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Chrétien au 21e siècle, un suicide intellectuel ? (7)

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Alvin Plantinga est un philosophe analytique américain, professeur émérite de l’Université de Notre-Dame (titulaire de la chaire John A. O’Brien). Connu pour ses travaux dans les domaines de la philosophie de la religion, de l’épistémologie, de la métaphysique et de l’apologétique chrétienne, il est l’auteur de plusieurs articles publiés dans revues spécialisées (Journal of Philosophical Research, Journal of Philosophy, Philosophical Studies) ainsi que de plusieurs ouvrages, dont The nature of necessity (Oxford University Press, 1974) et Warranted Christian Belief (Oxford University Press, 2000).

Question 1 : Alvin Plantinga, diriez-vous que vous avez commis un suicide intellectuel quand vous êtes devenu chrétien ?
Absolument pas. La foi chrétienne est parfaitement cohérente, et les arguments avancés par ceux qui pensent le contraire sont extrêmement faibles.

Question 2 : Quelles questions vous ont particulièrement touché dans votre cheminement ? Comment en êtes-vous venu à accepter Jésus-Christ comme votre Sauveur personnel ? Y a-t-il eu des arguments qui ont joué un rôle particulier dans votre conversion ?
Les arguments n’ont pas vraiment joué un rôle particulier, si ce n’est en tant que réponses à des arguments censés miner la foi chrétienne. Dans mon cas, ce fut davantage une question d’expérience que d’argument. En ce sens ma foi est semblable à la croyance dans le passé, dans l’existence d’autres esprits, et dans un monde extérieur.

Question 3 : Avez-vous l’impression, ou avez-vous eu l’impression que votre foi entrait en conflit avec vos études, votre domaine de recherche ?
Non, il n’y a pas conflit entre mes domaines de recherche (métaphysique, épistémologie, philosophie de la religion, religion et science) et ma foi chrétienne. Ce serait même plutôt le contraire : bien que ma foi ne soit pas fondée sur des arguments, il existe de solides arguments en faveur du théisme dans la métaphysique, et de bons arguments contre le naturalisme dans l’épistémologie.

Question 4 : Quel message aimeriez-vous adresser aux français(es) qui lisent cette interview ?
Je pense que mon message principal serait que les affirmations selon lesquelles la foi chrétienne serait en train de s’effacer au profit de la science moderne sont largement exagérées. Il n’y a rien dans la science contemporaine qui s’oppose à la foi chrétienne. Par exemple, la théorie actuelle de l’évolution est entièrement compatible avec la foi chrétienne ; l’évolution « aveugle » ne l’est pas, mais cette notion ne fait pas partie de la théorie en tant que telle : c’est un ajout métaphysique ou théologique. Je dirais également que certains livres des soi-disants « nouveaux athées » sont, s’ils sont lus comme étant des raisons de rejetter la foi en Dieu, extraordinairement faibles. C’est particulièrement le cas de Pour en finir avec Dieu de Richard Dawkins, dont l’argumentation est, au mieux, prétentieuse et naïve.

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Les Français et la science : sondage

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La Recherche

La revue La Recherche a publié en juin 2011 un sondage sur les relations que les Français entretiennent avec la science.

Voici quelques clés du sondage :

Pour les Français, la science est toujours la solution à de grands problèmes. La science permettrait de soigner les grands maux de son monde, d’éradiquer le SIDA comme de prévoir les catastrophes naturelles (sic.).

Cependant, la confiance en la science est ébranlée… Longtemps considérée comme un facteur de progrès, la science est aujourd’hui parfois vue comme une source de régression. La faute à Tchernobyl et à la vache folle notamment où les défaillances sont identifiées à une faute scientifique.

Mais, les Français gardent de réelles attentes à l’égard des scientifiques. Malgré les craintes exprimées ci-dessus, la confiance dans la communauté scientifique demeurent. En France, la science a de beaux jours devant elle !

Voir le sondage.

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Citation du dimanche : Stephen Jay Gould sur « science et religion »

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Si la science a réellement un ennemi, ce n’est pas la religion, mais l’irrationalisme ».

- Stephen Jay Gould, paléontologiste américain, Darwin et les grandes énigmes de la vie – Réflexions sur l’histoire naturelle, Paris, éd. du Seuil, 1997, p.151.

