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Citation du dimanche: Soren Kierkegaard sur les objections à la foi

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Les hommes essayent de se persuader que les objections au Christianisme proviennent du doute. Les objections aux Christianisme proviennent de l’insubordination, la détestation de l’obéissance, la rébellion contre toute forme d’autorité. En conséquence, les hommes ont jusqu’ici brassé du vent en luttant contre les objections parce qu’ils se sont battus intellectuellement avec le doute au lieu de se battre moralement contre la rébellion.

Soren Kierkegaard, traduction libre.

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Top 10 : le sommaire

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Voici le sommaire de notre prochaine série, Les dix questions les plus posées :

1- Comment le Canon du Nouveau Testament a-t-il été établi ? Pourquoi certains textes ont-ils été rejetés et pas d’autres ?

2- Comment les évangélistes ont-ils constitué leurs évangiles ?

3- Le Jésus des évangiles canoniques est-il le Jésus de l’Histoire ?

4- La Bible est pleine de contradictions !

5- Est-il possible de concilier le récit de la Genèse avec les données scientifiques actuelles ?

6- Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

7- Croire en Dieu m’enlèvera ma liberté !

8- Pourquoi Jésus et pas un autre ?

9- Je n’ai pas besoin d’une « religion » pour mener une vie heureuse et morale.

10- Est-ce que l’embryon humain a la même valeur qu’un enfant pour la religion chrétienne ?

Pour établir cette liste, nous avons tenu compte des questions et objections les plus fréquentes, et avons essayé de les regrouper par « thèmes ». Les questions dans la liste ci-dessus ne sont pas classées en fonction du nombre de commentaires, mais en fonction de ces thèmes.

Merci à tou(te)s ceux (celles) qui ont posté des commentaires. Si vous voyez que votre question ne figure pas dans la liste, ne vous inquiétez pas ! Nous essaierons d’y répondre ultérieurement.

Nous publierons ces dix articles à raison d’un par semaine (l’ordre est susceptible de changer), et vous êtes bien sûr invités à poster vos commentaires et réflexions !

L’équipe Raisons de croire.

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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Richard Dawkins fait une concession

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Le 21 octobre 2008, John Lennox et Richard Dawkins débattaient au Musée d’Histoire Naturelle d’Oxford. Après cet échange, Justin Brierley, de la Premier Christian Radio, fit un rapport de ce débat et de son interview avec Richard Dawkins. On trouve dans son programme radio de plus amples détails sur ce débat (disponible ici en anglais), ainsi que sur la conférence de presse qui suivit le débat et son interview avec John Lennox.

Richard Dawkins fit une affirmation surprenante:

Un plaidoyer sérieux peut être fait en faveur d’un dieu déiste ».

Cela semble être une concession majeure de la part de Dawkins, qui semble admettre que des arguments et preuves sérieux peuvent être donnés en faveur d’un dieu qui a créé l’univers (mais qui le laissa ensuite prendre soin de lui-même). S’il s’agit d’un « plaidoyer sérieux », alors Dawkins semble reconnaître que les preuves et les arguments de ce plaidoyer doivent être examinés soigneusement et ne peuvent être (et ne devraient pas, en tant que bon scientifique) être immédiatement rejetés.

Melanie Phillips pose dans le Spectator la question suivante : Richard Dawkins est-il toujours en train d’évoluer ? Elle poursuit en écrivant que Dawkins reconnaissait être ouvert à la croyance que la vie sur terre serait apparue suite à une intervention extraterrestre.

A quel point les concessions de Dawkins sont-elles sérieuses ? Où le mèneront-elles ? Nous devons au moins applaudir l’honnêteté intellectuelle dont Dawkins fait preuve dans un tel aveu. Il semblerait qu’une suite du livre Pour en finir avec Dieu soit prévue. Se pourrait-il qu’après les livres pour enfants qu’il compte écrire la suite de Pour en finir avec Dieu expose ce « plaidoyer sérieux…pour un dieu déiste » ?

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Pour en finir avec Dieu (2) – Dieu existe-t-Il?

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Le but principal du livre de Dawkins est de convaincre son lecteur de l’inexistence de Dieu. Selon lui, si les chrétiens ne croient pas en l’existence de Thor, Zeus ou Wotan… les athées ne font que rajouter Dieu à la liste des divinités inexistantes.

Dawkins affirme que l’existence ou la non-existence de Dieu est une hypothèse scientifique ouverte à la démonstration rationnelle.1

Pour Dawkins, on croit en Dieu comme on croit au Père Noël ou en la petite souris. Ce n’est rien d’autre qu’une croyance infantile que toute personne douée d’intelligence doit tôt ou tard abandonner. Il serait intéressant de comparer, chez les personnes ayant atteint l’ « âge de raison », le nombre de personnes se convertissant au christianisme avec le nombre de ‘nouveaux convertis’ au Père Noël…

Tout au long du livre, on trouve le même type d’analogie n’ayant d’autre but que de ridiculiser la religion.
Par exemple, voici la raison pour laquelle, selon Dawkins, Dieu ne peut pas être omnipotent.

Si Dieu est omniscient, Il sait d’avance comment Il interviendra pour changer le cours de l’Histoire en faisant appel à Son omnipotence – ce qui veut dire qu’Il ne peut pas changer d’avis concernant Sa future intervention. Il est donc impossible qu’Il soit omnipotent! On pourrait classer cet argument contre l’existence de Dieu parmi tant d’autres – tels que « Dieu peut-Il faire un cercle carré ? » ou « Dieu peut-Il créer un caillou plus lourd qu’Il ne le pourrait porter ? ».
Le fait que Dieu soit omnipotent ne veut pas dire qu’Il fera ce qui est contre Sa propre nature.

