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Citation du dimanche: Wolfhart Pannenberg sur la théodicée

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Tant que la foi au Dieu créateur tient bon, la question de la théodicée ne peut être pour elle une véritable menace, parce que cette foi comporte également la conviction que Dieu et ses conseils sont au-dessus de toute intelligence créée. C’est seulement lorsque nous traitons l’existence du Créateur comme un postulat contestable, qu’il nous faut soutenir, que le problème de la théodicée a un poids qui peut faire pencher la balance en faveur de l’athéisme.

Pannenberg, Systematic Theology, vol. 3, p. 634

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Beaucoup sont interpellés par les événements au Japon. Le tsunami provoqué par le tremblement de terre soulève de profondes questions : où est Dieu dans tout ça ? Pourquoi Dieu permet-il la souffrance ?

Mais dans cette discussion, il est important de réaliser que ce n’est pas seulement le chrétien qui doit répondre à la question mais toutes les visions du monde (athéisme, bouddhisme, etc. …) : comment se fait-il que nous vivons dans un monde aussi hostile pour l’être humain ?

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Einstein et le problème du mal

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Cette courte vidéo, réalisée pour le Gouvernement de la République de Macédoine (Ministère de l’Éducation et des Sciences) en faveur du retour de la religion à l’école, a fait le tour du Web en quelques semaines. Dans cette vidéo, un enfant (Albert Einstein) réfute son professeur sur la question de l’existence de Dieu et du mal.



Einstein et le problème du mal

Beaucoup de personnes furent déconcertées suite à la diffusion de cette vidéo. Einstein n’était-il pas athée1 ? Ou plutôt n’était-il pas panthéiste2 ?
En fait peu importe ici. Peu importe aussi que Albert Einstein ait réellement dit cela ou pas, puisque nous allons nous arrêter quelques instants sur la réponse de l’élève à son professeur.
Selon l’enseignant, puisque Dieu a créé toutes choses, alors il a aussi créé le mal. Donc Dieu ne peut être bon. Voici la réponse de l’élève:

Le mal est ce qui se passe quand les hommes n’ont pas l’amour de Dieu dans leur cœur. »

Il s’agit d’une théodicée (c’est-à-dire d’une justification du mal) dite de l’absence. Saint Augustin est le premier à l’avoir formulée. Dans cette théodicée le mal est défini comme l’absence de bien. L’argument est le suivant : Dieu est bon, tout ce qui est mauvais ou mal est l’absence de Dieu. Par conséquent, Dieu n’est pas responsable des catastrophes, tragédies, etc. …

L’illustration prise par l’élève est celle du froid qui n’a pas d’existence physique. Plutôt, le froid est l’absence de chaleur. L’activité moléculaire crée la chaleur. Le froid est l’absence d’activité moléculaire.

À mon sens, les deux syllogismes suivants qui structurent l’argument sont valides :
1- Toutes choses créées par Dieu sont bonnes, or le mal n’est pas une bonne chose. Donc Dieu n’a pas créé le mal.
2- Si Dieu a créé toutes choses, et si Dieu n’a pas créé le mal, alors le mal n’est pas une chose (il n’existe pas en tant que tel).

Mais avons-nous de bonnes raisons de croire que Dieu est bon ? Et avons-nous de bonnes raisons de croire que le mal n’existe pas en tant que tel ?


1- “Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit de la faiblesse humaine, la Bible une collection de légendes honorables, quoique purement primitives, qui sont quand même très enfantines. Aucune interprétation aussi subtile soit-elle ne peut changer cela (pour moi) … » Albert Einstein.
Source : www.lettersofnote.com
2- Lorsqu’en 1929, le Rabbin Herbert S. Goldstein lui demande « Croyez-vous en Dieu ? », Einstein répond : « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. » Source : wikipedia.

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Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

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Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

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L’évolution sociobiologique peut-elle expliquer le sens moral ?

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Extrait d’un commentaire sur l’article : L’existence de Dieu est la meilleure explication du sens inné du bien et du mal.

Je crois par exemple qu’on a tendance à éternuer à peu près tous de la même manière à travers les cultures dans le monde, pour la simple raison que l’on est issue de la même espèce, avec des systèmes respiratoires fatalement ressemblants … qu’on a besoin, comme pas mal de choses grouillantes également sur Terre, de manger, dormir, se reproduire, exister le plus longtemps possible … Les hommes, comme les fourmis, les loups, etc … vivent en groupes. Par nécessité, le corps amène à une forme d’existence. Avant d’écrire en lettre d’or la « Loi », je crois qu’il tombe un peu sous le coup du bon sens le plus crétin qu’on vis tout de même mieux ensemble si on évite de s’arracher les boyaux à longueur de journée en forniquant. Et les codes institués, les règles du groupe apparaissent, pour formaliser des évidences produites par l’expérience, plutôt qu’une conscience innée. »

L’argument ici exposé est que le sens moral n’est pas inné mais il est le fruit de l’évolution : « Cela ne peut pas vous venir à l’esprit que le bon sens, la logique, aussi bête qu’une pomme qui tombe au sol, des contraintes concrètes font qu’à travers les âges, on a tendance à converger vers les solutions les plus logiques ? » Le sens moral de quelqu’un n’est pas quelque chose que chaque être humain possède intrinsèquement à la naissance mais quelque chose qui s’acquièrent au fur et à mesure.

