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Les arguments théistes – (1) Argument ontologique

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L’argument ontologique1 consiste à établir l’existence de Dieu par la seule analyse de sa définition ou de son essence. On parle ainsi d’argument a priori – à la différence des autres arguments théistes, a posteriori, qui reposent sur l’observation du monde.

Voici l’argument ontologique, tel qu’il est formulé par Saint Anselme de Cantorbéry (1033-1109) :

La foi nous dit que vous êtes l’être par excellence, l’être au-dessus duquel la pensée ne peut rien concevoir.
« L’insensé a dit dans son cœur : II n’y a point de Dieu » ; a-t-il dit vrai ? [...] L’insensé lui-même, en entendant parler d’un être supérieur à tous les autres et au-dessus duquel la pensée ne peut rien concevoir, comprend nécessairement ce qu’il entend ; or, ce qu’il comprend existe dans son esprit, bien qu’il en ignore l’existence extérieure. Car autre chose est l’existence d’un objet dans l’intelligence, autre chose la notion de l’existence de cet objet. [...] Or, cet être suprême au-dessus duquel la pensée ne peut rien concevoir ne saurait exister dans l’intelligence seule ; car, en supposant que cela soit, rien n’empêche de le concevoir comme existant aussi dans la réalité, ce qui est un mode d’existence supérieur au premier. Si donc l’être suprême existait dans l’in-telligence seule, il y aurait quelque chose que la pensée pourrait concevoir au-dessus de lui ; il ne serait plus l’être par excellence, ce qui implique contradiction. Il existe donc sans aucun doute, et dans l’intelligence et dans la réalité, un être au-dessus duquel la pensée ne peut rien concevoir. 2

L’argument ontologique a depuis été repris sous diverses formes par des philosophes tels que Descartes, Spinoza, Leibniz et, plus récemment, Norman Malcolm et Alvin Plantinga.

Une critique de l’argument fut formulée par Gaunilon, un moine de l’abbaye de Marmoutiers, contemporain de saint Anselme. Gaunilon réfute l’argument ontologique en prenant l’exemple de l’île « perdue » : si quelqu’un affirme qu’il existe, quelque part dans l’océan, une île jouissant de « toutes les richesses et délices en abondance inestimable », et que je comprends intellectuellement ce qu’est cette île, celle-ci devrait exister dans la réalité. Saint Anselme répond à Gaunilon en expliquant qu’une île est une chose limitée – on peut toujours imaginer des îles plus merveilleuses – alors qu’un être « tel que rien ne peut se penser de plus grand » est unique.

Emmanuel Kant a proposé une critique détaillée de l’argument dans sa Critique de la raison pure, en postulant que l’existence n’est pas un prédicat – quand on décrit le sujet en énumérant toutes ses qualités (les prédicats), on n’ajoute rien au sujet en disant qu’il existe. L’existence n’est pas une qualité supplémentaire, c’est juste une manière de dire que la chose « est » avec toutes les qualités qu’on a énumérées.

Malgré les critiques, l’argument ontologique continue à fasciner les philosophes. Comme l’a remarqué Bertrand Russell, « Il est plus facile d’être convaincu que l’argument doit être fallacieux que de trouver précisément où repose l’erreur. »3


1- Du grec ontos, être.
2- Proslogion, Chapitre II.
3- Bertrand Russell, History of Western philosophy.

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Avatar : Choc des visions du monde

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Avez-vous vu la dernière réalisation de James Cameron : « Avatar » ?
Si ce n’est pas le cas, précipitez-vous dans votre cinéma le plus proche. Le film vaut largement le coup d’œil !
Mais je n’écris pas simplement pour donner mon opinion. Le film « Avatar » est aussi une apologie du panthéisme – doctrine philosophique ou religieuse qui identifie Dieu et l’univers et qui appelle l’humanité à une communion religieuse avec le monde naturel. Ce thème refait régulièrement surface à Hollywood. C’est la vérité découverte par Kevin Costner dans « Danse avec les loups », c’est le fil rouge des films Disney « Le Roi Lion » et « Pocahantas », ainsi que le dogme de George Lucas dans la série « Star Wars ».

