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Top 10: La fiabilité historique de l’évangile de Marc

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La deuxième question de notre Top 10 était « Comment les évangélistes ont-ils constitué leurs évangiles ? ». Au lieu de répondre directement à la question de manière exhaustive, nous avons demandé à un spécialiste: Peter Williams, directeur de Tyndale House à Cambridge et spécialiste du Nouveau Testament, de publier son article sur « La fiabilité historique de l’évangile de Marc »; ce qui est finalement la question derrière la question numéro 2: « Est-ce que les évangiles sont fiables historiquement ? »

Réponse de Peter Williams:

Il est impossible de prouver qu’un compte-rendu ancien est pleinement fiable. Le fait que l’évangile de Marc rapporte des miracles est suffisant pour que certaines personnes le rejettent en tant que récit objectif des événements. Cependant, pour celui qui n’est pas fermé à la possibilité de l’existence des miracles, il y a un nombre d’arguments qui, je crois, indiquent la fiabilité historique de l’évangile de Marc.

Le nom Marc

Si ce n’était pas pour l’évangile de Marc, Marc serait une très petite figure au commencement du christianisme. Il n’est certainement pas quelqu’un à qui vous voudriez dicter l’évangile de Marc pour lui donner plus d’autorité, car selon le livre des Actes (13.13 et 15.37), il a abandonné Paul, un des leaders chrétiens de la première heure, durant une mission. Nous pouvons donc considérer que l’évangile lui est dicté parce qu’il en est réellement l’auteur. S’il est vraiment de lui, alors il doit avoir été écrit à l’intérieur de la vie de quelqu’un qui était un adulte en activité dans les années 50 et 60 du premier siècle après J-C.

L’évangile de Marc est considéré par la plupart des experts comme le premier évangile écrit. Selon Papias, auteur du début du second siècle, il a été écrit à Rome, basé sur les informations fournies par l’apôtre Pierre. En d’autres termes, il n’a pas été écrit par un témoin oculaire direct, mais son matériel a été fourni par un témoin oculaire direct. Il a probablement écrit quelques temps durant les années 60 du premier siècle.

Le style de Marc

L’évangile de Marc est écrit en grec. Cependant, son style s’accorde avec l’idée qu’il a été écrit à Rome. Le mot latin « speculator » est utilisé pour le mot garde (6.27) et le mot latin « centurio » est préféré au mot grec « centurion » (15:39, 44, 45). Un nom latin est aussi donné pour une pièce, le quadran (12.42).
L’auteur connaît suffisamment la Palestine au point qu’il peut citer un certain nombre de mot en Araméen, qui était parlé là-bas. Cela apparaît en 5:41; 7:11, 34; 14:36; 15:22, 34. Il sait même que ce dialecte est différent dans différentes parties de ce pays. Le latin était à peine utilisé en Palestine (sauf par les militaires romains) et l’araméen était à peine utilisé à Rome. L’étendu de la connaissance du langage montré par l’auteur s’accorde pleinement avec le compte-rendu de la tradition selon lequel l’évangile a été écrit à Rome sur la base d’informations transmises par un natif de la Palestine. Il aurait été très difficile pour quelqu’un qui n’avait pas passé de temps en Palestine ou au moins avait été avec quelqu’un de la Palestine de composer son récit.

Aucune tentative de cacher des choses embarrassantes

Bien que l’évangile fasse des affirmations extraordinaires à propos de l’activité miraculeuses de Jésus, il semble ne faire aucune tentative pour cacher les échecs des premiers leaders chrétiens. Les disciples ont dû mal à comprendre (8 :14-21), argumentent au sujet de qui est le meilleur (9 :34), sont en colère avec deux des meneurs parmi les disciples (10 :41), et finalement abandonnent Jésus (14 :50). Le leader parmi les disciples, Pierre, renie Jésus trois fois (14 :66-72). L’affirmation la plus inhabituelle est la suivante : la personne qui subit une exécution honteuse créée par les Romains pour montrer qu’il était un « loser », était en fait le Fils de Dieu.

Ce n’est pas juste le texte qui raconte des histoires embarrassantes, les choses dites par Jésus pourraient être aussi profondément embarrassantes. Selon Marc 15 :34, Jésus mourut demandant pourquoi Dieu l’avait abandonné. Il est improbable que des personnes aient écrit une telle affirmation si elle n’avait pas été réellement dite. Selon 7.27, Jésus utilise le terme « chiens » en parlant des non-juifs.. Ce n’est pas quelque chose que vous voudriez écrire si vous étiez entrain d’écrire un évangile pour que les païens deviennent chrétiens.