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Citation du dimanche: C.S. Lewis sur l’impossibilité de prouver l’existence Dieu par la science

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S’il existait hors de la nature une puissance régissant tout, elle ne pourrait se révéler à nous comme l’un des faits au sein de l’univers – pas plus que l’architecte d’une maison ne saurait être un mur, un escalier ou le foyer de cette demeure qu’il aurait conçu.

C.S. Lewis, Les fondements du Christianisme,Valence, Éditions LLB, 20066, p.40

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Citation du dimanche : Erwin Schrödinger sur la science

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« Je suis stupéfait de constater à quel point l’image scientifique du monde réel autour de moi est déficiente. Elle nous fournit quantité d’informations factuelles, ordonne toutes nos expériences de manière magnifiquement cohérente, mais elle est horriblement silencieuse quant à toute cette diversité de choses qui nous tiennent effectivement à cœur et qui nous importent réellement. Elle ne peut rien nous dire à propos du rouge et du bleu, de l’amer et du sucré, de la douleur physique et du plaisir physique ; elle ne connaît rien du beau et du laid, du bon ou du mauvais, de Dieu et de l’éternité. La science prétend parfois répondre à des questions dans ces domaines, mais les réponses sont très souvent si ridicules que nous ne sommes pas enclin à les prendre au sérieux. »

- Erwin Schrödinger, Nature and the Greeks, 1954.

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Citation du dimanche : Robert Jastrow sur « science et foi »

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« Il semble actuellement que la science ne sera jamais en mesure de lever le voile sur le mystère de la création. Pour le scientifique qui a vécu avec sa foi dans le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme dans un cauchemar. Il a escaladé les montagnes de l’ignorance, il est sur le point de conquérir le plus haut sommet, et alors qu’il se hisse sur le dernier rocher, il est accueilli par une bande de théologiens qui sont là depuis des siècles. »

Robert Jastrow, God and the Astronomers, W. W. Norton, 1992, p. 107

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Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

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Dawkins défend avec véhémence l’idée que science et religion ne sont pas compatibles. Selon lui, on ne peut être à la fois scientifique et religieux. Bien au contraire, science et religion sont engagées dans un combat que la science finira un jour par emporter. Cette idée, très répandue pendant la seconde moitié du XIXème siècle, est aujourd’hui considérée comme étant éronnée. Il est indéniable que des conflits entre science et religion ont fait beaucoup de bruit par le passé, comme par exemple lors du débat entre Wilberforce et Huxley après la sortie de l‘Origine des espèces, ou beaucoup plus récemment lors d’un procès aux Etats-Unis.1

Mais ne confondons pas conflit et combat à mort. Dawkins est persuadé qu’une personne qui réfléchit un tant soit peu ne peut être croyante. Il attaque ouvertement ses « collègues » scientifiques ayant des convictions religieuses : « les scientifiques qui croient ou qui contribuent à une relation de travail positive entre science et religion appartiennent à l’école de Neville Chamberlain2 ».

Pour Dawkins, les sciences naturelles sont une « super-autoroute » vers l’athéisme. Comment expliquer alors que tant de scientifiques, connus et reconnus dans leurs domaines respectifs, soient des croyants convaincus3? Dans Rock of ages, Stephen Jay Gould4 affirme que « soit la moitié de [ses] collègues sont complètement stupides, soit la science du darwinisme est entièrement compatible avec les croyances religieuses conventionnelles, ainsi qu’avec l’athéisme ». C’est dans ce même livre que Gould a développé la notion de Non-Overlapping Magisteria (NOMA) ou « non-recouvrement des magistères », qui prône le respect mutuel, sans empiètement quant à la pulsion humaine à comprendre le caractère factuel de la Nature (le magistère de la Science) et le besoin de trouver du sens à sa propre existence et une base morale pour toute action (le magistère de la Religion).
A cette affirmation, Dawkins répond simplement que Gould n’a pas pu vouloir dire tout ce qu’il a écrit.

Dans The Dawkins delusion, Alister McGrath5 défend la vision d’un « recouvrement partiel des magistères », selon laquelle « la science et la religion offrent des possibilités de recouvrement à cause de l’interpénétration de leurs sujets et méthodes. ».
Lors d’un message à l’Académie pontificale des sciences le 22 octobre 1996, le Pape Jean-Paul II reconnaissait que la théorie de l’évolution était « plus qu’une théorie ». On aurait pu penser que Dawkins se serait réjouit de ces paroles s’il avait voulu encourager les croyants à accepter la notion d’évolution biologique. Au lieu de cela, il déclare que Jean-Paul II avait fait preuve d’hypocrisie et de malhonnêteté vis-à-vis de la science. On voit bien de quelle manière Dawkins se sert de la science comme arme contre la religion. Lors d’un débat avec Alister McGrath, Dawkins a admis ne pas pouvoir prendre au sérieux quelqu’un qui croyait en la naissance virginale du Christ, ou en l’existence de miracles.

