
Voici le sommaire de la série d’article sur la résurrection de Jésus de Justin Holcomb.
1- La théorie de la conspiration
2- La mort apparente
3- La mauvaise tombe
4- Le corps déplacé
par Aurélien Lang

Voici le sommaire de la série d’article sur la résurrection de Jésus de Justin Holcomb.
1- La théorie de la conspiration
2- La mort apparente
3- La mauvaise tombe
4- Le corps déplacé
par Aurélien Lang
J’accepte la résurrection du dimanche de Pâques non en tant qu’invention de la communauté des disciples, mais en tant qu’événement historique. Si la résurrection de Jésus ce dimanche de Pâques était un événement public qui aurait été porté à la connaissance… non de seulement 530 témoins Juifs mais de la population entière, tous les Juifs seraient devenus disciples de Jésus. »
- Pinchas Lapide, érudit Juif orthodoxe, connu pour son ouvrage : The Resurrection of Jesus: A Jewish Perspective.
(Source)
Les citations du dimanche ne représentent pas nécessairement les points de vue des auteurs du blog. Elles ont pour objectif d’interpeller le lecteur sur la pensée de notre temps et d’engager la culture ambiante.

Lundi 8 mars 2010, on découvre un corps non identifié dans un cimetière sur l’île de Chypre. On ouvre une enquête. La police fait des tests d’ADN. Ils sont formels, nous venons de découvrir le corps de l’ex-président !
Ceci n’est pas une fiction. C’est l’actualité d’aujourd’hui dans tous les journaux. La police chypriote vient d’identifier le corps de Tassos Papadopoulos, l’ex-président de leur nation. Mort en 2008 et enterré dans le cimetière de Deftera, son corps avait disparu depuis trois mois. Lundi, il fut retrouvé dans un autre cimetière, à quelques kilomètres de ce lieu.
Quel est le lien avec l’apologétique et les fondements de la foi chrétienne ? C’est simple, imaginez qu’un jour on découvre un corps non identifié. Après des analyses, le verdict tombe : c’est le corps de Jésus-Christ. Quelles seraient les conséquences ? La Bible répond à cette question : « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication n’a plus de contenu, et votre foi est sans objet. » (1 Co 15:14) et aussi « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion, et vous êtes encore sous le poids de vos péchés. » (v16)
Vous rejetez le christianisme ? Voici donc une raison de croire. Pensez-y. 2000 ans après la mort de Jésus-Christ, a-t-on jamais trouvé le corps d’un certain « Jésus de Nazareth. » ? A méditer…
par Jonathan Kitt

Depuis les premiers récits de la résurrection, les critiques ont tenté d’apporter des explications aux différents évènements. On appelle ces théories les explications naturalistes, car elles font appel à des explications naturelles et non surnaturelles.
Théorie n°1 : La légende
Certains critiques avancent que les récits de la résurrection se sont développés sous la forme de fables.
On peut distinguer au moins 3 types de « théories de la légende »:
1. L’embellissement
2. Le style littéraire non historique
3. La variation de mythes qui existaient dans d’autres religions
1°) L’embellissement
L’authenticité des textes du Nouveau Testament est rarement remise en question dans les cercles académiques. L’immense majorité de ceux qui ont étudié de manière approfondie les textes reconnaît que ceux dont nous disposons aujourd’hui sont quasimment identiques aux originaux. Même les experts critiques remettent peu de mots en question, et ces mots n’ont pas d’incidence sur des points de doctrine.
Cette théorie fait cependant face à plusieurs problèmes.
. Le récit de la résurrection peut être retracé jusqu’aux expériences des apôtres. Si le récit de la résurrection était apparu au fil du temps par des rajouts aux textes originaux, le récit de la résurrection ne se trouverait pas dans ceux-ci.
. Paul s’est converti après avoir vu Jésus ressuscité. Le récit de cette expérience est, comme nous l’avons déjà vu, très précoce.
. La même chose peut être dite concernant la conversion de Jacques.
. Le fait que des légendes se soient développées dans certains textes anciens ne veut pas dire que ce soit le cas de tous les textes.
Pour avoir une idée d’un développement légendaire, comparons les récits de la résurrection que l’on trouve dans l’évangile de Marc et dans l’évangile apocryphe de Pierre.
Marc 16.1-8: « Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Madeleine, Marie (mère) de Jacques et Salomé achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent à la tombe très tôt au lever du soleil. Elles se dirent entre elles: Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? Elles levèrent les yeux et s’aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. Elles entrèrent dans le tombeau, virent un jeune homme assis à sa droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié; il est ressuscité, il n’est pas ici; voici l’endroit où on l’avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée: C’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. Elles sortirent du tombeau et s’enfuirent tremblantes et hors d’elles-mêmes, mais elles ne dirent rien à personne à cause de leur effroi. »
Evangile de Pierre 35-42: « Dans la nuit qui précéda le dimanche, tandis que les soldats relevaient la garde, deux par deux, une grande voix retentit dans le ciel. Et ils virent s’ouvrir les cieux et deux hommes, nimbés de lumière, en descendre et s’approcher du tombeau. La pierre qui avait été placée à la porte roula d’elle même, et se rangea de coté, et le tombeau s’ouvrit et les deux jeunes gens entrèrent. A cette vue, les soldats réveillèrent le centurion et les Anciens, qui étaient là, eux aussi à monter la garde. Et quand ils leurs eurent raconté ce qu’ils avaient vu, ils virent à nouveau trois hommes sortir du tombeau; deux d’entre eux soutenaient le troisième et une croix les suivait. Et tandis que la tête des deux premiers atteignait le ciel, celle de l’homme qu’ils conduisait par la main dépassait les cieux. Et l’on entendit une voix disant des cieux « As-tu annoncé la nouvelle à ceux qui dorment ? » Et de la croix on entendit la réponse: « oui ».
2°) Le style littéraire non historique
De la même manière qu’il existe différents genres musicaux, il existe différents genres littéraires (romantique, fable, historique, scientifique,…). Dire que les disciples ont écrit dans un genre non-historique revient à affirmer qu’ils ne voulaient pas littéralement dire que Jésus était ressuscité des morts, mais plutôt qu’ils auraient inventé une fable sur sa résurrection et qu’ils auraient donné à Jésus des attributs divins en vue de l’adorer.
