votre question ? » L’étudiant, livide, répond : « qu’est-ce que j’étais entrain de vous demander ? »

Cette anecdote nous éclaire sur le point suivant : pour émettre un jugement moral, vous avez besoin d’un cadre dans lequel la question du mal et de l’injustice peut valablement émerger. Or si Dieu n’existe pas alors il n’existe pas un tel cadre. Si Dieu n’existe pas, dire que telle action est bonne ou mauvaise n’est rien de plus que l’expression d’un goût personnel ou d’une préférence (tel que j’aime le bleu ou je n’aime pas les broccolis), ou bien, l’expression d’une pure convention culturelle. Par conséquent, comment pouvez-vous dire que cela s’applique partout et à tout le monde ? Pourtant, nous savons bien que violer des petits enfants est absolument injuste et mauvais que l’on soit né en Europe, en Asie ou en Afrique. De tels absolus ne sauraient être expliqués sans postuler l’existence de Dieu.

Je ne suis pas entrain d’écrire que les athées sont incapables d’accomplir une action bonne. Je ne suis pas non plus entrain d’argumenter qu’il faille croire en Dieu pour différencier entre le bien et le mal. Bien sûr, les athées sont capables d’accomplir des actions moralement bonnes. Bien sûr, ils sont capables de différencier entre le bien et le mal. Mais sur quel fondement ? S’ils sont juste le produit d’un processus aveugle, d’où vient ce sentiment que le monde est réellement injuste ?

Demander une démonstration d’une justice divine sur terre, c’est déjà postuler l’existence de Dieu. Si Dieu n’existe pas alors cette preuve ne peut subsister en tant que telle. Dans un monde peuplé d’individus sans yeux, personne n’a jamais vu le jour. Dans un tel monde, personne ne peut différencier entre la nuit et le jour. Le mot « nuit » n’a donc pas de sens. Demander une preuve de la justice divine sans cadre dans lequel la question peut logiquement émerger n’a au final pas de sens et donc échoue forcément.

 

Preuve #3 : Témoignages de défunts qui se recouperaient.


À ma connaissance, il n’existe qu’un seul témoignage d’une personne morte et revenue à la vie : la personne de Jésus-Christ. Quand j’ai demandé à mon interlocuteur pourquoi il refusait ce témoignage, sa réponse révélait un manque évident d’information sur la fiabilité des documents de la Bible. Pour lui, il ne faisait aucun doute que les évangiles sont des mythes, des compositions tardives « édulcoré(es), remanié(es), amélioré(es), enluminé(es) par le clergé des siècles plus tard ».  Ce qui est tout simplement faux puisque les documents du Nouveau Testament ont été datés entre 60 et 120 après J.C. Soit seulement 30 ans après la mort de Jésus-Christ pour les premiers écrits. Il ne s’agit donc pas d’une composition tardive.

De plus, les évangiles n’ont tout simplement pas les caractéristiques d’un mythe. C.S. Lewis, professeur de littérature, fait le commentaire suivant : « J’ai lu des poèmes, des fictions, des récits littéraires, des légendes et des mythes toute ma vie. Je sais à quoi ils ressemblent. Je sais qu’aucun n’est comme (les évangiles). De ces textes, on peut seulement tracer deux perspectives. Soit, c’est un rapport historique … soit, quelques auteurs inconnus … sans prédécesseurs ou successeurs connus, ont soudainement anticipé la technique des nouvelles modernes, des narratifs réalistes … »

Si Jésus est ressuscité des morts, il y a eu, bel et bien, un miracle divin et, donc, une preuve de l’existence de Dieu. Nous avons par conséquent une preuve indirecte de l’existence de Dieu. Mais l’expression est lâchée : « miracle divin ». Dans son article sur l’historicité de l’évangile de Marc, Peter Williams,  directeur de Tyndale House à Cambridge, écrit ce commentaire pertinent : « S’il n’y avait pas le problème des miracles dans l’évangile de Marc, il est hautement probable que sa fiabilité ne serait même pas débattue parmi les historiens. »2 La résurrection n’est pas un problème historique, mais un vrai problème philosophique. Pour quelqu’un qui a embrassé la vision naturaliste du monde, il n’est pas envisageable qu’un défunt ressuscite. Le rapport de la résurrection de Jésus est donc a priori suspecte. Nombreux sont les experts du Nouveau Testament qui rejettent l’explication du miracle divin. Pourquoi ? Parce qu’on sait tous pertinent que les morts ne ressuscitent pas. Cependant, pour quelqu’un qui est ouvert au surnaturel, la résurrection d’un défunt est tout à fait possible. Ainsi Anthony Flew, le célèbre biologiste qui a longtemps navigué sous la bannière athée avant de devenir déiste*, a affirmé que sa croyance en Dieu rendait la résurrection en Jésus-Christ réellement possible.

Ainsi, les témoignages de défunts se recoupant ne seraient pas une preuve pour quelqu’un qui croit en la vision naturaliste du monde. Car, les morts ne reviennent pas à la vie. La résurrection d’un être, même bien établie historiquement, est a priori suspecte. Je vais rentrer dans les détails dans les lignes suivantes.

