Les quatre premiers faits que nous présenterons sont admis par la quasi-totalité des spécialistes, le cinquième étant un peu plus sujet à controverse.
Fait n°1 : Jésus est mort par crucifixion
La crucifixion était une forme de torture assez répandue, utilisée notamment par les romains pour punir les rebelles, les soldats, et ceux accusés de trahison.
L’historien juif Flavius Josèphe (37-100 après Jésus-Christ) rapporte que lors de la chute de Jérusalem en l’an 70 ap. J-C., les romains éprouvèrent tellement de haine envers les Juifs qu’ils en crucifièrent une multitude dans diverses positions.
L’homme d’état romain Cicéron (106-43 av. J.-C.) décrit la crucifixion comme étant la plus horrible des tortures. Il va jusqu’à dire que « même le seul mot, croix, doit être tenu éloigné des lèvres de tous les citoyens de Rome, mais aussi de leurs pensées, de leurs yeux, de leurs oreilles. »
La mort de Jésus par crucifixion est rapportée dans les quatre évangiles, mais aussi dans plusieurs sources non-chrétiennes de l’époque.
Flavius Josèphe raconte qu’ « A cette époque environ apparut Jésus, homme sage, si toutefois il est légitime de l’appeler homme. Car il accomplit des œuvres magnifiques, enseigna aux hommes la vérité qu’ils recevaient avec plaisir. Il attira à lui de nombreux Juifs, également beaucoup de Grecs. Cet homme était le Christ. Et quand Pilate l’eut condamné à la croix, sur sa mise en accusation par notre chef principal, ceux qui l’avaient aimé dès le début ne l’abandonnèrent pas et il leur apparut vivant le troisième jour, les divins prophètes l’ayant annoncé ainsi que des milliers d’autres choses merveilleuses à son sujet. Et même maintenant, la race des chrétiens, ainsi appelés d’après son nom, ne s’est pas éteinte. »
L’historien et philosophe romain Tacite (55-120 ap. J.-C.) décrit l’incendie de Rome en 64 lors duquel Néron accusa les chrétiens d’être coupables: « [...] aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d’avoir ordonné l’incendie. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d’autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d’hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. »
L’écrivain grec satiriste Lucien de Samosate (120-180 ap. J.-C.) parle des chrétiens de la manière suivante. « Vous savez, les chrétiens adorant à ce jour un homme – le personnage distingué qui introduisit leurs nouveaux rites et qui fut crucifié pour cette raison. [...] Ils renient les dieux de la Grèce, adorent le sage crucifié et vivent selon ses lois. »
Voici un extrait d’une lettre envoyée par un Syrien nommé Mara Bar-Serapion à son fils Serapion. Alors qu’il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont par la suite connu des difficultés. Il prend comme exemple les morts de Socrate, Pythagore et Christ. « Quel avantage les Athéniens retirèrent-ils de la mise à mort de Socrate ? La famine et la peste s’abattirent sur eux comme jugement pour leur crime. Quel avantage les gens de Samos retirèrent-ils d’avoir fait périr Pythagore sur le bûcher ? En un instant, leur terre fut recouverte de sable. Quel avantage les Juifs retirèrent-ils de l’exécution de leur Roi sage ? Peu de temps après, leur royaume fut anéanti. Dieu vengea justement ces trois hommes sages: les Athéniens moururent de faim; les Samiens furent submergés par la mer; les Juifs furent ruinés et chassés de leur terre et ils vivent dans une totale dispersion. Mais Socrate ne mourut pas en vain; il vécut dans la statue d’Héra. Le Roi sage ne mourut pas non plus en vain; il continua à vivre dans l’enseignement qu’il avait dispensé. »
On peut lire dans le Talmud babylonien qu’ « il a été enseigné: la veille de la Pâque, ils pendirent Yeshu. » En passant par le grec, Yeshu a donné en français Jésus.
John Dominic Crossan, co-fondateur du Jesus Seminar, affirme que
Le fait que [Jésus] ait été crucifié est aussi certain que quelque chose d’historique peut l’être. »
Fait n°2 : Les disciples de Jésus crurent qu’il était ressuscité et qu’il leur était apparu
Les données suggèrent que:
- les disciples eux-mêmes affirmaient que Jésus, ressuscité, leur était apparu
- suite à la crucifixion de Jésus, ses disciples furent radicalement transformés d’individus peureux et lâches, qui le renièrent et l’abandonnèrent lors de son arrestation et de son exécution en de fiers messagers de l’évangile du Christ ressuscité. Ils demeurèrent fermes dans leur foi malgré l’emprisonnement, la torture et le martyre.