La théorie du genre non-historique peut sembler convaincante au premier abord, mais elle fait face à plusieurs problèmes:
. Elle ne peut pas expliquer le tombeau vide. Pour cela, une théorie additionnelle doit être avancée, comme par exemple le vol du corps par les disciples. Mais le fait de combiner plusieurs théories affaiblit la position de celui qui les avance.
. Une fable ou une jolie histoire n’aurait pas convaincu Paul que Jésus était ressuscité d’entre les morts.
. On peut dire la même chose pour Jacques.
. Si des gens éduqués connaissaient le genre non-historique au 1er siècle, ils connaissaient aussi l’existence d’un genre historique. Le simple fait qu’un genre non-historique existait à l’époque des évangiles ne signifie pas que les auteurs aient utilisé ce genre.
. Les textes du Nouveau Testament mentionnant la résurrection nous indiquent que les récits étaient supposés être compris comme étant historiques plutôt que mythologiques. Les résumés des sermons de Pierre et Paul, rapportés dans les Actes, mettent en contraste le corps ressuscité de Jésus avec le corps enterré du roi David.
. Les réponses des premiers critiques impliquent que l’Eglise primitive comprenait le récit de la résurrection comme étant historique. Les dirigeants juifs accusèrent les disciples d’avoir dérobé le corps. Au 2nd siècle, Celse expliqua le tombeau vide en affirmant que Jésus et/ou les disciples avaient pratiqué de la magie ou une illusion.
3°) Variation de mythes d’autres religions
Les autres religions regorgent de récits de miracles, y compris de résurrections de « sauveurs ». Les critiques citent fréquemment Osiris, Tammuz, Adonis, Attis et Marduk comme exemples de divinités mortes et ressuscitées. Pourquoi alors accepter le récit de la résurrection de Jésus et rejetter les autres?
Les récits de résurrection d’une divinité dans les autres religions ont tendance à être flous. Les récits les plus anciens de la mort et de la résurrection de la figure mythologique grecque Adonis sont apparus en l’an 150. Aucun récit de la résurrection d’Attis, dieu phrygien de la végétation, ne date d’avant le IIIème siècle ou plus tard. Ainsi, personne ne peut accuser les disciples de s’être inspirés d’autres récits mythologiques. Le seul récit d’une résurrection qui prédate le christianisme est celui d’Osiris. Dans une des versions, Osiris est tué par son frère puis découpé en 14 morceaux qui sont disséminés à travers l’Egypte. La déesse Isis réussit à rassembler les morceaux et à le ramener à la vie, mais malheureusement il manque un des 14 morceaux. Osiris devient le dieu du monde souterrain. Comme le souligne Chris Clayton, le retour d’Osiris à la vie est plus une « zombification » qu’une résurrection.
L’existence de récits de résurrection dans d’autres religions n’explique pas les arguments en faveur de la résurrection de Jésus. Le fait que de nombreuses affirmations de miracles dans d’autres religions ont été infirmées n’a pas du tout ébranlé les miracles et la résurrection de Jésus.
Théorie n°2: La fraude
Il y a une grande différence entre affirmer qu’une chose est vraie et établir cette vérité.
La fraude fut la première théorie explicative avancée par les opposants du christianisme. Elle est mentionnée dans l’évangile de Matthieu (28.11-15) et dans le Dialogue avec Tryphon de Martyr, écrit en l’an 150.
On distingue deux types de fraude.
1°) Les disciples ont menti ou ont volé le corps
Les données dont nous disposons suggèrent très fortement que ce n’est pas la cas.
. Les disciples croyaient fermement que Jésus était ressuscité, et étaient prêts à mourir pour cette conviction.
. Paul s’est converti après avoir vu le Christ ressuscité.
. Jacques a vécu le même genre d’expérience.
. Très peu de spécialistes ont défendu cette théorie ces 200 dernières passées. Les travaux du dernier expert à avoir défendu cette position, Hermann Samuel Reimarus (1694-1768) ont été publiés à titre posthume en 1778.
2°) Si les disciples n’ont pas volé le corps, quelqu’un d’autre l’a fait
Très peu d’experts du XXème siècle ont adhéré à cette théorie, car elle ne peut pas expliquer un certain nombre de faits historiques.
. Un tombeau vide en lui-même ne peut pas expliquer la conversion de Paul.
. On peut dire la même chose pour Jacques.
. Le tombeau vide ne semble pas avoir convaincu les disciples (excepté Jean) que Jésus était ressuscité.
. Même si cette théorie était vraie, elle ne pourrait pas expliquer l’apparition de Jésus à Paul et à Jacques. Elle ne mettrait en question que la cause du tombeau vide, pas la résurrection en elle-même.
par Jonathan Kitt
Fait n°3 : Le persécuteur de l’Eglise Paul fut soudainement transformé

1 Corinthiens 15.9-10 « Car je suis, moi, le moindre des apôtres, je ne mérite pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Eglise de Dieu. Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous; non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. »
Galates 1.12-16; 22-23 « car moi-même je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. Vous avez en effet entendu parler de ma conduite autrefois dans le judaïsme: je persécutais alors à outrance l’Eglise de Dieu et je la ravageais; dans le judaïsme, je surpassais beaucoup de ceux de mon âge et de ma race, car j’avais un zèle excessif pour les traditions de mes pères. Mais, quand celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt je n’ai consulté ni la chair ni le sang [...] Or, mon visage était inconnu des Eglises de Judée qui sont en Christ. Elles avaient seulement entendu dire: Celui qui autrefois nous persécutait, annonce maintenant la foi qu’il voulait alors détruire. »
Philippiens 3.6-7 « quant à la loi, Pharisien; quant au zèle, persécuteur de l’Eglise: quant à la justice légale, irréprochable. Mais ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause du Christ ».
