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Le christianisme est-il dérivé des religions à mystère ?

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Si le christianisme est simplement dérivé de religions païennes que nous savons fausses, alors il est également faux.

Patrick Zukeran décèle 4 problèmes avec cette affirmation. Voici un bref résumé de son article :

1. Le premier est le sophisme composite. Les tenants de cette position regroupe les religions païennes ensemble comme s’il s’agissait d’une seule et même religion comparable au christianisme …
Cependant, quand les mythes sont étudiés séparément, le lecteur sérieux décèle des différences majeures et peu de points communs.

2. Une deuxième problème est celui de la terminologie. Les termes chrétiens sont utilisés pour décrire les croyances païennes, il est ensuite conclu qu’il y a des origines et des significations parallèles. Bien que les termes utilisés sont les mêmes, il y a de grandes différence entre les pratiques et les définitions chrétiennes et païennes.

3. Une troisième erreur concerne la chronologie. Les supporters de la théorie présument faussement que le christianisme a emprunté des idées aux religions à mystère, mais les preuves révèlent que c’est l’inverse.

4. Le christianisme prend sa source dans le judaïsme, non dans la mythologie grecque.

Source: Probe Ministries

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Est-ce de l’humilité de croire que toutes les religions mènent à Dieu ?

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(édité pour faciliter la lecture)

Jonathan Dodson répond :

Quand le pluralisme religieux affirme qu’il y a plusieurs voies vers Dieu, ce n’est pas de l’humilité. C’est plutôt arrogant en fait.

Pourquoi ?

Le pluralisme religieux insiste sur le fait que sa croyance – tous les chemins mènent à Dieu – est vraie tandis que toutes les autres religions enseignant l’exclusivisme sont fausses. Le pluralisme religieux insiste dogmatiquement sur son affirmation exclusive : tous les chemins mènent à Dieu.

Le problème est que cette affirmation contredit directement plusieurs religions comme l’Islam, l’Hindouisme, le Judaïsme et le Christianisme. L’affirmation du pluraliste religieux est arrogante parce qu’il impose son point de vue au détriment des autres.
Ils déclarent aux autres religions : « Vous devez croire ce que je crois, et non ce que vous croyez. Votre perspective n’est pas la bonne, en fait c’est la mienne qui est juste. Il n’y a pas juste un chemin vers Dieu; il y en a plusieurs. Vous avez tort et j’ai raison. »
Ça peut être terriblement arrogant, particulièrement si la personne affirmant cela n’a pas étudié toutes les religions du monde en profondeur et fait cette affirmation à l’aveugle.

Sur quelle base le pluraliste religieux peut-il faire cette déclaration exclusive ? Où est la preuve que c’est vrai ? À quelles Écritures, traditions et raisonnement prudent peuvent-ils faire référence ?

MA : The Resurgence

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Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?

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originemaux6

Imaginez, avec John Lennon, un monde sans religion… Pas de bombes suicides, pas de 11 Septembre, pas de Croisades, pas de chasses aux sorcières, pas de Conspiration des poudres, pas de partition de l’Inde, pas de guerres israélo-palestiniennes, pas de massacres de musulmans serbo-croates, pas de persécutions de juifs, pas de « troubles » en Irlande du Nord, pas de « crimes d’honneur », pas de télévangélistes au brushing avantageux et au costume tape-à-l’oeil. Imaginez, pas de Talibans pour dynamiter les statues anciennes, pas de décapitations publiques des blasphémateurs, pas de femmes flagellées pour avoir montré une unfime parcelle de peau… »

Dawkins affirme que la religion est à l’origine d’un grand nombre des tragédies de l’histoire de l’humanité. L’origine du problème étant la religion, la meilleure solution à ce problème serait de l’éliminer.
Personne ne peut nier le mal qui a été et qui est encore fait au nom de la religion. Mais Dawkins semble tirer un trait sur le bien qui a été pratiqué au nom de la religion. Nietzsche lui-même affirmait que la nature humaine est telle que nos systèmes de croyances nous rendent capables à la fois de grands actes de bonté et de grands actes de dépravation.
Certes, des personnes ont commis des crimes atroces au nom de la religion. Mais d’autres, poussées par leurs convictions religieuses, se sont battues pour le bien!

Pour illustrer son propos, Dawkins énumère les pires atrocités commises au nom de la religion: Croisades, Inquisition,… et il a raison! Mais pourquoi prendre les pires exemples pour appuyer son argumentation ? Dommage qu’il ait oublié le principe de précaution qu’il applique avec tellement de soin dans The Selfish Gene: « les exemples choisis ne constituent jamais de preuve sérieuse pour une généralisation, quelle qu’elle soit ». Pourquoi ne pas appliquer cela à tous les domaines, et pas seulement à la science?
originemaux3Le chimiste Louis Fieser est connu notamment pour ses travaux portant sur les facteurs de coagulation et sur les stéroïdes. Ces travaux ont permi la synthèse de la vitamine K1 et de la cortisone, avancées considérables dans le monde de la médecine. Mais Louis Fieser est également connu pour une autre découverte… Il a conduit l’équipe de recherche ayant découvert la formule du napalm. Durant la nuit du 9 au 10 mars 1945, des bombardiers américains lachèrent 1667 tonnes de napalm sur la ville de Tokyo. Le nombre exact de victimes est inconnu, mais le chiffre de 100 000 tués a été avancé. Faut-il en conclure que tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la science est mauvais, et que parce que la science est à l’origine de terribles tragédies (napalm, bombe atomique…), elle est à supprimer ? La science, comme la religion, est capable du meilleur comme du pire.

Robert Pape, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, a publié en 2003 un livre dans lequel il étudie les attentats-suicides entre 1980 et 20011. Son enquête parvient à la conclusion que les convictions religieuses ne sont ni nécessaires ni suffisantes pour pousser les terroristes à commettre des attentats.
Pape souligne par exemple le fait que 76 des 186 attentats recensés dans son étude ont été perpétrés par les Tigres Tamoul, groupe terroriste d’idéologie marxiste-léniniste, connu notamment pour avoir inventé la ceinture d’explosifs.
Pape affirme également que les attentats suicides sont rarement des faits isolés mais font pour la plupart partie de « campagnes » menées par les groupes terroristes dans des buts bien précis, comme le départ de forces ennemies des terres que les terroristes considèrent comme leur appartenant.