Sans révéler tous les secrets du film, avant la grande bataille finale, le héros du film, Jake Sully, adresse une prière à la déesse Nature (Eywa). Il lui demande de défendre la cause du peuple Na’vi (les bonshommes bleus donc). Neytiri, sa petite amie présente à ce moment, lui explique que Eywa ne peut pas prendre parti pour un camp ou pour un autre (mauvais ou bon), mais qu’elle s’efforce de respecter l’équilibre dans la nature. On est en plein dans le panthéisme !
Cependant, à la fin du film, Eywa – la déesse nature – prend partie en faveur des autochtones en combattant à leur côté contre les humains. Curieux, n’est-ce pas ? Hollywood aurait-il vu les limites du panthéisme ? En effet, le panthéisme d’une manière générale enseigne que tout n’est qu’un, que tout est Dieu. Il n’y a ni bien, ni mal. Tout est une question d’équilibre des forces (ou énergies). Pourtant, la déesse Nature décide de prendre partie en faveur du bien contre le mal (« Elle a répondu à la prière » dit d’ailleurs Neytiri). À ce moment du film, le panthéisme est supplanté par le théisme. Dieu prend partie en faveur de la justice lui qui déteste l’injustice.

C’est un choc des visions du monde ! Bien que la spiritualité de la nature d’Avatar soit attractive, même à Hollywood, on ne suit pas le Panthéisme jusqu’au bout de sa logique. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas de réponse au bien et mal que nous expérimentons. Le Panthéisme offre une intimité attractive avec la nature mais dès lors que nous faisons face aux petites et grandes souffrances de la vie, il reste silencieux. Il n’appelle pas le bien « bien » et le mal « mal ». L’exploitation humaine des Na’vis est juste un déséquilibre dans la nature. Mais la nature est neutre.

Cependant, en dépit de la contradiction évidente, Avatar ne peut pas éviter l’élément moral qu’offre la vision du monde Théiste. L’injustice est trop réelle et Dieu est du côté de la justice. On ne peut pas raconter des atrocités comme Avatar et rester neutre. Nous ressentons le besoin d’affirmer que ces atrocités sont mauvaises. Nous voulons voir les méchants dans Avatar échouer et être punis, à juste titre, parce que nous désirons voir la justice. Nous reconnaissons qu’une divinité qui reste neutre devant le mal n’est pas digne de notre adoration.

En contraste, il est intéressant d’observer que la vision du Christianisme de communion avec la nature, avec Dieu et avec les autres a une composante morale centrale : Jésus-Christ meurt sur la croix pour que le mal et l’injustice soit expiés. Il offre une relation spirituelle non en dépit de la justice, mais précisément parce la justice a été satisfaite. Dieu est du côté de la bonté et il offre sa vie pour racheter le mal.

J’aime regarder des films, ainsi que les bonnes histoires racontées. Mais je suis particulièrement heureux quand le moment de tension vient, quand le combat final contre le mal pour le bien est là parce que Dieu accomplit la même chose.

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Les arguments théistes – Introduction

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La foi religieuse sous toutes ses formes – en particulier les trois monothéismes – est devenue le cheval de bataille d’un athéisme militant (comme le mouvement du Nouvel Athéisme).

L’espèce humaine a évolué : la croyance religieuse devrait depuis longtemps avoir été mise au placard. Grâce aux découvertes scientifiques, « l’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard. »1 Copernic a montré que l’homme n’était pas au centre de l’univers, Darwin a montré que l’homme n’était pas au centre de la « création », et Freud a montré que l’homme n’était même pas maître dans son propre esprit. Croire en Dieu est une béquille pour ceux qui ne peuvent faire face à la dure réalité.

On peut résumer l’approche athée de la manière suivante : d’une part, il n’y a aucune raison valable de croire que Dieu (ou un dieu) existe, et d’autre part, trop d’éléments nous poussent à croire qu’il n’existe pas.