 

Preuves #4 : Démonstration de l’existence et de la survie d’une “âme” et message divin intelligible

 

Dans notre discussion, mon interlocuteur a plusieurs fois rappelé que « l’inexpliqué n’explique rien. » Pourtant, ce sont bien des preuves qui entrent dans la catégorie « inexplicable » qu’il espère pour croire en l’existence de Dieu. En vertu de son critère « l’inexpliqué n’explique rien », aucune de ces preuves ne saurait être acceptable (on aurait pu faire entrer la preuve #3 dans cette section mais j’ai préféré lui réserver un traitement spécifique tant elle me semble importante).

Pourquoi ces preuves échouent-elles dans un système naturaliste ?

Imaginez un distributeur de boissons qui n’accepte que les pièces de 5, 20 et 50 centimes d’euros. Que se passe-t-il si vous lui tendez une pièce de 10 centimes d’euros ? La machine va juste « recracher » votre pièce et vous demander d’insérer la bonne valeur. Rappelez-vous dans le cas de notre interlocuteur, « l’inexpliqué n’explique rien ». Pour lui,  toute affirmation (notamment sur Dieu et l’âme) n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement. Dans ce système, une proposition surnaturelle (Dieu ou l’âme) représente la pièce de 10 centimes que le distributeur de boissons ne peut recevoir pour la traiter. A priori, notre interlocuteur rejette de telles explications. Comment peut-il espérer y voir une preuve par conséquent ?

C.S. Lewis, perspicace à ce sujet, a écrit : « Si la fin du monde nous surprenait littéralement telle qu’elle est décrite dans l’Apocalypse – si le matérialiste moderne voyait de ses propres yeux le ciel s’ouvrir et le grand trône blanc apparaître, s’il se sentait précipité dans l’étang de feu, il ne cesserait durant toute l’éternité, au fond de cet étang de feu, de considérer son expérience comme une hallucination et d’y voir le symptôme d’une maladie mentale ou d’une lésion de son cerveau. »3

Devant un fait inexpliqué, le matérialiste moderne recherchera toujours une explication d’après ses propres convictions.

Dans le christianisme, il est précisément question d’un message divin intelligible. Dieu se révèle à travers la Bible : « A bien des reprises et de bien des manières, Dieu a parlé autrefois à nos ancêtres par les prophètes. Et maintenant, dans ces jours qui sont les derniers, c’est par son Fils qu’il nous a parlé. … » (Hébreux 1.1-2). Dieu parle et s’est fait connaître aux hommes à travers les écrits des prophètes et par son Fils unique Jésus-Christ (voir aussi Jean 1 :18). Souvent les sceptiques argumentent que la Bible n’est qu’un ensemble d’écrits religieux purement humains. Croire que Dieu est l’inspirateur de tels textes, c’est faire preuve d’une foi aveugle.. Mais dire cela, c’est aussi faire un saut de foi. Comment pouvez-vous savoir que Dieu ne l’a pas inspiré à moins d’exclure a priori cette possibilité ?

 

Quand la métaphysique rencontre la physique

Enfin, une des affirmations les plus fortes de la Bible, et qu’aucune autre religion ne partage, est que Dieu s’est fait homme (Jean 1.14). Quand Jésus était sur terre, les hommes voyaient vraiment Dieu. Ils pouvaient le voir, le toucher et l’entendre. Si c’est vrai, c’est le moment le plus important de l’histoire. Le moment où la métaphysique (ce qui est au-delà de la nature) a rencontré la physique (ce qui est de l’ordre de la nature). Si les rapports des témoins sont vrais, je pense qu’ils le sont, alors Jésus est la meilleure preuve que Dieu existe et que le christianisme est vrai.

 

Vous pouvez retrouver l’intégralité de la discussion ici (mars 2009)

(1) Keller, Tim, The Reason for God, p. 118

(2) Williams, Peter, The Historical Reliabity of Mark’s Gospel (mars 2009)

(3) Lewis, C.S., Miracles.

 

 

Lire aussi :

Pour en finir avec Dieu (2) – Dieu existe-t-Il?

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Le but principal du livre de Dawkins est de convaincre son lecteur de l’inexistence de Dieu. Selon lui, si les chrétiens ne croient pas en l’existence de Thor, Zeus ou Wotan… les athées ne font que rajouter Dieu à la liste des divinités inexistantes.

Dawkins affirme que l’existence ou la non-existence de Dieu est une hypothèse scientifique ouverte à la démonstration rationnelle.1

Pour Dawkins, on croit en Dieu comme on croit au Père Noël ou en la petite souris. Ce n’est rien d’autre qu’une croyance infantile que toute personne douée d’intelligence doit tôt ou tard abandonner. Il serait intéressant de comparer, chez les personnes ayant atteint l’ « âge de raison », le nombre de personnes se convertissant au christianisme avec le nombre de ‘nouveaux convertis’ au Père Noël…

Tout au long du livre, on trouve le même type d’analogie n’ayant d’autre but que de ridiculiser la religion.
Par exemple, voici la raison pour laquelle, selon Dawkins, Dieu ne peut pas être omnipotent.