Dawkins, comme beaucoup de ses collègues « nouveaux athées », se plaît à rappeller les drames tels que les Croisades ou l’Inquisition. Lorsque des journalistes lui demandent ce qu’il pense des atrocités commises par des régimes anti-religieux, comme le nazisme et le communisme2, Dawkins répond que ces actes n’étaient pas commis au nom de l’athéisme. La religion serait responsable d’horribles crimes, tandis que les crimes commis par des régimes athées ne peuvent pas être imputés à l’idéologie athée ? Cette position nous semble un peu trop simple…
Dans Dawkin’s god – genes, memes and the meaning of life, McGrath affirme ceci : « une des plus grandes ironies du XXème siècle est qu’une grande partie des actes les plus déplorables de meurtre, d’intolérance et de répression a été menée par ceux qui pensaient que la religion est meurtrière, intolérante et répressive – et voyaient son éradication de la planète comme un acte d’humanisme ».
Puisque de tels crimes ont été commis par des dirigeants anti-religieux, faut-il en conclure que tous les athées sont des meurtriers ? Certainement pas. Encore une fois, c’est la nature de l’homme qui le rend capable du pire comme du meilleur.

Personne ne peut nier ni minimiser les atrocités commises par certains au nom d’une religion. Mais de même que pour d’autres domaines, tels que la science, ne résumons pas la religion à des actes de malveillance, en oubliant tout le reste.
Michael Shermer, Président de la Skeptics Society, a dit ceci à propos de la religion:

Pour chacune de ces grandes tragédies il y a dix-mille actes de gentillesse personnelle et de bonté sociale qui ne sont pas rapportés… La religion, comme toute institution d’une telle profondeur historique et ayant un tel impact culturel, ne peut pas être réduite à une dichotomie entre le bien et le mal ».

1- Dying to win, Robert Pape, 2003.

2- Pol Pot, Staline, Hitler et Mao sont, faut-il le rappeler, les plus grands meurtriers du XXème siècle.

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Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

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Dawkins défend avec véhémence l’idée que science et religion ne sont pas compatibles. Selon lui, on ne peut être à la fois scientifique et religieux. Bien au contraire, science et religion sont engagées dans un combat que la science finira un jour par emporter. Cette idée, très répandue pendant la seconde moitié du XIXème siècle, est aujourd’hui considérée comme étant éronnée. Il est indéniable que des conflits entre science et religion ont fait beaucoup de bruit par le passé, comme par exemple lors du débat entre Wilberforce et Huxley après la sortie de l‘Origine des espèces, ou beaucoup plus récemment lors d’un procès aux Etats-Unis.1

Mais ne confondons pas conflit et combat à mort. Dawkins est persuadé qu’une personne qui réfléchit un tant soit peu ne peut être croyante. Il attaque ouvertement ses « collègues » scientifiques ayant des convictions religieuses : « les scientifiques qui croient ou qui contribuent à une relation de travail positive entre science et religion appartiennent à l’école de Neville Chamberlain2 ».

Pour Dawkins, les sciences naturelles sont une « super-autoroute » vers l’athéisme. Comment expliquer alors que tant de scientifiques, connus et reconnus dans leurs domaines respectifs, soient des croyants convaincus3? Dans Rock of ages, Stephen Jay Gould4 affirme que « soit la moitié de [ses] collègues sont complètement stupides, soit la science du darwinisme est entièrement compatible avec les croyances religieuses conventionnelles, ainsi qu’avec l’athéisme ». C’est dans ce même livre que Gould a développé la notion de Non-Overlapping Magisteria (NOMA) ou « non-recouvrement des magistères », qui prône le respect mutuel, sans empiètement quant à la pulsion humaine à comprendre le caractère factuel de la Nature (le magistère de la Science) et le besoin de trouver du sens à sa propre existence et une base morale pour toute action (le magistère de la Religion).
A cette affirmation, Dawkins répond simplement que Gould n’a pas pu vouloir dire tout ce qu’il a écrit.

Dans The Dawkins delusion, Alister McGrath5 défend la vision d’un « recouvrement partiel des magistères », selon laquelle « la science et la religion offrent des possibilités de recouvrement à cause de l’interpénétration de leurs sujets et méthodes. ».
Lors d’un message à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le Pape Jean-Paul II reconnaissait que la théorie de l’évolution était « plus qu’une théorie ». On aurait pu penser que Dawkins se serait réjouit de ces paroles s’il avait voulu encourager les croyants à accepter la notion d’évolution biologique. Au lieu de cela, il déclare que Jean-Paul II avait fait preuve d’hypocrisie et de malhonnêteté vis-à-vis de la science. On voit bien de quelle manière Dawkins se sert de la science comme arme contre la religion. Lors d’un débat avec Alister McGrath, Dawkins a admis ne pas pouvoir prendre au sérieux quelqu’un qui croyait en la naissance virginale du Christ, ou en l’existence de miracles.

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Selon Dawkins, la science finira par tout expliquer, y compris la « persistance » de croyances religieuses. En effet, le fait qu’une proportion non négligeable de la population mondiale ait de telles croyances doit pouvoir s’expliquer de manière scientifique, et plus précisément par un processus d’évolution biologique. Dawkins s’inscrit dans la tradition d’explication naturaliste du monde, comme Marx, Feuerbach ou Freud avant lui. Il développe dans son livre la notion de « virus de l’esprit » et de « mèmes », des réplicateurs comparables aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.6

Sir Martin Rees7 reconnaît dans Our cosmic habitat que les réponses à certaines « questions ultimes » reposent au-delà de la science. Dire que la science a des limites ne constitue pas une critique ni une diffamation. En effet, les théories scientifiques ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels qu’on peut observer dans le monde, et non pas d’expliquer le monde. Pour Dawkins, toute personne osant soulever des questions quant aux limites de la science, ne peut qu’haïr la science. On sort ici du cadre de la science pour rentrer dans le scientisme, idéologie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d’échapper à l’ignorance, dans quelque domaine que ce soit.