A mon sens, il y a un problème fondamental à cette explication, c’est qu’elle n’explique pas ce que nous appelons le sens moral. En disant cela, ce que le naturaliste (ou évolutionniste ou empiriste) explique quand il cherche à expliquer le sens moral en terme naturaliste, n’est pas la moralité du tout. Il est entrain d’expliquer quelque chose de différent.

La question à laquelle nous tentons de répondre est : « Pourquoi quelqu’un devrait être altruiste et non égoïste ? » Nous cherchons à connaître la raison pour laquelle nous nous sentons poussés à être tourné vers l’autre et non sur nous-mêmes.

La réponse donnée par les naturalistes est la suivante : quand nous sommes égoïstes, cela handicape le groupe. En d’autres termes, peut-être plus explicite, « je crois qu’il tombe un peu sous le coup du bon sens le plus crétin qu’on vit tout de même mieux ensemble si on évite de s’arracher les boyaux à longueur de journée en forniquant. » Mais voyez-vous, la réponse donnée n’en est pas une parce qu’elle présuppose une autre valeur morale : celle de nous sentir concernés par la bonne santé du groupe.
D’où la question : « pourquoi devrions-nous sentir concernés par la bonne santé du groupe ? » la réponse « tombe là aussi sous le coup du bon sens » : parce que sinon les groupes ne survivront pas, et si les groupes ne survivent pas alors l’espèce ne survivra pas. Ensuite, vous pouvez imaginer la prochaine question : « pourquoi devrions-nous prendre soin de la santé de l’espèce et de si l’espèce survit ou pas ? » Comprenez-vous où je veux en venir ? Le problème avec toutes ces réponses qui tentent d’être des justifications ou des explications des règles morales, est que celles-ci dépendent elles-mêmes d’une règle morale admise au préalable. Par conséquent, elles ne peuvent véritablement expliquer le sens moral. Toutefois, quand nous posons la question : « pourquoi devrions-nous être concernés par l’espèce vivante ? » la prochaine réponse mettra fin à la série de question, et nous connaîtrons l’origine de la moralité. La réponse est que nous devrions être concernés par l’espèce parce que si l’espèce disparaît, alors nous ne survivrons pas nous-mêmes. Autrement dit, si l’espèce est en voie de disparition, alors mes propres intérêts vont être en voie de disparition.

Par conséquent, pour être bref, le raisonnement est le suivant : je ne devrais pas être égoïste parce que c’est mieux pour le groupe, ce qui est mieux pour l’espèce, ce qui est mieux pour moi. D’où, pourquoi ne devrais-je pas être égoïste ? Parce que c’est mieux pour moi. Mais regarder à ce qui est mieux pour moi, est à proprement parler de l’égoïsme. Ainsi, tout ce qui est appelé description de l’origine du sens moral en est réduit à cette proposition absurde : je devrais moralement ne pas être égoïste de sorte que je puisse être totalement égoïste.
Cela n’a aucun sens parce que nous savons que le sens moral ne peut être simplement réduit à de l’égoïsme. Nos règles morales sont toujours faîtes contre l’égoïsme et pour l’altruisme. Elles sont contre l’égoïsme et pour l’opposé. Il est absurde de définir quelque chose en disant que c’est son opposé. Quand vous pensez à ce qu’être moral implique, vous ne pensez pas que la moralité est vraiment de l’égoïsme purement et simplement.

Le sens moral est tout à fait différent. Quand nous cherchons une définition du sens moral, nous savons que cela ne traite pas de l’égoïsme, puisque nous cherchons à expliquer pourquoi nous ne sommes pas égoïstes. D’une part, les naturalistes font passer le sens moral en douce dans l’équation en décrivant le comportement qui est sensé être expliqué par l’évolution, donc leur définition dépend de la moralité pour faire leur explication. D’autre part, les descriptions et explications finissent en étant réduit à de l’égoïsme, ce qui n’est pas ce qu’ils essayaient d’expliquer. Ils essayaient d’expliquer pourquoi quelqu’un ne devrait pas être égoïste et non pourquoi quelqu’un devrait être égoïste.

D’après une traduction libre et partielle de Evolution can’t explain morality de Greg Koukl.