Manque d’embellissement

L’évangile est écrit dans un style simple. Même quand les événements miraculeux sont reportés, les comptes-rendus sont généralement brefs et sans ajout de merveilleux. En fait, les événements miraculeux ne sont pas l’objet d’attention en eux-mêmes, mais sont utilisés pour mettre en avant la question de l’identité de Jésus.

Les caractéristiques de l’enseignement

Marc contient trois sections majeures d’enseignement de Jésus (Chapitres 4, 7 et 13) qui sont de court compte rendu d’enseignement. Plusieurs formes de discours attribués à Jésus suggèrent que ses enseignements n’ont pas été inventés par les chrétiens, puisqu’ils utilisent des formes de discours et des expressions qui sont soit introuvables, soit rarement utilisés parmi les premiers chrétiens. Par exemple, positivement, Jésus utilise l’expression Fils de l’Homme en parlant de lui-même, alors que les premiers chrétiens utilisent les expressions Seigneur, Fils de Dieu, le Christ. Aussi, Jésus utilise des paraboles, ce qui n’est pas commun parmi les premiers chrétiens. De plus, négativement, les enseignements de Jésus n’utilisent pas les titres qui étaient plus tard utilisés pour Jésus. Enfin, les enseignements de Jésus ne traitent pas des problématiques qui seront au cœur des débats entre les premiers chrétiens comme les relations entre les juifs et les grecs, si oui ou non les chrétiens peuvent manger de la nourriture sacrifiée aux idoles ou comment les églises doivent être organisées.

Les preuves manuscrites

Les preuves manuscrites pour l’évangile de Marc sont de loin meilleures que la plupart des travaux classiques, quoiqu’il y ait peu de copies récentes de l’évangile de Marc par rapport aux autres évangiles (Matthieu, Luc et Jean). La copie extensive la plus récente de l’évangile de Marc date des environs de 225 après J-C. Le trou entre le temps de composition d’une pièce de littérature classique latine ou grecque et la plus récente copie extensive est d’habitude meilleure que pour Marc, quoique les universitaires acceptent généralement la fiabilité du texte transmis dans les manuscrits plus tardifs. Cependant, il y a aussi des indications que l’évangile de Marc était en utilisation continue parmi les chrétiens du temps où il fut écrit jusqu’au temps de la plus récente copie.

Conclusion

Nous avons juste passé en revue quelques arguments supportant l’idée qu’il est raisonnable de croire que l’évangile de Marc est un récit historique. Les preuves sont effectivement plus importantes que pour plusieurs autres travaux grecs ou romains découverts. S’il n’y avait pas le problème du miraculeux au sein de l’évangile de Marc, il est presque certain que la fiabilité ne serait même pas débattue parmi les historiens.

© Peter J. Williams 2008

Cet article a été publié sur www.theologynetwork.org

Lire aussi :

Top 10: Comment le canon du Nouveau Testament a-t-il été établi? (1)

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Qui a choisi les livres du Nouveau Testament (NT) ? Est-ce un groupe d’hommes rassemblés dans un concile qui a décidé de choisir tel ou tel livre ? Ou est-ce que les textes se sont imposés aux hommes comme étant la Parole de Dieu ?

Le mot canon n’a rien à voir avec un fusil d’assaut AK47. En réalité, le mot signifie métaphoriquement la norme ou la règle. Les Pères de l’Église ont utilisé le mot « canon » pour parler de l’ensemble des livres qui forme ce que les chrétiens appellent la Parole de Dieu et compose l’autorité qui agit comme règle de foi et de vie du croyant.

La formation du canon

Pour certaines personnes, le choix des livres du NT s’est fait par vote lors d’un concile au 4e siècle. Le problème est qu’il n’y a aucune trace dans l’histoire d’un tel concile œcuménique (c’est-à-dire universel)1. Le seul concile qui ait fixé le canon est le Concile de Trente au 16e siècle durant la contre-réforme catholique. Autant dire que ce point de vue est erroné.

Donc comment le canon du NT a-t-il été établi ?