Ecoutons ce qu’a dit Martin Luther King concernant la relation entre science et religion:

Il peut y avoir conflit entre hommes de religion à l’esprit fragile et hommes de science à l’esprit ferme, mais non point entre science et religion. Leurs mondes respectifs sont distincts et leurs méthodes différentes. La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe des faits, la religion s’occupe des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral. »


1- Le souhait de certains enseignants d’une école à Dover, aux Etats-Unis, de voir l’Intelligent Design enseigné comme théorie scientifique alternative à la théorie de l’Evolution, a donné lieu à un procès retentissant. Lire à ce sujet l’article paru dans Le Monde : La bataille scolaire entre créationistes et darwinistes divise les états américains.

2- Premier ministre britannique de mai 1937 à mai 1940, il est connu principalement pour la politique qu’il mena à partir de 1937 avec l’Allemagne. Il cède ainsi à toutes les exigences de Hitler sur les Sudètes lors de la conférence qui a abouti aux accords de Munich en septembre 1938

3- Nommons par exemple Francis Collins, généticien et ancien directeur du Projet Génome Humain, qui se déclare ouvertement chrétien. Il faisait partie de l’équipe de chercheurs ayant découvert le gène en cause dans la mucoviscidose.

4- Autre spécialiste de l’Evolution, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, dont la série Réflexions sur l’histoire naturelle.

5- Avant de devenir Professeur de théologie historique à Oxford, il a mené de la recherche en biologie moléculaire.

6- Dawkins a introduit la notion de « mème », terme qu’il a lui-même inventé, dans Le Gène égoïste.

7- Professeur d’astronomie, il est depuis décembre 2005 le président de la Royal Society.

Lire aussi :

Pour en finir avec Dieu (2) – Dieu existe-t-Il?

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Le but principal du livre de Dawkins est de convaincre son lecteur de l’inexistence de Dieu. Selon lui, si les chrétiens ne croient pas en l’existence de Thor, Zeus ou Wotan… les athées ne font que rajouter Dieu à la liste des divinités inexistantes.

Dawkins affirme que l’existence ou la non-existence de Dieu est une hypothèse scientifique ouverte à la démonstration rationnelle.1

Pour Dawkins, on croit en Dieu comme on croit au Père Noël ou en la petite souris. Ce n’est rien d’autre qu’une croyance infantile que toute personne douée d’intelligence doit tôt ou tard abandonner. Il serait intéressant de comparer, chez les personnes ayant atteint l’ « âge de raison », le nombre de personnes se convertissant au christianisme avec le nombre de ‘nouveaux convertis’ au Père Noël…

Tout au long du livre, on trouve le même type d’analogie n’ayant d’autre but que de ridiculiser la religion.
Par exemple, voici la raison pour laquelle, selon Dawkins, Dieu ne peut pas être omnipotent.

Si Dieu est omniscient, Il sait d’avance comment Il interviendra pour changer le cours de l’Histoire en faisant appel à Son omnipotence – ce qui veut dire qu’Il ne peut pas changer d’avis concernant Sa future intervention. Il est donc impossible qu’Il soit omnipotent! On pourrait classer cet argument contre l’existence de Dieu parmi tant d’autres – tels que « Dieu peut-Il faire un cercle carré ? » ou « Dieu peut-Il créer un caillou plus lourd qu’Il ne le pourrait porter ? ».
Le fait que Dieu soit omnipotent ne veut pas dire qu’Il fera ce qui est contre Sa propre nature.

Dans le chapitre concernant l’hypothèse de l’existence de Dieu, Dawkins cherche à montrer l’irrationalité des arguments en faveur de l’existence de Dieu. Il cite ainsi les « Cinq voies » de Saint Thomas d’Aquin, tirées de Somme théologique. Dans ce texte, Saint Thomas d’Aquin présente cinq voies d’accès à l’existence de Dieu par la raison2. Dawkins semble ignorer que Saint Thomas d’Aquin ne cherchait pas à prouver l’existence de Dieu, mais à démontrer la cohérence interne du théisme.

Nous en arrivons à l’argument supposé démontrer de façon quasi-certaine la non-existence de Dieu. « Un Dieu capable de créer quoi que ce soit doit être suffisamment complexe pour être à son tour expliqué. » On pourrait formuler cet idée en posant la question suivante: ‘Qui a créé le créateur ?’ Dawkins a beau être un ‘nouvel athée’, son argument n’a rien de nouveau. Il considère que l’hypothèse de l’existence de Dieu implique une régression infinie. Mais la recherche d’une explication ne représente pas une régression infinie. Prenons un exemple tiré du monde scientifique, celui de la théorie de l’unification ou ‘théorie du tout’3.

La physique moderne repose sur deux piliers: d’une part la théorie de la relativité générale qui décrit la nature à l’échelle macroscopique (étoiles, galaxies,…) et d’autre part la théorie quantique qui décrit la nature à l’échelle microscopique (molécules, atomes,…).
Chacune de ces théories a été largement confirmée par de nombreuses expériences, et elles sont à l’origine d’immenses progrès scientifiques du siècle dernier.
Mais le problème est le suivant: elles sont incompatibles ! Les travaux des physiciens portent généralement soit de l’infiniment grand, soit de l’infiniment petit. Cependant, il arrive que la nature combine les deux, par exemple dans un trou noir (une masse gigantesque est confinée dans un volume minuscule), ou lors du Big-Bang (théorie selon laquelle l’univers entier aurait fait éruption d’une ‘graine’ microscopique). Pour décrire de tels phénomènes, la relativité générale et la théorie quantique ont leur rôle à jouer. Mais en combinant les équations de ces deux théories, les chercheurs se heurtent à des aberrations. L’explication des phénomènes observés dans l’univers nécessite-t-elle deux systèmes bien distincts, un pour l’infiniment petit et un pour l’infiniment grand ? La recherche dans ce domaine a conduit depuis une vingtaine d’années environ à la formulation d’une théorie englobant les deux systèmes et dissolvant les tensions entre la théorie de la relativité et la théorie quantique. Cette théorie est connue sous le nom de « théorie des cordes », selon laquelle les constituants fondamentaux de la nature sont en fait de petits filaments unidimensionnels4.

