Pour répondre à certains arguments en faveur du Christianisme, certains n’hésitent pas à donner l’heure. Au lieu de répondre par un argument, certains disqualifient une idée ou une opinion en invoquant le passé. Identifiez ce procédé de rhétorique afin de pousser votre interlocuteur à répondre réellement aux arguments énoncés.
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Quelle heure est-il Madame Persil ?
par Aurélien Lang
Les arguments théistes – Introduction
par Jonathan Kitt
La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).
L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.
On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.
Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2
Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.
Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.
A suivre …
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1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.
2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.
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Homme de paille
par Aurélien Lang

Définition : L’expression « homme de paille » désigne une technique en rhétorique qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée afin de la réfuter facilement.
Dans une discussion au sujet de la divinité de Jésus-Christ (lire ici), un lecteur a utilisé cette technique :
Et moi, à vous entendre, je dirais plutôt : non, Jésus tu mens ici, tu es égal au Père, et même plus, tu es aussi le Père.
Or, je n’ai jamais affirmé que Jésus est égal au Père dans le sens que Jésus est le Père (qui est un enseignement hérétique). Dans la Bible, le Père et le Fils ont les mêmes attributs, participent à une même essence. Jésus est engendré et non créé, consubstantiel au Père comme dit bien le Symbole Nicée-Constantinople (325 ap J-C). Mais le Père n’est pas le Fils et le Fils n’est pas le Père. Ils sont distincts.
La position qui m’est attribuée par mon contradicteur est une sorte de modalisme : le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont différents modes ou aspects d’un Dieu unique (ici P=F=ES). Position que je ne défends pas et qui n’est pas enseignée dans la Bible (lire Matthieu 3.16-17 si vous en doutez).
La technique de l’ »homme de paille » est parfois utilisée volontairement dans une discussion pour « déboulonner » quelqu’un facilement. Parfois, c’est involontaire (personne n’est à l’abri de déformer la position de son contradicteur). Je ne pense pas que le lecteur ait volontairement utilisé cette technique contre moi.
Cependant, le résultat est le même. La personne croit avoir réfuté la position de son opposant. Alors qu’en fait, elle a simplement « déboulonné » un homme de paille…
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Croire en la Trinité, n’est-ce pas croire en une contradiction logique ?
par Aurélien Lang
Le mot « Trinité » ou « Tri-unité » n’apparaît nulle part dans la Bible. « Trinité » est simplement le terme employé par les théologiens pour décrire le Dieu qui se révèle dans la Bible. Dans le livre Et l’homme créa les dieux (1) sur l’origine du phénomène religieux, l’auteur explique que les chrétiens croient en « (…) trois personnes [qui sont] en réalité une seule personne en étant trois personnes (…). » Ce qui serait en fait, mis dans ces termes, une contradiction logique : Dieu ne peut pas être à la fois une personne et trois personnes à la fois. Cependant, la formulation ci-dessus témoigne d’un manque d’information sur la formulation exacte de la doctrine de la Trinité élaborée par l’Eglise au cours des siècles.
La doctrine de la Trinité se résume par l’affirmation (a) de l’unicité de la Divinité (il n’y a qu’un seul Dieu) ; (b) de l’existence de trois personnes au sein de l’unique Divinité ; (c) de l’égalité de ces trois personnes au sein de la Divinité. Cette affirmation n’est pas contradictoire.
En effet, pour qu’il y ait contradiction, nous devons affirmer que « X est non-X ». Dans notre cas, ceci se traduirait par l’affirmation suivante : « Dieu est unique en une personne et en trois personnes ». Affirmer que Dieu est un ou trois (c’est-à-dire non un) en même temps et dans le même sens est contradictoire en soi. Cependant, notre formulation de la doctrine dit que Dieu est unique en un sens et trois dans un autre sens : « Dieu est unique dans son essence et trois personnes égales et distinctes. » De plus, bien que chacune de ces trois personnes participent entièrement à la nature divine, la doctrine ne devient pas un tri-théisme puisqu’il y a encore un Dieu unique et non trois dieux indépendants.
Chaque personne reconnaîtra qu’il y a là un mystère qui en révèle un moins grand : Dieu n’est pas à « portée de main ». Nous ne connaissons de Dieu que ce qu’Il a bien voulu nous révéler de Lui. Le génial Créateur de l’univers quand Il se révèle est comme un père qui babille avec son enfant. Du fait de notre statut de créature, nous n’avons pas la capacité de comprendre entièrement qui est Dieu. Dans un sens, Dieu est incompréhensible. Mais, ce qui est génial, c’est qu’il nous offre la possibilité de le connaître tel qu’il est vraiment par son Fils Jésus-Christ : Dieu venu habiter parmi les hommes (Jean 1:18).
(1) Et l’homme créa les dieux : Comment expliquer la religion, Paris, Éditions Robert Laffont, 2001, p. 293
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Intolérance contre intolérance
par Aurélien Lang
Il est intolérable que la religion chrétienne soit si intolérante !
En affirmant qu’une seule religion est vraie et que toutes les autres religions sont fausses, la foi chrétienne ne peut pas être plus intolérante. En effet …
En effet, elle proclame que le Dieu de la Bible est le seul vrai Dieu, que Christ est le seul Sauveur, que l’Ecriture est la seule révélation, et que l’Eglise est la seule communauté de l’alliance. En ce sens, le christianisme est un message intolérant. Cependant, outre le fait que ce n’est pas la seule religion à proclamer son exclusivité, je n’ai jamais entendu un argument tolérant contre l’intolérance. Celui qui invoque ce qu’il appelle la « tolérance » dit que c’est « intolérant » de dire que seul votre groupe est dans le vrai et que tous les autres sont dans le faux ; malheureusement, en affirmant cela, il est entrain de dire que seul son groupe est dans le vrai (en étant « tolérant ») et que tous les autres (les « exclusivistes ») sont dans le faux (en étant « intolérant »). D’où, la personne tolérante ne peut jamais dire que ce n’est pas bien d’être intolérant ; sinon, il a perdu sa tolérance et par conséquent il devient lui-même intolérant.