Les philosophes et théologiens ont depuis longtemps proposé, développé, critiqué, reformulé ce qu’on appelle des « arguments théistes ». Nous n’envisageons pas ces arguments comme des preuves de l’existence de Dieu, et nous sommes tout à fait conscient du gouffre qui sépare la conclusion à laquelle ces arguments permettent d’arriver – la possibilité de l’existence de Dieu – de la foi en Jésus-Christ. Le théologien Alister McGrath exprime cette idée de façon remarquable : « La vraie connaissance de Dieu (Calvin) ne peut procéder que d’une révélation; mais Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé des signes annonciateurs et laissé entrevoir des ombres de cette connaissance salvatrice dans le monde. La connaissance naturelle de Dieu accomplit son dessein lorsqu’elle indique à la fois la nécessité et la possibilité d’une connaissance divine plus complète que celle entrevue par les traces de Dieu dans l’ordre naturel. En revanche, cette connaissance naturelle se comporte en traître si elle se présente comme la connaissance de Dieu dans sa plénitude. »2

Nous allons dans les articles qui suivent explorer les quatre principaux arguments théistes, en présentant leur arrière-plan historique, leurs principales formulations et les objections les plus répandues.

Pour des questions de brièveté et de clarté, ces articles ne seront qu’une synthèse des arguments. Nous n’avons pas ici la place d’étudier les différentes versions des arguments développées au cours des siècles. Nous mettrons en ligne un dossier plus développé que vous pourrez consulter.

A suivre …

1- MONOD Jacques, Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Editions du Seuil, 1970, p. 224-225.

2- McGRATH Alister, Jeter des ponts, l’art de défendre la foi chrétienne, Editions La Clairière, 1999, p. 21.

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Série : Les arguments théistes

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Notre prochaine série portera sur les arguments en faveur de l’existence de Dieu, en examinant tour à tour les quatre principaux arguments :

1) Argument ontologique
2) Argument téléologique
3) Argument cosmologique
4) Argument moral

Nous présenterons chacun de ces arguments en trois parties :
- Arrière-plan historique
- Exposé
- Objections les plus répandues

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Pourquoi le débat Création/Evolution est un terrain miné

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Certains sujets de conversation semblent être à éviter si on souhaite avoir une discussion paisible. Qui n’a pas assisté ou pris part à un débat passionné sur des sujets comme « Si Dieu existe, pourquoi le mal? », « La science n’a-t-elle pas mis Dieu au placard? »… Le débat entre Création et Evolution fait partie de ces sujets brûlants. Il suffit de voir les couvertures de livres ou de magazines qui sortent fréquemment sur ce thème pour se rendre compte que 150 ans après la publication de l’Origine des espèces de Charles Darwin, la question fait encore couler énormément d’encre. Le Nouvel Observateur daté du Jeudi 22 janvier 2009 titrait sa Une « Dieu contre la science », et le Hors-Série de Scientific American de janvier 2009, « The Evolution of evolution », consacre un article aux «derniers tours des créationnistes ».

Comme c’est souvent le cas dans ce genre de débat, ce sont les positions les plus extrêmes qui parlent le plus fort et qu’on entend le plus. On a d’un côté le militantisme athée (avec comme chef de file Richard Dawkins dont nous avons longuement parlé dans la série Pour en finir avec Dieu) qui se sert de la théorie de l’évolution comme argument contre l’existence de Dieu en affirmant que la théorie est intrinsèquement athée. De l’autre côté, les croyants fervents pour qui la théorie de l’évolution est incompatible avec leur foi car elle ne laisse pas la place à leur croyance en un Dieu Créateur.