1°) Les disciples proclamèrent la résurrection de Jésus
Un certain nombre de sources indépendantes peuvent être regroupées en trois catégories:
- le témoignage apporté par Paul
- la tradition orale de l’Eglise primitive
- les écrits de l’Eglise primitive
Les pères apostoliques reconnurent l’apostolat de Paul, qui fut appelé lui-même « apôtre ». Paul connaissait les apôtres personnellement et rapporte qu’ils proclamaient la résurrection de Christ.
La tradition orale existait avant les écrits du Nouveau Testament (NT) pour que leurs auteurs puissent l’inclure.
On peut distinguer deux grands types de tradition orale: les credos et les résumés de sermons.
Le credo était une manière courante de transmettre des informations importantes dans un format facilitant la mémorisation. L’un des credos les plus anciens est celui cité par Paul dans 1 Corinthiens 15.3-5. De nombreux experts critiques admettent que Paul a reçu cette tradition de la part de Jacques et Pierre lorsqu’il les visita à Jérusalem, trois ans après sa conversion. Il est reconnu que Paul reçu cette tradition de la part des témoins oculaires dans les cinq ans suivant la crucifixion.
Les sermons de Jésus et de ses disciples sont rapportés dans le NT. La plupart des experts s’accorde pour dire que le livre des Actes contient des résumés de sermons qui peuvent être retracés jusqu’aux enseignements les plus primitifs de l’Eglise, et même jusqu’aux disciples.
Les quatre évangiles (ainsi que le livre des Actes des Apôtres) rapportent la crucifixion et la résurrection de Jésus. Ces évangiles datent du Ier siècle, et peuvent donc être considérés comme datant d’environ 70 ans après la mort de Jésus.
Les pères apostoliques étaient les chefs d’église qui succédèrent aux disciples. Ces pères ont probablement été directement en contact avec les disciples, ont reçu leur enseignement, ou ont tout du moins connu des proches de ces disciples (comme Ignace, ami de Polycarpe qui connaissait certains apôtres).
Clément, évêque de Rome (30-100), a écrit une lettre à l’église de Corinthe vers l’an 95. Aux alentours de l’an 185, le père de l’Eglise Irénée donne ces détails concernant Clément: « Donc, après avoir fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l’épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relation avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux. Il n’était d’ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres.»
Vers 200, le père d’église africain Tertullien écrit « Car c’est ainsi que les Églises apostoliques présentent leurs fastes. Par exemple, l’Église de Smyrne rapporte que Polycarpe fut installé par Jean ; l’Église de Rome montre que Clément a été ordonné par Pierre. »
Si Irénée et Tertullien ont raison, Clément a vu et cotoyé les apôtres, particulièrement Pierre. Ceci donnerait une valeur significative aux écrits de Clément concernant les apôtres et leur enseignement.
Clément parle-t-il de la résurrection de Jésus ? Dans son épître à l’église de Corinthe, il écrit: « Les apôtres reçurent pour nous l’Evangile de la part du Seigneur Jésus-Christ. Jésus-Christ fut envoyé par Dieu. Ainsi, Christ vient de Dieu et les apôtres sont de Christ. Ils vinrent donc tous avec la volonté de Dieu selon l’ordre marqué. Ayant donc reçu une mission, et ayant reçu pleine assurance par la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, et confirmés dans la parole de Dieu avec pleine assurance du Saint-Esprit, ils annoncèrent la bonne nouvelle que le royaume de Dieu viendrait.»
Irénée rapporte aussi des informations concernant Polycarpe (69-155): «Non seulement il fut disciple des apôtres et vécut avec beaucoup de gens qui avaient vu le Seigneur, mais c’est encore par des apôtres qu’il fut établi, pour l’Asie, comme évêque dans l’Église de Smyrne.»