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Selon Dawkins, la science finira par tout expliquer, y compris la « persistance » de croyances religieuses. En effet, le fait qu’une proportion non négligeable de la population mondiale ait de telles croyances doit pouvoir s’expliquer de manière scientifique, et plus précisément par un processus d’évolution biologique. Dawkins s’inscrit dans la tradition d’explication naturaliste du monde, comme Marx, Feuerbach ou Freud avant lui. Il développe dans son livre la notion de « virus de l’esprit » et de « mèmes », des réplicateurs comparables aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.6

Sir Martin Rees7 reconnaît dans Our cosmic habitat que les réponses à certaines « questions ultimes » reposent au-delà de la science. Dire que la science a des limites ne constitue pas une critique ni une diffamation. En effet, les théories scientifiques ont pour but d’expliquer les phénomènes naturels qu’on peut observer dans le monde, et non pas d’expliquer le monde. Pour Dawkins, toute personne osant soulever des questions quant aux limites de la science, ne peut qu’haïr la science. On sort ici du cadre de la science pour rentrer dans le scientisme, idéologie selon laquelle la connaissance scientifique permettrait d’échapper à l’ignorance, dans quelque domaine que ce soit.

Ecoutons ce qu’a dit Martin Luther King concernant la relation entre science et religion:

Il peut y avoir conflit entre hommes de religion à l’esprit fragile et hommes de science à l’esprit ferme, mais non point entre science et religion. Leurs mondes respectifs sont distincts et leurs méthodes différentes. La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe des faits, la religion s’occupe des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral. »


1- Le souhait de certains enseignants d’une école à Dover, aux Etats-Unis, de voir l’Intelligent Design enseigné comme théorie scientifique alternative à la théorie de l’Evolution, a donné lieu à un procès retentissant. Lire à ce sujet l’article paru dans Le Monde : La bataille scolaire entre créationistes et darwinistes divise les états américains.

2- Premier ministre britannique de mai 1937 à mai 1940, il est connu principalement pour la politique qu’il mena à partir de 1937 avec l’Allemagne. Il cède ainsi à toutes les exigences de Hitler sur les Sudètes lors de la conférence qui a abouti aux accords de Munich en septembre 1938

3- Nommons par exemple Francis Collins, généticien et ancien directeur du Projet Génome Humain, qui se déclare ouvertement chrétien. Il faisait partie de l’équipe de chercheurs ayant découvert le gène en cause dans la mucoviscidose.

4- Autre spécialiste de l’Evolution, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, dont la série Réflexions sur l’histoire naturelle.

5- Avant de devenir Professeur de théologie historique à Oxford, il a mené de la recherche en biologie moléculaire.

6- Dawkins a introduit la notion de « mème », terme qu’il a lui-même inventé, dans Le Gène égoïste.

7- Professeur d’astronomie, il est depuis décembre 2005 le président de la Royal Society.

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Pour en finir avec Dieu (1) – Le nouvel athéisme

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Depuis deux ans environ, les livres critiquant les religions représentent un nouveau phénomène de publication, particulièrement dans les pays anglophones. La couverture médiatique qui accompagne la publication de ces livres prouve l’intérêt qu’ils représentent.
Ces auteurs sont les représentants d’un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur: le « nouvel athéisme ».

Richard Dawkins, actuellement considéré comme le chef de file de ce nouvel athéisme dans le monde anglophone, est fréquemment invité à présenter son point de vue lors d’émissions ou de conférences. Il a réalisé un documentaire pour Channel Four (une chaîne de télévision publique britannique), The root of all evil, dans lequel il interroge des personnes représentant les branches les plus fondamentalistes de leur religion. Il apparaît également dans un film aux côtés de trois autres auteurs athées bien connus, considérés comme ses « disciples1 ».
Professeur à l’université d’Oxford, apprécié pour ses qualités d’écrivain et de vulgarisateur scientifique2, il s’est vu attribué le surnom de « rottweiller de Darwin » pour sa défense passionnée de la théorie darwinienne de l’évolution. Son dernier livre, publié en France en mars 2008, sort de la sphère purement scientifique pour s’attaquer aux religions. Dawkins donne l’impression de se sentir investi de la mission -adivine- de nous ouvrir les yeux sur les dangers qu’elles représentent. L’introduction du livre est claire:

Si ce livre a l’effet escompté, le lecteur croyant qui l’ouvre sera athée en le refermant.”