Paul a-t-il vraiment écrit ces lettres? De nombreux témoignages l’affirment: « Considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes ses lettres où il parle de ces sujets, et où se trouvent des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme elles le font du reste des Ecritures, pour leur propre perdition »1; « Reprenons la lettre du bienheureux Apôtre Paul. Que vous a-t-il écrit dans les commencements de l’Évangile ? En vérité, il était inspiré par l’Esprit lorsqu’il vous a écrit au sujet de Céphas et d’Apollos, car à cette époque déjà vous formiez des partis »2; « Car ni moi ni un autre tel que moi ne pouvons approcher de la sagesse du bienheureux et glorieux Paul, qui, étant parmi vous, parlant face à face aux hommes d’alors enseigna avec exactitude et force la parole de vérité, et , après son départ, vous écrivit une lettre; si vous l’étudiez attentivement, vous pourrez vous élever dans la foi qui vous a été donnée »3; « Si quelqu’un ne s’abstient pas de l’avarice, il se laissera souiller par l’idolâtrie, et sera compté parmi les païens qui ignorent le jugement du Seigneur, ou ignorons-nous que les saints jugeront le monde, comme l’enseigne Paul [référence à 1 Corinthiens 6.2] ? Pour moi, je n’ai rien remarqué ou entendu dire de tel à votre sujet, vous chez qui a travaillé le bienheureux Paul, vous qui êtes au commencement de sa lettre »4.
« Je sais qui je suis et à qui j’écris: moi [je suis] un condamné; vous, [vous avez] obtenu miséricorde: moi [je suis] dans le danger; vous, [vous êtes] affermis. Vous êtes le chemin [par où passent] ceux qui sont conduits à la mort pour [aller à Dieu], initiés aux mystères avec Paul le saint, qui a reçu témoignage, et est digne d’être appelé bienheureux. Puissé-je être trouvé sur ses traces quand j’obtiendrai Dieu; dans toutes ses lettres, il se souvient de vous dans le Christ Jésus »5
On trouve des références aux actions de Paul d’avant sa conversion dans les Actes des apôtres: Actes 7.58 « Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul »; 8.1-3; 9;1-19; 26;9-23.
Fait n°4 : Le sceptique Jacques, frère de Jésus, fut soudainement transformé
Les évangiles rapportent que Jésus avait au moins quatre frères (Jacques, Joseph, Jude et Simon), plus des sœurs dont on ne connaît pas les noms. Matthieu 13.55-56 « N’est-ce pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie? Et ses frères, Jacques, Joseph, Simon et Jude? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui vient donc tout cela? » et Marc 6.3.
« Comme Anan était tel et qu’il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d’avoir transgressé la loi, et il les fit lapider. »6
Au deuxième siècle, Hegesippus rapporte que Jacques était un juif pieux qui suivait strictement la loi juive (rapporté dans Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, 2.23).
On ne possède pas autant de données historiques concernant Jacques que celles dont nous disposons pour Paul, mais les informations dont nous disposons suffisent à conclure qu’après l’évènement de la résurrection de Jésus, son frère Jacques se convertit au christianisme car il pensait que Jésus, ressuscité, lui était apparu. On arrive à cette conclusion parce que:
1. Les évangiles rapportent que les frères de Jésus, y compris Jacques, étaient non-croyants durant son ministère (Marc 3.21,31; 6.3-4; Jean 7.5).
2. L’ancien credo de 1 Corinthiens 15 mentionne l’apparition de Jésus à Jacques.
3. Suite au récit de la résurrection de Jésus, Jacques est identifié comme étant un leader de l’église de Jérusalem (Actes 15.12-21; Galates 1.19).
4. Jacques ne fit pas que se convertir au christianisme, ses convictions étaient si fortes qu’elles le poussèrent jusqu’au martyre. Le martyre de Jacques est attesté par Joseph, Hegesippus et Clément d’Alexandrie. Nous ne disposons plus des écrits d’Hegesippus et de Clément où est mentionné ce martyre, mais des sections en ont été conservées par Eusèbe (Histoire ecclésiastique 2.23). Ainsi le martyre de Jacques est attesté par des sources chrétiennes et non-chrétiennes.
Fait n°5 : Le tombeau était vide
Ce cinquième fait ne satisfait pas à l’approche des faits minimaux, car il n’est pas reconnu par tous les spécialistes. Il existe cependant de solides arguments en sa faveur. Gary Habermas, qui a étudié plus de 1400 documents sur le résurrection publiés depuis 1975, en a catalogué 650 en anglais, en français et en allemand. Le critique du NT, Jakob Kreamer, dresse la liste de 29 spécialistes (lui compris) qui admettent le fait du tombeau vide. Craig ajoute à cette liste 16 spécialistes, dont la plupart ne sont pas des chrétiens évangéliques.Ces 45 experts connus et reconnus affirment que le tombeau était vide, pour quelque raison que ce soit. L’étude très récente de Habermas montre que plus de 100 experts admettent un ou plusieurs arguments en faveur du tombeau vide, contre 35 qui acceptent un ou plusieurs arguments à l’encontre du tombeau vide, ce qui fait un rapport de 3 pour 1.
Nous allons étudier 3 arguments en faveur du tombeau vide.
1°) Le « facteur Jérusalem »
Jésus fut publiquement exécuté à Jérusalem. Ses apparitions post-mortem et le tombeau vide furent proclamées au départ à Jérusalem. Le christianisme n’aurait jamais pu « décoller » si le corps avait toujours été dans le tombeau. Ses ennemis dans les autorités juive et romaine n’auraient eu qu’à exhumer le corps pour tuer le mouvement dans l’œuf. Il y a un silence total des critiques du christianisme sur le sujet! Une tentative récente d’expliquer pourquoi les ennemis du christianisme n’ont pas exhumé le corps est que celui-ci aurait été en état de décomposition avancée au moment de l’exhumation, le rendant ainsi inreconnaissable. Cependant on peut noter deux problèmes avec cette idée. Premièrement, dans le climat aride de Jérusalem, les cheveux, la stature et les blessures disctinctives d’un corps auraient été reconnaissables, même après 50 jours (information obtenue auprès de l’Office de Médecine légale du Commonwealth de Virginia). Deuxièmement, quel que soit l’état du corps, les opposants au christianisme aurait eu intérêt à le présenter. Même un corps à peine identifiable aurait dissuadé des croyants.