Cette théorie, si elle venait à être confirmée, serait en quelque sorte la « théorie ultime » de la physique, permettant d’expliquer l’ensemble des phénomènes naturels.
Si Dawkins se sert de la question « Qui a créé le Créateur? » comme argument contre l’existence de Dieu, on peut se demander, conçernant la théorie du tout, « Qu’est-ce qui explique l’explication ? ».
La recherche portant sur la théorie d’unification n’a pas été abandonnée dès le départ sous le simple prétexte qu’elle représentait la terminaison d’un processus explicatif. De même, il n’y a pas de raison de nier l’existence de Dieu sous prétexte qu’il faudrait alors expliquer qui a créé Dieu.

Dawkins affirme que croire en Dieu reviendrait à croire en un Être dont l’existence est encore plus complexe, donc plus improbable. Complexité rime-t-il toujours avec improbabilité ?
La théorie de l’unification est d’une extrême complexité, car elle est supposée englober deux théories qui semblent totalement incompatibles. Mais son extrême complexité n’implique pas une extrême improbabilité.

Dawkins articule sa pensée de la manière suivante:
- Si Dieu existe, il doit être extrêmement complexe
- S’il est extrêmement complexe, son existence même est très fortement improbable
- Il n’existe donc presque certainement pas.

Le principe anthropique stipule que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie étaient réunies lors de la naissance de l’univers. Le simple fait que nous existons est extrêmement improbable, mais nous existons!
Complexité ne rime pas toujours avec improbabilité, et improbabilité ne rime pas avec inexistence.

En fin, Dawkins a cherché à démontrer la très forte improbabilité de l’existence de Dieu. Voici sa description du Dieu auquel il ne croit pas:

On peut dire que, de toutes les œuvres de fiction, le Dieu de la Bible est le personnage le plus déplaisant: jaloux et fier de l’être, il est impitoyable, injuste et tracassier dans son obsession de tout régenter; adepte du nettoyage ethnique, c’est un revanchard assoiffé de sang; tyran lunatique et malveillant, ce misogyne homophobe, raciste, pestilentiel, mégalomane et sadomasochiste pratiquant l’infanticide, le génocide et le ‘filicide’ ».

Je suis tout à fait d’accord avec Dawkins sur ce point: je ne crois pas non plus en ce Dieu là.


1- A ce sujet, lire l’article Peut-on démontrer l’existence de Dieu?

2- La voie par le mouvement: les choses sont constamment en mouvement, or il est nécessaire qu’il y ait une cause motrice à tout mouvement. Afin de ne pas remonter d’une cause motrice à une autre, il faut reconnaître l’existence d’un Premier moteur non mû : c’est Dieu.
La voie par la causalité efficiente: nous observons un enchaînement de causes à effet dans la nature, or il est impossible de remonter de causes à causes à l’infini ; il faut nécessairement une Cause Première : c’est Dieu.
La voie par la contingence: il y a dans l’univers des choses nécessaires qui n’ont pas en elles-mêmes le fondement de leur nécessité. Il faut donc un Être par Lui-même nécessaire qui est Dieu.
La voie par les degrés des êtres: il y a des perfections dans les choses (bien, beau, amour, etc.) mais à des degrés différents. Or il faut nécessairement qu’il y ait un Être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
La voie par l’ordre du mondela voie par l’ordre du monde: on observe un ordre dans la nature : l’œil est ordonné à la vue, le poumon à la respiration, etc. Or à tout ordre il faut une intelligence qui le commande. Cette Intelligence ordinatrice est celle de Dieu.

3- Dans L’Univers élégant, Brian Greene présente de manière très intéressante et accessible cette théorie.

4- Si on « zoomait » de plus en plus sur un objet observable, on obtiendrait la séquence suivante: objet → atomes → nucléons (protons et neutrons) → quark → corde

Lire aussi :

Pour en finir avec Dieu (1) – Le nouvel athéisme

par

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Depuis deux ans environ, les livres critiquant les religions représentent un nouveau phénomène de publication, particulièrement dans les pays anglophones. La couverture médiatique qui accompagne la publication de ces livres prouve l’intérêt qu’ils représentent.
Ces auteurs sont les représentants d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur: le « nouvel athéisme ».

Richard Dawkins, actuellement considéré comme le chef de file de ce nouvel athéisme dans le monde anglophone, est fréquemment invité à présenter son point de vue lors d’émissions ou de conférences. Il a réalisé un documentaire pour Channel Four (une chaîne de télévision publique britannique), The root of all evil, dans lequel il interroge des personnes représentant les branches les plus fondamentalistes de leur religion. Il apparaît également dans un film aux côtés de trois autres auteurs athées bien connus, considérés comme ses « disciples1 ».
Professeur à l’université d’Oxford, apprécié pour ses qualités d’écrivain et de vulgarisateur scientifique2, il s’est vu attribué le surnom de « rottweiller de Darwin » pour sa défense passionnée de la théorie darwinienne de l’évolution. Son dernier livre, publié en France en mars 2008, sort de la sphère purement scientifique pour s’attaquer aux religions. Dawkins donne l’impression de se sentir investi de la mission -adivine- de nous ouvrir les yeux sur les dangers qu’elles représentent. L’introduction du livre est claire:

Si ce livre a l’effet escompté, le lecteur croyant qui l’ouvre sera athée en le refermant.”

Cependant, Dawkins fait preuve du même extrémisme et du même fondamentalisme -areligieux- qu’il critique de manière si véhémente lorsqu’ils sont pratiqués au nom de la religion. Et c’est précisément ce que lui reprochent certains scientifiques athées. Michael Ruse, cité par Alister McGrath dans The Dawkins delusion, affirme que le livre de Dawkins le rend « honteux d’être un athée ».