Irénée mentionne également Polycarpe dans une lettre à Florinus, aujourd’hui perdue mais qu’on retrouve dans les écrits de l’historien de l’Eglise Eusèbe de Césarée (263-339): « [...] Je puis dire l’endroit où s’asseyait le bienheureux Polycarpe pour parler, comment il entrait et sortait, sa façon de vivre, son aspect physique, les entretiens qu’il tenait devant la foule, comment il rapportait ses relations avec Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il rappelait leurs paroles et les choses qu’il leur avait entendu dire au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement ; comment Polycarpe, après avoir reçu tout cela des témoins oculaires de la vie du Verbe, le rapportait conformément aux Écritures.». De plus, Tertullien rapporte que Polycarpe fut ordonné par Jean. Polycarpe subit le martyr à Smyrne (Izmir en Turquie actuelle) vers l’an 160 à l’âge de 86 ans. Vers l’an 110 il écrivit une lettre à l’église de Philippes, racontant la vertu et l’endurance visibles dans la vie de plusieurs, y compris « dans Paul lui-même et dans les autres apôtres ». Voici ce qu’il dit d’eux: « Car ce n’est pas le siècle présent qu’ils ont aimé, mais celui qui est mort pour nous, et qui, à cause de nous, est ressuscité sous l’action de Dieu. ». Polycarpe mentionne la résurrection à cinq reprises dans se lettre aux Philippiens.
Comme pour Clément, si Irénée et Tertullien ont raison en ce qui concerne Polycarpe, le témoignage de celui-ci sur la résurrection de Jésus peut être lié aux apôtres. Il semble en effet évident qu’en tant qu’enseignement central, ceux-ci aient voulu le préserver et le transmettre plus que toute autre doctrine.
Ces sources pointent vers le témoignage des disciples que Jésus était ressuscité. Bien entendu, cette affirmation ne signifie pas que c’est rééllement ce qui c’est passé. Cependant, comme nous allons le voir, les données vont au-delà de cette simple affirmation.
2°) Les disciples croyaient que Jésus était ressuscité
Après la mort de Jésus, les disciples affirmèrent qu’il était ressuscité. Ils étaient prêts à mourir pour cette conviction, ce qui indique qu’ils pensaient qu’elle était vraie. En effet, on est prêt à mourir pour ce qu’on pense être vrai, pas pour ce qu’on sait pertinemment être faux. De plus, les disciples étaient prêts à subir le martyre pour quelquechose qu’ils affirmaient avoir eux-mêmes vécu, pas pour une croyance qu’on leur aurait enseigné.
Clément de Rome rapporte les martyres de Pierre et de Paul: « C’est à cause de la jalousie et de l’envie que les plus grands et les plus justes d’entre eux, les colonnes, ont subi la persécution et combattu jusqu’à la mort. Oui, regardons les saints Apôtres : Pierre, victime d’une injuste jalousie subit non pas une ou deux, mais de nombreuses épreuves, et après avoir ainsi rendu son témoignage, il s’en est allé au séjour de la gloire, où l’avait conduit son mérite. C’est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré quel est le prix de la patience : chargé sept fois de chaînes, exilé, lapidé, il devint héraut du Seigneur au levant et au couchant, et reçut pour prix de sa foi une gloire éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, jusqu’aux bornes du couchant, il a rendu son témoignage devant les autorités et c’est ainsi qu’il a quitté ce monde pour gagner le lieu saint, demeurant pour tous un illustre modèle de patience »
Comme vu ci-dessus, Polycarpe mentionne dans son épître aux Philippiens le martyre subit par Paul et d’autres apôtres. Polycarpe lui-même suivrait cet exemple et subirait le martyre.
Ignace, évêque de l’église d’Antioche en Syrie, écrivit sept lettres – six à des églises et une à son collègue Polycarpe – avant de subir le martyre à Rome en 110. Dans sa lettre à l’église de Smyrne, il écrit « Pour moi, je sais et je crois que même après sa résurrection il était dans la chair. Et quand il vint à Pierre et à ceux qui étaient avec lui, il leur dit: ‘Prenez, touchez-moi, et voyez que je ne suis pas un démon sans corps.’ Et aussitôt ils le touchèrent, étroitement unis à sa chair et à son esprit. C’est pour cela qu’ils méprisèrent la mort, et qu’ils furent trouvés supérieurs à la mort. Et après sa résurrection, Jésus mangea et but avec eux comme un être de chair, étant cependant spirituellement uni à son Père. »
Tertullien rapporte également les martyres de Pierre et de Paul: « Pierre est mis à mort; Etienne lapidé, Jacques immolé, Paul étendu sur le chevalet avant d’être décapité; voilà des faits écrits dans le sang. L’hérétique veut-il des preuves à l’appui de ces livres ? Eh bien ! les annales de l’Empire prendront la parole comme autrefois les pierres de Jérusalem ! J’ouvre la Vie des Césars; Néron, le premier, ensanglante à Rome le berceau de la foi. C’est alors que Pierre, attaché au gibet, est ceint par une main étrangère; alors que Paul obtient le titre de citoyen romain en renaissant à une nouvelle vie par la noblesse de son martyre. » . Néron ayant été empereur entre 54 et 68, Pierre et Paul ont donc du subir le martyre durant cette même période. L’incendie de Rome ayant eu lieu en 64, il est probable que leur martyre ait eu lieu cette année-là. En effet, selon Tacite, quand le peuple accusa Néron pour l’incendie, celui-ci rejetta la faute sur les chrétiens et déclencha une persécution contre les chrétiens (voir la citation des Annales de Tacite).