2°) Attestation par des ennemis
Le tombeau vide n’est pas admis uniquement par des sources chrétiennes, mais aussi par des sources non-chrétiennes, bien qu’indirectement. Plutôt que de pointer le doigt vers un tombeau occupé, les opposants accusèrent les disciples de Jésus d’avoir volé son corps.
Matthieu 28.12-13: « Ceux-ci, après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une assez forte somme d’argent, en ajoutant: Dites: Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. »
L’apologiste chrétien Justin Martyr écrit que « Christ dit parmi vous [c'est-à-dire les Juifs] qu’il donnerait le signe de Jonas, vous exhortant à vous repentir de vos mauvaises actions après sa résurrection d’entre les morts…et pourtant, non seulement vous ne vous êtes pas repentis, mais, comme je l’ai déjà dit, vous avez envoyé dans tout le monde des hommes choisis et consacrés pour proclamer qu’une hérésie impie et illégale avait vu le jour avec un certain Jésus, un séducteur galiléen, que nous avons crucifié, mais ses disciples enlevèrent de nuit son corps du tombeau où il reposait, détaché de la croix, et maintenant ils trompent les hommes en affirmant qu’il est ressuscité d’entre les morts et qu’il est monté au ciel. »7
Voici ce qu’écrit Tertullien dans son traité contre les spectacles: « Mais non, j’aime mieux attacher un insatiable regard sur ces monstres d’inhumanité qui s’attaquèrent autrefois au Seigneur: «Le voilà, leur dirai-je, ce fils d’un charpentier ou d’une mère qui vivait du travail de ses mains! Le voilà ce destructeur du sabbat, ce Samaritain, ce possédé du démon! Le voilà celui que vous avez acheté du perfide Judas; celui que vous avez déchiré sous vos coups, insulté par vos soufflets, déshonoré par vos crachats, abreuvé de fiel et de vinaigre! Le voilà celui que ses disciples ont dérobé secrètement pour propager le mensonge de sa résurrection, ou qu’un jardinier a déterré furtivement, » afin d’empêcher sans doute que les laitues de son jardin ne fussent foulées aux pieds par la multitude des passants. »8
Il n’y aurait jamais eu besoin de tentatives d’explication du corps manquant s’il avait toujours été dans le tombeau. La théorie du vol par les disciples est la seule théorie que nous savons avoir été avancée par les opposants.
3°) Le témoignage des femmes
Si on devait fabriquer une histoire, on n’inventerait pas sciemment des données qui risqueraient de miner la crédibilité du récit.
Quand il est question de la découverte du tombeau vide, les récits présentent les femmes comme étant les premiers témoins. Elles sont mentionnées dans les quatre évangiles, alors que les hommes ne sont mentionnés que plus tard et dans deux évangiles (Luc 24.12; Jean 20.3-9). Ce détail serait une invention plus que curieuse, car dans les cultures romaine et juive, on n’accordait qu’une faible estime aux femmes et leurs témoignages étaient considérés comme douteux, certainement pas aussi crédibles que le témoignage d’un homme.
Voyons quelques écrits juifs à ce sujet.
« Mieux vaut brûler la Torah que de la confier à une femme »9
« On ne se fiera pas à un témoin unique ; il en faut trois ou au moins deux dont le témoignage sera garanti par leur vie passée. Les femmes ne rendront pas de témoignage, à cause de la légèreté et de la témérité de leur sexe. Les esclaves non plus ne doivent pas témoigner, à cause de la bassesse de leur âme ; car il est naturel que soit la cupidité, soit la crainte les empêche de témoigner selon la vérité. Si quelqu’un est accusé d’avoir fait un faux témoignage, il subira, s’il en est convaincu, la même peine que devait subir celui contre lequel il aura témoigné »10
Pas étonnant, dans ce contexte, de voir la réaction des disciples en Luc 24.11: « mais ces paroles leur apparurent comme une niaiserie et ils ne crurent pas ces femmes. »
La position des Juifs concernant le témoignage des femmes n’était pas unique à l’époque. Certains romains partageaient ce point de vue. L’historien romain Suétone (vers 115) écrit de César Auguste qui était empereur à l’époque de la naissance de Jésus jusqu’en 14: « Les femmes, jadis confondues avec les hommes, ne purent pas même assister aux combats de gladiateurs, à moins qu’elles n’occupassent un lieu élevé et qu’elles ne soient seules. Il marqua pour les Vestales une place séparée auprès du tribunal du préteur. Enfin il éloigna avec tant de rigueur toutes les femmes des spectacles d’athlètes, qu’aux jeux pontificaux, il remit au lendemain matin un pugilat qu’on lui demandait, et déclara hautement qu’il ne trouverait pas bon que les femmes vinssent au théâtre avant la cinquième heure. »11
Si les évangélistes avaient inventé le récit du tombeau vide, il est plus que probable qu’ils auraient donné le rôle de premiers témoins à des hommes.
–
1 – 2 Pierre 3 .15-16
2 – Première Epître de Clément de Rome aux Corinthiens, XLVII, 1-3
3 – Lettre de Polycarpe aux Philippiens, III.2
4 – Lettre de Polycarpe aux Philippiens, XI.2-3
5 – Lettre d’Ignace d’Antioche aux Ephésiens, XII
6 – Flavius Josèphe, Antiquités juives, XX.200
7 – Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, 108
8 – Tertullien, De Spectaculis, XXX
9 – Talmud, Sota, 19a
10 – Flavius Josèphe, Antiquités juives, IV.8.15
11 – Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, XLIV.4-5
par Jonathan Kitt
Les quatre premiers faits que nous présenterons sont admis par la quasi-totalité des spécialistes, le cinquième étant un peu plus sujet à controverse.
Fait n°1 : Jésus est mort par crucifixion
La crucifixion était une forme de torture assez répandue, utilisée notamment par les romains pour punir les rebelles, les soldats, et ceux accusés de trahison.
L’historien juif Flavius Josèphe (37-100 après Jésus-Christ) rapporte que lors de la chute de Jérusalem en l’an 70 ap. J-C., les romains éprouvèrent tellement de haine envers les Juifs qu’ils en crucifièrent une multitude dans diverses positions.