Si Dieu est omniscient, Il sait d’avance comment Il interviendra pour changer le cours de l’Histoire en faisant appel à Son omnipotence – ce qui veut dire qu’Il ne peut pas changer d’avis concernant Sa future intervention. Il est donc impossible qu’Il soit omnipotent! On pourrait classer cet argument contre l’existence de Dieu parmi tant d’autres – tels que « Dieu peut-Il faire un cercle carré ? » ou « Dieu peut-Il créer un caillou plus lourd qu’Il ne le pourrait porter ? ».
Le fait que Dieu soit omnipotent ne veut pas dire qu’Il fera ce qui est contre Sa propre nature.

Dans le chapitre concernant l’hypothèse de l’existence de Dieu, Dawkins cherche à montrer l’irrationalité des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Il cite ainsi les « Cinq voies » de Saint Thomas d’Aquin, tirées de Somme théologique. Dans ce texte, Saint Thomas d’Aquin présente cinq voies d’accès à l’existence de Dieu par la raison2. Dawkins semble ignorer que Saint Thomas d’Aquin ne cherchait pas à prouver l’existence de Dieu, mais à démontrer la cohérence interne du théisme.

Nous en arrivons à l’argument supposé démontrer de façon quasi-certaine la non-existence de Dieu. « Un Dieu capable de créer quoi que ce soit doit être suffisamment complexe pour être à son tour expliqué. » On pourrait formuler cet idée en posant la question suivante: ‘Qui a créé le créateur ?’ Dawkins a beau être un ‘nouvel athée’, son argument n’a rien de nouveau. Il considère que l’hypothèse de l’existence de Dieu implique une régression infinie. Mais la recherche d’une explication ne représente pas une régression infinie. Prenons un exemple tiré du monde scientifique, celui de la théorie de l’unification ou ‘théorie du tout’3.

La physique moderne repose sur deux piliers: d’une part la théorie de la relativité générale qui décrit la nature à l’échelle macroscopique (étoiles, galaxies,…) et d’autre part la théorie quantique qui décrit la nature à l’échelle microscopique (molécules, atomes,…).
Chacune de ces théories a été largement confirmée par de nombreuses expériences, et elles sont à l’origine d’immenses progrès scientifiques du siècle dernier.
Mais le problème est le suivant: elles sont incompatibles ! Les travaux des physiciens portent généralement soit de l’infiniment grand, soit de l’infiniment petit. Cependant, il arrive que la nature combine les deux, par exemple dans un trou noir (une masse gigantesque est confinée dans un volume minuscule), ou lors du Big-Bang (théorie selon laquelle l’univers entier aurait fait éruption d’une ‘graine’ microscopique). Pour décrire de tels phénomènes, la relativité générale et la théorie quantique ont leur rôle à jouer. Mais en combinant les équations de ces deux théories, les chercheurs se heurtent à des aberrations. L’explication des phénomènes observés dans l’univers nécessite-t-elle deux systèmes bien distincts, un pour l’infiniment petit et un pour l’infiniment grand ? La recherche dans ce domaine a conduit depuis une vingtaine d’années environ à la formulation d’une théorie englobant les deux systèmes et dissolvant les tensions entre la théorie de la relativité et la théorie quantique. Cette théorie est connue sous le nom de « théorie des cordes », selon laquelle les constituants fondamentaux de la nature sont en fait de petits filaments unidimensionnels4.

Cette théorie, si elle venait à être confirmée, serait en quelque sorte la « théorie ultime » de la physique, permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes naturels.
Si Dawkins se sert de la question « Qui a créé le Créateur? » comme argument contre l’existence de Dieu, on peut se demander, conçernant la théorie du tout, « Qu’est-ce qui explique l’explication ? ».
La recherche portant sur la théorie d’unification n’a pas été abandonnée dès le départ sous le simple prétexte qu’elle représentait la terminaison d’un processus explicatif. De même, il n’y a pas de raison de nier l’existence de Dieu sous prétexte qu’il faudrait alors expliquer qui a créé Dieu.

Dawkins affirme que croire en Dieu reviendrait à croire en un Être dont l’existence est encore plus complexe, donc plus improbable. Complexité rime-t-il toujours avec improbabilité ?
La théorie de l’unification est d’une extrême complexité, car elle est supposée englober deux théories qui semblent totalement incompatibles. Mais son extrême complexité n’implique pas une extrême improbabilité.

Dawkins articule sa pensée de la manière suivante:
- Si Dieu existe, il doit être extrêmement complexe
- S’il est extrêmement complexe, son existence même est très fortement improbable
- Il n’existe donc presque certainement pas.

Le principe anthropique stipule que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie étaient réunies lors de la naissance de l’univers. Le simple fait que nous existons est extrêmement improbable, mais nous existons!
Complexité ne rime pas toujours avec improbabilité, et improbabilité ne rime pas avec inexistence.