Afin d’éviter des incompréhensions, il nous semble primordial de définir les termes « Création » et « Evolution ». Combien de fois, lorsque le sujet est soulevé, nous entendons dire, d’un côté comme de l’autre, « Mais la question ne se pose même pas! ». Essayons de comprendre ce que les biologistes veulent dire quand ils parlent d’évolution et ce que les croyants entendent par création, ainsi le débat sera peut-être plus constructif.
Par l’utilisation contemporaine du terme « évolution », les biologistes font référence à un processus résultant en des changements héritables dans une population, répartis sur de nombreuses générations. Ces changements surviennent par l’intermédiaire des mutations génétiques.
Dans le cadre biblique, le terme « création » ne se réfère pas à un mécanisme particulier d’explication des origines de la diversité biologique, mais à la relation entre Dieu et tout ce qui existe.
Si on s’en tient à ces définitions, Création – en tant que terme théologique exprimant la relation créative immanente et continue de Dieu avec l’univers tout entier – et Evolution – en tant que théorie scientifique expliquant la diversité biologique – ne sont pas incompatibles.
Si on accepte ces définitions, on se rend compte que le fait de formuler le débat par la question « Création ou Evolution » constitue ce qu’on appelle en philosophie une erreur de catégorie. On ne peut débattre correctement si dès la formulation de la question, on mélange deux « niveaux », à savoir une théorie scientifique et une croyance.

Malheureusement, ces deux termes traînent derrière eux un très lourd bagage idéologique.
Les mots étant définis par l’usage qu’on en fait, les termes « création » et « créationniste » sont aujourd’hui devenus attachés aux personnes qui rejettent en bloc la théorie de l’évolution, conception largement véhiculée par les médias.
Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution en l’accusant d’être à l’origine d’idéologies telles le capitalisme, le communisme et le racisme, en particulier à travers la notion de « survie du plus apte ». Il est important de souligner que ce concept a été développé par Herbert Spencer qui a popularisé la théorie à la fin du XIXème en affirmant qu’elle représentait non seulement une théorie scientifique mais également une grande philosophie pour l’ensemble de la vie, de l’histoire et du progrès humain.

Il est intéressant de noter que la théorie fut assez facilement adoptée par les penseurs chrétiens lors de la publication de l’Origine des espèces. Asa Gray par exemple, Professeur d’Histoire Naturelle à Harvard et presbytérien orthodoxe, confident de longue date de Darwin, fit une critique très positive du livre et arrangea sa publication aux Etats-Unis en 1860. En contraste, un récent sondage révèle que presque la moitié des américains ne croit pas en la théorie de l’évolution.

Certains scientifiques considèrent qu’il est irrationnel de croire en l’existence d’un Dieu Créateur, et que les découvertes scientifiques sont incompatibles avec le récit de la Création biblique. Mais la Bible n’est pas un manuel scientifique. La littérature scientifique telle qu’on la trouve actuellement dans les revues scientifiques spécialisées est relativement récente. La Bible a beaucoup à nous dire sur le sens de la Création, pas sur les mécanismes de la création. Le livre de la Genèse apporte des réponses à des questions sur le « pour-quoi », non sur le « comment ». Il nous présente un Dieu puissant, Créateur et plein de grâce. Il nous dévoile aussi dans quel monde nous vivons, ce que signifie être humain. Surtout, il nous révèle que toute la création a besoin d’un Rédempteur. Le message essentiel de la Bible est en effet que Jésus-Christ a accompli le sacrifice parfait qui seul pouvait renouer notre relation avec DIeu, relation ternie par le choix délibéré de l’Homme de vivre sans Dieu.