L’homme d’état romain Cicéron (106-43 av. J.-C.) décrit la crucifixion comme étant la plus horrible des tortures. Il va jusqu’à dire que « même le seul mot, croix, doit être tenu éloigné des lèvres de tous les citoyens de Rome, mais aussi de leurs pensées, de leurs yeux, de leurs oreilles. »1
La mort de Jésus par crucifixion est rapportée dans les quatre évangiles, mais aussi dans plusieurs sources non-chrétiennes de l’époque.
Flavius Josèphe raconte qu’ « A cette époque environ apparut Jésus, homme sage, si toutefois il est légitime de l’appeler homme. Car il accomplit des œuvres magnifiques, enseigna aux hommes la vérité qu’ils recevaient avec plaisir. Il attira à lui de nombreux Juifs, également beaucoup de Grecs. Cet homme était le Christ. Et quand Pilate l’eut condamné à la croix, sur sa mise en accusation par notre chef principal, ceux qui l’avaient aimé dès le début ne l’abandonnèrent pas et il leur apparut vivant le troisième jour, les divins prophètes l’ayant annoncé ainsi que des milliers d’autres choses merveilleuses à son sujet. Et même maintenant, la race des chrétiens, ainsi appelés d’après son nom, ne s’est pas éteinte. »2
L’historien et philosophe romain Tacite (55-120 ap. J.-C.) décrit l’incendie de Rome en 64 lors duquel Néron accusa les chrétiens d’être coupables: « [...] aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d’avoir ordonné l’incendie. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d’autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d’hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. »3
L’écrivain grec satiriste Lucien de Samosate (120-180 ap. J.-C.) parle des chrétiens de la manière suivante. « Vous savez, les chrétiens adorant à ce jour un homme – le personnage distingué qui introduisit leurs nouveaux rites et qui fut crucifié pour cette raison. [...] Ils renient les dieux de la Grèce, adorent le sage crucifié et vivent selon ses lois. »4
Voici un extrait d’une lettre envoyée par un Syrien nommé Mara Bar-Serapion à son fils Serapion. Alors qu’il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont par la suite connu des difficultés. Il prend comme exemple les morts de Socrate, Pythagore et Christ. « Quel avantage les Athéniens retirèrent-ils de la mise à mort de Socrate ? La famine et la peste s’abattirent sur eux comme jugement pour leur crime. Quel avantage les gens de Samos retirèrent-ils d’avoir fait périr Pythagore sur le bûcher ? En un instant, leur terre fut recouverte de sable. Quel avantage les Juifs retirèrent-ils de l’exécution de leur Roi sage ? Peu de temps après, leur royaume fut anéanti. Dieu vengea justement ces trois hommes sages: les Athéniens moururent de faim; les Samiens furent submergés par la mer; les Juifs furent ruinés et chassés de leur terre et ils vivent dans une totale dispersion. Mais Socrate ne mourut pas en vain; il vécut dans la statue d’Héra. Le Roi sage ne mourut pas non plus en vain; il continua à vivre dans l’enseignement qu’il avait dispensé. »5
On peut lire dans le Talmud babylonien qu’ « il a été enseigné: la veille de la Pâque, ils pendirent Yeshu. » En passant par le grec, Yeshu a donné en français Jésus.
John Dominic Crossan, co-fondateur du Jesus Seminar, affirme que
Le fait que [Jésus] ait été crucifié est aussi certain que quelque chose d’historique peut l’être. »6
Fait n°2 : Les disciples de Jésus crurent qu’il était ressuscité et qu’il leur était apparu
Les données suggèrent que:
- les disciples eux-mêmes affirmaient que Jésus, ressuscité, leur était apparu
- suite à la crucifixion de Jésus, ses disciples furent radicalement transformés d’individus peureux et lâches, qui le renièrent et l’abandonnèrent lors de son arrestation et de son exécution en de fiers messagers de l’évangile du Christ ressuscité. Ils demeurèrent fermes dans leur foi malgré l’emprisonnement, la torture et le martyre.
1°) Les disciples proclamèrent la résurrection de Jésus
Un certain nombre de sources indépendantes peuvent être regroupées en trois catégories:
- le témoignage apporté par Paul
- la tradition orale de l’Eglise primitive
- les écrits de l’Eglise primitive
Les pères apostoliques reconnurent l’apostolat de Paul, qui fut appelé lui-même « apôtre ». Paul connaissait les apôtres personnellement et rapporte qu’ils proclamaient la résurrection de Christ.
La tradition orale existait avant les écrits du Nouveau Testament (NT) pour que leurs auteurs puissent l’inclure.
On peut distinguer deux grands types de tradition orale: les credos et les résumés de sermons.
Le credo était une manière courante de transmettre des informations importantes dans un format facilitant la mémorisation. L’un des credos les plus anciens est celui cité par Paul dans 1 Corinthiens 15.3-5. De nombreux experts critiques admettent que Paul a reçu cette tradition de la part de Jacques et Pierre lorsqu’il les visita à Jérusalem, trois ans après sa conversion. Il est reconnu que Paul reçu cette tradition de la part des témoins oculaires dans les cinq ans suivant la crucifixion.
Les sermons de Jésus et de ses disciples sont rapportés dans le NT. La plupart des experts s’accorde pour dire que le livre des Actes contient des résumés de sermons qui peuvent être retracés jusqu’aux enseignements les plus primitifs de l’Eglise, et même jusqu’aux disciples.
Les quatre évangiles (ainsi que le livre des Actes des Apôtres) rapportent la crucifixion et la résurrection de Jésus. Ces évangiles datent du Ier siècle, et peuvent donc être considérés comme datant d’environ 70 ans après la mort de Jésus.
Les pères apostoliques étaient les chefs d’église qui succédèrent aux disciples. Ces pères ont probablement été directement en contact avec les disciples, ont reçu leur enseignement, ou ont tout du moins connu des proches de ces disciples (comme Ignace, ami de Polycarpe qui connaissait certains apôtres).