En fin, Dawkins a cherché à démontrer la très forte improbabilité de l’existence de Dieu. Voici sa description du Dieu auquel il ne croit pas:

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant: jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratiquant l’infanticide, le génocide et le ‘filicide’ ».

Je suis tout à fait d’accord avec Dawkins sur ce point: je ne crois pas non plus en ce Dieu là.


1- A ce sujet, lire l’article Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

2- La voie par le mouvement: les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu’il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d’une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l’existence d’un Premier moteur non mû : c’est Dieu.
La voie par la causalité efficiente: nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l’infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c’est Dieu.
La voie par la contingence: il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.
La voie par les degrés des êtres: il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu’il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
La voie par l’ordre du mondela voie par l’ordre du monde: on observe un ordre dans la nature : l’œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

3- Dans L’Univers élégant, Brian Greene présente de manière très intéressante et accessible cette théorie.

4- Si on « zoomait » de plus en plus sur un objet observable, on obtiendrait la séquence suivante: objet → atomes → nucléons (protons et neutrons) → quark → corde

Lire aussi :

Arguments en faveur du christianisme (6)

par

L’existence de Dieu seule peut expliquer nos attentes en matière de justice.

Cela suit notre précédent article sur le sens moral. C’est Emmanuel Kant qui a été le plus loin dans le développement de cet argument. Tous les hommes expérimentent l’injustice dans leur vie. Nos attentes et nos espérances que la justice sera rendue ne peuvent être satisfaites dans cette vie : les méchants prospèrent tandis que les justes souffrent. Pour que notre notion de justice est une signification, il faut qu’il y ait un jugement après la vie opéré par un Juste juge : Dieu.

D’après Defending the faith

Lire aussi :

Arguments en faveur du christianisme (5)

par

- édité en 2008

L’existence de Dieu est la meilleure explication de l’existence de valeurs morales objectives

Toute personne naît avec une capacité à discerner l’idée de la perfection, de ce qui est bien et de ce qui est vrai et beau. Ce profond sens moral, que l’on peut appeler Loi morale ou Règles communes de la décence ne peut pas être expliqué sans postuler l’existence d’un Dieu personnelle et lui-même moral.

N’entendons-nous pas tous les jours des gens éduqués ou frustres, enfants comme adultes, s’insurger ainsi : « Aimeriez-vous que l’on agisse de même à votre égard ? C’est ma chaise, j’y étais assis avant toi … Laissez-le tranquille, il ne vous a rien fait … De quel droit jouez-vous des coudes pour doubler tout le monde ? … Donnez-moi un peu de votre orange, je vous ai bien donné quelques quartiers de la mienne … Venez donc, vous l’avez promis … » [1]

En se disputant, les gens font inconsciemment appel à des normes morales. Systématiquement, quand des personnes ne sont pas d’accord sur des questions morales, elles se comportent comme s’il existait un accord sous-jacent à propos de ce qui est bien et mal (une règle du jeu en quelque sorte).

Ces principes moraux ne sont pas simplement le produit d’une culture. Si cela était vrai nous observerions des différences flagrantes d’une société à l’autre. Il y a toujours des personnes qui chipotent à propose de cela, mais qu’elles prennent le temps d’étudier les enseignements moraux des Chinois, des Egyptiens, des Hindous, des Musulmans et des Grecs et elles s’apercevront qu’ils sont semblables aux nôtres. Même si des cultures autorisent la polygamie et d’autres non, elles sont toujours d’accord sur le fait que l’homme ne peut posséder chaque femme qu’il désire. [2]
En d’autres termes, elles verront que le syllogisme suivant : « il existe des différences fondamentales entre les différentes cultures, les valeurs morales sont le produit d’une culture, donc il ne peut y avoir une Loi morale commune » est faux. Fidélité dans le mariage, honnêteté dans les discours, bon comportement envers les plus âgés, honneur rendu aux parents, interdiction de faire couler le sang sans motifs … Tous ces principes moraux se retrouvent dans chaque société.
D’ailleurs, Confucius, avant Jésus-Christ et Emmanuel Kant, fut le premier à formuler la règle du respect mutuel (shu) : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. »

Aussi, nous trouvons ces principes moraux non seulement dans toutes les cultures mais aussi inscrits dans la conscience humaine. Comme l’apôtre Paul l’explique :

Les peuples non-Juifs, qui n’ont pas la Loi, en observent souvent naturellement les préceptes*. Ils trouvent en eux-mêmes ce qu’il convient de faire et obéissent aux impératifs de leur sens moral.
Ils démontrent par leur comportement que l’essence de la Loi est gravée dans leur coeur. Leur conscience et leur discernement moral en témoignent: de là ces raisonnements par lesquels on se cherche des excuses, ces pensées qui tantôt accusent, tantôt absolvent (excusent) ; de là aussi ces jugements qui approuvent ou condamnent la conduite d’autrui.  » [3]

* en effet, seul le peuple Juif a reçu la Loi de Dieu à la sortie de la captivité en Egypte (Exode 20.1-17)

Le christianisme suggère que cette loi morale a pour origine Dieu. Le sens universel de ce qui est bien ou mal ne peut être expliqué sans avoir une référence ultime. Sans celle-ci, les explications sont souvent contradictoires soit dans les postulats soit dans les conclusions (voir ici une réfutation de l’évolution sociobiologique comme théorie explicatif du sens moral).