Le symposium annuel Beyond belief (organisé par le Science Network se déroulant au Salk Institute for Biological Studies de La Jolla en Californie) réunit des scientifiques et des philosophes pour traiter de questions concernant la nature humaine et la société. Steven Weinberg3 y a affirmé en 2006 que « le monde a besoin de se réveiller du long cauchemard des croyances religieuses », allant jusqu’à dire que tout ce que les scientifiques pourraient faire « pour affaiblir l’emprise de la religion doit être fait et pourrait s’avérer en fin compte leur plus grande contribution à l’humanité ». Weinberg avait écrit en 1993, dans Dream of a final theory, que

La religion est une insulte à la dignité humaine. Que ce soit avec ou sans elle, il y aura toujours des gens bien qui font de bonnes choses, et des mauvais qui font de mauvaises choses. Mais pour que des gens bien agissent mal, il faut la religion.”

On voit bien que l’argument du mal causé par les religions n’est pas nouveau !

Comment expliquer cette haine croissante envers toute forme de religion ou de croyance ? Dans les années 1960 certains philosophes affirmaient que Dieu était mort. Presque 50 ans plus tard on ne peut que constater que c’est loin d’être le cas ! On peut donc penser que ce fondamentalisme athée est en quelque sorte un baroud d’honneur contre la religion.

Il est également indéniable que la religion fait peur. Ces auteurs, sans faire de distinction entre les différentes religions, se plaisent à souligner le fait que les athées ne font pas s’écraser des avions contre des tours4, et que les religions risquent de faire reculer la civilisation dans un âge sombre.

Le succès de ces livres tient également au fait qu’ils ne font que mettre par écrit ce que beaucoup de gens pensent, les confortant dans leur athéisme. En visitant des sites internet de vente en ligne, il est intéressant de lire les commentaires de certains lecteurs qui remercient les auteurs d’avoir définitivement éliminé la religion comme vision du monde, ou de les avoir aidé à affirmer leur athéisme.


1- Christopher Hitchens, Samuel Harris et Daniel Dennett. Le titre choisi pour ce film, The four horsemen, fait ironiquement référence aux quatre cavaliers de l’Apocalypse.
2- Son premier livre, Le gène égoïste (1976), rend accessible à tous la théorie darwinienne de l’évolution, ce qui n’est pas une mince affaire.
3- Prix Nobel de physique en 1979
4- Le nombre d’ouvrages anti-religieux a connu une très forte croissance suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Lire aussi :

Jésus est-il un mythe ?

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ruinesVous êtes peut être tombé sur un de ces sites athées qui érige en dogme la non-existence de Jésus et le prouve en démontant systématiquement tout argument qui pourrait aller en sens contraire. Ces sites sont des caricatures d’un courant de pensée du 19e siècle qui, usant du comparatisme structurelle des mythes, prétendait pouvoir montrer que le personnage Jésus n’était qu’un mythe, un personnage créé de toutes pièces par quelques trublions du 2e siècle et copié à partir de mythes anciens.

L’étude des Évangiles permet de dire, non seulement que Jésus a existé, mais encore bien plus. »

Aujourd’hui cette thèse a été largement rejeté dans les milieux académiques tant les preuves en faveur de l’existence historique de Jésus sont abondantes et fiables.

 

7 raisons de rejeter la thèse mythiste

 

Pierre Geoltrain, fondateur de la chaire des origines du christianisme à la Section des sciences religieuses de l’École pratique des Hautes Études résume ainsi les choses en 2002 :

« Nul n’oserait plus, de nos jours, écrire une vie de Jésus comme celles qui virent le jour au XIXe siècle. L’imagination suppléait alors au silence des sources ; on faisait appel à une psychologie de Jésus qui était le plus souvent celle de l’auteur. L’ouvrage d’Albert Schweitzer sur l’histoire des vies de Jésus a mis un terme à ce genre de projet. Quant à l’entreprise inverse, quant aux thèses des mythologues qui, devant les difficultés rencontrées par l’historien, ont pensé les résoudre toutes en expliquant les Évangiles comme un mythe solaire ou un drame sacré purement symbolique, elle ne résiste pas à l’analyse. L’étude des Évangiles permet de dire, non seulement que Jésus a existé, mais encore bien plus1. »

Dans une série précédente, j’ai exposé les sources externes et internes qui conduisent logiquement à croire en l’existence historique de Jésus. Mais au-delà, je pense qu’il y a 7 bonnes raisons de ne pas suivre la théorie mythiste :

 

1- Une définition tronquée du Christianisme

 

La critique faîte par les mythistes porte sur une définition très large du christianisme comprenant toutes sortes de cultes, d’hérésies – notamment gnostiques – et sectes qui peuvent exister. Par exemple, le gnosticisme a importé tout un tas d’idées qui proviennent en effet du paganisme, ce qui est en partie pourquoi il a été considéré comme hérétique. Il en est de même de la définition du mot païen qui recoupe tout et n’importe quoi : non seulement les cultes grecques (Œdipe), mais aussi les cultes Egyptiens (Horus et Osiris), Romains (Bacchus) et Perse (Mithra). Autre part, vous trouverez des divinités celtiques, la mythologie nordique et les mystiques indiens mis dans le même sac. Au sein de cette collection d’écrits multipolaires, il n’est vraiment pas difficile d’établir des parallèles.

 

2- Une méthodologie fallacieuse

 

Le but est de montrer à tout prix que les chrétiens ont copié les mythes païens (le contraire est exclu). Ils présument souvent illogiquement que deux choses se ressemblent, donc l’une a causé l’autre. Par exemple, les cultes des religions à mystère et du Christianisme étaient tous les deux réaliser en souterrain : ils sont donc forcément similaires !
De plus, ils ne se restreignent pas seulement aux sources d’avant la venue de Jésus-Christ mais aussi à celles après sa venue (la plupart des traces que nous avons à propos du Mithraisme proviennent du 2, 3 et 4e siècles) .
Enfin, certaines des informations sont complètement erronées (Mithra n’a jamais eu 12 disciples, c’était un dieu, et il n’existe aucun source qui affirme la résurrection de Mithra puisque personne ne sait même s’il est mort).