Clément, évêque de Rome (30-100), a écrit une lettre à l’église de Corinthe vers l’an 95. Aux alentours de l’an 185, le père de l’Eglise Irénée donne ces détails concernant Clément: « Donc, après avoir fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l’épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relation avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux. Il n’était d’ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres.»7
Vers 200, le père d’église africain Tertullien écrit « Car c’est ainsi que les Églises apostoliques présentent leurs fastes. Par exemple, l’Église de Smyrne rapporte que Polycarpe fut installé par Jean ; l’Église de Rome montre que Clément a été ordonné par Pierre. »8
Si Irénée et Tertullien ont raison, Clément a vu et cotoyé les apôtres, particulièrement Pierre. Ceci donnerait une valeur significative aux écrits de Clément concernant les apôtres et leur enseignement.
Clément parle-t-il de la résurrection de Jésus ? Dans son épître à l’église de Corinthe, il écrit: « Les apôtres reçurent pour nous l’Evangile de la part du Seigneur Jésus-Christ. Jésus-Christ fut envoyé par Dieu. Ainsi, Christ vient de Dieu et les apôtres sont de Christ. Ils vinrent donc tous avec la volonté de Dieu selon l’ordre marqué. Ayant donc reçu une mission, et ayant reçu pleine assurance par la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, et confirmés dans la parole de Dieu avec pleine assurance du Saint-Esprit, ils annoncèrent la bonne nouvelle que le royaume de Dieu viendrait.»9
Irénée rapporte aussi des informations concernant Polycarpe (69-155): «Non seulement il fut disciple des apôtres et vécut avec beaucoup de gens qui avaient vu le Seigneur, mais c’est encore par des apôtres qu’il fut établi, pour l’Asie, comme évêque dans l’Église de Smyrne.»10
Irénée mentionne également Polycarpe dans une lettre à Florinus, aujourd’hui perdue mais qu’on retrouve dans les écrits de l’historien de l’Eglise Eusèbe de Césarée (263-339): « [...] Je puis dire l’endroit où s’asseyait le bienheureux Polycarpe pour parler, comment il entrait et sortait, sa façon de vivre, son aspect physique, les entretiens qu’il tenait devant la foule, comment il rapportait ses relations avec Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il rappelait leurs paroles et les choses qu’il leur avait entendu dire au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement ; comment Polycarpe, après avoir reçu tout cela des témoins oculaires de la vie du Verbe, le rapportait conformément aux Écritures.»11. De plus, Tertullien rapporte que Polycarpe fut ordonné par Jean. Polycarpe subit le martyr à Smyrne (Izmir en Turquie actuelle) vers l’an 160 à l’âge de 86 ans. Vers l’an 110 il écrivit une lettre à l’église de Philippes, racontant la vertu et l’endurance visibles dans la vie de plusieurs, y compris « dans Paul lui-même et dans les autres apôtres ». Voici ce qu’il dit d’eux: « Car ce n’est pas le siècle présent qu’ils ont aimé, mais celui qui est mort pour nous, et qui, à cause de nous, est ressuscité sous l’action de Dieu. »12. Polycarpe mentionne la résurrection à cinq reprises dans se lettre aux Philippiens.
Comme pour Clément, si Irénée et Tertullien ont raison en ce qui concerne Polycarpe, le témoignage de celui-ci sur la résurrection de Jésus peut être lié aux apôtres. Il semble en effet évident qu’en tant qu’enseignement central, ceux-ci aient voulu le préserver et le transmettre plus que toute autre doctrine.
Ces sources pointent vers le témoignage des disciples que Jésus était ressuscité. Bien entendu, cette affirmation ne signifie pas que c’est rééllement ce qui c’est passé. Cependant, comme nous allons le voir, les données vont au-delà de cette simple affirmation.
2°) Les disciples croyaient que Jésus était ressuscité
Après la mort de Jésus, les disciples affirmèrent qu’il était ressuscité. Ils étaient prêts à mourir pour cette conviction, ce qui indique qu’ils pensaient qu’elle était vraie. En effet, on est prêt à mourir pour ce qu’on pense être vrai, pas pour ce qu’on sait pertinemment être faux. De plus, les disciples étaient prêts à subir le martyre pour quelquechose qu’ils affirmaient avoir eux-mêmes vécu, pas pour une croyance qu’on leur aurait enseigné.
Clément de Rome rapporte les martyres de Pierre et de Paul: « C’est à cause de la jalousie et de l’envie que les plus grands et les plus justes d’entre eux, les colonnes, ont subi la persécution et combattu jusqu’à la mort. Oui, regardons les saints Apôtres : Pierre, victime d’une injuste jalousie subit non pas une ou deux, mais de nombreuses épreuves, et après avoir ainsi rendu son témoignage, il s’en est allé au séjour de la gloire, où l’avait conduit son mérite. C’est par suite de la jalousie et de la discorde que Paul a montré quel est le prix de la patience : chargé sept fois de chaînes, exilé, lapidé, il devint héraut du Seigneur au levant et au couchant, et reçut pour prix de sa foi une gloire éclatante. Après avoir enseigné la justice au monde entier, jusqu’aux bornes du couchant, il a rendu son témoignage devant les autorités et c’est ainsi qu’il a quitté ce monde pour gagner le lieu saint, demeurant pour tous un illustre modèle de patience »13
Comme vu ci-dessus, Polycarpe mentionne dans son épître aux Philippiens le martyre subit par Paul et d’autres apôtres. Polycarpe lui-même suivrait cet exemple et subirait le martyre.