Origène (185-254), un des pères de l’Eglise, raconte dans Contra Celsum la dévotion des disciples aux enseignements de Jésus: « Si quelqu’un s’imagine que ce soient là des fictions de ceux qui ont écrit l’histoire de l’Évangile, combien y a-t-il plus de raison de prendre pour des fictions ce que l’on ne dit que par un motif de passion et de haine contre Jésus et les chrétiens, et de prendre au contraire pour des vérités ce qui a été écrit par des personnes qui, pour justifier leur sincérité ont mieux aimé souffrir toutes choses, que de renoncer à la doctrine de Jésus ? Car il ne serait pas possible que les disciples de Jésus eussent témoigné jusqu’à la mort tant de fermeté et de constance s’ils avaient eux-mêmes inventé ce qu’ils nous disent de leur maître; et pour peu qu’on ait de bonne foi, on avouera comme une chose tout évidente, qu’il fallait qu’ils fussent bien persuadés de la vérité de ce qu’ils écrivaient, pour s’exposer à de si fréquentes et de si cruelles persécutions, par la profession qu’ils faisaient de reconnaître ce Jésus pour le Fils de Dieu. ». Plus loin, il écrit « Jésus, qui, étant une fois ressuscité, a convaincu ses disciples de la vérité de sa résurrection ! Qui les en a, dis-je, tellement convaincus, que par les souffrances où ils s’exposent, en vue de la vie éternelle, et de cette résurrection qui se fait sentir à leur cœur au même temps qu’elle se persuade à leur esprit, ils témoignent hautement qu’ils y trouvent des sujets de joie au milieu des plus cruels supplices. » Un autre écrit d’Origène rapporte que Pierre fut crucifié à l’envers et que Paul subit le martyre à Rome sous Néron. Ce récit, trouvé à l’origine dans le troisième volume du commentaire d’Origène sur la Genèse, est cité par Eusèbe de Césarée: « Les affaires des Juifs en étaient là ; les saints apôtres et disciples de notre Sauveur se trouvaient alors dispersés par toute la terre. Thomas selon la tradition reçut en partage le pays des Parthes, André eut la Scythie, Jean, l’Asie où il vécut ; sa mort eut lieu à Éphèse. Pierre parait avoir prêché dans le Pont, en Galatie, en Bithynie, en Cappadoce et en Asie aux juifs de la dispersion. Venu lui aussi à Rome en dernier lieu, il y fut crucifié la tête en bas, ayant demandé de souffrir ainsi. Que dire de Paul ? Depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyricum. il acheva la prédication de l’évangile du Christ et fut enfin martyrisé à Rome sous Néron. Voilà ce qui est dit textuellement par Origène, dans son troisième livre de ses Expositions sur la Genèse. »
Eusèbe, après avoir été témoin d’une persécution contre les chrétiens, écrivit son Histoire ecclésiastique dans laquelle il compile l’histoire de l’Eglise jusqu’à la période d’écriture, c’est-à-dire vers l’an 325. Il avait à sa disposition de nombreuses ressources qui ont été perdues depuis. Pour les martyres de Pierre et de Paul, il cite Dionysius de Corinthe (écrivant vers 170), Tertullien (écrivant vers 200) et Origène (écrivant vers 230-250). Il cite Josèphe (écrivant vers 95), Hegesippus (écrivant vers 165-175) et Clément d’Alexandrie (écrivant vers 200) sur le martyre de Jacques, frère de Jésus.