 

3- Une mauvaise utilisation de la terminologie

 

Pour montrer que Jésus n’est qu’un mythe copié des religions païennes, ils emploient la terminologie chrétienne pour décrire les rituels païens. Les auteurs païens ne parlaient pas de « salut », d’« Eucharistie », de « Parole faite chair », et d’« Agneau de Dieu ». Cependant, les traductions ou paraphrases provenant des sources païennes reprennent toujours la terminologie chrétienne biblique sans même chercher les différences avec les emplois faits par les auteurs païens. Ce qui est grotesque ! Par exemple, ils n’hésitent pas à appeler le rêve d’une femme qui voit son enfant entrer en elle sous la forme d’un éléphant blanc pleinement formé une « naissance virginale ». Ils n’hésitent pas non plus à utiliser le mot « résurrection » pour parler d’un recollage des parties d’un corps. Aussi, tous les héros grecs sont des « fils de dieu ».

 

4- Une contradiction remarquable

 

Contrairement aux religions païennes, le christianisme est lié à l’histoire. Les chrétiens croient en la résurrection historique de Jésus-Christ. Cette résurrection n’est pas une image pour décrire le déroulement des saisons comme dans certains cultes païens. Par exemple, « après l’hiver vient le printemps, c’est tel dieu qui ressuscite ». Paul avertit d’ailleurs son lecteur : si Jésus n’est pas historiquement ressuscité alors votre foi, c’est du bidon. (1 Corinthiens 15.14)

 

5- Des liens erronées entre les religions

 

Deux choses totalement différentes sont en fait liées. Par exemple, ils diront que Mithra était quelques fois représenté par un taureau comme Jésus était quelques fois appelé l’agneau de Dieu, ignorant le simple fait que le premier est un symbole de la sexualité et de la force, alors que le deuxième est celui de l’innocence et de l’humilité. Aussi, ils assimilent le rituel mithriaque qui consiste à prendre une douche dans le sang chaud du taureau mentionné ci-dessus au baptême chrétien fait avec de l’eau.

 

6- Des choses mystérieusement oubliées par les mythistes

 

Curieusement les mythistes ne mentionnent pas les choses qui rendent réellement les religions à mystère intéressantes. Bacchus était le dieu de la vigne et de la fête. Sa louange impliquait d’être soûl et d’avoir des relations sexuelles avec toutes personnes (ou choses) en ligne de mire. En fait, dire que le sexe était au centre d’un grand nombre de ces rituels païens n’est pas du tout le point central pour les mythistes. Pour eux, il s’agit juste de montrer que Bacchus et Jésus sont semblables.

 

7- Plus personne n’accepte cette théorie, pourquoi continuer à y croire ?

 

Septièmement, plus personne aujourd’hui dans les milieux académiques n’accepte cette théorie car, d’une part, comme Mircea Eliade, le brillant historien des religions de l’université de Chicago, résume :  » Il n’y a tout simplement aucune raison de supposer que le christianisme primitif ait été influencé par les religions à mystère2« , d’autre part, aucune preuve historique convaincante ne peut expliquer l’existence du Christianisme sans postuler l’existence historique de Jésus. Sans existence historique de Jésus, il est impossible d’expliquer l’essor du Christianisme. Les thèses mythistes ont toujours été très marginales au sein de la recherche historique académique, et elles sont complètement rejetées depuis les années 1930 par les spécialistes. En 1933, Charles Guignebert (1867 – 1939), historien français du christianisme titulaire de la chaire de la Sorbonne, écrit que les thèses mythistes n’ont réussi à convaincre personne chez les spécialistes : « Les efforts, souvent érudits et ingénieux des mythologues n’ont gagné à leurs thèses aucun des savants indépendants et désintéressés que rien n’empêcherait de s’incliner devant un fait bien établi et dont l’adhésion aurait eu du sens. L’enthousiasme des incompétents ne compense pas cet échec3. » Depuis elles n’ont trouvé aucun défenseur dans les milieux académiques.


1- Pierre Geoltrain, Encyclopædia Universalis, art. Jésus, 2002
2- Cité dans The Case for the real Jesus, Lee Strobel, p. 183
3- Jésus, 1933 (édition de 1969) par Albin Michel, p. 67

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (3)

par

A priori, tous les chemins conduisent au Père Lachaise.

Notre réflexion touche à la question du sens de la vie. La vie est un don exceptionnel qui nous est donné par Dieu. Cependant, en point de mire, ne l’oublions pas, nous avons une échéance : la mort.

Blaise Pascal écrivait :

Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi-même ; je suis dans une ignorance terrible de toutes choses ; je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle-même, et ne se connaît non plus que le reste.
Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’à un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m’enferment comme un atome comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour. Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir ; mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter. » [1]

Nul ne saurait éviter la mort. C’est la seule statistique à 100%. Pour certains, la mort est la source de nos angoisses les plus profondes. Pour d’autres, c’est aussi le moteur de notre réflexion sur le sens de la vie.
Jésus-Christ a lui-même été confronté à cette dure réalité. La Bible nous raconte sobrement comment Jésus a réagi en apprenant la mort de son ami Lazare : « Jésus pleura. » [2]. La mort ne laisse personne indifférent. Aucun philosophe n’a su clairement définir le pourquoi de la mort, la Bible affirme que c’est la conséquence de notre désir de vivre sans Dieu. Aucun penseur n’a su trouver un remède efficace face à celle-ci, Jésus-Christ affirme qu’il est la Vie, que celui qui croira en lui vivra, même s’il meurt, et celui qui vit et croit en lui ne mourra jamais[3].

Un ticket de métro offert [4].

Au commencement de toutes choses, la Parole existait déjà; celui qui est la Parole était avec Dieu, et il était Dieu. (…) Celui qui est la Parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous, plein de grâce et de vérité. Nous avons vu sa gloire, la gloire que le Fils unique reçoit du Père. » (Jean 1 :1-14).