Attention, nous ne sommes pas entrain d’argumenter que les athées sont des êtres amoraux, incapable de discerner le bien du mal. Nous ne sommes pas non plus entrain de dire qu’il faut croire en Dieu pour mener une vie morale. En revanche, nous pensons que l’athéisme n’a aucun cadre pour justifier l’existence de règles morales objectives. Les valeurs morales ne sont alors qu’un produit de l’évolution ou bien un goût personnel. Si vous n’admettez pas l’existence d’une Loi morale, et si votre interlocuteur ne partage pas la même conception de ce qui est bien ou mal, la notion du « bien » devient alors « ce qui est bien pour moi, quoi qu’en pense l’autre. » Je peux alors trouver très bonne l’idée de coller une baffe à mon interlocuteur, quoi qu’il en pense.
Nous dirons donc que si Dieu n’existe pas, il n’existe probablement pas non plus de lois morales imposées aux hommes. Or, manifestement, les hommes sont soumis à des obligations morales. Donc Dieu existe probablement.


[1] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 19
[2] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 21
[3] Lettre de Paul aux Romains, Ch. 2 v. 14 et 15, La Bible version Parole vivante

D’après Defending the faith

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Arguments en faveur du christianisme (4)

par

Le Dieu de la Bible n’est pas un dieu que nous aurions pu inventer.

L’accusation souvent faite est que la religion est une béquille psychologique pour les faibles. Les hommes inventent des dieux pour les protéger de la dure réalité de la vie. Si les hommes sont des chasseurs, ils inventent un dieu guerrier qui les aide dans la chasse et dans les affrontements contre les tribus ennemies. S’ils pratiquent l’agriculture, ils inventent un dieu de la pluie et de la fertilité pour espérer une bonne récolte. Dans ces cas, les dieux reflètent simplement les besoins d’une culture qui les crée. Cependant, cette accusation est généralement dirigée contre toutes les religions.

Remarquons, tout d’abord, que c’est une bonne observation. La Bible la fait aussi. Dans Romains 1, par exemple, Paul nous raconte que les hommes inventent des dieux, ou des idoles, pour leur propre bénéfice. Mais, ils font ceci après avoir supprimé la connaissance du seul et unique Dieu. Pourquoi voudraient-ils faire ça ? Parce que le vrai Dieu, Yahweh, le Dieu d’Israël, ne se laisse pas manipuler pour le propre bénéfice de l’homme comme une idole. Le Dieu de la Bible, saint et juste qui condamne les pécheurs, souverain sur toutes choses, qui commande à tous les peuples de se repentir et de se soumettre devant Sa face, n’est pas du tout le type de dieu que les hommes inventeraient, car l’homme est fondamentalement allergique à l’idée de devoir se soumettre à une autorité.

Si nous devions inventer un dieu, il serait beaucoup plus amical. En effet, on entend souvent que finalement Dieu va laisser tout le monde aller au paradis. Aussi, il serait plus manipulable, c’est bien connu qu’on prie Dieu quand on a besoin d’un service, ou, comme disait une amie dernièrement : « j’ai des problèmes dans mes relations avec mon copain, en plus j’ai ceci et cela … Dieu m’aide pas là ! ». Enfin, il serait volontairement très loin pour nous laisser jouer nos propres règles du jeu et suivre notre volonté.


D’après une étude de Defending the Faith

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Arguments en faveur du christianisme (3)

par

L’homme a besoin d’une référence ultime pour déterminer le sens de la vie

Si vous ne partez pas du principe qu’il y a un Dieu, la vie n’a aucun sens. »
Bertrand Russel, philosophe athée

Jean-Paul Sartre, philosophe existentialiste athée, concédait volontiers que l’humanité n’avait pas de sens, pas de but, pas de finalité si Dieu n’existait pas. Nous ne pouvons pas trouver notre signification en nous-mêmes – nous aspirons à exister pour quelque chose de plus grand. Si Dieu n’existe pas et qu’il n’a pas parlé, alors notre vie est absurde, nous ne sommes que des êtres vivants déterminés par l’arbitraire.

Si chaque personne passe de vie à trépas, quelle signification finale peut-on donner à sa vie ? Est-ce qu’il importe qu’elle ait réellement existé ? On pourrait dire d’elle que sa vie a été importante parce qu’elle a influencé les autres, ou affecté le cours de l’histoire. Mais ceci montre seulement une signification relative de sa vie, et non une finalité absolue. Sa vie peut être relative à d’autres événements, mais quel est le but ultime de ces autres événements ? S’ils sont tous sans signification aucune, leur succession n’apporte finalement aucun sens.