Dans le chapitre concernant l’hypothèse de l’existence de Dieu, Dawkins cherche à montrer l’irrationalité des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Il cite ainsi les « Cinq voies » de Saint Thomas d’Aquin, tirées de Somme théologique. Dans ce texte, Saint Thomas d’Aquin présente cinq voies d’accès à l’existence de Dieu par la raison2. Dawkins semble ignorer que Saint Thomas d’Aquin ne cherchait pas à prouver l’existence de Dieu, mais à démontrer la cohérence interne du théisme.

Nous en arrivons à l’argument supposé démontrer de façon quasi-certaine la non-existence de Dieu. « Un Dieu capable de créer quoi que ce soit doit être suffisamment complexe pour être à son tour expliqué. » On pourrait formuler cet idée en posant la question suivante: ‘Qui a créé le créateur ?’ Dawkins a beau être un ‘nouvel athée’, son argument n’a rien de nouveau. Il considère que l’hypothèse de l’existence de Dieu implique une régression infinie. Mais la recherche d’une explication ne représente pas une régression infinie. Prenons un exemple tiré du monde scientifique, celui de la théorie de l’unification ou ‘théorie du tout’3.

La physique moderne repose sur deux piliers: d’une part la théorie de la relativité générale qui décrit la nature à l’échelle macroscopique (étoiles, galaxies,…) et d’autre part la théorie quantique qui décrit la nature à l’échelle microscopique (molécules, atomes,…).
Chacune de ces théories a été largement confirmée par de nombreuses expériences, et elles sont à l’origine d’immenses progrès scientifiques du siècle dernier.
Mais le problème est le suivant: elles sont incompatibles ! Les travaux des physiciens portent généralement soit de l’infiniment grand, soit de l’infiniment petit. Cependant, il arrive que la nature combine les deux, par exemple dans un trou noir (une masse gigantesque est confinée dans un volume minuscule), ou lors du Big-Bang (théorie selon laquelle l’univers entier aurait fait éruption d’une ‘graine’ microscopique). Pour décrire de tels phénomènes, la relativité générale et la théorie quantique ont leur rôle à jouer. Mais en combinant les équations de ces deux théories, les chercheurs se heurtent à des aberrations. L’explication des phénomènes observés dans l’univers nécessite-t-elle deux systèmes bien distincts, un pour l’infiniment petit et un pour l’infiniment grand ? La recherche dans ce domaine a conduit depuis une vingtaine d’années environ à la formulation d’une théorie englobant les deux systèmes et dissolvant les tensions entre la théorie de la relativité et la théorie quantique. Cette théorie est connue sous le nom de « théorie des cordes », selon laquelle les constituants fondamentaux de la nature sont en fait de petits filaments unidimensionnels4.

Cette théorie, si elle venait à être confirmée, serait en quelque sorte la « théorie ultime » de la physique, permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes naturels.
Si Dawkins se sert de la question « Qui a créé le Créateur? » comme argument contre l’existence de Dieu, on peut se demander, conçernant la théorie du tout, « Qu’est-ce qui explique l’explication ? ».
La recherche portant sur la théorie d’unification n’a pas été abandonnée dès le départ sous le simple prétexte qu’elle représentait la terminaison d’un processus explicatif. De même, il n’y a pas de raison de nier l’existence de Dieu sous prétexte qu’il faudrait alors expliquer qui a créé Dieu.

Dawkins affirme que croire en Dieu reviendrait à croire en un Être dont l’existence est encore plus complexe, donc plus improbable. Complexité rime-t-il toujours avec improbabilité ?
La théorie de l’unification est d’une extrême complexité, car elle est supposée englober deux théories qui semblent totalement incompatibles. Mais son extrême complexité n’implique pas une extrême improbabilité.

Dawkins articule sa pensée de la manière suivante:
- Si Dieu existe, il doit être extrêmement complexe
- S’il est extrêmement complexe, son existence même est très fortement improbable
- Il n’existe donc presque certainement pas.

Le principe anthropique stipule que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie étaient réunies lors de la naissance de l’univers. Le simple fait que nous existons est extrêmement improbable, mais nous existons!
Complexité ne rime pas toujours avec improbabilité, et improbabilité ne rime pas avec inexistence.

En fin, Dawkins a cherché à démontrer la très forte improbabilité de l’existence de Dieu. Voici sa description du Dieu auquel il ne croit pas:

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant: jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratiquant l’infanticide, le génocide et le ‘filicide’ ».

Je suis tout à fait d’accord avec Dawkins sur ce point: je ne crois pas non plus en ce Dieu là.


1- A ce sujet, lire l’article Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

2- La voie par le mouvement: les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu’il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d’une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l’existence d’un Premier moteur non mû : c’est Dieu.
La voie par la causalité efficiente: nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l’infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c’est Dieu.
La voie par la contingence: il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.
La voie par les degrés des êtres: il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu’il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
La voie par l’ordre du mondela voie par l’ordre du monde: on observe un ordre dans la nature : l’œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

3- Dans L’Univers élégant, Brian Greene présente de manière très intéressante et accessible cette théorie.

4- Si on « zoomait » de plus en plus sur un objet observable, on obtiendrait la séquence suivante: objet → atomes → nucléons (protons et neutrons) → quark → corde

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