Chose étonnante, le Dieu de Jésus-Christ est le Dieu qui s’affirme, qui ne se démontre pas, qui se révèle à l’homme : « Au commencement DIEU (…) » débute la Genèse, le premier livre de la Bible. Dans ce contexte, ce n’est pas l’homme qui va vers Dieu mais Dieu qui vient vers l’homme.

Reprenons l’affirmation peu banal de Jésus-Christ que l’on peut trouver dans l’Evangile selon Saint Jean : « Je suis le Chemin, Je suis la Vérité, Je suis la Vie. Personne ne peut aller au Père que par moi. » Imaginons un instant que nous devions prendre le métro parisien.
Les lignes de métro (1,2,3 …) symbolisent les religions et les philosophies, il y en a une grande quantité. En général, comment choisissez-vous votre itinéraire de métro ? Est-ce parce que le tracé paraît sympa ? A cause de la couleur de la ligne sur la carte ? Est-ce parce que tous vos amis prennent cette ligne et pas une autre ou bien parce que vos parents vous ont toujours dit de prendre celle là ? Ou peut-être la prenez-vous au hasard : vous verrez bien où celle-ci vous mène … En fait, il semble plus probable que vous choisissiez votre ligne en fonction de la destination ou bien parce qu’un guide touristique vous l’a conseillée.

Malheureusement, en matière de religion et de philosophie, la tendance est plus au test d’un concept plus qu’à la prise en considération de la destination : « Peu importe ce que tu crois, l’important c’est d’être sincère! » Alors que dans les paroles de Jésus, nous voyons clairement le but : aller au Père. La station finale de la ligne de métro « suivre Jésus à 100% » s’appelle « Père », celle qui met fin à toutes nos craintes quant au devenir de notre être après la mort. Les autres lignes conduisent à des impasses ou à des culs de sac intellectuels (cf. le relativisme) ou pire elles évitent soigneusement de considérer cette angoisse de la mort. La ligne « suivre Jésus à 100% » est la seule qui conduise au Créateur car le conducteur de la rame le connaît parfaitement puisqu’il est son Fils bien-aimé. Dieu dit lui-même : « Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » (Marc 1 :11). Alors que tous les autres chemins qui conduisent au salut sont en quelque sorte des voies où l’homme fait l’effort d’aller vers Dieu, la solution extraordinaire proposée par la Bible est celle du Fils qui nous conduit au Père.

Comment entrer dans la rame de métro ?

Nous l’avons vu, cette ligne est unique. Unique quant à son but : nous conduire au Créateur. Unique quant à son moyen : le Fils de Dieu propose de nous conduire lui-même vers ce but. Unique quant à son trajet : on ne peut pas emprunter la ligne bouddhiste pour embrayer sur la voie chrétienne. Unique aussi quant à son entrée : pour prendre place, nul besoin de payer, nul besoin d’accomplir des bonnes œuvres, de faire le bien autour de soi, de respecter des règles plus ou moins strictes de vies … L’entrée est libre et le ticket d’entrée offert.

Mais il faut bien que quelqu’un paye !

Ce ticket a déjà été payé.

Jésus-Christ a payé ton entrée pour que tu puisses enfin sortir de la bouche de métro pour accéder à la lumière du jour. L’entrée de la ligne est étroite (« Entrez par la porte étroite! Car large est la porte et facile le chemin qui mènent à la ruine; nombreux sont ceux qui passent par là. » Matthieu 7 :13), peu de personnes la voient (« Mais combien étroite est la porte et difficile le chemin qui mènent à la vie; peu nombreux sont ceux qui les trouvent. » Matthieu 7 :14), pour y accéder il faut être humble (« Je vous le déclare, c’est la vérité: celui qui ne reçoit pas le Royaume de Dieu comme un enfant ne pourra jamais y entrer. » Marc 10 :15), et reconnaître son état lamentable devant Dieu (« En effet, quand nous étions encore incapables de nous en sortir, le Christ est mort pour les pécheurs au moment fixé par Dieu. » Romains 5 :6).

Tous les chemins conduisent au Père Lachaise mais Jésus-Christ permet le franchissement de l’obstacle de la mort pour nous conduire au-delà, dans la maison du Père.


[1] Pensées, n°335 éd. Pléiade
[2] Jean 11 :35
[3] Jean 11 :26
[4] Idée surprenante de Henri Bacher qui provient du site : Logoscom

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (2)

par

Pluralisme de fait et pluralisme idéologique

On me reproche souvent que d’annoncer l’exclusivité de Christ pour conduire l’homme à Dieu est une marque d’intolérance dans une société pluraliste. Certes, en affirmant la véracité d’une assertion vous excluez, par conséquent, son opposé. Or, il nous faut faire une distinction entre le pluralisme de fait – il y a plusieurs religions dans notre pays – et le pluralisme idéologique qui tend à disqualifier la Vérité au profit de « à chacun sa vérité ».

Le relativisme n’est pas un problème interne au christianisme. En effet, celui-ci est né dans le pluralisme religieux et aujourd’hui ce même pluralisme religieux réapparaît :

L’émergence du pluralisme religieux est davantage lié au déclin de l’idée de connaissance universelle prônée par le Siècle des Lumières qu’à des difficultés internes au christianisme. Or on assiste à une tentative de détourner l’attention du public de l’échec de la vision du monde véhiculée par le Siècle des Lumières pour lui faire croire que le pluralisme religieux représente une nouveauté, un défi incontestable lancé au christianisme lui-même. [1]

La notion même de religion est très difficile à définir. La définition sera forcément très imprégnée d’une culture à l’autre, et on note une volonté affichée de vouloir réduire toutes les religions au même phénomène de base.
Dans une société pluriculturelle de fait, il serait préférable de croire que toutes les religions se valent et donnent une interprétation du sens de la vie : « Toutes les religions mènent à Dieu ! » Mais comment concilier cette déclaration avec le fait que des religions se veulent explicitement athées (exemple : le bouddhisme dans sa forme originale) ? C’est proprement absurde et aucune religion n’accepte ce nivellement.