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Arguments en faveur du christianisme (5)

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- édité en 2008

L’existence de Dieu est la meilleure explication de l’existence de valeurs morales objectives

Toute personne naît avec une capacité à discerner l’idée de la perfection, de ce qui est bien et de ce qui est vrai et beau. Ce profond sens moral, que l’on peut appeler Loi morale ou Règles communes de la décence ne peut pas être expliqué sans postuler l’existence d’un Dieu personnelle et lui-même moral.

N’entendons-nous pas tous les jours des gens éduqués ou frustres, enfants comme adultes, s’insurger ainsi : « Aimeriez-vous que l’on agisse de même à votre égard ? C’est ma chaise, j’y étais assis avant toi … Laissez-le tranquille, il ne vous a rien fait … De quel droit jouez-vous des coudes pour doubler tout le monde ? … Donnez-moi un peu de votre orange, je vous ai bien donné quelques quartiers de la mienne … Venez donc, vous l’avez promis … » [1]

En se disputant, les gens font inconsciemment appel à des normes morales. Systématiquement, quand des personnes ne sont pas d’accord sur des questions morales, elles se comportent comme s’il existait un accord sous-jacent à propos de ce qui est bien et mal (une règle du jeu en quelque sorte).

Ces principes moraux ne sont pas simplement le produit d’une culture. Si cela était vrai nous observerions des différences flagrantes d’une société à l’autre. Il y a toujours des personnes qui chipotent à propose de cela, mais qu’elles prennent le temps d’étudier les enseignements moraux des Chinois, des Egyptiens, des Hindous, des Musulmans et des Grecs et elles s’apercevront qu’ils sont semblables aux nôtres. Même si des cultures autorisent la polygamie et d’autres non, elles sont toujours d’accord sur le fait que l’homme ne peut posséder chaque femme qu’il désire. [2]
En d’autres termes, elles verront que le syllogisme suivant : « il existe des différences fondamentales entre les différentes cultures, les valeurs morales sont le produit d’une culture, donc il ne peut y avoir une Loi morale commune » est faux. Fidélité dans le mariage, honnêteté dans les discours, bon comportement envers les plus âgés, honneur rendu aux parents, interdiction de faire couler le sang sans motifs … Tous ces principes moraux se retrouvent dans chaque société.
D’ailleurs, Confucius, avant Jésus-Christ et Emmanuel Kant, fut le premier à formuler la règle du respect mutuel (shu) : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse. »

Aussi, nous trouvons ces principes moraux non seulement dans toutes les cultures mais aussi inscrits dans la conscience humaine. Comme l’apôtre Paul l’explique :

Les peuples non-Juifs, qui n’ont pas la Loi, en observent souvent naturellement les préceptes*. Ils trouvent en eux-mêmes ce qu’il convient de faire et obéissent aux impératifs de leur sens moral.
Ils démontrent par leur comportement que l’essence de la Loi est gravée dans leur coeur. Leur conscience et leur discernement moral en témoignent: de là ces raisonnements par lesquels on se cherche des excuses, ces pensées qui tantôt accusent, tantôt absolvent (excusent) ; de là aussi ces jugements qui approuvent ou condamnent la conduite d’autrui.  » [3]

* en effet, seul le peuple Juif a reçu la Loi de Dieu à la sortie de la captivité en Egypte (Exode 20.1-17)

Le christianisme suggère que cette loi morale a pour origine Dieu. Le sens universel de ce qui est bien ou mal ne peut être expliqué sans avoir une référence ultime. Sans celle-ci, les explications sont souvent contradictoires soit dans les postulats soit dans les conclusions (voir ici une réfutation de l’évolution sociobiologique comme théorie explicatif du sens moral).

Attention, nous ne sommes pas entrain d’argumenter que les athées sont des êtres amoraux, incapable de discerner le bien du mal. Nous ne sommes pas non plus entrain de dire qu’il faut croire en Dieu pour mener une vie morale. En revanche, nous pensons que l’athéisme n’a aucun cadre pour justifier l’existence de règles morales objectives. Les valeurs morales ne sont alors qu’un produit de l’évolution ou bien un goût personnel. Si vous n’admettez pas l’existence d’une Loi morale, et si votre interlocuteur ne partage pas la même conception de ce qui est bien ou mal, la notion du « bien » devient alors « ce qui est bien pour moi, quoi qu’en pense l’autre. » Je peux alors trouver très bonne l’idée de coller une baffe à mon interlocuteur, quoi qu’il en pense.
Nous dirons donc que si Dieu n’existe pas, il n’existe probablement pas non plus de lois morales imposées aux hommes. Or, manifestement, les hommes sont soumis à des obligations morales. Donc Dieu existe probablement.


[1] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 19
[2] C.S. Lewis, Les fondements du christianisme, Editions LLB, Valence, 2006, p. 21
[3] Lettre de Paul aux Romains, Ch. 2 v. 14 et 15, La Bible version Parole vivante

D’après Defending the faith

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