Il semblerait davantage que le canon se soit imposé de lui-même à la communauté des croyants qui forment le peuple de Dieu. Ce ne sont pas les croyants qui auraient décidé si tel ou tel livre fait partie du canon, plutôt, les croyants auraient découvert les livres appartenant au canon. Ce qui pose le problème des critères de reconnaissance. Comment les chrétiens ont-ils reconnu les livres inspirés des autres ? Quels sont ces critères ?

On distingue un critère essentiel et trois autres critères.
- Apostolicité : c’est le principal critère. L’écrit d’un apôtre ou d’une personne écrivant sous l’autorité d’un apôtre était cru comme Parole de Dieu.
Il est associé aux critères suivants :
- Orthodoxie : conforme ou non aux enseignements. C’est un deuxième critère décisif. Si les écrits n’étaient pas conformes à la révélation, ils étaient écartés. Par exemple, les écrits gnostiques nient que la matière soit une chose bonne. Ce qui est en opposition avec Genèse 1 qui dit que la création est bonne.
- Ancienneté : les livres trop récent sont rejetés. Par exemple, le Canon de Muratori rejette le livre du Pasteur d’Hermas car il est trop récent.
- Oecuménicité : largement accepté parmi les croyants. Au cours de la formation du canon certains livres ont été discutés parce qu’ils n’étaient pas très répandus (comme le livre de Jacques par exemple).

Déjà Irénée de Lyon (vers 130-200) utilise le Nouveau Testament dans son livre « Contre les hérésies »2. Au cours du 3e siècle, les livres sont progressivement acceptés et reconnus comme Parole de Dieu dans les diverses communautés chrétiennes établies autour du bassin méditerranéen. Les dernières discussions du 4e siècle confirment un canon de 27 livres.

Lire la suite: Partie 2


1- Calvin, L’institution chrétienne, IV, 9, 13-14
2- William Edgar et K. Scott Oliphint, Christian Apologetics past and present, vol. 1, Wheaton, Crossway, 2009, p. 86

Crédit photo: Marc Dupuy

Lire aussi :

Top 10 : le sommaire

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Voici le sommaire de notre prochaine série, Les dix questions les plus posées :

1- Comment le Canon du Nouveau Testament a-t-il été établi ? Pourquoi certains textes ont-ils été rejetés et pas d’autres ?

2- Comment les évangélistes ont-ils constitué leurs évangiles ?

3- Le Jésus des évangiles canoniques est-il le Jésus de l’Histoire ?

4- La Bible est pleine de contradictions !

5- Est-il possible de concilier le récit de la Genèse avec les données scientifiques actuelles ?

6- Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

7- Croire en Dieu m’enlèvera ma liberté !

8- Pourquoi Jésus et pas un autre ?

9- Je n’ai pas besoin d’une « religion » pour mener une vie heureuse et morale.

10- Est-ce que l’embryon humain a la même valeur qu’un enfant pour la religion chrétienne ?

Pour établir cette liste, nous avons tenu compte des questions et objections les plus fréquentes, et avons essayé de les regrouper par « thèmes ». Les questions dans la liste ci-dessus ne sont pas classées en fonction du nombre de commentaires, mais en fonction de ces thèmes.

Merci à tou(te)s ceux (celles) qui ont posté des commentaires. Si vous voyez que votre question ne figure pas dans la liste, ne vous inquiétez pas ! Nous essaierons d’y répondre ultérieurement.

Nous publierons ces dix articles à raison d’un par semaine (l’ordre est susceptible de changer), et vous êtes bien sûr invités à poster vos commentaires et réflexions !

L’équipe Raisons de croire.

Lire aussi :

Sommaire: Top 10

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Y a pas que la NBA qui a droit à un top 10, RDC aussi… Ce mois-ci, nous vous proposons un petit classement des articles les plus consultés sur RDC. C’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir ces articles:

10. Le nouvel athéisme
9. Richard Dawkins fait une concession
8. Einstein et le problème du mal
7. Résurrection : Les faits historiques 1/2
6. Dialogue avec un sceptique : 4 preuves que souhaitent un athée pour croire en l’existence de Dieu…
5. Pourquoi le débat Création/Évolution est un terrain miné
4. Dieu existe-t-il ?
3. Science et religions sont-elles incompatibles ?
2. Le mythe « Jésus n’a jamais existé »
1. Peut-on démontrer l’existence de Dieu ?

Lire aussi :