Certains croyants rejettent la théorie de l’évolution parce qu’ils la considèrent trop matérialiste. Ils pensent qu’un chrétien honnête ne peut adopter la théorie sans remettre en question sa foi. Comme nous l’avons déjà mentionné, la théorie en elle-même n’est pas matérialiste, ce sont les extrapolations métaphysiques qui en ont été faites qui les sont. Le fait que les athées militants se servent de la théorie de l’évolution comme d’un argument contre l’existence de Dieu n’a fait que renforcer cette idée. Ces chrétiens ont du mal à comprendre comment un scientifique chrétien peut par exemple mener de la recherche en biologie sans laisser sa foi à l’entrée du laboratoire.
Un chrétien et un athée travaillant dans un laboratoire tenteront de comprendre le fonctionnement de leur objet de recherche. Le fait qu’ils soient athée ou croyant n’empêchera nullement qu’ils parviennent aux mêmes conclusions. Ce seront leurs interprétations métaphysiques qui seront différentes. Les deux pourront s’émerveiller à travers leurs recherches de la complexité de l’univers, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Le croyant peut s’émerveiller tout autant que l’athée (Dawkins par exemple prétend que la foi rend cet émerveillement impossible). A la différence du dernier, il croit que Dieu est à l’origine de ce qu’il observe. La foi en un Dieu Créateur ne rend pas moins intéressante la tâche de chercheur ! La science nous permet d’étudier et de comprendre comment fonctionne le monde que Dieu a créé.

En réponse à l’affirmation de certains scientifiques que la théorie de l’évolution élimine la possibilité d’un Dieu Créateur, des croyants ont voulu justement montrer que des processus particuliers ne peuvent s’expliquer par des mécanismes darwiniens, et qu’il faut alors invoquer un « Concepteur intelligent » pour expliquer ces mécanismes. C’est l’argument du « Dieu-des-trous » que l’on a pu rencontrer au cours des années sous différentes formes. Le problème de vouloir mettre Dieu là où la science ne peut (pas encore) expliquer certains phénomènes est que ces trous risquent tôt ou tard d’être comblés. En science, quand on parle des manques actuels dans les connaissances, l’attitude à avoir serait de « ne jamais dire jamais ». Cette idée est bien illustrée par le discours de Lord Kelvin à la British Association for the Advancement of Science en 1900, lorsqu’il affirma qu’ « il ne reste plus rien à découvrir en physique maintenant. Tout ce qu’il nous reste sont des mesures de plus en plus précises ». Quelques années plus tard, Albert Einstein révolutionnait le monde de la physique.
Nous croyons que Dieu est le Créateur de toutes choses, pas seulement de ce qu’on ne peut à priori pas expliquer scientifiquement.
Une autre phrase qu’on peut souvent entendre prononcée par des chrétiens est que « l’évolution n’est qu’une théorie ». Ici encore, il s’agit d’une mauvaise compréhension de la signification du terme « théorie ». Une théorie scientifique constitue au moment où elle est utilisée la meilleure explication des phénomènes naturels observés. Il ne s’agit pas d’une hypothèse farfelue, mais d’un cadre de travail au sein duquel les scientifiques peuvent mener leurs recherches.

Dans les milieux chrétiens, on entend souvent dire que le débat Création/Evolution est d’importance secondaire. Dans un sens c’est vrai, mais il faut savoir ce qu’on entend par Création/Evolution. S’il ne s’agit que d’un débat scientifique sur la manière dont la diversité biologique s’est développée au cours du temps, alors oui c’est un débat d’importance secondaire.
Mais nous pensons que le fond du débat se situe autre part. Si les athées et les croyants débattent aussi souvent sur le sujet, et que les athées se servent de la théorie pour montrer que Dieu n’existe pas, alors que les croyants refusent d’accepter la théorie parce qu’elle est trop matérialiste, il nous semble judicieux d’essayer de resituer le débat là ou il se situe vraiment.
Si le but du débat est de montrer que Dieu existe ou pas, pourquoi ne pas sortir du débat pseudo-scientifique, qui nous semble de toute façon sans fin, et le reformuler en débat entre théisme et matérialisme? Il nous semble que la vraie question qui repose au fond des discussions est plutôt « Dieu ou pas Dieu? » Cette question est, elle, d’importance primordiale. Si on croit que Dieu existe, ou même si on ne fait qu’envisager la possibilité de son existence, alors on peut croire qu’Il a créé l’univers. Et si c’est le cas, il peut l’avoir créé de la manière qu’Il voulait, que ce soit en six jours de vingt-quatres heures ou sur des périodes de temps beaucoup plus longues par des mécanismes évolutifs.

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