Cependant, Dawkins fait preuve du même extrémisme et du même fondamentalisme -areligieux- qu’il critique de manière si véhémente lorsqu’ils sont pratiqués au nom de la religion. Et c’est précisément ce que lui reprochent certains scientifiques athées. Michael Ruse, cité par Alister McGrath dans The Dawkins delusion, affirme que le livre de Dawkins le rend « honteux d’être un athée ».

Le symposium annuel Beyond belief (organisé par le Science Network se déroulant au Salk Institute for Biological Studies de La Jolla en Californie) réunit des scientifiques et des philosophes pour traiter de questions concernant la nature humaine et la société. Steven Weinberg3 y a affirmé en 2006 que « le monde a besoin de se réveiller du long cauchemard des croyances religieuses », allant jusqu’à dire que tout ce que les scientifiques pourraient faire « pour affaiblir l’emprise de la religion doit être fait et pourrait s’avérer en fin compte leur plus grande contribution à l’humanité ». Weinberg avait écrit en 1993, dans Dream of a final theory, que

La religion est une insulte à la dignité humaine. Que ce soit avec ou sans elle, il y aura toujours des gens bien qui font de bonnes choses, et des mauvais qui font de mauvaises choses. Mais pour que des gens bien agissent mal, il faut la religion.”

On voit bien que l’argument du mal causé par les religions n’est pas nouveau !

Comment expliquer cette haine croissante envers toute forme de religion ou de croyance ? Dans les années 1960 certains philosophes affirmaient que Dieu était mort. Presque 50 ans plus tard on ne peut que constater que c’est loin d’être le cas ! On peut donc penser que ce fondamentalisme athée est en quelque sorte un baroud d’honneur contre la religion.

Il est également indéniable que la religion fait peur. Ces auteurs, sans faire de distinction entre les différentes religions, se plaisent à souligner le fait que les athées ne font pas s’écraser des avions contre des tours4, et que les religions risquent de faire reculer la civilisation dans un âge sombre.

Le succès de ces livres tient également au fait qu’ils ne font que mettre par écrit ce que beaucoup de gens pensent, les confortant dans leur athéisme. En visitant des sites internet de vente en ligne, il est intéressant de lire les commentaires de certains lecteurs qui remercient les auteurs d’avoir définitivement éliminé la religion comme vision du monde, ou de les avoir aidé à affirmer leur athéisme.


1- Christopher Hitchens, Samuel Harris et Daniel Dennett. Le titre choisi pour ce film, The four horsemen, fait ironiquement référence aux quatre cavaliers de l’Apocalypse.
2- Son premier livre, Le gène égoïste (1976), rend accessible à tous la théorie darwinienne de l’évolution, ce qui n’est pas une mince affaire.
3- Prix Nobel de physique en 1979
4- Le nombre d’ouvrages anti-religieux a connu une très forte croissance suite aux attentats du 11 septembre 2001.

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La science a-t-elle mis Dieu au placard ? (2)

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Selon certains, la foi est irrationnelle car elle ne requiert aucune justification rationnelle : « je crois parce que j’ai la foi ! »

Tout le monde est d’accord pour dire que la science est la forme la plus sûre de connaissance que nous possédions. Comment savons-nous que la formule chimique pour l’eau est H2O ? Comment connaissons-nous la structure de l’ADN ? La réponse est simple : c’est parce que les preuves scientifiques sont là pour nous le montrer.

La science permet effectivement de répondre à des questions essentielles comme celles à propos de la transmission de l’information génétique par exemple. Mais posons-nous la question suivante : « quel est le sens de la vie ? » qui est clairement une question essentielle que chacun se pose. Que répond la science ? Rien. Car elle ne divulgue aucun sens à la vie. Devrions-nous en conclure que la vie n’a pas de sens ?

Les limites de la science.

On distingue généralement les questions métaphysiques – qui traitent de ce qu’il y au-delà la nature – des questions physiques – ce qu’est la matière. La science possède un domaine immense où elle peut s’exercer mais elle est limitée au champ de la matière (de ce qui est du domaine du sensible).