« Denis, évêque des Corinthiens, dans une lettre adressée aux Romains, établit ainsi que Pierre et Paul ont subi tous deux le martyre au même temps :
Dans un tel avertissement, vous aussi avez uni Rome et Corinthe, ces deux arbres que nous devons à Pierre et à Paul. Car, de même l’un et l’autre ont planté dans notre Corinthe et nous ont instruits ; de même, après avoir enseigné ensemble en Italie, ils ont souffert le martyre au même temps. »
« Les circonstances de la mort de Jacques ont été déjà indiquées dans une citation de Clément. Celui-ci raconte qu’il fut précipité du haut du temple et tué à coups de bâton. Hégésippe, qui appartient à la première succession des apôtres, expose avec la plus grande exactitude ce qui concerne Jacques, dans le cinquième livre de ses Mémoires. Voici ce qu’il en dit :
[4] Jacques, le frère du Seigneur, reçut l’administration de l’église avec les apôtres. Depuis les temps du Christ jusqu’à nous, il a été surnommé le juste parce que beaucoup s’appelaient Jacques [...] [18] Et quelqu’un d’entre eux, un foulon, ayant pris le bâton avec lequel il foulait les étoffes, frappa le juste à la tête. Ce fut ainsi que Jacques fut martyrisé. On l’ensevelit sur place près du temple, où l’on voit encore aujourd’hui s’élever son monument. Il avait donné aux Juifs et aux Grecs le témoignage véridique que Jésus est le Christ. Et bientôt après, Vespasien les assiégea. »
Toutes ces sources, bibliques et non-bibliques, montrent que les disciples étaient prêts à souffrir et même à mourir pour leur foi.
Il y a une grande différence entre les apôtres martyrs et ceux qui sont prêts à mourir pour leur foi aujourd’hui. Les martyrs actuels agissent uniquement sur la base de leur confiance dans ce que d’autres leur ont enseigné. Les apôtres sont morts parce qu’ils témoignaient avoir personnellement vu Jésus ressuscité. Les martyrs contemporains meurent pour ce qu’ils croient être vrai. Les apôtres mouraient pour ce qu’ils savaient être vrai ou faux.
Les chrétiens connaissaient les martyrs d’Etienne, Jacques, Pierre et Paul. Ils savaient que le fait de proclamer la résurrection de Jésus risquait de les exposer aux souffrances, voire au martyre. Le fait que les chrétiens aient continuer à proclamer ce message montre qu’ils étaient prêts à mourir volontairement pour ce qu’ils croyaient.
–
- Cicéron; Pro Rabirio V.16
- Flavius Josèphe; Antiquités Juives, XVIII.3.3. Cette citation est le sujet d’une controverse. Il est généralement admis qu’elle contiendrait des interpolations (c’est-à-dire des ajouts qui ne sont pas de l’auteur mais d’un scribe postérieur). Par exemple, « Il était le Messie» semble être une confession de foi des premiers chrétiens. Ce qui est très lourd de signification et qui ne semble pas être l’oeuvre de la plume du juif-romain Flavius Josèphe. Notons cependant que dans un autre passage moins connu des Antiquités Juives, l’auteur parle de Jésus appelé le Christ et de son frère Jacques (XX, 197-203).
- Tacite; Annales, XV.44.
- Lucien de Samosate; Mort de Pérégrinus, paragraphes 11-13
- Manuscrit Syriaque n°14658 du British Museum, daté de l’an 73 environ
- John Dominic Crossan; Jesus, a revolutionnary biography
- Saint Irénée de Lyon;Contre les hérésies; dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Livre III, 3, 3.
- Tertullien; La prescription contre les hérétiques, XXXII.2.
- Clément de Rome; Première Epître aux Corinthiens, 42
- Saint Irénée de Lyon; Contre les hérésies, Livre III.3,4
- Saint Irénée de Lyon;Lettre à Florinus conservée par Eusèbe de Césarée dansHistoire Ecclésiastique, V.20.4-8
- Polycarpe;Lettre aux Philippiens, 9
- Clément de Rome; Première épître aux Corinthiens 5.2-7
- Ignace d’Antioche; Lettre aux Smyrniotes, III.1-3
- Tertullien;Scorpiace – Le Scorpiaque, ou antidote contre la morsure des scorpions, XV
- Eusèbe de Césarée;Histoire ecclésiastique, Livre III, 1 – Dans quelles contrées les apôtres ont préché le Christ
- Eusèbe, opus cit., 2.25.8
- Eusèbe, opus cit., 2.23