Observez ces deux séries de trois assertions :

Trois vérités Theravada Bouddhistes :
- Bouddha seul est la révélation suprême de la réalité spirituelle
- Bouddha enseigne que la foi en Dieu ou dans les dieux n’est pas importante pour une libération spirituelle et qu’elle est probablement nuisible
- L’enseignement de Bouddha devrait être suivi par tous

Trois vérités chrétiennes :

- Christ seul est la révélation suprême de la réalité spirituelle
- Christ enseignait que la foi engagée en Dieu est essentielle pour une libération spirituelle
- L’enseignement de Christ devrait être suivi par tous (d’après Dr Douglas Groothuis : Some problems with pragmatism)

Les trouvez-vous compatibles ?

Si j’étais né …

« Si j’étais né en Arabie saoudite, je serais sûrement musulman ! » Sur la base de cette observation, les religions seraient toutes des chemins valables qui mènent à la vérité. La vérité serait alors fonction de la naissance. Selon vous, la proposition « des peuples différents ont des religions différentes » implique-t-elle forcement la proposition « donc toutes les religions se valent » ? Aucune discipline intellectuelle n’accepterait une approche de la vérité aussi superficielle. Pourquoi l’acceptons-nous dès qu’il s’agit de religions ? [2]

Le supermarché religieux

Aujourd’hui, beaucoup de personnes affirment qu’elles croient en « dieu ». Mais il est intéressant d’entendre ce que chacun met derrière le vocable « dieu ». « Je vais étudier toutes les religions et piocher ce qui me semble être vraie dans chacune d’entre elle. » me disait récemment une amie. On ne peut s’empêcher de songer à des caddies au supermarché [3] : chacun met ce qui veut derrière le mot « dieu ». Ainsi, vous n’aurez jamais deux définitions identiques tout comme vous n’aurez jamais deux caddies identiques au passage à la caisse.

Le souci de cette approche de la vérité, c’est qu’elle prend racine dans le libéralisme occidental, et qu’elle est fondamentalement rejetée par d’autres (les orientaux notamment).

Steve Turner ironise à ce sujet dans son poème satyrique Creed (Credo de l’homme postmoderne) :

Nous croyons que toutes les religions
Sont fondamentalement semblables,
En tout cas celle que nous avons lue l’était.
Elles enseignent toutes l’amour et la bonté.
Elles ne diffèrent qu’à propos de la création,
Du péché, du ciel, de l’enfer, de Dieu et du salut. [4]

Le problème de l’homme quand il tente de s’approcher de Dieu c’est qu’il se heurte à un mur. Nous le voyons, à ce stade, il est bien difficile de se faire une idée de qui est Dieu. C’est pourtant le but de notre recherche en tant que croyant. Si les religions présentent toutes des divergences sur le nombre, la nature et les attributs des divinités, la foi chrétienne insiste sur la nécessité d’adorer un Dieu qui a décidé de se révéler lui-même.

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[1] Alister McGrath, Jeter des ponts, Québec, éditions La Clairière, p 144
[2] Alister McGrath, Jeter des ponts, Québec, éditions La Clairière, p146
[3] Comme l’illustre Ulrich Parzany, A la recherche du Dieu d’amour, Paris, 7 ICI éditions, p14
[4] Steve Turner, biographe et journaliste, Creed, cité d’après L’homme peut-il vivre sans Dieu ?, Ravi Zacharias, Marne-la-Vallée, éditions Farel, p 40

Lire aussi :

Toutes les religions mènent-elles à Dieu ? (1)

par

« Nous avons tous le même Dieu, peu importe notre religion, toutes mènent à Lui. »

Je n’ai jamais entendu un chrétien (celui qui base son espérance sur l’œuvre de Jésus-Christ et qui applique ses enseignements) affirmer que toutes les religions se valent et conduisent à Dieu, car le chrétien croit que seule la foi en Jésus-Christ mène à Dieu.

Si vous pensez que toutes les religions mènent à Dieu alors vous contredisez celui qui déclare : « Je suis le Chemin, Je suis la Vérité, Je suis la Vie. Personne ne peut aller au Père (à Dieu) que par moi. » (Jean 14 :6) De ce fait, visiblement, le christianisme entre en contradiction avec votre conception religieuse d’où il ne peut qu’être faux. Par suite, vous êtes obligés de revoir votre première idée, qui ne peut devenir que celle-ci : « toutes les religions mènent à Dieu sauf le christianisme qui est un mensonge. » Par conséquent, toutes les religions ne mènent pas à Dieu et votre affirmation est ainsi entachée d’erreur. Comprenez-vous cette méprise ? Pour un commerçant qui ferait la même erreur, ce serait comme s’il annonçait à l’entrée de son magasin qu’il est ouvert sept jours sur sept sauf le dimanche.

Mais ? … C’est juste vrai pour toi, mais pas pour moi !

A la question de Ponce Pilate « qu’est-ce que la vérité ? » qui suppose que chacun décide ce qu’est la vérité pour lui, Jésus répond qu’il est la vérité absolue (pour-tout-le-monde) et non juste-pour-moi.

Quelles réponses pourrait apporter une personne réfléchie à ces remarques ?

- Si ma croyance est seulement vraie pour moi, par conséquent pourquoi votre croyance n’est-elle pas seulement vraie pour vous ? N’êtes-vous pas entrain de me dire que vous voulez que je croie la même chose que vous ?

- Vous dites qu’il n’y a aucune vérité absolue pour tout le monde, mais vous voulez que tout le monde croie qu’il n’y ait aucune vérité absolue pour tout le monde.

- Vous êtes entrain de faire une déclaration universelle que le relativisme est la vérité absolue et que l’absolutisme est faux. Vous ne pouvez pas dire dans le même souffle « rien n’est universellement vrai » et « mon point de vue est universellement vrai. »

- Le relativisme est contradictoire : il réclame une position qui est absolument vraie – relativisme ! En clair, vous refusez de vous appliquez votre point de vue.

En conclusion, le relativisme est logiquement intenable.

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Cet article est en partie une traduction libre et partielle de Paul Copan, ‘True for You, But Not for Me’

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