C’est un point très important. La science ne peut pas prouver si Dieu existe ou non. Et pourtant, quand les non-croyants demandent une preuve de l’existence de Dieu, quelle sortes de preuves attendent-ils ? Croient-ils que toute affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement ? Si oui, alors la « preuve rationnelle » est la preuve scientifique dans cette logique. Or, Dieu, qui est transcendant, n’entre pas dans le champ de la science, la personne athée ne peut donc pas recevoir la réponse appropriée. Donc jusqu’ici Dieu n’existe pas.

Cependant, que remarque-t-on ? Le présupposé : « tout affirmation n’est vraie que si elle est prouvée scientifiquement » est contradictoire, car il ne peut pas être démontré scientifiquement. En d’autres termes, sa véracité ne peut être démontrée dans son propre système. C’est donc une position insoutenable pour quelqu’un de rationnel car le présupposé s’autodétruit.

Or, si nous pensons que Dieu a parlé et qu’Il s’est révélé dans la Bible, comme tout axiome nous ne pouvons le justifier, mais il est très logiquement valable. Ainsi, notre proposition pour sortir du scepticisme est de commencer avec la Bible, de commencer réellement avec la portion de l’esprit incorporel de Dieu qui a été verbalement révélé dans l’Ecriture.

Conclusion:

La science ne peut nous dire pourquoi nous sommes sur Terre. Quand viennent les questions du sens, du but, de l’éthique, la science est aveugle. Ce n’est pas une critique de la science, c’est simplement reconnaître et respecter ses limites.
Certains très bons scientifiques sont chrétiens parce qu’ils sont persuadés que leur foi chrétienne donne un sens au monde et qu’elle n’entre jamais en conflit avec leurs travaux scientifiques. La foi chrétienne est profondément satisfaisante intellectuellement.

Croire en Dieu n’est pas irrationnel, mais la foi possède sa propre et robuste rationalité. Elle représente un superbe chemin pour donner un sens au monde qui nous entoure. Dieu en est la meilleure explication. Nous ne pouvons prouver l’existence de Dieu, pas plus que les athées ne peuvent démontrer qu’Il n’existe pas. Mais, chrétiens ou athées, nous basons nos vies sur des croyances positives qui, nous le savons, ne peuvent pas être prouvées.


D’après une traduction libre et partielle de Is not science more rational than faith? de Alister McGrath

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La théorie de l’évolution annule-t-elle Dieu ?

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« Comment les chrétiens peuvent-ils encore croire que Dieu a créé l’homme alors que l’évolution montre très bien qu’on peut se passer de l’hypothèse d’un Dieu Créateur ? »

De nombreux scientifiques (parmi les plus célèbres Jacques Monod et Richard Dawkins) ont utilisé leur « autorité » pour répandre une vision du monde nihiliste, affirmant que l’Univers est sans but ni raison. Pour la plupart des personnes, la Science est devenue la « vérité », une « vérité » considérée comme étant la seule digne d’être réellement prise au sérieux. Cependant une étude plus poussée nous permet de comprendre que la « vérité scientifique » n’est rien de définitivement sûr.
Les personnes qui ont fait des études scientifiques emploient souvent leur connaissance de la théorie de l’évolution pour écarter l’hypothèse d’un Dieu Créateur tel qu’il est décrit dans la Genèse (le premier livre de la Bible). A côté l’athéisme, ou l’agnosticisme, semble plus raisonnable et plus logique. En revanche, les chrétiens sont évidemment tous des membres de l’ « Association des gens qui croient encore que la terre est plate », convaincus que Dieu a fait l’homme tel un enfant qui crée des petits personnages en pâte à modeler.
Cette description est-elle fondée ?

Portons un regard critique sur la théorie de l’évolution, sur ce qu’elle offre réellement. Les preuves en faveur d’une évolution de la faune et de la flore sont, à un certain degré seulement, plausibles ; on peut notamment penser à la sélection naturelle et son rôle d’éliminer les organismes qui sont mal adaptés pour un écosystème donné (micro-évolution).

Qu’en est-il de l’apparition de la vie sur Terre ?

Les scientifiques ont spéculé à ce sujet sur la base de la théorie de l’évolution et les hypothèses qui en résultent sont souvent présentées comme des faits ; mais de telles spéculations demeurent des conjectures et non des faits.