Ignace, évêque de l’église d’Antioche en Syrie, écrivit sept lettres – six à des églises et une à son collègue Polycarpe – avant de subir le martyre à Rome en 110. Dans sa lettre à l’église de Smyrne, il écrit « Pour moi, je sais et je crois que même après sa résurrection il était dans la chair. Et quand il vint à Pierre et à ceux qui étaient avec lui, il leur dit: ‘Prenez, touchez-moi, et voyez que je ne suis pas un démon sans corps.’ Et aussitôt ils le touchèrent, étroitement unis à sa chair et à son esprit. C’est pour cela qu’ils méprisèrent la mort, et qu’ils furent trouvés supérieurs à la mort. Et après sa résurrection, Jésus mangea et but avec eux comme un être de chair, étant cependant spirituellement uni à son Père. »14
Tertullien rapporte également les martyres de Pierre et de Paul: « Pierre est mis à mort; Etienne lapidé, Jacques immolé, Paul étendu sur le chevalet avant d’être décapité; voilà des faits écrits dans le sang. L’hérétique veut-il des preuves à l’appui de ces livres ? Eh bien ! les annales de l’Empire prendront la parole comme autrefois les pierres de Jérusalem ! J’ouvre la Vie des Césars; Néron, le premier, ensanglante à Rome le berceau de la foi. C’est alors que Pierre, attaché au gibet, est ceint par une main étrangère; alors que Paul obtient le titre de citoyen romain en renaissant à une nouvelle vie par la noblesse de son martyre. »15 . Néron ayant été empereur entre 54 et 68, Pierre et Paul ont donc du subir le martyre durant cette même période. L’incendie de Rome ayant eu lieu en 64, il est probable que leur martyre ait eu lieu cette année-là. En effet, selon Tacite, quand le peuple accusa Néron pour l’incendie, celui-ci rejetta la faute sur les chrétiens et déclencha une persécution contre les chrétiens (voir la citation des Annales de Tacite).
Origène (185-254), un des pères de l’Eglise, raconte dans Contra Celsum la dévotion des disciples aux enseignements de Jésus: « Si quelqu’un s’imagine que ce soient là des fictions de ceux qui ont écrit l’histoire de l’Évangile, combien y a-t-il plus de raison de prendre pour des fictions ce que l’on ne dit que par un motif de passion et de haine contre Jésus et les chrétiens, et de prendre au contraire pour des vérités ce qui a été écrit par des personnes qui, pour justifier leur sincérité ont mieux aimé souffrir toutes choses, que de renoncer à la doctrine de Jésus ? Car il ne serait pas possible que les disciples de Jésus eussent témoigné jusqu’à la mort tant de fermeté et de constance s’ils avaient eux-mêmes inventé ce qu’ils nous disent de leur maître; et pour peu qu’on ait de bonne foi, on avouera comme une chose tout évidente, qu’il fallait qu’ils fussent bien persuadés de la vérité de ce qu’ils écrivaient, pour s’exposer à de si fréquentes et de si cruelles persécutions, par la profession qu’ils faisaient de reconnaître ce Jésus pour le Fils de Dieu. ». Plus loin, il écrit « Jésus, qui, étant une fois ressuscité, a convaincu ses disciples de la vérité de sa résurrection ! Qui les en a, dis-je, tellement convaincus, que par les souffrances où ils s’exposent, en vue de la vie éternelle, et de cette résurrection qui se fait sentir à leur cœur au même temps qu’elle se persuade à leur esprit, ils témoignent hautement qu’ils y trouvent des sujets de joie au milieu des plus cruels supplices. » Un autre écrit d’Origène rapporte que Pierre fut crucifié à l’envers et que Paul subit le martyre à Rome sous Néron. Ce récit, trouvé à l’origine dans le troisième volume du commentaire d’Origène sur la Genèse, est cité par Eusèbe de Césarée: « Les affaires des Juifs en étaient là ; les saints apôtres et disciples de notre Sauveur se trouvaient alors dispersés par toute la terre. Thomas selon la tradition reçut en partage le pays des Parthes, André eut la Scythie, Jean, l’Asie où il vécut ; sa mort eut lieu à Éphèse. Pierre parait avoir prêché dans le Pont, en Galatie, en Bithynie, en Cappadoce et en Asie aux juifs de la dispersion. Venu lui aussi à Rome en dernier lieu, il y fut crucifié la tête en bas, ayant demandé de souffrir ainsi. Que dire de Paul ? Depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyricum. il acheva la prédication de l’évangile du Christ et fut enfin martyrisé à Rome sous Néron. Voilà ce qui est dit textuellement par Origène, dans son troisième livre de ses Expositions sur la Genèse. »16
Eusèbe, après avoir été témoin d’une persécution contre les chrétiens, écrivit son Histoire ecclésiastique dans laquelle il compile l’histoire de l’Eglise jusqu’à la période d’écriture, c’est-à-dire vers l’an 325. Il avait à sa disposition de nombreuses ressources qui ont été perdues depuis. Pour les martyres de Pierre et de Paul, il cite Dionysius de Corinthe (écrivant vers 170), Tertullien (écrivant vers 200) et Origène (écrivant vers 230-250). Il cite Josèphe (écrivant vers 95), Hegesippus (écrivant vers 165-175) et Clément d’Alexandrie (écrivant vers 200) sur le martyre de Jacques, frère de Jésus.
« Denis, évêque des Corinthiens, dans une lettre adressée aux Romains, établit ainsi que Pierre et Paul ont subi tous deux le martyre au même temps :
Dans un tel avertissement, vous aussi avez uni Rome et Corinthe, ces deux arbres que nous devons à Pierre et à Paul. Car, de même l’un et l’autre ont planté dans notre Corinthe et nous ont instruits ; de même, après avoir enseigné ensemble en Italie, ils ont souffert le martyre au même temps. »17
« Les circonstances de la mort de Jacques ont été déjà indiquées dans une citation de Clément. Celui-ci raconte qu’il fut précipité du haut du temple et tué à coups de bâton. Hégésippe, qui appartient à la première succession des apôtres, expose avec la plus grande exactitude ce qui concerne Jacques, dans le cinquième livre de ses Mémoires. Voici ce qu’il en dit :
[4] Jacques, le frère du Seigneur, reçut l’administration de l’église avec les apôtres. Depuis les temps du Christ jusqu’à nous, il a été surnommé le juste parce que beaucoup s’appelaient Jacques [...] [18] Et quelqu’un d’entre eux, un foulon, ayant pris le bâton avec lequel il foulait les étoffes, frappa le juste à la tête. Ce fut ainsi que Jacques fut martyrisé. On l’ensevelit sur place près du temple, où l’on voit encore aujourd’hui s’élever son monument. Il avait donné aux Juifs et aux Grecs le témoignage véridique que Jésus est le Christ. Et bientôt après, Vespasien les assiégea. »18
Toutes ces sources, bibliques et non-bibliques, montrent que les disciples étaient prêts à souffrir et même à mourir pour leur foi.