Observons une autre perspective : les scientifiques affirment que l’univers provient d’une gigantesque explosion appelé “Big Bang” il y a environ 15 milliards d’années. Supposons que le « Big Bang » ne s’est jamais produit, et donc que l’univers n’ait jamais existé. Quelle différence cela fait-il au final ? Aucune. L’univers est condamné à mourir de toute façon. A la fin, il n’y aura aucune différence avec le fait qu’il ait existé ou non. Par conséquent, l’univers est sans signification aucune.

L’univers n’a pas de sens.

Nous pouvons observer cette même vérité en ce qui concerne l’homme. Le genre humain est condamné à mourir dans un univers clos et sans signification. Puisque l’humanité cessera d’exister un jour, il n’y a aucune différence au final avec le fait qu’elle ait existé ou non. Ainsi, l’humanité ne vaut pas plus qu’un essaim de moustiques parce que leur finalité est la même. Le système clos qu’est l’univers est une mécanique cosmique sans volonté qui, par une succession d’événements, à amener l’humanité à l’existence et l’anéantira aussi.

La vie humaine n’a pas de sens.

Et, suivant la même logique, cette vérité peut être énoncée de la même façon pour chaque individu. Les contributions des scientifiques à l’avancement de la connaissance humaine, les recherches des docteurs pour pallier aux douleurs et à la souffrance, les efforts des diplomates pour instaurer la paix dans le monde, les sacrifices de certains « héros » pour améliorer les conditions de vie des hommes – tout ceci n’a aucun sens. Au final, cela ne fera aucune espèce de différence. Chaque vie est donc sans aucune signification. Et, puisque nos vies sont finalement sans signification, nos actes sont également sans signification. Les longues années d’étude à la fac, les emplois, les activités extra-professionnelles, les amitiés, la famille – tous sont, après réflexion, tout à fait sans signification.
C’est le désespoir de l’homme moderne, parce qu’à la fin, il n’y a rien…

Ta vie n’a pas de sens.

L’idée de vivre éternellement n’apporte pas plus de sens à la vie. Si l’homme et l’univers existe à jamais, mais si Dieu n’existe pas – la référence absolue – leur existence n’a pas de finalité. A quoi cela sert de vivre éternellement si l’on ne vit pour rien. Si Dieu n’existe pas, nous errons deçà et là dans l’univers sans but et sans fin. La vie éternelle sans Dieu n’a aucun intérêt (voir une illustration de ce propos faite par des athées).

L’homme ne peut vivre sans Dieu.

En supprimant Dieu de sa vie, l’homme du 21e siècle en est arrivé à vivre ainsi. Dans ces conditions, pourquoi ne pas se suicider ? Si la vie est vécue sans Dieu, cette question est tout à fait légitime puisque cet acte nous épargnerait l’absurdité de la vie, la souffrance et le désespoir. Jean-Paul Sartre a refusé cet acte au motif qu’il utiliserait sa liberté pour se priver de sa liberté. Mais pourquoi hésiterait-on à se priver de liberté si celle-ci est source de tant de difficultés ? La mort devient la panacée car elle délivre de cet état. Si elle est la panacée, elle n’est pas un mal, sauf pour les survivants. Mais cela ne fait que repousser le problème. Curieusement, la mort subit un changement de valeur : d’une chose mauvaise, qu’on ne souhaiterait à personne, elle devient le bien ultime. Fort de cette logique, le meilleur des mondes est celui où la race humaine est anéantie.(2)

Par ailleurs, ne devrions-nous pas être surpris par certaines personnes qui tentent de découvrir une forme de vie extra-terrestre ? Le comportement quasi-religieux de certaines personnes est troublant dans ce domaine.
En fait, ils veulent découvrir quelqu’un d’extérieur à notre monde, quelqu’un qui puisse servir de référence pour déterminer notre propre existence !
Ceux qui cherchent la vie extra-terrestre argumentent souvent dans le sens que la raison de l’existence de l’humanité – son but, sa destinée – sera seulement découverte quand nous aurons établi un contact avec une autre forme de vie.

Nous suggérons que cette possibilité a déjà été offerte aux hommes par Dieu qui nous a créé, qui a fait le premier pas pour nous sauver il y a de cela 2000 ans. Vous avez été fait par Dieu et pour Dieu, et tant que vous ne l’admettrez pas, votre vie n’aura aucun sens. Nous ne pouvons trouver notre destinée qu’en Lui. (3)


(1) D’après une traduction libre et partielle de The Absurdity of Life Without God du Dr William Lane Craig
(2) D’après Ravi Zacharias, L’homme peut-il vivre sans Dieu ?, éditions Farel p. 65
(3) D’après une traduction libre et partielle de Defending the Faith

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Arguments en faveur du christianisme (2)

par

L’existence de Dieu explique l’aspiration universelle du coeur de l’homme

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Des milliards de personnes ont cru en l’existence d’un dieu, des personnes issues de différentes cultures, de différentes époques, de différentes langues et coutumes, qui vivaient en différents lieux de la planète.
Le genre humain est irréversiblement homo religiosis, l’homme est un être intrinsèquement religieux. Même les philosophies qui à la base n’avaient pas de dieu, ont dû finalement en inventer un – ce qui est clairement le cas en ce qui concerne le Bouddhisme. Bouddha n’avait pas enseigné l’existence d’une divinité, mais les successeurs de Bouddha à travers les siècles ont converti Gautama Bouddha – le fondateur du Bouddhisme – en un dieu, et des millions de Bouddhistes lui rendent encore un culte aujourd’hui.