Un honnête homme armé de tout le savoir à notre portée aujourd’hui se devrait d’affirmer que l’origine de la vie paraît actuellement tenir du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour la mettre en œuvre. »

Sir Francis Crick, découvreur de l’ADN 1953, Nobel de chimie 1962, darwinien pendant de nombreuses années

Ainsi supposer qu’il n’y a pas de Dieu parce que nous pouvons ou nous pourrons tout expliquer sans Lui, c’est faire un grand saut dans le vide, un saut dans le vide injustifié ; c’est-à-dire que le choix de croire que Dieu n’existe pas ne repose pas sur des faits tangibles et avérés. En d’autres termes, le choix du paradigme sans Dieu est un choix purement irrationnel. Nous pouvons dire ici que les personnes qui ont fait le choix de ne pas croire en Dieu ont fait grand cas d’une théorie qui n’explique pas tout. Leur attitude relève du dogmatisme pur et simple.

Le but de Genèse 1

Le but de Genèse 1 n’est pas de faire un exposé scientifique de la création, loin de là ! Le premier livre de la Bible expose des vérités théologiques et vous ne pouvez guère exiger de lui qu’il vous expose de manière exhaustive des vérités scientifiques.
Ceci étant dit, quelles vérités cherchent à nous exposer le premier chapitre de la Genèse ? Nous pouvons mentionner trois choses essentielles qui ressortent de ce chapitre.

- Dieu est à l’initiative de toute la création et Dieu est la source de la vie : cette affirmation va en opposition des conceptions de beaucoup de scientifiques et de philosophes héritiers du scepticisme.

- La création est ordonnée : chaque espèce est distincte et il y avait un ordre dans le développement de la création.

- Le cas unique de la race humaine : La Bible explique que l’homme est unique, que vous êtes unique. Les êtres humains sont beaucoup plus que des animaux, ils sont faits à l’image de Dieu.

Pour un naturaliste l’Homme demeure un primate, et ce n’est pas faux. Mais les déclarations intempestives du genre  » l’Homme est un Singe  » ou  » le Singe est un Homme  » ne sont évidemment que très partiellement justes, c’est le moins que l’on puisse dire ; c’est encore une question de simple bon sens. Avec l’homme que j’appellerais, faute de mieux, philosophique, car celui-ci ne recouvre peut-être pas seulement le genre Homo, apparaît la conscience – définie tant bien que mal par  » savoir que l’on sait  » – conscience révélée à nous concrètement par les premiers objets fabriquées … Aucune autre espèce n’a, pour le moment, partagé cette audace. Après 12 ou 13 milliards d’années d’histoire naturelle, c’est le premier signe d’une histoire culturelle, le terme de culture recouvrant pour un préhistorien tout ce qui n’est pas nature, c’est-à-dire technologie bien sûr mais aussi les facettes intellectuelle, spirituelle, morale, esthétique, etc. … de l’être qui en est doté.

Yves Coppens,
Histoire de l’homme et des changements climatiques, éditions Fayard, p. 36

Aujourd’hui, les modèles évolutionnistes ont la lourde tâche d’expliquer -en plus de l’apparition de la vie ou comment est-on passé de la matière inerte à la matière vivante- l’apparition de la conscience, ce qui caractérise tant l’homme. D’où, ceux qui nient que l’homme a été créé à l’image de Dieu doivent démontrer comment le temps et le hasard transforment l’impersonnel en personnel.

Si vous penchez du côté de la théorie de l’évolution pour expliquer l’Univers, il reste encore beaucoup d’incertitudes, il vous faut donc rester humble. Le créationnisme biblique répond aux questions existentielles et nous restons convaincus qu’opposer systématiquement religion et science est absurde car elles ne traitent pas des même champs.
En effet, la théorie de l’évolution ne réfute pas Dieu. L’athéisme ou l’agnosticisme ne sont donc pas plus « raisonnable » que la foi chrétienne. Une honnête analyse de la théorie de l’évolution montre que les scientifiques sont loin d’expliquer l’origine de l’univers ou l’origine de la vie. Au final cependant, une honnête analyse de la Genèse donne une explication de la raison pour laquelle vous êtes assis devant votre ordinateur à lire cet article et non comme d’autres primates, accrochés à une branche, perdus aux fins fonds de la jungle.

C’est le but de la Genèse, une révélation des origines.

Cet article est inspiré de Doesn’t Evolution Disprove God ?

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