Il y a une grande différence entre les apôtres martyrs et ceux qui sont prêts à mourir pour leur foi aujourd’hui. Les martyrs actuels agissent uniquement sur la base de leur confiance dans ce que d’autres leur ont enseigné. Les apôtres sont morts parce qu’ils témoignaient avoir personnellement vu Jésus ressuscité. Les martyrs contemporains meurent pour ce qu’ils croient être vrai. Les apôtres mouraient pour ce qu’ils savaient être vrai ou faux.
Les chrétiens connaissaient les martyrs d’Etienne, Jacques, Pierre et Paul. Ils savaient que le fait de proclamer la résurrection de Jésus risquait de les exposer aux souffrances, voire au martyre. Le fait que les chrétiens aient continuer à proclamer ce message montre qu’ils étaient prêts à mourir volontairement pour ce qu’ils croyaient.
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1- Cicéron; Pro Rabirio V.16
2- Flavius Josèphe; Antiquités Juives, XVIII.3.3. Cette citation est le sujet d’une controverse. Il est généralement admis qu’elle contiendrait des interpolations (c’est-à-dire des ajouts qui ne sont pas de l’auteur mais d’un scribe postérieur). Par exemple, « Il était le Messie» semble être une confession de foi des premiers chrétiens. Ce qui est très lourd de signification et qui ne semble pas être l’oeuvre de la plume du juif-romain Flavius Josèphe. Notons cependant que dans un autre passage moins connu des Antiquités Juives, l’auteur parle de Jésus appelé le Christ et de son frère Jacques (XX, 197-203).
3- Tacite; Annales, XV.44.
4- Lucien de Samosate; Mort de Pérégrinus, paragraphes 11-13
5- Manuscrit Syriaque n°14658 du British Museum, daté de l’an 73 environ
6- John Dominic Crossan; Jesus, a revolutionnary biography
7- Saint Irénée de Lyon;Contre les hérésies; dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Livre III, 3, 3.
8- Tertullien; La prescription contre les hérétiques, XXXII.2.
9- Clément de Rome; Première Epître aux Corinthiens, 42
10- Saint Irénée de Lyon; Contre les hérésies, Livre III.3,4
11- Saint Irénée de Lyon;Lettre à Florinus conservée par Eusèbe de Césarée dansHistoire Ecclésiastique, V.20.4-8
12- Polycarpe;Lettre aux Philippiens, 9
13- Clément de Rome; Première épître aux Corinthiens 5.2-7
14- Ignace d’Antioche; Lettre aux Smyrniotes, III.1-3
15- Tertullien;Scorpiace – Le Scorpiaque, ou antidote contre la morsure des scorpions, XV
16- Eusèbe de Césarée;Histoire ecclésiastique, Livre III, 1 – Dans quelles contrées les apôtres ont préché le Christ
17- Eusèbe, opus cit., 2.25.8
18- Eusèbe, opus cit., 2.23
par Jonathan Kitt
L’importance de la résurrection
La résurrection de Jésus n’est pas un dogme parmi d’autres, ou un des articles de foi du christianisme ; elle constitue l’essence même du christianisme. Sans résurrection, pas de christianisme !
Le théologien britannique Henry Parry Liddon a dit que
La foi en la résurrection est la clé de voûte de la foi chrétienne. Si on la supprime, tout doit inévitablement s’effondrer. »
Quand on étudie la résurrection, il est important de faire la distinction entre les faits et la meilleure explication de ces faits. Le poids de la preuve ne repose pas uniquement sur les épaules du croyant, mais aussi sur celles du sceptique qui doit pouvoir apporter une explication qui colle aux faits.
Concernant l’étude historique de la résurrection, le théologien allemand Wolfart Pannenberg affirme la chose suivante :
Que la résurrection de Jésus ait eu lieu ou non est une question historique et ici, la question historique est inéluctable. La question doit donc se trancher au niveau de l’argument historique. »
Principes d’examen d’affirmations historiques1
Comment étudier des affirmations historiques ? On peut citer cinq principes d’examen de ces affirmations.
a) Des sources multiples et indépendantes appuient les affirmations historiques
Quand un évènement ou une affirmation est confirmé par plus d’une source indépendante, il y a une bonne indication d’historicité.
b) L’attestation par un témoin hostile appuie les affirmations historiques
Si un témoin hostile confirme une affirmation alors qu’il ne sympathise pas avec la personne, le message ou la cause défendue par l’affirmation, c’est une indication d’authenticité.
c) Des déclarations embarassantes appuient les affirmations historiques
Un indicateur de l’authenticité d’un évènement ou d’une déclaration est qu’on ne s’attendrait pas à ce que la source invente l’histoire car elle compromet sa cause et affaiblit sa position.
d) Un témoignage oculaire appuie les affirmations historiques
Un témoignage oculaire a généralement une plus grande valeur qu’un témoignage de « seconde main ».
e) Un témoignage précoce appuie les affirmations historiques
Plus le laps de temps séparant l’évènement du récit de celui-ci est court, plus le témoin est fiable, car il y a moins de temps pour qu’une exagération ou même une légende s’immisce dans le récit.
L’approche dite des « faits minimaux »2
Cette approche ne prend en compte que les faits qui sont bien confirmés historiquement, de sorte que l’immense majorité des spécialistes, y compris les sceptiques, les admet.
Les données que nous présenterons répondent à deux critères :
- elles sont largement documentées
- presque tous les spécialistes les reconnaissent
Nous ne parlerons donc pas ici de la fiabilité des documents du Nouveau Testament (voir ici)ou de la divinité de Jésus (lire ici).
Notre argumentation s’articulera de la manière suivante:
1. Quels sont les faits historiques reconnus par la majorité des spécialistes ?
2. Quelles peuvent être les différentes explications de ces faits ?
3. Quelle en est la meilleure explication ?
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1- Développé dans The case for the resurrection of Jesus; Gary R. Habermas et Michael R. Licona
2- Opus cit.