Cette conversion est aussi un changement en une divinité personnelle. Une ‘force’ abstraite ne satisfait pas les besoins du cœur humain – nous avons besoin de savoir que quelqu’un au-delà de nous existe, et non juste quelque chose. Ce même changement était évident dans l’Hindouisme. L’impulsion monistique de l’Hindouisme Upanishadique, avec le très philosophique Brahman, une puissance plus élevée mais abstraite, a été éclipsé au cours du temps par une dévotion rendue à plusieurs dieux personnels.
En tant qu’être humain, nous arrivons sur Terre insatisfaits, sentant un profond besoin d’une divine présence en notre âme. C’est le « vide en forme de Dieu » présent dans chaque cœur.

L’athéisme – la négation absolue de l’existence de Dieu – ne satisfait pas les attentes du cœur humain. L’homme ne peut vivre sans Dieu. Quand une personne nie l’existence de Dieu, elle en invente un autre pour satisfaire les aspirations de son cœur. Que ce soit la drogue, l’argent, le sexe, la gloire, ces dieux-là ne rempliront jamais pleinement le vide à l’intérieur de l’homme. (1)

Que se passe-t-il quand vous désirez ardemment une chose et que vous l’obtenez ? Une paire de chaussures de marque, un emploi, un petit ou une nouvelle petit(e) ami(e) … Vous commencez par en avoir envie et vous vous dîtes : « quand je l’aurais je serais pleinement satisfait(e) ». En réalité, les choses se passent autrement. Une fois la paire de chaussures achetée, le job obtenu ou après être sorti avec ce garçon ou cette fille qui vous faisait tant craquer, vous n’obtenez pas la satisfaction escomptée. Votre désir se porte alors sur une autre chose, sur quelqu’un d’autre … « l’espoir fait vivre » dirons-nous. Il semble que rien ne puisse étancher cette soif intense en nous. Existe-t-il un moyen d’étancher cette soif ? (2)

« Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6.35)
Jésus-Christ a l’audace de dire qu’il peut remplir notre vide ! Il prétend qu’il peut combler nos attentes !

Dieu est amour

Jésus-Christ peut nous permettre d’entrer dans une intense relation avec Dieu lui-même.

« ‘Dieu est amour’ (1 Jean 4.8), par conséquent l’amour existe depuis toute éternité. Cet amour qui était là avant même la création de l’univers, Dieu le vivait de façon parfaite en lui-même. Il fallait un aimant et un bien-aimé (…) Ainsi l’amour véritable existe parce que, dans la communauté trinitaire, on démontre l’amour parfait : le désir que son bien-aimé soit aimé par un tiers, ce qui évite toute satisfaction égoïste. L’amour est donc inscrit dans l’essence même de Dieu, il ne s’agit pas d’un simple attribut. On peut vraiment croire à l’amour ! » (3)

Dieu est un Etre personnel qui cherche à rétablir une relation avec sa créature qui lui a fait un bras d’honneur dans le jardin d’Eden. Dieu peut combler toutes nos attentes car Il est notre Créateur et Il nous connaît parfaitement, dans les moindres détails. Il peut déverser son amour en nous, et nous satisfaire pleinement dans tous les domaines de notre vie (amour, travail, etc).

Qui d’autre pourrait nous satisfaire parfaitement ?

Et c’est vous-même O mon Dieu, qui lui inspirez cette pensée, et lui faites goûter un plaisir secret dans ces louanges qu’il vous donne, parce que vous nous avez crées pour vous, et que notre cœur est toujours agité de trouble et d’inquiétude jusqu’a ce qu’il trouve son repos en vous. »

Saint-Augustin

——–
(1) D’après une traduction libre et partielle de Defending the Faith
(2) Alister McGrath, Jeter des ponts, éditions la Clairière p. 55
(3) David Brown, La Trinité : mystère futile ou réalité essentielle, Farel p.47

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Arguments en faveur du christianisme (1)

par

Propos liminaire

Quand on interrogeait Bertrand Russell, le brillant philosophe athée, sur ce qu’il dirait au jour du jugement quand Dieu lui demanderait : « Pourquoi n’as-tu pas cru en Moi ? » Russell répondait : « Je lui rétorquerais : « Il n’y avait pas assez de preuves ! Pas assez de preuves ! »»

Il n’y a pas assez de « preuves »

Mais qu’est-ce que nous voulons dire quand nous affirmons : « Il n’y a pas assez de preuves ! » Pas assez de preuves de quoi ?

Pas assez de preuves contraignantes ? Pas assez de preuves pour forcer quelqu’un à devenir chrétien ? « Si le Dieu de la Bible existait ce serait une évidence pour tout le monde ! » pouvons-nous lire sur des sites Internet faisant l’apologie de l’athéisme. Aujourd’hui, beaucoup de personnes s’engagent dans cette voie. Elles sont trop occupées ou ne se sentent pas concernées par les questions spirituelles. A l’inverse, si elles vivent une forme de spiritualité, elles sont à la poursuite de dieux qu’elles se sont elles-mêmes fabriquées. Dans tous les cas, elles ne se sentent pas du tout concernées par les preuves en faveur du christianisme.

Beaucoup de personnes ne cherchent même pas à entendre les preuves en faveur du christianisme, elles s’en moquent complétement !

Il est intéressant de prendre le temps de débattre avec les personnes qui nient que le christianisme est vrai. Les arguments en défaveur de celui-ci sont soit des objections obsolètes du Siècle des Lumières, soit des objections chargées d’émotions : « si Dieu existe, pourquoi je souffre ? » (A noter : je ne porte pas de jugements sur les personnes qui posent ces objections car d’une certaine manière elles m’affectent aussi. Tout le monde essaye plus ou moins de trouver une réponse aux questions qui posent le problème de l’existence humaine).

Hélas, beaucoup d’athées ont perdu la foi quand ils avaient 11 ou 12 ans, et ils n’ont fait aucune investigation depuis. Ce qui signifie qu’ils rejettent le christianisme sur la base d’objections d’un enfant de 12 ans !
Curieusement, quand on creuse un peu la question, on s’aperçoit que leur vision du christianisme correspond même à celle d’un enfant de 6 ans ! Au fur et à mesure de la réflexion, en prenant conscience que la réalité n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air, ils objectent que le christianisme est trop compliqué et que si Dieu existait réellement Il aurait fait une religion simple et évidente pour tous ! « Comme si la religion était une invention de Dieu, et non l’affirmation de certains faits immuables concernant sa propre nature. » (C.S. Lewis, Les Fondements du Christianisme, éditions LLB-France, 2006, p. 56). Un dieu simple n’est pas Dieu, mais une création de l’homme.

Par conséquent, quand une personne dit : « il n’y a pas de preuves » cela veut dire « il n’y a pas de preuves pour me forcer à sortir de mon indifférence. Si je choisis de l’ignorer, la preuve ne va pas me saisir par la peau des fesses pour me contraindre à croire. Donc il n’y a pas de preuves. » La messe est dite.
Bien sûr, la preuve n’est pas contraignante. Mais pourquoi devrait-elle l’être ?
Jérémie, un prophète, disait en son temps : « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur. » (Jérémie 29 :13). Jésus-Christ a lui-même dit : « Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. » (Matthieu 7 :7-8).
Certaines personnes interprètent mal ces versets en affirmant qu’il s’agit de s’auto-persuader. Mais c’est faux, il ne s’agit pas de s’auto-persuader. Il s’agit de demander honnêtement et d’attendre. Soyez patient. Ne croyez pas qu’une lumière va jaillir du ciel avec le fameux Hallelujah du Messie de Haendel, c’est très marrant dans un film mais peu crédible dans la réalité. Or si Dieu est réel alors on peut objectivement s’attendre à ce que notre foi colle à la réalité.
Dieu ne nous force pas à croire en Lui. Il a donné des preuves, lesquelles sont suffisamment claires pour ceux qui ont l’esprit suffisamment ouvert et un cœur suffisamment disposé pour le trouver, mais suffisamment vague aussi pour ne pas contraindre ceux qui ont le cœur fermé et indisposé. Blaise Pascal, un brillant mathématicien et philosophe, disait en substance : « Il y a suffisamment de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et suffisamment d’obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire » (Pascal, Pensées, 430). En d’autres termes, la preuve est là pour ceux qui ont les yeux pour voir.

Arguments en faveur de l’existence de Dieu (Introduction).

Il n’y a pas assez de preuves pour être contraint de croire. Mais y a-t-il assez de preuves pour une foi rationnelle ? Oui ! En fait, les arguments traditionnels en faveur de l’existence de Dieu ou en faveur du christianisme ne sont pas des preuves contraignantes dans la mesure où elles sont suffisantes pour dire que la foi chrétienne est rationnelle. Autrement dit, la foi chrétienne tient logiquement debout sans qu’il y ait besoin de faire un saut dans le vide.
Par ailleurs, « les preuves en faveur de la non-existence de Dieu » ne sont pas contraignantes du tout aussi. La preuve en est que des millions de gens continuent à croire en Dieu, même des scientifiques ! Les preuves en faveur de l’existence de Dieu sont acceptés ou rejetés sur la base d’éléments fiables. Si vous jugez que les arguments en faveur de la non-existence de Dieu sont plus fiables qu’en la faveur de son existence alors vous pouvez considérer que vous êtes athées. Dans le cas contraire, vous serez forcément confrontés à un choix comme Sheldon Vanauken à un moment dans sa vie.

Et si Dieu existait réellement ?

A suivre …


Cet article est inspiré de The Evidence For Christianity du Dr William Lane Craig.

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